La (en occitan : carrièra Ramon d'Alfaro) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Pharaon est une voie publique. Elle se trouve au cœur du quartier des Carmes.
Longue de , elle suit l'axe nord-sud de l'ancien cardo maximus de la Toulouse romaine. Elle naît au nord de la place du Salin et se termine à la rencontre de la place des Carmes. Elle est prolongée au nord par la rue des Filatiers et la rue des Changes jusqu'à la place Étienne-Esquirol, et par la rue des Changes et la rue Saint-Rome jusqu'à la place du Capitole.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile à sens unique, de la place du Salin vers la place des Carmes. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Pharaon rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place du Salin Rue des Poutiroux (g) Rue Pierre-Brunière (g) Rue des Régans (d) Rue des Prêtres (g) Place des Carmes (d)
Transports La rue Pharaon n'est pas directement desservie les transports en commun Tisséo. La rue de la Fonderie, qui lui est parallèle, est parcourue par la navette . Du côté nord, elle est proche de la place des Carmes, où se trouve la station Carmes, sur la ligne de métro , et près de laquelle marquent l'arrêt la ligne de bus et la navette .
Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (1 place des Carmes), (12 rue du Languedoc) et (18 place du Salin).
Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. L'origine du nom de la rue Pharaon n'est pas tout à fait claire. La plus ancienne mention, à la fin du , la désigne comme la rue « de Raimond d'Alfaro » (carraria Ramundi de Alfaro en latin médiéval, 1276). Ce personnage, qui n'est pas identifié avec certitude, est peut-être, comme l'a proposé Jules Chalande, Raimond d'Alfaro, membre de l'aristocratie toulousaine proche des comtes de Toulouse. Son père, Hugues d'Alfaro, seigneur castillan originaire d'Alfaro, fut sénéchal de l'Agenais puis de Toulouse pour Raimond VI, dont il épousa une fille bâtarde, Guilhemine. Il se fit particulièrement remarquer lors de la croisade des Albigeois : en 1211, il participa aux combats de Toulouse, assiégé par les croisés, en 1212, il dirigea la défense de Penne-d'AgenaisBenoît Salses, « Le catharisme est né en Agenais », La Dépêche du Midi, 17 janvier 1999., et en 1218, on le voyait encore lors du siège de Toulouse. Raimond, qui hérita des domaines de Saint-Jory et de Montlaur, fut lui aussi un proche des comtes toulousains, et particulièrement de Raimond VII. En 1229, il fut otage, comme vingt jeunes gens, de la reine Blanche de Castille et du roi Louis IX, en attendant la conclusion définitive du traité de Meaux-Paris. Par la suite, Raimond VII le fit sénéchal de l'Agenais et gouverneur de Castelsarrasin. Il fut impliqué, en 1242, dans l'assassinat de quatre inquisiteurs à Avignonet-Lauragais Claire Taylor, Heresy in Medieval France. Dualism in Aquitaine and the Agenais, 1000-1249, 2005, .. En 1249, à la mort de Raimond VII, il jura finalement fidélité à son héritière, Jeanne, et à son époux, Alphonse de Poitiers..
Le nom de la rue évolue progressivement et, dès le début , on le trouve sous la forme de rue du Faro (carriera del Faro, 1303, en occitan), d'En-Faro ou encore d'En-Faron (en, « seigneur » en occitan). C'est au milieu du qu'apparaît pour la première fois la graphie « ph » (carraria del Pharo, 1360). Ces graphies et orthographes concurrentes se retrouvent jusqu'au milieu du , où le nom de Pharaon s'impose définitivementChalande 1916, .. Cette déformation du nom de la rue et la graphie « ph » sont peut-être le résultat de l'attraction du substantif « pharaon » (faraon en occitan). Une explication pourrait se trouver dans l'installation, en 1358, d'un petit prieuré et de sa chapelle, placée sous l'invocation de l'ermite égyptien Antoine. La présence de ce prieuré, dépendant de l'abbaye Saint-Antoine de Lézat-sur-Lèze, explique que la rue ait aussi été désignée à partir du , comme la rue Saint-Antoine-de-Lézat, la rue Saint-Antoine-du-Salin, à cause de la proximité de la place du Salin, ou, simplement, la rue Saint-Antoine. Entre les , la partie nord de la rue est aussi désignée comme la rue des Carmes, car le couvent des Carmes se trouvait au débouché de la rue, à l'emplacement de l'actuelle place de ce nomChalande 1916, .. En 1794, pendant la Révolution française, la rue Pharaon est renommée quelques mois rue Liberté, mais ce nom ne subsista pas..
