Constance Parkin Stokes, née le 20 ou le 22 dans le hameau de Miram, près de Nhill dans l'ouest de l'État de Victoria, et morte le à Melbourne, est une peintre australienne moderniste. Elle suit une formation à l'école d'art de la National Gallery of Victoria jusqu'en 1929 et obtient une bourse pour poursuivre ses études à la Royal Academy of Arts de Londres. Bien que Constance Stokes ait peint peu d'œuvres dans les années 1930, ses peintures et ses dessins sont exposés à partir des années 1940. En 1953, à la demande du Premier ministre Robert Menzies et du Conseil des arts de Grande-Bretagne, est organisée une exposition des œuvres de douze artistes australiens, dont fait partie Constance Stokes.
Influencée par George Bell, Constance Stokes fait partie du Melbourne Contemporary Artists, un groupe créé par Bell en 1940. Ses œuvres continuent à être bien considérées pendant de nombreuses années après la formation du groupe, contrairement à celles de nombre de ses collègues modernistes de l'État de Victoria, avec des appréciations favorables de la part de critiques tels que Sir Philip Hendy au Royaume-Uni et Bernard William Smith en Australie.
Le décès prématuré de son mari en 1962 contraint Constance Stokes à reprendre sa carrière de peintre, ce qui donne lieu à une exposition individuelle en 1964, sa première en trente ans. Elle continue à peindre et à exposer tout au long des années 1970 et 1980, et fait l'objet d'une rétrospective qui fait le tour des galeries régionales de l'État de Victoria, notamment la Swan Hill Regional Art Gallery et la Geelong Art Gallery en 1985. Elle meurt en 1991 et reste moins célèbre que d'autres femmes artistes, telles que les peintres Grace Cossington Smith et Clarice Beckett, mais sa notoriété reprend un peu de vigueur en tant que personnalité centrale dans le livre d'Anne Summers, , publié en 2009. Ses œuvres sont présentes dans la plupart des grands musées australiens, notamment la Galerie nationale d'Australie et la National Gallery of Victoria, mais pas la Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud.
Biographie Petite enfance, formation et mariage vignette|gauche|The Royal Academy à Burlington House, où Constance Stokes a étudié dans les années 1930, et où ses œuvres ont été exposées en 1953.|alt=Bâtiment néoclassique avec de nombreuses statues sur la façade. Dans la cours d'honneur, une petite pyramide en verre et des sculptures modernes. Constance Parkin naît le 20. ou , dans le hameau de Miram, près de Nhill dans l'ouest de l'État de Victoria. Elle est le cinquième enfant de James Henry Parkin, agriculteur né en Australie du Sud, et de son épouse Mary Jane Martin, native de l'État de Victoria. La famille s'installe à Melbourne en 1920, où elle termine sa scolarité au couvent de Genazzano, dans la banlieue de Kew. Petite, Constance mesure un peu moins d'un mètre cinquante et a les cheveux foncés. Elle est formée entre 1925 et 1929 à la National Gallery of Victoria Art School à Melbourne. Pendant l'été 1925-1926, ce musée organise un concours pour ses étudiants, qui doivent peindre des ; Constance remporte le prix pour un paysage. Le concours est jugé par l'artiste George Bell, qui aura à l'avenir une influence constante sur la carrière artistique de cette peintre.
En 1930, Constance Stokes fait partie des artistes qui exposent dans une galerie de Melbourne, l'Athenaeum. Son tableau, Portrait de W. Mortill, est l'un des deux seuls à recevoir les éloges d'un membre éminent de la Heidelberg School, le peintre impressionniste Arthur Streeton. Ce dernier décrit l'œuvre comme une , . À la fin de ses études, Constance Stokes remporte la prestigieuse bourse d'études de la , qui lui permet de poursuivre sa formation à la de Londres.. En plus de ses cours à la , elle étudie auprès du peintre et sculpteur cubiste français André Lhote à Paris en 1932. L'année suivante, elle retourne en Australie, où elle épouse l'homme d'affaires Eric Stokes. La famille s'installe à Collins Street, à Melbourne, et Constance Stokes a trois enfants entre 1937 et 1942. Plus tard, Constance Stokes a un atelier dans la maison familiale à Toorak, une maison d'architecture moderne conçue par Edward Billson.
Carrière artistique Début de carrière : 1934 à 1952 Constance Stokes revient d'une lune de miel européenne en 1934, mais elle produit peu d'œuvres dans les années qui suivent. Bien que l'appartement de Collins Street soit devenu un atelier à plein temps pour elle, on ne connaît que deux peintures et deux esquisses de cette période. La plus remarquable est Le Village (en 1935 ou 1936), influencée, selon le propre témoignage de l'artiste, par le postimpressionniste et portraitiste Augustus John. Cette œuvre est accrochée dans l'exposition inaugurale de la , qui se tient à la . Elle fait également partie d'une exposition itinérante présentée au de New York en 1941 et plus tard au Canada. En 1946, Constance Stokes expose cette œuvre à la .
Au milieu du , la scène artistique de Melbourne connaît des divisions, qui se mêlent à la politique culturelle complexe de l'époque de la guerre froide. À la fin des années 1940, on assiste à un mouvement contre le modernisme dans l'art, et le tonalisme prend le dessus. En partie en réaction à cette évolution, l'artiste George Bell crée en 1940 un groupe d'exposition appelé les . Bell est un ancien artiste de guerre et un membre influent de l' artistique de l'État de Victoria. Après la Seconde Guerre mondiale, il est recruté pour enseigner à l'école de peinture de la . Influencée par Bell, et le modernisme, Constance Stokes fait partie des artistes qui exposent avec les Melbourne . Parmi les autres membres du groupe figurent Russell Drysdale et Sali Herman.
