thumb|Péronne libérée par l'armée britannique en mars 1917. Dessin de François Flameng, L'Illustration, 16 mars 1918.
L'armée britannique durant la Première Guerre mondiale a eu à combattre de manière la plus importante et la plus coûteuse de sa longue histoire J.-M. Bourne, Who's who in World War One Routledge, 2001, 118–119 .. Au début du conflit, ses combattants étaient exclusivement composés de volontaires jusqu'à 1916 Mike Chappell, The British Army in World War I: The Western Front 1914–16, Osprey Publishing, 4 ., contrairement aux armées française et allemande composées surtout de conscrits. De plus, l'armée britannique était considérablement moins nombreuse que ces deux dernières Mike Chappell, The British Army in World War I: The Western Front 1914–16, Osprey Publishing, 3 ..
Pendant la guerre, il y avait trois armées britanniques distinctes. La « première » était composée du petit contingent de volontaire, fort de soldats, dont plus de la moitié était postée en garnison outremer dans l'Empire britannique. Ce total comprenait l'armée régulière et les réservistes de la Territorial Force. Ensemble, elles formaient le Corps expéditionnaire britannique (), qui avait été formé pour le service en France et devint plus connu sous le nom des . La « deuxième » armée était la Kitchener's Army, formée par les volontaires en 1914-1915 et destinés à aller combattre lors de la bataille de la Somme. La « troisième » quant à elle fut formée après l'introduction de la conscription en et, à la fin de 1918, l'armée avait atteint sa force maximale de d'hommes et pouvait aligner plus de divisions. L'immense majorité de l'armée combattit sur le théâtre principal du front occidental en France et en Belgique contre l'Empire allemand. Des unités furent également engagées en Italie et à Salonique contre l'Empire austro-hongrois et contre l'armée bulgare, pendant que d'autres combattaient au Moyen-Orient, en Afrique et en Mésopotamie – principalement contre l'Empire ottoman – et un bataillon combattit aux côtés de l'armée japonaise en Chine durant le siège de Tsingtao.
La guerre posa également des problèmes pour les commandants des armées, étant donné qu'avant 1914, la plus grande formation dirigée par n'importe quel général dans la BEF était la division. L'expansion de l'armée a vu donc certains officiers passer du commandement de brigade à celui d'un corps d'armée en moins d'un an. Les commandants ont dû également se familiariser avec les nouvelles tactiques et les nouvelles armes qui furent développées à ce moment-là. De la guerre de mouvement aux tranchées, l'infanterie et l'artillerie ont dû apprendre à travailler ensemble. Durant une offensive, et également en défense, elles ont appris comment combiner les forces pour défendre la ligne de front. Plus tard durant la guerre, quand les mitrailleuses et les chars se sont joints à l'ordre de bataille, ils furent également inclus dans la nouvelle doctrine tactique.
Les hommes sur le front eurent à faire face à des problèmes de ravitaillement ; la pénurie de nourriture et les maladies sévissaient dans l'humidité, avec l'invasion de rats. En sus des attaques ennemies, beaucoup de troupes eurent à faire face à de nouvelles maladies : le « pied de tranchée », la fièvre des tranchées et la néphrite. Quand la guerre prit fin en 1918, les pertes de l'armée britannique, résultant de l'action ennemie et des maladies, se monta à morts et portés disparus, avec en plus de blessés. La vitesse avec laquelle on démobilisa à la fin de la guerre fit perdre la force de l'armée d'un pic de d'hommes en 1918 à en 1920.
Organisation Voir aussi : vignette|300px|Premier territorial : « Alors, Bill, que penses-tu des manœuvres ? » - Second territorial (jusqu'ici peu habitué aux opérations militaires) : « Dieu soit loué, nous avons une marine ! » Caricature du journal Punch, 20 mai 1914. L'organisation de l'armée britannique durant la Grande guerre pourrait être retracée selon l'exigence croissante de l'expansion impériale. Son cadre était le système du volontariat dans le recrutement et le système du régiment, qui avait été défini par les réformes Cardwell et les réformes Childers à la fin du . L'armée a été préparée et tout d'abord appelée pour des affaires relevant de l'Empire et suivant les guerres coloniales David Chandler, The Oxford History of the British Army, Oxford paperbacks, 2003, 212 .
Dans les dernières années du , l'armée fut impliquée dans un conflit majeur, à savoir la seconde guerre des Boers (1899-1902), qui a mis en évidence des lacunes dans sa tactique, son commandement et son administration. Le de 1904 recommanda des réformes radicales comme la création d'un Conseil de l'armée, un état-major général et l'abolition du poste de commandant en chef des forces, ainsi que la création d'un chef de l'État-Major général Robert M. Cassidy, Counterinsurgency and the Global War on Terror : Military Culture and Irregular War, Greenwood Publishing Group, 2006, 78 . Les réformes Haldane de 1907 créèrent formellement une force expéditionnaire de sept divisions, réorganisant les volontaires dans une nouvelle de quatorze brigades de cavalerie et quatorze divisions d'infanterie et changeant l'ancienne milice en une réserve spéciale pour renforcer le corps expéditionnaire Robert M. Cassidy, Counterinsurgency and the Global War on Terror : Military Culture and Irregular War, Greenwood Publishing Group, 2006, 79 ..
