Les primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016 () sont le processus par lequel les membres et sympathisants du Parti républicain des États-Unis désignent leur candidat à l'élection présidentielle de 2016.
Cette campagne voit le magnat de l'immobilier Donald Trump faire abandonner un par un chacun de ses onze concurrents avant de s'imposer comme candidat républicain. Il crée à nouveau la surprise en étant élu président des États-Unis le face à Hillary Clinton avec 304 grands électeurs contre 227.
Contexte Ne pouvant se représenter après avoir exercé deux mandats, le démocrate Barack Obama doit céder la place de président des États-Unis deux mois après l'élection présidentielle, en .
Les primaires républicaines sont longtemps marquées par une grande incertitude quant à leur issue. Elles interviennent alors que le Parti républicain détient la majorité au Congrès, mais n'a pas remporté d'élection présidentielle depuis 2004. Les primaires démocrates voient quant à elles s'affronter seulement deux favoris : l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton et le sénateur du Vermont Bernie Sanders.
Procédures Déroulement Chaque délégation est composée de trois types de délégués : les membres Comité national républicain (RNC), les délégués des districts congressionnels (CD) et des délégués de l'État (AL). Ils peuvent avoir un mandat impératif, qui les engage quant à leur vote lors de la convention, ou un mandat libre (représentatif), qui ne les contraint pas sur le vote lors de la convention.
Si un candidat suspend sa campagne, les délégués au mandat impératif qui lui avaient été attribués peuvent se transformer en délégués au mandat libre suivant les règles de chaque État. Par exemple, dans l'Iowa, les délégués au mandat impératif demeurent liés à leur candidat, même dans le cas où celui-ci suspendrait sa campagne.
+Types de délégués et de mandats et mode de scrutin par État et territoire.DateÉtat ou territoireType de déléguésType de mandatsMode de scrutinEngagésLibres Iowa 3152300 Caucus fermés New Hampshire 3200230 Primaires semi-fermées Caroline du Sud 32621500 Primaires ouvertes Nevada 3270300 Caucus fermés Alabama 32621500 Primaires ouvertes Alaska 3250280 Caucus fermés Arkansas 32512400 Primaires ouvertes Géorgie 33142760 Primaires ouvertes Massachusetts 31227420 Primaires semi-fermées Minnesota 31124380 Caucus ouvert Oklahoma 32515430 Primaires fermées Tennessee 32827580 Primaires ouvertes Texas 3441081550 Primaires ouvertes Vermont 3130160 Primaires ouvertes Virginie 31333490 Primaires ouvertes Kansas32512400 Caucus fermés Kentucky32518460 Caucus fermées Louisiane32518460 Primaires fermées Maine3146230 Caucus fermés Porto Rico 3200230 Primaires ouvertes Hawaii 3106190 Caucus fermés Idaho 3290320 Primaires fermées Michigan 31442590 Primaires ouvertes Mississippi 32512400 Primaires ouvertesÎles Vierges36063Caucus fermés Guam 36009 Convention Territoriale fermée Washington (DC) 3160190 Convention ferméeWyoming31412263Caucus fermés Caroline du Nord 3690720 Primaires semi-fermées Floride 01881990 Primaires fermées Îles Mariannes du Nord 36090 Caucus fermés Illinois 31254690 Primaires ouvertes Missouri 32524520 Primaires ouvertes Ohio 3630660 Primaires semi-ouvertes Arizona 32827580 Primaires fermées Samoa américaines 36009 Convention territoriale ouverte Utah 3370400 Caucus fermés avrilDakota du Nord3103028Caucus fermésColorado31021343Caucus fermés Wisconsin 31524420 Primaires ouvertes New York 31181950 Primaires fermées Connecticut 31015280 Primaires fermées Delaware 3130160 Primaires fermées Maryland 31124380 Primaires fermées Pennsylvanie 314541754 Primaires fermées Rhode Island 3106190 Primaires semi-fermées Indiana 32727570 Primaires ouvertes Nebraska 3249360 Primaires fermées Virginie-Occidentale 3229340 Primaires semi-fermées Oregon 31015280 Primaires fermées Washington 31130440 Primaires fermées Californie 3101591720 Primaires fermées Dakota du Sud 3260290 Primaires fermées Montana 3240270 Primaires ouvertes New Jersey 3480510 Primaires semi-fermées Nouveau Mexique 3129240 Primaires ferméesTotal109
Débats et forums Treize débats sont programmés pour départager les candidats, entre le et le , soit sept de moins qu'en 2012. Finalement, il n'y en eut que douze ; le treizième fut annulé après le désistement de Trump et Kasich qui choisissent de s'exprimer devant l'American Israel Public Affairs Committee.
