Une belle garce est un film français de Marco de Gastyne, sorti en 1931l'IMDb indique la date de sortie en France du 19 décembre 1930, alors que la BiFi fait simplement état de 1931. La fiabilité de cette dernière pour ce type de film incite à opter pour cette information.
Il est adapté du roman éponyme de Charles-Henry Hirsch qui sera à nouveau porté à l'écran en 1948 par Jacques Daroy (voir Une belle garce).
Synopsis Dans un cirque parisien des années 1930, Rosita (Gina Manès), une jeune femme d’une sensualité méditerranéenne, entretient des relations simultanées avec deux hommes. Dompteurs tous les deux : le père Rabbas (Gabriel Gabrio), autorité défaillante et le fils Léo (Paul Quevedo), tendresse incomprise. Rosita, loin d’être simple objet de fascination, manœuvre avec une diplomatie calculée, laissant les deux hommes s’épuiser dans leur propre aveuglement. Fiche technique Titre original : Une belle garce Réalisation : Marco de Gastyne Scénario : adapté du roman éponyme de Charles-Henry Hirsch Photographie : Georges Asselin et Georges Benoît Décors : Guy de Gastyne Société de production : Pathé-Nathan Pays de production : Langue originale : français Format : Noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — Son mono Genre : Comédie dramatique Durée : 92 minutes Date de sortie : France : selon l'IMDb , 1931 selon la BiFi Affiche : Roger Cartier (France)
Distribution Gina Manès : Rosita Roux Gabriel Gabrio : le dompteur Rabbas Georges Paulais : le clown Armand Simone Genevois : Nana Gil Clary : Rabbas Georges Benoît Jouviano : Pietro/le dompteur Georges Martel : le capitaine Courle Paul Quevedo : Léo Rabbas Raymonde Sonny : Lili
Production
Présentation et genèse Une belle garce est l’une des premières adaptations parlantes de la période de transition vers le cinéma sonore, comme en témoigne la présence d’ingénieurs du son (Hoxie et Henri Labrely) au générique . L’œuvre puise son origine dans la littérature populaire de la fin du XIXe siècle : le scénario est adapté par le réalisateur lui-même d’après le roman éponyme de Charles-Henry Hirsch .
Équipe technique Le tournage mobilise des professionnels du monde circassien, le dompteur Jouviano y apparaît en personne, accompagné de ses lions et lionnes — Prince, Mascotte, Caprice et Beauté — dont les noms sont précisément recensés .
Distribution Gina Manès, connue pour ses personnages de *femmes fatales* et réputée pour « ses yeux d’émeraude et sa démarche féline », avait déjà exploré à plusieurs reprises le thème du cirque (Looping the loop, Salto mortale, Grock) .
Orientation stylistique et thématique Cette intrigue, qui pourrait se résumer à la figure réductrice de la « garce » évoquée par le titre, fait l’objet d’une lecture plus nuancée dans les analyses contemporaines. Le film s’avère moins un portrait misogyne que « l’histoire de deux corniauds » : selon cette interprétation, ce ne sont pas les hommes qui dominent la sauvage Rosetta, mais bien l’inverse. Aveuglés par leur désir de possession, Rabbas, négligeant totalement son épouse, et Léo, ignorant l’affection de Nana, apparaissent comme les véritables responsables de leur malheur. Rosita, séductrice certes, « joue sur les deux tableaux » sans rechigner, mais ce sont les hommes qui « tombent bêtement amoureux de son image » .
L’espace du cirque fonctionne comme révélateur de cette impuissance masculine. La « cage aux lions » devient le théâtre où s’exhibent les travers des protagonistes : « l’un par sa couardise, l’autre par sa folie douce » . Les longues séquences en duo entre le père et le fils, dressent le portrait de deux êtres pathétiques dans leur jalousie, tandis que les échanges entre Rosita et Rabbas montrent « la masse totalement à sa merci » .
Sur le plan visuel, le film cultive un réalisme « brut [et] sauvage » . Les fauves sont filmés dans toute leur majesté — gros plans dans leurs cages ou mouvements fous lors des spectacles . Parallèlement, l’atmosphère du cirque « branquignol » est rendue par des détails comme l’ours cycliste, les singes facétieux, ou encore le clown pathétique « qui ne sait plus faire rire » . Cette accumulation d’éléments spectaculaires et de figurations marginales crée un environnement où « les hommes au cœur un peu trop tendre finissent dans la sciure » .
Anecdote Une ironie historique achève de nourrir la légende du film : douze ans après la sortie de l’œuvre, la réalité vint doubler la fiction lorsque Gina Manès fut victime d’un grave accident avec les tigres du dompteur Spessardy le vendredi .
Notes et références
Liens externes
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