Le Triboulet est un journal satirique monarchiste français fondé en 1878. Son titre fait référence au bouffon Triboulet, héros du Roi s'amuse de Victor Hugo, présent dans un grand nombre des caricatures et vignettes de cet hebdomadaire.

Il ne doit pas être confondu avec des périodiques homonymes antérieurs tels que le Triboulet, journal en chansons de Charles Le Page et Alfred Delvau (1843-1849), le Triboulet d'Altève Morand et François Barrillot (1856) ou le Triboulet (puis Triboulet-Diogène, puis Rabelais) d'Armand Sédixier (1857), qui contenaient également des caricatures.

Histoire

Hebdomadaire illustré de caricatures, Le Triboulet adopte un format inspiré du célèbre Punch londonien, dont la mascotte figure en bonne place sur la page de titre conçue par Bertall puis redessinée par J. Blass.

Il commence à paraître le sous la direction du baron James Harden-Hickey, alias Saint-Patrice, un jeune écrivain américain d'origine irlandaise converti au légitimisme depuis son installation en FranceGaston Jollivet, « Un journaliste roi », Le Gaulois, 5 février 1895, .. Le journal, dont le secrétaire de rédaction est Jules de Gastyne et le gérant Georges Lampre, a son siège au n 35 (puis au n 43) du boulevard Haussmann, de même que la société « Harden-Hickey, Saint-Patrice et  » formée en 1879 pour assurer l'exploitation du titreArchives commerciales de la France, 2 octobre 1879, .. Lancé avec la bénédiction du Figaro, qui a offert à ses lecteurs le premier numéro du nouvel hebdomadaireLe Figaro, 10 novembre 1878, ., Le Triboulet rencontre bientôt un grand succès.

Dévoué à la cause royaliste du « comte de Chambord » et farouchement anti-républicain, Le Triboulet subit régulièrement la censure ainsi que de nombreuses condamnations qui lui coûtent très cher tout en contribuant à sa célébrité. En , alors que l'hebdomadaire a déjà perdu 21 procès, son directeur est expulsé du territoire par arrêté du ministre de l'Intérieur, Ernest ConstansLe Figaro, 10 août 1880, ..

Bénéficiant d'un sauf-conduit, Harden-Hickey revient à Paris à la Toussaint pour organiser la rédaction d'un Triboulet quotidienMémoires d'un ex-fonctionnaire confidentiel du ministère de l'intérieur sur le personnel gouvernemental de la République, , Londres, Wertheimer, Lea et Cie, 1886, . destiné à suppléer l'hebdomadaire satirique, qui est renommé Le Triboulet illustré. Publiée à partir de , cette version quotidienne a Jules de Gastyne pour administrateur délégué et Gaston Jollivet (auparavant journaliste au Gaulois)Le Gaulois, 11 décembre 1880, . pour principal rédacteur. Faute d'un nombre suffisant de lecteurs, Le Triboulet quotidien connaît une existence éphémère. La société anonyme qui l'exploitait ayant été dissoute dès le Archives commerciales de la France, 12 janvier 1882, ., le journal est racheté par le Crédit de France et disparaît avec celui-ci au début de l'année 1882, lors du krach de l'Union générale, après avoir fusionné avec une autre feuille monarchiste, Le ClaironLe Tintamarre, 5 février 1882, ..

Le Triboulet illustré poursuit quant à lui sa parution hebdomadaire, bien que son succès de scandale décline sensiblement après le vote de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En 1885, il a Édouard Grimblot pour rédacteur en chef, le vicomte Christian de Villebois pour secrétaire de rédaction et J.-M. Bertrand pour gérantAnnuaire de la presse française, 1885, .. Harden-Hickey abandonne finalement la direction du journal en 1888 après avoir dissous sa société dès le Archives commerciales de la France, 20 août 1887, ..

Racheté aux enchères par Louis de Meurville et Jean de Bonnefon, du GauloisGil Blas, 31 octobre 1888, ., l'hebdomadaire reparaît à partir de Gil Blas, 3 décembre 1888, .. Son siège est désormais situé au n 16 de la place VendômeLe Figaro, 29 novembre 1888, .. Sous la direction de Bonnefon, le journal conserve sa ligne éditoriale royaliste et semble renouer avec le succèsLe Gaulois, 2 décembre 1888 et 17 mars 1889, .. Son format s'agrandit en 1894Le Gaulois, 25 juillet 1894, ..

Dirigé au moins depuis 1896 par le baron de la GuérinièreLe Journal, mai 1896, ., dont les bureaux sont installés au n 23 de la rue de la Chaussée-d'AntinLe Journal, 23 avril 1896, ., Le Triboulet existe toujours en 1898, exprimant avec virulence un monarchisme antidreyfusard et autoritaire, mais son importance est moindreBertrand Joly, « Les royalistes et l'affaire Dreyfus », Revue historique, avril-juin 1983, .. Il n'est bientôt plus qu'une simple feuille polycopiée trimestrielleMarianne, grand hebdomadaire littéraire illustré, , . dépourvue de caricatures mais comportant un article politique du directeur ainsi qu'une chronique financière et théâtrale, diffusée confidentiellement jusqu'à la mort du baron au début des années 1930.

Collaborateurs

Références

Bibliographie John Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888, .

Liens externes Hervé Collet, « James I, éphémère roi de Trinidad et châtelain d'Andilly », valmorency.fr (consulté le ). Consultable sur Gallica (20 années disponibles - 1016 numéros).

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