Un système d'armes létales autonome (SALA) ou robot tueur (en anglais, lethal autonomous weapon (LAW), lethal autonomous weapon system (LAWS), autonomous weapon system (AWS), robotic weapon, killer robot ou slaughterbot) est un automate capable de mener une action létale de manière automatisée sans interventions humaines. Il peut s'agir, mais pas seulement, d'un drone ou d'un système fixe tel le Samsung SGR-A1 sud-coréen. Cette terminologie date des années 2010, mais sa définition n'est pas encore totalement arrêtée en 2020..

D'après une communication de l’Organisation des Nations unies de 2018, les robots seraient sur le point d'être dotés d'une intelligence artificielle.. En 2021, dans l'immense majorité des armées régulières, l’ouverture du feu reste conditionnée à une décision humaine. L'intégration de systèmes d'armes létales autonomes au sein des armées françaises fait partie d'un des avis demandés par la ministre des Armées Florence Parly au COMEDEF en 2020.

Lors de la fusillade à Dallas en 2016, la police américaine a fait pour la première fois usage d'un robot armé télécommandé pour éliminer Micah Johnson, , assassin de cinq policiers retranché dans un garage. Mais il était téléguidé et le tir ordonné par l'opérateur..

La première utilisation au combat de systèmes d’armes létales autonomes tels que le et d’autres munitions rôdeuses d'origine turque a eu lieu en 2020 durant la deuxième guerre civile libyenne..

Définition de l'autonomie pour une arme

Le terme autonome a des significations différentes selon les domaines d'étude. En ingénierie, il peut faire référence à la capacité d'une machine à fonctionner sans interventions humaines par exemple grâce à une intelligence embarquée et/ou grâce à une autonomie énergétique (d'origine photovoltaïque par exemple). En philosophie, il peut faire référence à l'indépendance morale d'un individu. En sciences politiques, il peut faire référence à la capacité d'une région à s'autogouverner. En matière de développement d'armes militaires, l'identification d'une arme comme étant autonome n'est pas aussi claire que dans d'autres domaines. La norme spécifique impliquée dans le concept d'autonomie peut varier énormément entre différents chercheurs, nations et organisations.

Différentes personnes ont différentes définitions de ce qui constitue une arme autonome létale. Heather Roff, rédactrice à la , décrit les systèmes d'armes létales autonomes comme « des systèmes d'armes, capables d'apprendre et d'adapter leur fonctionnement en réponse à des circonstances changeantes dans l'environnement dans lequel [elles sont] déployées, ainsi que capables de prendre des décisions de tir par elles-mêmes ». Cette définition des systèmes d'armes létales autonomes propose un seuil assez élevé comparativement aux définitions d'universitaires tels que Peter Asaro et Mark Gubrud (voir plus bas).

Les notions d’« automatisé » et d’« autonome » ont des significations et définitions juridiques et morales qui peuvent varier selon les pays et l'époque. Un document anglais de doctrine militaire (publié en aout 2017) note que qu'elles ont une définition spécifiques au Royaume‑Uni, et souvent différentes de celles d’autres pays ou de l’industrie, et que la doctrine devrait évoluer pour intégrer les enjeux éthiques liés aux drones armés et aux futures plateformes automatisées ou autonomes. Le ministère de la Défense du Royaume-Uni définit les systèmes d'armes létales autonomes comme « des systèmes capables de comprendre une « intention » et une direction de niveau supérieur. À partir de cette compréhension et de la perception de son environnement, un tel système peut prendre des mesures appropriées pour atteindre l'état souhaité. Il peut décider d'un plan d'action, parmi diverses alternatives, sans dépendre de la surveillance et du contrôle humains - même si l'engagement humain avec le système reste possible (et souhaitable selon les éthiciens de l'IA). Si l'activité globale d'un aéronef télépiloté est prévisible, les actions individuelles avec des drones télécommandés ou autonomes peuvent ne pas l'être ».

Des universitaires tels que Peter Asaro et Mark Gubrud abaissent le seuil définissant qu'un système d'armes létales autonome. Ils estiment que tout système d'armes capable de libérer une force létale sans l'opération, la décision ou la confirmation d'un superviseur humain peut être considéré comme autonome. Selon Gubrud, un système d'armes fonctionnant partiellement ou totalement sans intervention humaine est considéré comme autonome. Il affirme qu'un système d'armes n'a pas besoin d'être capable de prendre des décisions complètement seul pour être qualifié d'autonome. Au contraire, il devrait être considéré comme autonome dès qu'il participe activement à une ou plusieurs parties du processus de préparation, depuis la recherche de la cible jusqu'au tir final.

Certains auteurs insistent aussi sur le logiciel qui peut être utilisé comme une arme sans projectiles (par exemple en injectant des virus, en prenant le contrôle d'un véhicule ou en sabotant une installation vitale via une intelligence artificielle non alignée. Selon Kateryna Bondar et Matt Mande du CSIS, les progrès faits par l'IA dans les années 2020, et de l'IA agentique notamment, obligent à redéfinir la notion de système d'armes autonome : ce n'est plus seulement l'« effecteur » (drone, munition rôdeuse, éventuellement filoguidée par une fibre optique) qui compte, mais de plus en plus le , c'est à dire le logiciel d'orchestration qui fusionne les capteurs, sélectionner les cibles et décide du moment et éventuellement du mode de frappe (un mémorandum présidentiel NSPM‑11 du 5 juin 2026 exige d'ailleurs aux USA une révision annuelle de cette notion, justement pour suivre l'évolution rapide de l'IA). Quand le logiciel devient l'arme, l'analyste distingue deux composantes de la guerre autonome : la massification des systèmes sans pilote, par exemple visible en Ukraine où les drones en 2026 réalisent près de 80 % des frappes ; l'autonomie, qui doit libérer les plateformes de leur dépendance au lien opérateur et permettre une navigation, une identification, qui pourrait permettre une frappe sans aucune supervision humaine. Au‑dessus de ces plateformes se trouve la couche d'orchestration, qui coordonne des centaines de systèmes, fusionne les renseignements et attribue les missions, et qui tend à elle‑même devenir autonome. Le CSIS insiste sur le besoin d'étendre la définition réglementaire de l'arme létale autonome à de type de logiciel et aux IA militarisées expérimentées par la Russie et l'Ukraine sur le champ de bataille en 2026 .