Histoire Antiquité La rue Pharaon correspond à une partie du cardo maximus de Tolosa, l'axe principal nord-sud de la ville romaine.
Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Pharaon appartient, pour le côté ouest, au capitoulat de la Dalbade et, pour le côté est, au capitoulat de Saint-BarthélémyChalande 1916, .. La rue est une partie de la principale artère de la ville, reliant la porte sud de la ville et la place du Salin au cœur marchand de l'ancienne ville romaine, l'actuelle place Étienne-Esquirol, au bourg qui se constitue, au-delà de l'actuelle place du Capitole, autour de la basilique Saint-Sernin. Elle est souvent désignée comme « Grand-rue »Chalande 1916, ..
La population, très mélangée, est composée en grande partie de parlementaires, de capitouls et d'hommes de loi.
À partir du , la rue abrite également plusieurs communautés religieuses. En 1358, les moines antonins de l'abbaye Saint-Antoine-et-Saint-Pierre de Lézat-sur-Lèze, qui avaient établi depuis 1115 un prieuré hors des murs de la ville, dans le faubourg près du château Narbonnais, se réfugient dans la ville à la suite des destructions de la chevauchée du Prince noir en 1355, pendant la guerre de Cent Ans. Ils établissent leur couvent et leur chapelle au cœur de la rue (emplacement de l'actuel ).
En 1429, Jean Balaguier, docteur à la faculté de droit de Toulouse, décide la fondation du collège de Saint-Girons, établi entre les rues Pharaon (actuel ) et Saint-Rémésy (actuel ). Ce collège est réservé à six étudiants venus de Saint-Girons et de sa régionChalande 1916, ..
Période moderne L'incendie du provoque d'importantes destructions dans le quartier des CarmesBastide 1968, .. La tradition commerçante se poursuit le long de l'axe nord-sud de la ville, entre la basilique Saint-Sernin et la place du SalinBastide 1968, .. Mais l'ampleur des destructions permet surtout aux élites toulousaines de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliersBastide 1968, . : l'huissier Noël Rolle se fait construire un bel hôtel avec tour (actuel ) vers 1478Chalande 1916, ., le capitoul Michel Servientes élève un hôtel et sa tour (actuel ) en 1535Chalande 1916, ..
En 1551, les capitouls demandent la suppression des petits collèges de la ville : l'édit royal donné par Henri II à Nantes en 1551 prononce la disparition des collèges de Boulbonne, Montlezun, Saint-Exupère, Saint-Girons, Verdalle, de l'Esquile, des Innocents et du Temple, au profit d'un seul collège moderne, pour enseigner le latin, le grec, l'hébreu et les arts libéraux. En 1554, les biens du collège de Saint-Girons sont cédés au nouveau collège de l'Esquile et l'immeuble est mis en vente.
En 1580, les moines franciscains de L'Isle-Jourdain sont chassés de la ville par les combats contre les protestants. Ayant pu atteindre Toulouse grâce à un sauf-conduit du roi de Navarre, Henri, ils s'installent dans le prieuré Saint-Antoine. En 1589, c'est dans leur chapelle qu'est enterré secrètement l'avocat général Jacques Daffis, massacré avec son beau-frère, Jean-Étienne Duranti, par les ligueurs toulousainsChalande 1916, ..
