Juana Doña Jiménez, née le à Madrid et morte à Barcelone le , est une dirigeante communiste, féministe, syndicaliste et écrivaine espagnole.
Dernière femme condamnée à mort en Espagne, Juana Doña est, pour son ami l'écrivain Manuel Vázquez Montalbán, la « seconde dame du communisme espagnol » après La Pasionaria, Dolores Ibárruri.
Elle participera également à la fondation du Mouvement de libération des femmes (MLF).
Biographie Né dans le quartier madrilène de Lavapiés, Juana Doña entre aux Jeunesses communistes dès ses quinze ans et intègre le Comité Central du Parti Communiste d'Espagne durant la Guerre Civile Espagnole (1936-1939).
Elle participe aux combats contre les forces nationalistes de Franco en prenant part à la défense de Madrid avec celui qui allait devenir son mari, Eugenio Mesón, important leader des Jeunesses socialistes unifiées, arrêté après le coup d'état de Segismundo Casado et fusillé par un conseil de guerre franquiste en 1942.
En 1940, elle est l'une des membres des groupes urbains appelés « Cazadores de ciudad » dans la Guérilla du Llano.
Elle est condamnée à mort lors d’un conseil de guerre tenu contre ces groupes en 1945, accusée d'un attentat contre l'ambassade d'Argentine. En 1947, à l'occasion de la visite d'Eva Perón en Espagne, et grâce à son intervention, sa peine est commuée : elle est condamnée à trente ans de réclusion. Elle reste emprisonnée pendant dix-huit ans et participe en 1949 à la grève de la faim des femmes républicaines prisonnières politiques de la prison de Ségovie.
Libération Après sa libération, elle milite auprès du syndicat des Commissions Ouvrières clandestines.
Après la mort du dictateur Franco, pendant la Transition démocratique, elle est candidate du PCE (Trabajadores de Madrid) au Sénat en 1977, travaille à la publication du parti, Mundo Obrero, puis intègre à l’Organisation révolutionnaire des travailleurs (ORT).
En 1984, elle participe à la fondation du Parti Communiste des Peuples d'Espagne.
Postérité En 2018, la mairie de Madrid donne son nom à une rue (dénommée auparavant Bataille de Belchite), adjacente à l'ancienne prison de Yeserías (aujourd'hui centre d'insertion sociale Victoria Kent), dans le district d'Arganzuela.
Publications 1977 : Mujer. 1978 : Desde la noche y la niebla (mujeres en las cárceles franquistas), « Depuis la nuit et le brouillard (femmes dans les prisons franquistes) », prologue d'Alfonso Sastre. Madrid. Ediciones de la Torre. 1992 : Gente de abajo (no me arrepiento de nada), « Gens d'en bas (je ne regrette rien) », prologue Manuel Vázquez Montalbán. Madrid. A-Z Ediciones y Publicaciones. 2002 : Témoignage dans le livre de Ricard Vinyes Irredentas : las presas politicas y sus hijos en las carceles franquistas. 2003 : Querido Eugenio (una carta de amor al otro lado del tiempo) « Cher Eugenio (une lettre d'amour à l'autre côté du temps) », prologue de Manuel Vázquez Montalbán. Barcelone. Lumen.
Bibliographie Alicia Ramos Mesonero (2012). Memoria de las presas de Franco. Huerga y Fierro Editores.
Références
Liens externes
Juana Doña, in memoriam, par Mar Molina, 2003 Dans les prisons de Franco - Récit de soi, récit du corps dans l’œuvre de Juana Doña, Desde la noche y la niebla. Mujeres en las cárceles franquistas (1978) Isabelle Renaudet, 2016
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