Le Bataillon international de libération ou Brigade internationale de libération (IFB, ou ) est une unité militaire constituée de combattants étrangers se battant avec les Unités de protection du peuple (YPG) pendant la guerre civile syrienne. Elle est active depuis et compte plusieurs factions communistes (notamment marxistes-léninistes ou maoïstes) ou anarchistes (dont des communistes libertaires).
Histoire thumb|upright=1.3|left|Des combattants du Bataillon international de libération et des Forces révolutionnaires internationales de guérilla, le 29 juin 2017.
Origines En , les Kurdes créent , leur premier réseau de recrutement international. C'est à ce moment qu'est fondée l'Académie, lieu de formation des volontaires. L'organisme est rapidement renommé en puis disparaît au moment de la création du Bataillon YPG international, à la fin de 2016. Sa création est marquée par un conflit important entre plusieurs volontaires, des anarchistes ayant repéré la présence de militants d'extrême droite dans leurs rangs. Ces derniers tentent alors de s'enfuir vers l'Irak, avant d'être rattrapés puis renvoyés dans leurs pays d'origine.
Création Le est créé le Bataillon international de libération, à l'initiative de plusieurs organisations de la gauche turque.
Le groupe a été mis en place par des membres du TKP/ML TIKKO, du MLKP et du BÖG, inspirés par les Brigades internationales qui ont combattu durant la guerre civile espagnole. Le groupe est composé de combattants turcs, kurdes, alevis, espagnols, grecs, allemands, albanais, circassiens, arabes, arméniens, lazes« Une brigade internationale de libération a été fondée à Rojava » sur nouvelleturquie.wordpress.com. et français« Depuis la Syrie, le soutien de la brigade Krasucki aux salariés d'Air France », Libération, .. L'idéologie politique des combattants est variée et comprend le marxisme-léninisme, l'hoxhaïsme, le maoïsme, et l'anarchisme.
Scission temporaire en 2018 Lors du début de la bataille d'Afrine le , la plupart des organisations membres du Bataillon international de libération le quittent en raison de la mainmise du MLKP. Seuls les communistes libertaires grecs de l'Union révolutionnaire pour la solidarité internationaliste restent membres de l'IFB. De leurs côtés, les autres organisations turques que sont la TIKKO, les BÖG, le Parti travailliste communiste de Turquie / léniniste et le Parti communiste maoïste et les internationalistes de la Lutte anarchiste (TA) constituent une nouvelle structure, les Forces révolutionnaires ( en turc). En février, TA et les internationalistes militants au sein des partis turques se réclament d'une nouvelle suprastructure, les Forces antifascistes d'Afrine, aussi appelée Brigade Mickael Israel, du nom d'un combattant américain tué par un bombardement turc à Al-Bab en 2016.
Lors de l'annonce publique de la création de Lutte anarchiste, déjà active depuis deux ans, en , il est évoqué .
Structures et formation Les volontaires s'engagent pour une durée minimale de neuf mois. Cette décision aurait été prise pour réduire l'afflux de « touristes », c'est-à-dire celui des jeunes aventuriers motivés uniquement par l'occasion de poser sur quelques photos avant de rentrer en Europe.
Depuis la formation du Bataillon, les volontaires sont intégrés dès leur arrivée à l’Académie internationale des YPG Şehîd Kemal, du nom de guerre de l’anglais Erik Konstandinos Scurfield, le premier élève de l’académie à avoir été tué au combat contre l’État islamique. L’Académie est une structure mise en place afin de fournir aux volontaires internationaux un entraînement, composé d’une préparation militaire et physique, de cours d’histoire du Kurdistan, d’une formation politique sur le confédéralisme démocratique, de cours de langue de kurmandji ainsi qu’une préparation de la vie militaire quotidienne..
Après une formation d’un mois, le volontaire est intégré à une unité. Les volontaires sont la plupart du temps intégrés dans des unités de cadres. Les troupes des YPG sont en effet composé de deux types de structures, celles formées de cadres, engagés en principe à vie, qui renoncent à toute vie de famille et aux relations sexuelles, et celles formées de miliciens (ou locaux, heremî). Ces derniers sont, contrairement aux cadres, payés ( syriennes, l'équivalent d'environ ).