Au déclenchement de la guerre en , l'armée régulière britannique était une petite force professionnelle. Elle consistait en soldats réguliers organisés en quatre régiments de , d'infanterie, de cavalerie, de l'artillerie et d'autres armes de soutien Spencer Tucker; Priscilla Roberts, World War I : Encyclopedia, ABC-CLIO, 504 . Chaque régiment d'infanterie avait deux bataillons réguliers, dont l'un servait au pays et procurait des renforts et des fournitures pour l'autre cantonné outremer, pendant qu'il était également préparé à faire partie des forces expéditionnaires. La plus grande partie de l'armée régulière (74 des et 12 des de cavalerie) étaient stationnées outre-mer en garnison à travers l'Empire britannique. Le faisait partie de l'armée avant 1918. Au déclenchement de la guerre, il comptait aéroplanes.
L'armée régulière était soutenue par la et par les réservistes. En , il y avait trois formes de réserve.. L'armée de réserve des soldats en retraite était forte de hommes. Ils étaient payés et par semaine (soit ) valant à peu près par semaine en valeur de 2013, et devaient s'entraîner douze jours par an.. Le Special Reserve avait en tout hommes et était une forme de vie militaire à mi-temps, similaire à la . Un réserviste spécial avait un entraînement à plein temps de six mois et était payé autant qu'un soldat régulier durant cette période ; ils avaient trois ou quatre semaines d'entraînement par an par la suite La réserve nationale quant à elle avait environ hommes, qui étaient sur un registre qui était tenu par des associations par comté de la : ces hommes avait de l'expérience militaire, mais aucune obligation de réserve.
L'armée régulière et les réservistes, au moins sur le papier, avaient une force mobilisable de presque soldats pouvant être intégrés à la BEF qui fut envoyée sur le continent. Elle consistait en six divisions d'infanterie et une de cavalerie Par rapport à cette armée, celle des Français mobilisa en 1914 hommes et divisions d'infanterie, pendant que l'armée allemande mobilisait soldats et divisions d'infanterie Larry H. Addington, The Patterns of War Since the Eighteenth Century, Taylor & Francis, 1984, 92 ..
L'Angleterre, par conséquent, commença la guerre avec six divisions régulières et quatorze de réserve. Durant la guerre, furent formées six divisions régulières de plus, quatorze Territorial, et six autres divisions, incluant la de la Royal Navy Spencer Tucker; Priscilla Roberts, World War I : Encyclopedia, ABC-CLIO, .
En 1914, chaque division d'infanterie britannique consistait en trois brigades d'infanterie, composées elles-mêmes de quatre bataillons, avec deux mitrailleuses par bataillon, soit par division. Elles avaient également trois brigades d'artillerie de champ avec Ordnance QF 18 pounder, une brigade d'obusier de champ avec dix-huit , une batterie d'artillerie lourde (), deux compagnies du Royal Engineers, une du Royal Corps of Signals, un escadron de cavalerie, une compagnie cycliste, trois ambulances de campagne, quatre compagnies de transport à cheval du et des détachements de soutien des quartiers généraux de divisions Spencer Tucker; Priscilla Roberts, World War I : Encyclopedia, ABC-CLIO, Charles Messenger, Call to Arms : The British Army, 1914–18 , London, Weidenfeld & Nicolson, 2005, 25-26 ..
La division simple de cavalerie assignée à la BEF en 1914 consistait en régiments de cavalerie répartis en cinq brigades. Ils étaient armés de fusils, contrairement aux camps allemands et français, qui étaient seulement armés avec une carabine de courte portée. La division de cavalerie avait aussi une grande participation de l'artillerie comparée aux divisions étrangères de cavalerie, avec organisés en deux brigades et deux mitrailleuses pour chaque régiment. « Démontée », la division de cavalerie était l'équivalent de deux faibles brigades d'infanterie avec moins d'artillerie qu'une division d'infanterie. À partir de 1916, il y avait cinq divisions de cavalerie, chacune des trois brigades, servant en France, la , la et la dans le et la 1st Indian Cavalry Division et la 2nd Indian Cavalry Division du , chaque brigade de la cavalerie indienne dans le corps de cavalerie indienne contenant un régiment de cavalerie britannique Bruce I. Gudmundsson, Duncan Anderson, The British Army on the Western Front 1916, Osprey Publishing, 2007, 29 ..
Durant le cours de la guerre, la composition des divisions d'infanterie a progressivement changé, et il y eut un changement conjoint dans le lien entre les divisions d'infanterie et le soutien de l'artillerie. En 1918, une division britannique consistait en trois brigades d'infanterie, chacune composée de trois bataillons. Chacun de ces bataillons avait fusils-mitrailleurs Lewis Mark I, ce qui faisait un total de armes de ce type par division. En plus, il y avait un bataillon divisé de mitrailleuses, équipé avec mitrailleuses Vickers en quatre compagnies de seize fusils. Chaque brigade dans la division avait aussi une batterie de mortier équipée de huit mortiers Stokes. L'artillerie a aussi changé la composition de ses batteries. Au début de la guerre, il y avait trois batteries avec six fusils par brigade ; elles montèrent à quatre batteries avec quatre fusils par brigade et finalement en 1917, à quatre batteries avec six fusils par brigade, pour économiser les commandants de batterie. Dans cette voie, l'armée a changé de manière drastique durant le cours de la guerre, réagissant aux différents développements de la guerre de mouvement faite dans les premières semaines aux statiques tranchées de 1916 et 1917. La cavalerie de la BEF représentait 9,28 % de l'armée ; en , elle ne représentait plus que 1,65 %. L'infanterie devait décroître de 64,64 % en 1914 à 51,25 % de l'armée en 1918, alors que le Génie allait croître de 5,91 % à 11,24 % en 1918.
Le corps expéditionnaire britannique (BEF)
Voir aussi : et vignette|300px|« Camarades ! » Soldats britanniques et indiens de la 8th (Lucknow) Cavalry Brigade envoyée sur le front français, 28 juillet 1915.