Au vu des enjeux, en 2026, le CSIS estime que tous système d'orchestration autonome de d'armes et de destruction par logiciel doit : - être propriété de l'État, pour notamment éviter la dépendance à un acteur privé ; - être intégrée dans l'entraînement militaire et les exercices, pour que formation, doctrine et tactiques évoluent conjointement à la technologie ; - rester strictement indépendante des fournisseurs, capable d'absorber n'importe quel drone, robot ou capteur approuvé par l'armée ; - placer l'IA au cœur du système, accompagnée d'outils d'évaluation et d'explicabilité de l'IA permettant de comprendre et mesurer ses performances ; - être expérimentée immédiatement, dans les propres infrastructures d'entraînement de l'Etat, pour acquérir l'expérience opérationnelle nécessaire (qui sinon manquera par exemple à un pays qui serait confronté à l'armée russe déjà engagée dans le déploiement de systèmes autonomes notamment basés sur la dronisation de la guerre. Aux USA, l'entité DAWG, créée en 2025 et appelée à devenir un commandement sub‑unifié, pourrait être la mieux placée pour appliquer ces principes et fournir rapidement la couche d'orchestration autonome nécessaire au maintient de la supériorité militaire américaine.

La conclusion d'un traité entre États nécessite une définition communément acceptée de ce qui constitue exactement une arme autonome.

Systèmes défensifs automatiques

La plus ancienne arme létale à déclenchement automatique est la mine terrestre, utilisée depuis au moins les années 1600, et les mines marines, utilisées depuis au moins les années 1700. Les mines antipersonnel sont interdites dans de nombreux pays par le traité d'Ottawa de 1997, des exceptions notables étant les États-Unis, la Russie et une grande partie de l'Asie et du Moyen-Orient.

Certains exemples actuels de SALA sont les systèmes de protection active automatisés tueurs, tels que les systèmes d'arme rapprochés guidés par radar utilisés pour défendre les navires qui sont utilisés depuis les années 1970 (par exemple, le Phalanx CIWS américain). Ces systèmes sont capables d'identifier et d'attaquer de manière autonome des missiles, des roquettes, des tirs d'artillerie, des aéronefs et des navires de surface en approche, selon des critères définis par l'opérateur humain.

Des systèmes similaires existent pour les chars d'assaut, comme l'Arena russe, le Trophy israélien et l' allemand. Plusieurs types de fusils de sentinelle stationnaires, qui peuvent tirer sur des humains et des véhicules, sont utilisés en Corée du Sud et en Israël. De nombreux systèmes de défense antimissile, comme le Dôme de fer israélien, ont également des capacités de ciblage autonome. Les tourelles automatiques installées sur des véhicules militaires sont des systèmes d'arme téléopéré.

La principale raison pour laquelle il n'y a pas d'« humain dans la boucle » dans ces systèmes est la nécessité d'une réponse rapide. Ces systèmes ont généralement été utilisés pour protéger le personnel et les installations contre des ennemis ou des projectiles en approche.

Systèmes offensifs autonomes

Les systèmes offensifs autonomes comprendraient les drones de combat. « Le prototype de drone de combat non armé BAE Systems Taranis à propulsion par réaction pourrait conduire à un Système de combat aérien du futur capable de rechercher, d'identifier et de localiser des ennemis de manière autonome, mais qui ne peut s'engager avec une cible que lorsque le commandement de la mission l'autorise. Il peut également se défendre contre les avions ennemis » (Heyns 2013, §45). Le drone Northrop Grumman X-47B peut décoller et atterrir sur des porte-avions (démonstration en 2014) ; il fait partie du programme américain Unmanned Carrier-Launched Airborne Surveillance and Strike (système de surveillance et de frappe aéroporté sans pilote, lancé d'un porte-avions).

thumb|Land Rover Defender serbe tractant une remorque avec le robot de combat chenillé Miloš.

Selon The Economist, à mesure que la technologie progresse, les futures applications des véhicules sous-marins sans pilote pourraient inclure le déminage, la pose de mines, la mise en réseau des capteurs anti-sous-marins dans les eaux contestées, la patrouille avec un sonar actif, le réapprovisionnement des sous-marins habités, et devenir des plateformes de missiles à faible coût. En 2018, la des États-Unis a allégué que la Russie développe une « nouvelle torpille sous-marine autonome intercontinentale, à armement nucléaire et à propulsion nucléaire" nommée Status-6 Poseidon.

Le ministre israélien Ayoob Kara a déclaré en 2017 qu'Israël développe des robots militaires, y compris des robots aussi petits que des mouches.

En , Zeng Yi, un cadre supérieur de l'entreprise de défense chinoise Norinco, a prononcé un discours dans lequel il a déclaré que « sur les futurs champs de bataille, il n'y aura pas de personnes qui se battent » et que l'utilisation d'armes létales autonomes dans la guerre est « inévitable ». En 2019, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper a fustigé la Chine pour avoir vendu des drones capables de tuer sans interventions humaines.

L'armée britannique a déployé de nouveaux véhicules sans pilote et des robots militaires en 2019.

La marine américaine développe des flottes fantômes de navires sans équipage.