Groupes thumb|upright=1.3|Des combattantes des Forces unies de libération, avec le slogan « Ni una menos », le 29 juin 2017, au nord de Raqqa. thumb|upright=1.3|Des membres de la Brigade Bob Crow, le .
Le Bataillon est composé de combattants de groupes armés d’extrême gauche dont certains s'étaient battus avec les YPG avant la création du Bataillon. Ces groupes incluent : Le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP)Cody Roche, Factions Fighting in the Syrian Civil War, Bellingcat, 29 avril 2017.Foreign Volunteers for the Syrian Kurdish Forces, The Carter Center, 27 février 2017. ; Le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (TKP/ML) ; Parti travailliste communiste de Turquie / léniniste (TKEP/L) ; Les Forces unies de libération (BÖG) ; Les Forces de libération des femmes ; L'Insurrection sociale ; Le Parti communard révolutionnaire ; L'Unité de propagande armée marxiste-léniniste (THKP-C/MLSPB) ; Le Parti marxiste-léniniste (Reconstruction communiste), composé d'Espagnols ; La Brigade Bob Crow, composée de Britanniques ; La Brigade Henri Krasucki (BHK), composée de FrançaisDes Français qui combattent Daesh en Syrie soutiennent les salariés d'Air France et la CGT, BFMTV, 28 septembre 2016.Syrie: des Français de la "Brigade Henri Krasucki" se battant aux côtés des Kurdes soutiennent les salariés d'Air FranceDes Français engagés en Syrie dans la brigade Henri Krasucki La brigade Henri-Krasucki répond à la bureaucratie CGT ; L'Union révolutionnaire pour la solidarité internationaliste (ΕΣΔΑ), composée d'anarchistes grecs ; Les Forces révolutionnaires internationales de guérilla (IRPGF)Clare Maxwell, Anarchie au sein des YPG : des volontaires étrangers se jurent de faire la « révolution » en Turquie, Middle East Eye, 12 mai 2017. composée d'anarchistes ; L' (TQILA), composée d'anarchistes queer.
la Lutte anarchiste (TA).
Engagements internationaux Le bataillon participe à des combats contre les djihadistes de l'État islamique... et contre les rebelles soutenus par la Turquie, dans le cadre de l'opération Rameau d'olivier Deutsche kämpfen gegen Erdogan, BILD, 27 janvier 2018., lancée en .
En , la Brigade internationale de libération publie une déclaration en vidéo afin de condamner l'attentat de Nice du 14 juillet 2016..
En , la Brigade Krazucki membre du Bataillon International réalise une photo de soutien aux syndicalistes d'Air France passant en procès le . La Confédération générale du travail, dans un communiqué, se dissocie de cette action.Depuis la Syrie, le soutien de la «brigade Krasucki» aux salariés d'Air France, Libération, 28 septembre 2016..
Le , une photo de soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes lui est transmise..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Brigades internationales Anna Campbell
Liens externes et sources Rojava.xyz (site de la campagne de soutien en Europe francophone et germanophone) Pierre Longeray, Entretien avec un jeune Français engagé dans la reprise de Rakka, Vice news, Rojava : entretien avec une commandante du Bataillon International de Libération, Lundi matin, Lina Rhrissi, Du black bloc au front de Raqqa, StreetPress, Interview de volontaires français du Bataillon International de Libération, Partisan, Elisabeth Philippe, « Une armée LGBT contre l'État islamique ? L'écrivain Ayerdhal l'avait prédit », L'Obs, , Bruno Rieth, Syrie : un groupe de combattants LGBT se forme dans les rangs kurdes pour combattre Daech, Marianne, , Aurélie Moreau, « Bons baisers du Kurdistan - Silence ! Ça révolutionne », Le Soir, , Matteo Puxton, Syrie - Brigade Michael Israel : des volontaires antifascistes contre l'armée turque, France Soir, Jean-Manuel Escarnot, «Seuls les plus aptes sont envoyés au front», Libération, « Volontaires étrangers dans l'enfer de Raqqa », Premières lignes Télévision, documentaire de Pedro Brito Da Fonseca et Paul Moreira (2019), Arte France. 59 min. .
Bibliographie .
Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 2015 Catégorie:Organisation paramilitaire Catégorie:Unité ou formation militaire de la guerre civile syrienne Catégorie:Anarchisme en Syrie