Saint-Laurent-du-Maroni, appelée simplement Saint-Laurent, est une commune française située dans le département de la Guyane.
Depuis 2018, elle est la deuxième commune la plus peuplée de Guyane après Cayenne..
Saint-Laurent-du-Maroni, sous-préfecture et centre de la circonscription, est également un port fluvial situé sur la rive droite de l'estuaire du fleuve Maroni.
Ancien pénitencier agricole fondé en 1858, puis le plus grand bagne de France actif jusqu'en 1944, la ville a définitivement tourné le dos à son passé bagnard, en aménageant son vaste centre pénitencier en un site culturel de grand intérêt historique.
Ville transfrontalière avec le Suriname, notamment avec la petite cité voisine d'Albina que sépare le fleuve, elle est devenue un actif centre d'échanges et de commerces et un grand lieu de marché exotique, favorisée par le multiculturalisme, à l'origine de son dynamisme urbain. Elle est haussée au rang de pôle d'influence dans toute la partie ouest de la Guyane.
Histoire Avant la colonisation vignette|left|Kali'na au Jardin d'acclimatation de Paris en 1892. Des travaux de fouilles ont permis de découvrir, en 2005, que le site était occupé avant 7200 avant notre ère durant le Néolithique précéramique B rapport d'activité 2006 de l’Inrap page 89. Par la suite, le site reste occupé avant l’époque précolombienne par les populations amérindiennes. Avant la fondation de l'agglomération coloniale, il porte le nom de son chef Kamalaguli.. De l'ensemble des populations amérindiennes initialement installées à ces époques ne restent aujourd'hui que les ethnies Arawak et Kali'naPLAN LOCAL D’URBANISME – Rapport de présentation, ..
Période moderne vignette|left|. Durant les , le Maroni est la voie de pénétration de nouvelles populations. Aux colons européens et leurs esclaves noirs, vont s'ajouter les Businenge, esclaves en fuite du Suriname. Leurs descendants se retrouvent chez les Boni, les Ndjuka, les Paramaca et les Saramaca. Ces quatre ethnies vivent dans des quartiers ou dans les villages qui entourent Saint-Laurent. Grands navigateurs, ils sont piroguiers, pratiquent l'agriculture et l'artisanat.
Le premier bagne fut créé par la loi du 26 août 1792 qui prévoyait la déportation politique en Guyane des « ecclésiastiques non sermentés »Les bagnes coloniaux : de l'utopie au risque du non-lieu puis aux ecclésiastiques dénoncés pour cause d'incivisme (loi du 23 avril 1793) et en 1795 pour les ennemis de la Révolution française, mais le blocus maritime imposé par l'Angleterre ainsi que les nombreuses épidémies qui s'y développaient entraînèrent l'arrêt de l'application de ces mesuresPhilippe Poisson, Marcel Boucherie. Surveillant militaire dans les bagnes de Guyane, septembre 2005, ..
La ruée vers l'or, qui débuta peu après l'abolition de l'esclavage, vers 1850, révolutionna la société créole. Les esclaves libérés délaissèrent les plantations à la recherche de l'or, creusèrent les premières mines en forêt, où ils furent rejoints par les créoles venus de la Caraïbe (Martinique, Guadeloupe, Dominique et Sainte-Lucie). Tous installés dans la région de Saint-Laurent, ils y développent le commerce de l'or. C'est la disparition économique des Blancs créoles, ruinés par le départ des esclaves de leurs plantations.
Depuis, des milliers de chercheurs d'or clandestins se sont installés bravant les autorités, vivant dans la violence et en butte au paludisme. Dénommés garimpeiros, ils sont actuellement la cause des ravages sociaux, sanitaires et environnementaux. L'utilisation du mercure et du cyanure pour amalgamer l'or empoisonne fleuve et affluents, tribus d'Amérindiens, et défigure la forêtGuyane française, l'or de la honte.
vignette|Saint-Laurent au milieu du . La remontée du Maroni avait commencé dans les années 1820. Elle permit de découvrir, en 1852, une colonie de quarante familles, originaires de Friedland. Les nouveaux territoires explorés manquant de main-d'œuvre, pour pallier cela, Louis-Napoléon rétablit la déportation des bagnards. Leur premier convoi arriva le . Les forçats furent cantonnés dans l'Est de la Guyane. Outre la construction de routes, ils édifièrent les nouveaux pénitenciers. Installés dans des zones insalubres, ils furent rapidement délaissés. Le choix se porta alors sur la rive droite du Maroni où s'étaient installés les ressortissants venus de la mer du Nord. Ce choix détermina l'emplacement de l'agglomération qui devint lieu de déportation pour les condamnés aux travaux forcés jusqu'en 1946.
Les premiers transports débarquèrent le . Cet emplacement fut validé par Auguste-Laurent Baudin, gouverneur de la Guyane, et dénommé Saint-Laurent-du-Maroni le . Ce site devint un pénitencier agricole. Les forçats furent employés à cultiver bananes et cannes à sucre. De plus des chantiers forestiers furent ouverts à Saint-Jean-du-Maroni et à Sparouine.
Le gouvernement français fit venir des ressortissants portugais, africains, indiens et chinois. Ces derniers constituèrent le groupe le plus important. Venus de Shanghai et de Canton, ils ouvrirent des alimentations et des bazars, commerces où ils sont toujours majoritaires. Dans le même temps furent déportées des femmes dans la perspective, leurs peines finies, de s'installer pour fonder un foyer. Ce fut un échec et cette tentative fut arrêtée en 1905.