Le nombre de candidats s'élève au départ à 17, ce qui surpasse largement les primaires précédentes. Il fut ainsi décidé de scinder les débats : le débat principal ne concerne que les dix candidats les mieux classés dans les institutions de sondages, tandis que les autres candidats éligibles , moins bien classés, se confrontent dans un débat secondaire, diffusé plus tôt sur internet.
En complément, un total de neuf forums furent organisés tout le long de la campagne, où les candidats qui le souhaitent expriment leurs idées. Il n'y a qu'un discours par candidat, sans confrontation avec leurs adversaires.
Campagne thumb|Jeb Bush, favori des sondages entre 2014 et 2015. thumb|L'homme d'affaires Donald Trump, invité surprise des primaires. thumb|Marco Rubio, un temps candidat soutenu par l'état-major du Parti républicain pour contrer Donald Trump et Ted Cruz. thumb|Ted Cruz, figure de l'aile évangélique du parti.
Longtemps, l'incertitude demeure et les sondages sont très fluctuants alors que le nombre de candidats se multiplie. Chris Christie voit les intentions de vote en sa faveur s'effondrer à la suite de l'affaire de la fermeture de voies routières à Fort Lee.. À partir de 2014, Jeb Bush apparaît comme étant le favori, notamment en raison de sa capacité à récolter des fonds.. Mitt Romney, le candidat républicain à l'élection présidentielle de 2012, semble être un possible recours, mais il annonce qu'il ne se présente pas le .. D'autres candidats font alors une percée dans les sondages, notamment Scott Walker, qui est un temps donné favori..
Après plusieurs mois de rumeurs, l'homme d'affaires milliardaire Donald Trump, qui n'a jamais exercé une fonction politique, annonce sa candidature en et se place dès le mois suivant en tête des sondages.. Il se démarque des candidats traditionnels par sa volonté de financer lui-même sa campagne, par sa rhétorique anti-politiquement correct, ainsi que par son style et ses discours polémiques, notamment sur les questions d'immigration. Sa candidature, dans un premier temps peu prise au sérieux, finit par inquiéter la direction du Parti républicain. Il apparaît ponctuellement menacé, notamment par Ben Carson et Carly Fiorina, mais se maintient à un niveau élevé...
En , la campagne semble se cristalliser autour des candidatures de Donald Trump, Ben Carson, Marco Rubio et Ted Cruz. Jeb Bush, très attaqué par Donald Trump, a alors perdu considérablement du terrain. Ben Carson est rapidement fragilisé par ses positions en matière de politique étrangère et voit les intentions de vote en sa faveur diminuer de façon continue, notamment au profit de Ted Cruz, perçu comme étant le plus conservateur des candidats. La campagne se centre en particulier sur la question de l'immigration, ce qui permet à Donald Trump et Ted Cruz, tous deux détestés par l'establishment républicain, de prendre un certain avantage.
