La culture et l’art dans les Aurès sont diversifiées. L’Aurès est un vaste territoire de l'Algérie, plusieurs activités artisanales sont organisées pour représenter le terroir de certaines régions et Wilayas de l'Est de l'Algérie. Plusieurs artistes des Aurès participent soit aux festivités organisées ou aux expositions à travers le pays.
Gastronomie thumb|150px|right|Kesra (pain) des Aurès dit arekhsis
L'artisanat thumb|right|Tasse des Aurès (vers 1970) thumb|right|Poterie décorée des Aurès (vers 1970) thumb|right|Oiseau, poterie des Aurès (vers 1970)
Poterie Selon plusieurs historiens, les poteries des Aurès apparaissent dans les spécificités plastiques de leur décor incisé et de leurs formes carénées, comme les plus proches des premières formes de l'art berbère.
Origines « Comme malgré la colonisation romaine de Lambèse, les berbères Chaouïa sont restés à l'écart des grands courants » extérieurs, « on peut admettre que cette ornementation en relief (dentelures, bourrelets, bosses, etc.) est caractéristique de la poterie berbère véritable, disons primitive. », écrit ainsi Arnold van GennepArnold van Gennep, Les poteries modelées d'Afrique du Nord, cité dans À la rencontre de la poterie modelée en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1982, . Analysant ce décor en relief, Gabriel Camps observe que « seule la poterie aurassienne se distingue, entre autres éléments, par la multiplication des mamelons coniques sur la panse et sur les anses, décoration qui contribue grandement à son aspect archaïque ». Lui supposant « une origine siculo-italique », il pense que ce décor, s'étant répandu au Chalcolithique sur toute une région s'étendant des côtés de la Tunisie jusqu'à l'Aurès, puis ayant progressivement disparu devant la progression de la poterie peinte, « se serait maintenu dans le bastion aurassien »Gabriel Camps, Monuments et rites funéraires protohistoriques, Aux origines de la Berbérie, Paris, Arts et Métiers graphiques, 1962. . La thèse de Gabriel Camps est que « tout se passe comme si une céramique à fond plat sans décor peint, mais munie d'appendices divers et d'incisions, avait d'abord pénétré, venant d'Italie et des îles (Sardaigne, Sicile, Pantelleria), en Tunisie et en Algérie orientale, et comme si cette céramique avait été ensuite concurrencée, puis éliminée par une autre vague ignorant le décor incisé ou en relief, mais portant une riche décoration peinte. Les poteries du premier style se seraient conservées dans l'Aurès alors que les secondes n'y pénétraient que faiblement » (op. cit., ).
Caractéristiques Décorées de reliefs ou d'incisions, les poteries des Aurès sont enduites d'une laque rouge sombre ou brune, le « louq », fait de résines « cuites, triturées, teintées et modelées en bâtons qui durcissent en refroidissant », passé sur les poteries encore chaudes en fin de cuissonÀ la rencontre de la poterie modelée en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1982, . Cette pratique est à la fois ornementale et, imperméabilisant les poteries, utilitaire. Le « tarbout », assiette ou plat, et la tasse au profil caréné sont souvent ornés de dessins de valeur symbolique.
Le « tarbout » présente un profil original, l'arrondi de son bord, sans méplat, s'inclinant légèrement vers l'extérieur en quatre points opposés, souvent soulignés d'encochesop. cit., . Celles-ci se retrouvent sur l'arête des tasses ou des pots à traire.
Le « fân », utilisé pour cuire la galette, n'est pas verni mais orné de reliefs ponctués de lignes et de ronds rouges.
D'autres poteries, ayant peut-être fonction de jouets, sont modelées en formes d'animaux (notamment oiseaux).
Tissage thumb|left|Tissage des Aurès, région de Ghoufi (vers 1970) La technique du tapis haute-laine n'étant pas locale, ce sont les tissages, les « tellis », les couvertures, coussins et musettes à grains qui sont caractéristiques du style des Aurès. À la laine est souvent mélangé le poil de chèvre.