Les conditions sanitaires du bagne étant désastreuses, en 1867, Napoléon III décréta que les condamnés blancs au bagne iraient désormais purger leur peine en Nouvelle-Calédonie. Ce qui n'empêcha pas Saint-Laurent de devenir le siège de l'administration pénitentiaire. Le , la ville prit le statut de commune pénitentiaire spéciale. La fonction de maire fut assurée par le directeur de l'Administration pénitentiaire qui nomma une commission municipale.
La transportation des forçats européens ayant repris en 1887, la ville dut s'agrandir. Construite en damier, elle était divisée en trois quartiers. Il y avait le quartier officiel avec les administrations et ses logements de fonction, venait ensuite la ville coloniale destinée aux concessionnaires, puis le quartier du Camp de la transportation, où se trouvaient aussi la gendarmerie et l'hôpital. Cette organisation et la qualité des constructions firent surnommer Saint-Laurent le .
Période contemporaine
Assez éloignée de la métropole, la colonisation pénale était acceptée. Il fallut, à partir de 1923, la venue du journaliste Albert Londres pour faire découvrir la réalité. Ses articles furent publiés dans Le Petit Parisien et dans l'édition du , il mit en garde Albert Sarraut, ministre des Colonies, .
Le grand reporter expliqua à ses lecteurs ce qu'était la relégation : (Au bagne (1923)).
Il trouva un relais politique en la personne de Gaston Monnerville, député de la Guyane. À peine élu, en 1932, celui-ci mena un combat pour la fermeture du bagne. Le député, qui avait l'appui de l'opinion publique, obtint que les libérés puissent quitter Cayenne pour la Métropole en 1934. Le décret-loi du abrogea le bagne qui fut définitivement fermé en 1946. En août 1953 les quittaient la Guyane.
La commune civile fut officiellement créée le Fiche Insee de Saint-Laurent-du-Maroni et Saint-Laurent-du-Maroni devint chef-lieu d’arrondissement. Il est à noter, qu'après cette période de colonisation carcérale, la population initiale d'Amérindiens ne subsiste que dans deux villages d'ethnies différents, les Lokono et les Kaliña. Depuis la seconde moitié du , elles sont peu à peu intégrées et leur droit coutumier, mis à mal par l'évolution des structures sociales, cède la place face aux cultures en abattis et au travail salarié.
En , une convention de cession de 91 hectares de terrains domaniaux est signée entre l’État français et la ville de Saint-Laurent-du-Maroni pour permettre la création d’équipements publics, de logements et d’une nouvelle zone d’activité.
Géographie
Situation
Saint-Laurent-du-Maroni, localisée à à l'ouest de Cayenne, est située à l'amont de l'embouchure du Maroni, à une trentaine de kilomètres de l'océan Atlantique, face à la ville surinamaise d'Albina, au nord-est du continent sud-américain. Sa localisation éloignée de l'océan s'explique par le souci des autorités pénales d'empêcher les bagnards qui y étaient emprisonnés de s'évader par la voie maritime.
Saint-Laurent-du-Maroni est une ville multiculturelle de longue date. C'est pourquoi beaucoup d'ethnies y cohabitent : Créoles, Amérindiens (Kali'na, Lokono), Hmong, Indiens, Bushinengue (Saramaca, Djuka, Aluku, Paramacas), ainsi que des populations étrangères (Haïtiens, Surinamais, Brésiliens, etc.), et métropolitains.
Communes limitrophes Les communes guyanaises limitrophes avec Saint-Laurent-du-Maroni sont Mana au nord et à l'est, Grand-Santi et Apatou au sud-ouest.
La commune inclut les îles fluviales Portal, de la Quarantaine et aux Lépreux.
Géologie et relief
Articulé sur un plateau continental de faible hauteur, le pastéque ronaldo de Saint-Laurent-du-Maroni est essentiellement vallonné, avec un point culminant à d'altitude. Les vallées qui serpentent au milieu des collines sont, pour la plupart, marécageuses. Le Sud de la commune, quant à lui, est plus montagneux, avec un point culminant, dans le Massif Dékou-Dékou, à d'altitudePlan Local d’Urbanisme – Rapport de présentation, ...
Hydrographie Le Maroni arrose la commune, à qui il donne une partie de son nom, au nord et nord-ouest de celle-ci. Plusieurs de ses affluents traversent également le territoire communal : la Crique Sparouine (en limite de commune sud), la Crique Bastien, la Crique Serpent, la Crique des cascades, la Crique Awara, la Crique Balaté, la Crique Margot, la Crique Chameau, la Crique aux bœufs lamentins, la Crique Vaches (en limite de commune nord).
Climat
Saint-Laurent-du-Maroni bénéficie d'un climat chaud et humide de type équatorial (type Af selon la classification de Koppen). Il n'existe qu'une seule saison dans l'année avec deux pics pour les précipitations, un grand pic au printemps au mois de mai et un petit pic en hiver au mois de janvier. L'air est constamment chaud et moite. Les seules variations que connaissent les températures sont des variations journalières avec des minimales égales à et des maximales comprises entre et . Il pleut toute l'année de façon abondante si bien que le cumul annuel des précipitations atteint une valeur très élevée (). Cependant les précipitations varient du simple au triple entre le mois le moins arrosé ( en octobre) et le mois le plus arrosé ( en mai).
Urbanisme Typologie Saint-Laurent-du-Maroni est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Laurent-du-Maroni, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle est une ville isolée...
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Laurent-du-Maroni, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Logement en 2009 En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il n'était que de en 1999LOG T1D - Évolution du nombre de logements par catégorie sur la fiche Insee de la commune, ..
Parmi ces logements, 89,9 % étaient des résidences principales, 2,9 % des résidences secondaires et 7,2 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 82,8 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 15,7 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements sur la fiche Insee de la commune, ..