Noël Boucheix, né le à Romagnat (Puy-de-Dôme, France) et mort le à Montferrier-sur-Lez (Languedoc-Roussillon), est un missionnaire et prélat catholique français, vicaire apostolique d'Héliopolis (Égypte) et évêque titulaire de de 1953 à 1958, puis évêque de Porto-Novo (Dahomey) de 1958 à 1969 et, enfin, évêque titulaire de de 1969 à sa mort.

Biographie Formation Noël Boucheix naît le jour de Noël, en 1900, au sein d'une famille profondément chrétienne, à Romagnat, dans le Puy-de-Dôme. Après ses années de scolarité dans son village natal, il poursuit ses études secondaires au collège clérical de Courpière de 1914 à 1917, où il obtient le baccalauréat. Son frère, Germain, entre alors dans la Société des missions africaines et devient missionnaire au Dahomey.

Noël continue ses études en philosophie et en théologie au grand séminaire de Clermont-Ferrand où il entre le . Ses études sont interrompues par les deux années de service militaire qu'il effectue au sein du des tirailleurs marocains, du au . C'est de ce premier contact avec l'Afrique que naît sa vocation missionnaire pour les Africains. Cependant, il attrape le paludisme lors de son séjour au Maroc et son évêque, Pierre-Marie Belmont, s'oppose à son départ en mission..

Vocation missionnaire En , il reprend ses études théologiques au grand séminaire de Clermont-Ferrand. C'est là qu'il est ordonné prêtre le par Jean-François Marnas. L'abbé Boucheix devient alors maître d'études au collège de Courpière puis est nommé, l'année suivante, vicaire à Saint-Genès de Thiers. Après des tractations longues et difficiles avec Marnas, celui-ci lui permet de quitter le diocèse de Clermont en , afin qu'il puisse entrer au sein de la Société des Missions Africaines. Il accomplit son noviciat comme professeur au séminaire des vocations tardives de Saint-Priest dans l'Isère, puis devient membre de la Société le .

En , il débarque au Dahomey, où il est nommé vicaire de la grande paroisse de Porto-Novo. Il travaille particulièrement à la réduction des pauvretés matérielle et spirituelle. En 1935, il est nommé pro-vicaire du nouveau vicaire apostolique, Louis Parisot, qu'il remplace lorsque celui-ci est en France. En 1936, il est nommé supérieur de la station de Porto-Novo. En 1937, le père Boucheix est élu délégué des confrères pour les assemblées provinciale et générale ainsi que vice-provincial à Lyon. Il accepte avec dévouement malgré le fait qu'il lui en coûte de quitter l'Afrique.

Seconde Guerre mondiale En , comme beaucoup de prêtres, le père Boucheix est mobilisé. Il demande et obtient d'être affecté aux troupes coloniales. Il rejoint alors le des tirailleurs sénégalais, au sein duquel il obtient le grade de sergent. En , dans la Somme, son unité est décimée, mais son courage lui vaut d'être cité à l'ordre de la division (Croix de Guerre et Étoile Blanche). Il est fait prisonnier et est envoyé en Allemagne. Il organise alors une filière d'évasion dont beaucoup profitent mais celle-ci est découverte. Le père Boucheix est alors envoyé en camp de représailles, à Rawa Ruska en Ukraine. Mais, en raison de l'influence qu'il exerce sur ses compagnons de captivité, le commandant du camp le renvoie dans ses foyers.

De retour à Lyon, le Père Boucheix reprend sa place de vice-provincial. Bien qu'étroitement surveillé par la Gestapo, il continue de travailler avec la résistance et joue un rôle important le , pour la libération des prisonniers de la prison Montluc, qui sont au nombre de 650 hommes et 300 femmes.

Épiscopat Vicaire apostolique d'Héliopolis En 1945, au décès du père Aupiais, il lui succède comme provincial. Lors des assemblées provinciales de 1946 et de 1952, ses confrères lui renouvellent leur confiance à la tête de la Province.

Le , le pape Pie XII le nomme vicaire apostolique d'Héliopolis et évêque titulaire de . Il prend alors pour devise (). Il est consacré le suivant, par le cardinal Pierre Gerlier, assisté de Louis Parisot, vicaire apostolique au Dahomey et évêque titulaire de Tacapae, et de Hubert Paulissen, ancien vicaire apostolique de au Ghana et évêque titulaire d'. La cérémonie se déroule en la basilique de Fourvière à LyonJean Bonfils. « Sacre de Boucheix », Frères d'Armes-Ralliement, juin 1953, ..

En Égypte, la situation est délicate. Il vit les premières années de la République égyptienne, les événements du canal de Suez et ses conséquences. Il défend les écoles, s'oppose au décret imposant l'enseignement de l'Islam et se positionne pour la reconnaissance du mariage catholique ainsi que du statut personnel de ses confrères. Il est alors envoyé en prison, où il reste enfermé pendant plusieurs mois, puis il est libéré sous caution. Il reste alors un militant de la paix et de l'unité, si bien qu'il aurait été expulsé d'Égypte.

Évêque de Porto-Novo En 1958, alors que Porto-Novo, dans la colonie du Dahomey, est sans évêque depuis quatre ans, Rome veut nommer un évêque dahoméen. Mais la personnalité de l'élu suscite de violentes oppositions : le prêtre proposé est d'une ethnie qui passe pour être opposée aux Gun. On veut donc le remplacer par un Gun... mais Rome ne l'accepte pas. Pour sortir de l'impasse, le pape Pie XII fait appel à cet ancien missionnaire en le nommant évêque du diocèse le . Des mécontents font alors courir des propos malveillants à son sujet. Le , pendant la première grand'messe qu'il célèbre en l'église Sainte-Anne de Porto-Novo, Boucheix choisit de parler clairement : . Parmi ses auxiliaires, il nomme son frère, le père Germain Boucheix. Fin 1968, .

De 1962 à 1965, il participe aux quatre sessions du Concile Vatican II..

Fin de vie Boucheix, alors très actif, tombe malade et se voit rongé par la fatigue. Il présente alors sa démission le au bienheureux pape Paul VI. Le Saint-Père accepte sa démission le suivant et le nomme, à cette occasion, évêque titulaire de . Le , Gantin préside la messe à l'occasion du départ définitif du Dahomey de Boucheix, en l'église Notre-Dame de Porto-Novo. Dans son homélie, il souligne : « Boucheix s'efface humblement, déposant sa charge, après dix ans passés au milieu des siens, pour qu'elle soit confiée à un Évêque africain plus jeune et plus dynamique. » Il est aussi nommé chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre national du Dahomey« Au revoir » La Croix du Dahomey, 6 avril 1969.. Il célèbre une dernière fois les fêtes pascales au milieu de ses diocésains en 1971, puis décide de revenir en France, où il se met à la disposition de la Société. De 1971 à 1974, il est nommé responsable de la maison de repos de La Croix-Valmer où il occupe également la charge d'infirmier, puis il est envoyé à la nouvelle maison de Montferrier-sur-Lez, où il meurt le .

En , au jour de son jubilé d'or sacerdotal, le cardinal Bernardin Gantin le qualifie ainsi :

Décorations et distinctions . . (1962).. (1970)..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Henri Poidevineau

Liens externes

Seigneurie Boucheix - Chartreuse Port-Sainte-Marie - Édition Créer 2020 Chevalier Boucheix - Baron de Reyvialles - Éditions Arvernes 2022

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