La description d'une nouvelle espèce est une description formelle d'une espèce nouvellement découverte, généralement sous la forme d'un article scientifique.
Son but est de donner une description claire d'une nouvelle espèce d'organisme et d'expliquer en quoi elle diffère des espèces qui ont été décrites précédemment, ou qui lui sont liées. Dans de nombreux cas, la communauté scientifique n'accepte pas officiellement l'existence d'une nouvelle espèce tant qu'une description de l'espèce n'est pas publiée, même s'il peut sembler évident que l'espèce est nouvelle.
La description de l'espèce contient également des images ou d'autres illustrations du matériel type sur lequel se fonde une description et auquel est associé le nouveau nom de taxon décrit. Elle explique aussi dans quel musée l'holotype (et d'autres types tels que les paratypes) est déposé.
La publication dans laquelle l'espèce est décrite donne généralement un nom scientifique formel à la nouvelle espèce.
Aujourd'hui, environ 1,9 million d'espèces ont été découvertes et nommées, sur quelque 8,7 millions pouvant réellement exister sur Terre..
Description d'une nouvelle espèce Processus d'attribution des noms d'espèces
Le nom d'une nouvelle espèce devient valide à la date de la publication de sa description scientifique formelle. Dès qu'un scientifique fait les recherches nécessaires pour déterminer si l'espèce découverte représente réellement une nouvelle espèce non décrite, les résultats scientifiques sont résumés dans un manuscrit qui est soumis à une revue scientifique.
La description scientifique de l'espèce permettant d'établir un nouveau nom d'espèce doit remplir plusieurs critères formels (par exemple la sélection d'un type), et le nom est ensuite officialisé par la CINZ ou le CIN. Ces critères visent à assurer que le nom de l'espèce est clair et sans ambiguïté. La Commission indique notamment que « les auteurs doivent faire preuve d'une attention et d'une considération raisonnable dans la formation de nouveaux noms pour s'assurer qu'ils sont choisis en gardant à l'esprit les utilisateurs subséquents et qu'ils soient, autant que possible, appropriées, compacts, euphoniques, mémorables, et pas offensants. ».
Selon une idée préconçue, les noms d'espèces doivent absolument être exprimés en latin. Bien que cela soit nécessaire dans certains cas, ce n'est pas une exigence absolue. Le nom d'une espèce doit être composé de caractères choisis dans les 26 lettres de l'alphabet latin, mais il peut provenir d'une autre langue, ainsi dans le cas d'Erythroxylum coca, l'épithète spécifique, « coca », est dérivée de la langue quechua d'Amérique du Sud. Un nom d'espèce peut n'exister dans aucune langue, à condition qu'il ne soit pas source de confusion ou imprononçable.
Pour bien préciser le nom complet d'une espèce, le (ou les) auteur(s) de la description doivent être indiqués à la suite du nom scientifique, ainsi que l'année de parution dans la publication scientifique. Le nom donné dans la description initiale d'une espèce est appelé le basionyme. Ce nom peut être amené à changer par la suite pour différentes raisons. Dans la mesure du possible, ce sont les noms actuellement valides qui sont indiqués, ainsi que les découvreurs, les pays d'origine et les publications dans lesquelles les descriptions ont été faites.
Aujourd'hui, les descriptions formelles d'espèces suivent des directives strictes établies par un code international de nomenclature zoologique. Des descriptions formelles très détaillées sont faites par les scientifiques qui étudient habituellement l'organisme pendant un temps considérable. Une diagnose peut être rédigée plutôt qu'une description ; celle-ci est généralement écrite en latin et précise la distinction entre la nouvelle espèce et d'autres espèces.
Risque de mystification
Le prototype des erreurs par mystification a été l'affaire de l'homme de Piltdown. Plus récemment, plusieurs ongulés sauvages nouveaux ont été décrits de la péninsule indochinoise, dont le curieux saola à allure d'antilope et des muntjacks, bien réels et bien vivants, ainsi que le linh duong (Pseudonovibos spiralis), décrit officiellement par deux naturalistes allemands, Peter et Feiler, en 1994, à partir de cornes curieusement spiralées trouvées dans le commerce local, et qui s'est avéré être une mystification, non des descripteurs mais des patients fabricants de ces objets à partir de cornes de bovins domestiquesHerbert Thomas, Collège de France, « Le bœuf à la mode asiatique », Pour la Science, , mai 2001, .. En conséquence, après avoir été inscrit sur les listes de protection de l'UICN en 1995, ce nom scientifique reste disponible, mais est maintenant relégué au statut de synonyme junior de la vache (Bos taurus).