Au cours du , les franciscains acquièrent des maisons voisines afin d'agrandir leur établissement. Vers 1656, Jean-Pierre Rivalz est chargé de la reconstruction de la chapelle du prieuré, tandis que l'ensemble du couvent est réédifiéChalande 1916, ..
Époque contemporaine Révolution française La Révolution française apportent des bouleversements dans la rue Pharaon. En 1790, les congrégations religieuses sont supprimées et la communauté des franciscains de Saint-Antoine du Salin est dispersée. L'église et le couvent deviennent propriété nationale et sont mis aux enchères, sans trouver d'acheteur cependantChalande 1916, .. La Terreur poursuit les suspects, parmi lesquels figurent nombre des aristocrates qui peuplent la rue. Au début de l'année 1794, les parlementaires toulousains sont arrêtés comme suspects et emprisonnés dans l'ancien couvent de la Visitation (emplacement de l'actuel rue Charles-de-Rémusat) et envoyés à Paris pour y être jugés. Parmi eux, le conseiller Pierre-Marie-Emmanuel Reversat de Célès de Marsac est guillotiné le .
Après la Révolution française, plusieurs communautés religieuses viennent s'établir dans la rue. En 1807, les Sœurs de la Charité Notre-Dame, qui étaient établies rue du Sac (actuel conservatoire régional, rue Alexis-Larrey) jusqu'en 1790, obtiennent l'autorisation impériale de se reconstituer et de prendre propriété de l'ancien couvent Saint-Antoine et de l'ancienne TrésorerieChalande 1916, : elles occupent alors de vastes domaines entre la rue Pharaon (actuels ), la place du Salin (actuel ) et la rue des Chapeliers (emplacement des actuels rue du Languedoc). Leur chapelle est alors placée sous l'invocation de saint François de Sales. En 1809, elles créent également l'institution et le pensionnat Notre-Dame, dirigés par Thérèse Couret du Terrail..
Entre 1815 et 1829, l'hôtel de Marsac (actuel ) devient le centre d'une petite communauté janséniste, qui se forme dans le cercle de Marie Françoise de Vignes de Puylaroque, veuve de Pierre-Marie-Emmanuel de Reversat de Célès de Marsac, le parlementaire guillotiné en 1794. La société de l'Œuvre de la Croix, assistée par un prêtre interdit, l'abbé Arnaud, entoure à partir de 1829 une jeune fille, Françoise Lacroix, dont les convulsions et les visions soudent la communauté..
En 1854, une nouvelle communauté de religieuses s'installe dans la rue Pharaon. Quatre religieuses et trois novices de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, fondée à Saint-Servan en 1839 par Jeanne Jugan, occupent l'ancien hôtel Marsac et des bâtiments voisins entre la rue Pharaon (actuel ), la rue des Régans (actuel ) et la place des Carmes (actuel ). Elles se consacrent particulièrement à l'accueil des personnes âgées et y établissent un hospice. Pendant plusieurs années, elles quêtent et reçoivent des dons au marché des Carmes. Mais en 1863, comme elles accueillent jusqu'à 150 personnes et se trouvent à l'étroit, elles achètent une nouvelle maison à la Côte Pavée où elles s'installent en 1868 (actuelle maison de retraite Ma Maison, avenue Jean-Rieux)Chalande 1916, ...
En 1905, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, la congrégation des Sœurs de la Charité Notre-Dame est à nouveau dispersée. La chapelle, qui reprend le nom de saint Antoine, est ouverte au public – elle devient particulièrement fréquentée après l'écroulement du clocher de l'église de la Dalbade en 1926 et la fermeture de l'église jusque dans les années 1930.. Le grand séminaire, qui a dû quitter les bâtiments du collège de l'Esquile (actuel rue du Taur) qu'il occupait depuis 1805, s'installe provisoirement dans l'ancien pensionnat Notre-Dame, avant de déménager définitivement dans l'ancien couvent des Feuillantines (actuel rue des Teinturiers)..