Les « tellis » sont généralement composés de bandes de couleurs, mais il arrive qu'ils soient ornés d'un liseré ou de quelques lignes cuivrées. De larges registres sombres, sur lesquels un décor semble brodé, coupent parfois le fond constitué de bandes unies. Des médaillons losangés, eux-mêmes composés de réseaux de fins losanges, peuvent aussi s'imbriquer sur toute la surface du « tellis ».
Les mêmes losanges se retrouvent sur les bandes des couvertures ou les surfaces des coussinsJeux de trames en Algérie, Alger, Ministère de l'agriculture et de la réforme agraire, 1975, .
Bijoux
thumb|Bijoux Chaouis, Musée de l'Homme, lors d'une exposition consacrée à Germaine Tillion.
Titiana Benfoughal a consacré un livre spécifiquement aux bijoux et aux bijoutiers de l'Aurès en 1997. Plusieurs types de bijoux ont été recensés par elle comme les diadèmes, les pendants de temps, les jugulaires, les boucles d'oreilles, les colliers, les fibules, les parures pectorales, les boîtes d'amulettes, les boîtes à miroir, les ceintures, les bracelets, les chevalières et les pendeloques. Titiana Benfoughal a aussi étudié les techniques de fabrication des bijoux.
Savon traditionnel
Tatouage
Vêtement traditionnel thumb|200px|Habit des Aurès Les femmes portent le tajdidh (manteau d’hiver), il est fait de laine épaisse blanche comprenant des bandes brunes et il est attaché par l’amessak (épingle). L’Ougâ est un manteau de sortie, genre tajdidh, mais avec une fine laine blanche et il est tissé avec de la soie blanche. Le kettaf est porté également, il se porte avec des étoffes de soie. Durant l’été, l’althâm ou le kettâf fabriqué avec du coton noir, sont portés par les femmes. Les chaussures sont faites avec de l'alfa tressée des pieds aux chevilles. Lors des sorties, les femmes portent la belgha (sandale), faite en peau de chèvre, de couleur rouge et jaune et la semelle est plate. Les femmes portent des foulards et aussi un turban qui est mis en dernier. La melhafa est portée dans les cérémonies.
Pour l'homme, le gilet (b'diya), porté avec une étoffe blanche ou bien ocre sans manche ni col. La ceinture (h’zam) est brodée de fils de soie ocre. Le serouel (pantalon) ressemble à celui de l’Algérois. Les chaussures sont de type mocassins, la semelle est plate, et ont une couleur marron ou noire ou blanc. Les cavaliers portent des bottes de cuir. Le turban (ammama) est fait de tissu brodé à la soie ocre sur fond blanc qui mesure environ , l'homme l’entoure autour de la tête. Le burnous est pareil à celui d’Algérois, le tissu est fait en laine de dromadaire.. La kachabiya se porte en hiver
Musique
Le folklore est diversifié dans les régions des Aurès.
La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs aurassiens. Les premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni et Ali KhencheliDominique Auzias, Algérie. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l'un des chanteurs chaouis Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech.
Les femmes ont pu avoir leur place sur la scène nationale. La télévision algérienne diffusait les chansons de Thelja (Ya Saleh) et de Beggar Hadda dans les années 1970. Aussi, Houria Aïchi a fait plusieurs albums en France, ainsi que Markunda Awras ou la chanteuse Dihya (du nom de la reine des Aurès), épaulée de Messaoud Nedjahi, l'un des meilleurs compositeurs et paroliers Chaoui. L'un de ses meilleurs albums s'intitule Dzaier assa.
Un autre genre de musique moderne chaoui s'est imposé dans la région. Cette musique atypique est un mélange d'inspirations de rock, de blues, de folk et de raï en langue chaoui et en arabe. Dans les années 1970, 1980 et 1990, quelques chanteurs et musiciens aurassien(ne)s s'illustrent dans ce genre tels que Djamel Sabri du groupe les Berbères et dit aussi Djo, Massinissa, Aïssa Brahimi , Nouari Nezzar, Katchou, Nacerdine Hora, Belbeche, etc, tous ayant commencé en langue chaoui. D'autres, plus jeunes, utilisent exclusivement la langue chaoui tel que le groupe Tafert, Youba, Youress Sami., etc. Quelques instruments de musique sont propres à la région comme la gasba, bendir, etc. et d'autres telles la zorna sont spécifiques à l'ensemble de la musique orientale (cf. en Turquie). À tort, beaucoup de gens attribuent à ce genre une appellation « Staifi » en raison du fait de l'utilisation de la langue arabe tandis que la musique, en elle-même, est chaoui.