Lorsque débute le processus des primaires, Donald Trump est toujours en tête des enquêtes d'opinion. Bien que son score dans le caucus de l'Iowa ait déçu, il parvient à s'imposer lors des primaires suivantes. L'establishment se divise, de son côté, entre les candidatures de Marco Rubio, Chris Christie, Jeb Bush et John Kasich, mais Bush et Christie abandonnent tous deux en février après avoir réalisé de mauvais scores aux primaires. Lors du du , Trump l'emporte dans l'Alabama, l'Arkansas, la Géorgie, le Massachusetts, le Tennessee, le Vermont et la Virginie, tandis que Cruz s'impose dans son État du Texas, ainsi que dans l'Oklahoma et l'Alaska ; de son côté, Marco Rubio remporte son premier État avec le Minnesota, tandis que Kasich réalise un bon score dans le Vermont et dans le Massachusetts. Après ces scrutins, Ben Carson retire sa candidature, tandis que Carly Fiorina apporte son soutien à Ted Cruz..
Donald Trump, au fil des primaires, conforte son statut de favori, sans pour autant parvenir à s'imposer de façon indéniable. Des tribunes politiques et des publicités télévisées négatives financées par des comités d'action politique (PAC) continuent à l'assaillir... La campagne entre les différents candidats semble alors très tendue et l'hypothèse d'une candidature dissidente de Donald Trump en cas de défaite aux primaires est toujours évoquée. Lors du second « super mardi », le , Donald Trump arrive notamment en tête en Floride, l'État natal de Marco Rubio, qui comptait un important nombre de délégués. À la suite de cet échec, Marco Rubio se retire de la course, laissant le champ libre à John Kasich..
Dès lors, la course se joue à trois : Donald Trump apparaît comme le candidat nationaliste, Ted Cruz comme le conservateur et John Kasich comme le modéré.. Trump et Cruz sont les deux favoris, le second accusant le premier de ne pas être un « vrai conservateur », en raison notamment de ses prises de position passées en faveur du Parti démocrate.
Alors que le taux de participation aux primaires est en hausse, le politologue Alix Meyer souligne que Donald Trump ..
Dans l'histoire récente des campagnes de primaires pour l'élection présidentielle américaine, Donald Trump fait partie des candidats en position de favori des sondages ayant le moins dépensé d'argentMaurin Picard, « États-Unis : Donald Trump lance l'offensive publicitaire », Le Figaro, jeudi 31 décembre 2015, page 5... À la date du , il est ainsi, parmi les candidats républicains et démocrates, celui qui a dépensé le plus petit budget de campagne électorale, à savoir de dollars ( pour Marco Rubio, pour Bernie Sanders, pour Ted Cruz et pour Hillary Clinton)« Élections américaines : Trump, mini budget et maxi profit », Le Parisien, 10 mars 2016.. Il dépense beaucoup dans ses courriers aux électeurs et ses produits dérivés, mais ne commande aucun sondage (alors que Hillary Clinton a dépensé dans le domaine pour le seul mois d’avril). et dépense très peu en publicité ou en action militante sur le terrain, misant sur de grands meetings et un fort temps d'antenne dans les médias grâce à ses déclarations polémiques.. ..
Au début du mois d', la défaite de Trump dans le Wisconsin suscite des doutes quant à sa capacité à recueillir les nécessaires pour obtenir l'investiture, alors que John McCain s'était déjà imposé à ce stade en 2008 et que Mitt Romney était proche de la victoire en 2012.. Ses partisans dénoncent alors des manœuvres de la part de l’establishment républicain, notamment concernant l'attribution de délégués dans certains États« Les tenants du « tout sauf Trump » confortés par sa défaite dans le Wisconsin », Ouest France, 6 avril 2016.. En mars, Donald Trump avait prédit des « émeutes », si des agissements de la part des dirigeants du Parti républicain devaient l'empêcher d'obtenir l'investiture« Primaires américaines : Trump prédit des émeutes s’il n’est pas investi », Le Monde, 16 mars 2016., avant de brandir la menace d'une candidature indépendante si l'un de ses concurrents venait à être désigné.