Contraintes Les obstacles et freins à la description plus rapide de nouvelles espèces, quand ils ne sont pas liés à la disparition ou dégradation accélérée de certains habitats) sont : technologiques (accès à des habitats difficiles), éducatifs (manque de formation au métabarcoding, disparition ou raréfaction de certains spécialistes…) ; institutionnels (baisse de financements) ; réglementaires (contraintes liées aux législations sur l’accès aux ressources et le partage des avantages).
Cas du milieu marin Selon le World Register of Marine Species, environ marines valides sont répertoriées, mais les découvertes se poursuivent à un rythme stable d'environ 2 332 nouvelles espèces marines décrites par an. Le plus souvent, les espèces nouvellement décrite sont des invertébré benthique , plutôt petites (de ), tropicales et vivant entre de fond ; et documentées à partir de 7 à 19 spécimens. Leur description scientifique n'est publiée après, en moyenne, une « durée » de 13,5 ans, via un article signé par deux à trois auteurs, publié dans une revue à facteur d'impact inférieur à 1 et éditée par une institution académique, une société savante ou un petit éditeur commercial La description ne comporte que rarement des données moléculaires, et très souvent, les auteurs ne travaillent pas dans la région d'origine de l'espèce. À ce rythme actuel, la caractérisation des 1 à 2 millions d'espèces marines encore inconnues, nécessitera , mais l'accès facilité à la littérature et à l'Intelligence, pourrait aussi accroître le rôle des professionnels retraités et des pratiquants des sciences citoyennes et participatives dans la taxonomie marine.
Nouvelles descriptions d'espèces Statistiques Environ espèces ont été découvertes en 2013Les dix espèces les plus étonnantes découvertes en 2013, lemonde.fr avec Reuters, 22 mai 2014., dont près de nouvelles espèces végétales Steven Bachman, State of the World's Plants Report. 2016, Royal Botanic Gardens, Kew, p. 7/84, 2016 .. On décrit actuellement entre et nouvelles espèces par an, dont 10 % sont issues du milieu marin..
Selon les groupes zoologiques ou botaniques, le nombre d'espèces nouvelles décrites chaque année varie considérablement Global Biodiversity - Status of the Earth's Living Resources, World Conservation Monitoring Center, 1992 :
+ Espèces nouvelles Groupe Nombre d'espèces décritesmoyenne de 1978 à 1987Mammifères 26Oiseaux 5Amphibiens et reptiles 105Poissons 231Insectes Arachnides Annélides 173Mollusques 366Champignons
Par contre, dans un groupe biologique donné, le nombre précis d'espèce décrites est assez constant, comme le montre le tableau suivant :
+ Espèces nouvelles Année Nombre totalde descriptions d'espèces. Vertébrés (sauf Poissons) Poissons Insectes 1979 146 183 1980 170 241 1981 134 273 1982 186 240 1983 177 260 1984 168 223 1985 230 220 1986 117 204 1987 191 234 1988 138 229 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Nouvelles espèces à découvrir Des estimations ont été faites par différents auteurs pour évaluer le nombre d'espèces existant réellement dans les différents groupes biologiques. Les méthodes sont variées, une des plus courantes étant l'extrapolation à partir de zones géographiques ou de groupes biologiques très bien connus.
+ Espèces restant à découvrir Groupe biologique Espèces décrites(ordre de grandeur) Estimationconservatrice EstimationhauteVertébrés Hexapodes(dont Insectes) Arachnides Crustacés Mollusques Nématodes Protozoaires Plantes(Embryophytes) Algues Champignons Bactéries Virus
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Clé de détermination Diagnose Épithète spécifique Nom binominal Type (biologie) Biodiversité Complexe d'espèces cryptiques Espèce Spéciation
* Catégorie:Nomenclature biologique Catégorie:Taxinomie