Le Groupe Iwal de Tkout, fondé par Nasrine et Fayssal, on révolutionnait la chanson chaoui moderne afin de casser les tabous par leur style incorporant le théâtre et le chant., ce groupe s’est produit à l'Opéra d’Alger..
Festivals Festival Aïssa Djermouni
Festival international de musique de Timgad thumb|left|upright=0.8|la cavea du théâtre de Timgad Le Festival international de musique de Timgad, à Timgad, est organisé chaque année par le Commissariat du festival en collaboration avec l'Office national de la Culture et de l’Information, et la wilaya de Batna. Il a vu le jour en 1967 Site du Festival et il a eu beaucoup de noms, il fut baptisé festival méditerranéen, avant de devenir en 1973 le festival des arts populaires. Le festival culturel annuel se déroulant chaque mois de juillet, mais a certain moment de son existence il est mis en pause de 1986 à 1996. Il deviendra une destination de choix pour de nombreuses stars de dimension internationale.
Festival de la chanson aurassienne à Batna L’association des Amis de l'art et de la Culture a été créée en , elle a regroupé plusieurs personnalités des Aurès dont Brahim Bouziane, Khaled Bouali, Hadj Tayeb, Ali Guerbabi, Chérif Merzouki. Elle a été présidée par Hamid Meziani. En 1987, elle organise le festival à Batna durant cinq jours. Le festival rassemble des chanteurs et des groupes de musique et également des peintres. L'évènement a été couvert uniquement par la chaine radio 2 d’Algérie et le journal local El-Aoures. Parmi les chanteurs invités figurent Salim Souhali, Salah Boumaaraf, Mihoub, Hacen Dadi, Nouari Nezzar. La chanson chaoui traditionnelle a été représentée par Mohand Ouamer, Aissa Guellil, le groupe de Yabous, Errefaâ, Idhourar et Chlaâlaâ. Les groupes modernes étaient représentés par Your, Amenay Anzar, Kimel et Thiguiyyeres, venus de plusieurs Wilayas des Aurès pour assister. Une importante exposition de peinture , de bijoux, de poterie et une parade de fantasia ont eu lieu lors du festivalNadia Bouseloua, Azeddine Guerfi, Rachid Mokhtari, Philippe Thiriez, Aurès, Vivre La Terre Chaouie, Chihab Éditions, Alger, 2011, , .
texte musical
La poésie orale, les contes et les légendes font l'objet d'étude de la part des spécialistes en littérature et en linguistique. Les textes sont récités par les Medaha et les Gouaras (orateurs).
Danse thumb|Danse chaouie Les habits chaouis (burnous), le cheval, le fusil et les youyous font partie de la danse des aurassiens. Quelques genres de danse: Rahaba, Mahzam, Trig el khil, Lahawawi, Izlen, Tigougaine ou Taourial, Aourial, Zorna, Sebaha, Izlen, Rekrouki (gasba, mawal), L'azzekar, Tinzarine, Gasba, Aissawa, fkirettes, Allaoui, ghiyata, tabla, staifi, Batni, gnawi a son genre de danse selon les régions et les tribus. Le Çrawi présente des varientes comme Dmam, Çalhi, Rakruki et Ayash Maya Saïdani, Musique et danse algérienne. Irahaben et fantazia Rahaba et baroud. Fantasia. parade Tahriba. Danse spécifique aux femmes. abdawi. bandu. trig al-khîl. mahzam ou zandali. balbari.
Littérature Plusieurs écrivains ont écrit dans les deux langues, arabe et française, c'est le cas de Kateb Yacine.
Littérature avant l'indépendance de l'Algérie