En 1945, lorsque les Melbourne organisent une de leurs expositions, le critique d'art Alan McLeod McCulloch constate que les œuvres manquent de plus en plus d'originalité et que seuls quelques membres maintiennent le niveau antérieur du groupe. L'un d'entre eux est Constance Stokes, dont il loue l'œuvre La Famille, comme étant . L'année suivante, cependant, McCulloch se montre plus optimiste, décrivant l'exposition comme leur meilleure à ce jour, tout en complimentant à nouveau Constance Stokes sur ses . Six ans plus tard, lorsque le groupe expose en 1952, le critique de l'Argus de Melbourne est aussi peu impressionné que l'avait été McCulloch en 1945. Suggérant que l'exposition démontre que la scène artistique de Melbourne manque d'innovation, il retient néanmoins un petit nombre d'œuvres pour en faire l'éloge. L'une d'entre elles est le Christ avec Simon et Andrew de Constance Stokes, qui, selon lui, montre .
Alors que Constance Stokes est encensée chez elle à Melbourne, l'un de ses portraits fait partie des six tableaux appartenant à la qui sont prêtés pour une exposition à l'autre bout du pays, à Perth. Le journal de la ville, The West Australian, choisit le portrait de Constance Stokes pour illustrer son reportage sur l'exposition et décrit l'œuvre, qu’il appelle , comme . La National Gallery of Victoria désigne l'œuvre sous le nom de . ; elle l'avait acquise en 1947 à la demande du conservateur et artiste Daryl Lindsay.
Suite de sa carrière : 1953 à 1989 En 1953, à la demande du Premier ministre Robert Menzies et du Conseil des arts de Grande-Bretagne, est organisée une exposition des œuvres de douze artistes australiens. Elle se tient à Londres, dans cinq autres villes britanniques et à la Biennale de Venise. Sur les douze artistes retenus, seuls deux sont originaires de Victoria, les autres provenant de Nouvelle-Galles du Sud. Constance Stokes fait partie des artistes de Victoria sélectionnés. Ses trois œuvres, dont Woman Drying Her Hair, sont accrochées aux côtés de celles des plus grands artistes australiens du milieu du , dont Arthur Boyd, Russell Drysdale, William Dobell, Sidney Nolan, Lloyd Rees, Donald Friend et Frank Hinder. Malgré la présence de ces peintres éminents dans la sélection, c'est finalement la toile Girl in Red Tights de Constance Stokes qui attire l'attention et est saluée par la critique, lorsque l'exposition est présentée à Londres. Admirée par le directeur de la National Gallery Sir Philip Hendy, cette œuvre est proclamée par le critique d'art du Times comme .
Une réunion de la Royal Art Society of New South Wales décide d'envoyer un télégramme urgent au Premier ministre, Robert Menzies, lui demandant d'ordonner au Commonwealth Arts Advisory Board de réorganiser l'exposition, car les intervenants estiment que les peintures sont . Toutefois, le représentant de la Galerie nationale d'Australie qui annonce l'exposition estime que celle-ci représente la promotion la plus importante que l'art australien ait connue jusqu'alors. L'année suivante, l'historien de l'art Joseph Burke, professeur à l'université de Melbourne, fait l'éloge de la peinture de Constance Stokes, en faisant particulièrement référence à son œuvre qui avait tant séduit les spectateurs lors de l'exposition de 1953. , écrit-il, est une peintre qui .
Les sujets religieux apparaissent régulièrement dans les peintures de Constance Stokes ; l'une de ces œuvres, The Baptism, se trouve dans la collection de la National Gallery of Victoria. Malgré l'attention récurrente qu'elle porte à ces sujets, l'artiste n'a cependant participé qu'une seule fois au Blake Prize, en 1953. Esmond George, critique au journal The Mail d'Adélaïde, estime que l'œuvre (non identifiée) présente . L'intérêt de Constance Stokes pour le prix n'est pas assez fort pour l'inciter à participer à nouveau. Elle déclare lors d'un entretien que .
Eric Stokes meurt subitement en 1962, une expérience qui laisse Constance dans le deuil ; un ami de longue date dit qu'elle ne s'en est jamais vraiment remise. Elle est également lourdement endettée, ce qui la pousse à se remettre à la peinture. Deux ans plus tard, elle monte sa première exposition personnelle en plus de trente ans. Elle présente , dont à un prix très élevé, à plus de Unité traditionnelle de compte valant , soit une livre et un shilling d'avant la décimalisation (1971), et utilisée dans le commerce de luxe et d'objets d'arts.. L'exposition est un succès tant sur le plan financier que sur le plan de la critique : Constance Stokes gagne plus de et s'attire les éloges de l'historien et critique d'art Bernard William Smith. Tout au long des années 1960, 1970 et 1980, elle peint et organise des expositions ; cette dernière phase de son travail reflète l'influence de l'artiste Henri Matisse, qu’elle admire. Ses sujets changent également, passant de natures mortes , de groupes de personnages et de nus, à des thèmes plus décoratifs. Les œuvres de Constance Stokes continuent à être bien accueillies, ayant été incluses dans l'exposition des femmes artistes australiennes de 1975 à l'université de Melbourne, et dans l'exposition itinérante de 1977 de la Regional Galleries Association of Victoria intitulée The heroic years of Australian painting, 1940-1965. Le dernier tableau de Constance Stokes est Alice Tumbling Down the Rabbit Hole, peint vers 1989 ; elle meurt en 1991 à Melbourne.
Réception post-mortem et héritage