François de France, connu également sous son titre de de Bretagne, dauphin de France et duc de Bretagne, est né le au château d'Amboise en Touraine et mort le au château de Tournon. C'est le troisième enfant mais l'aîné des fils du roi de France et de Claude de France, reine de France et duchesse de Bretagne.

Fils aîné du roi, il est titré dauphin de France à sa naissance, devenant ainsi l'héritier présomptif du royaume de France. À la mort de sa mère en 1524, il devient duc de Bretagne mais ne gouverne pas puisque l'usufruit du duché est exercé par son père. Couronné duc de Bretagne à la suite de l'union du duché de Bretagne au royaume de France en 1532, François meurt prématurément en 1536. Les causes de cette mort prématurée font l'objet de controverses ; les contemporains du jeune prince pensent ouvertement mais sans preuve qu'il aurait été empoisonné sur ordre de l'empereur et roi Charles Quint, principal opposant à la politique française en Europe, mais l'hypothèse d'une pleurésie est plus largement admise par les historiens.

Biographie Dauphin de France upright=0.7|vignette|gauche|François de France enfant, toile de Jean Clouet, musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. Le dimanche à Amboise, Claude de France, duchesse de Bretagne et reine de France, met au monde son premier fils. Prénommé François, comme son père, l'enfant est pourvu du titre de dauphin en tant qu'héritier du trône de France..

La même année, dans le cadre du traité de Londres, le nourrisson est promis en mariage à Marie, fille unique d’ et de Catherine d'Aragon alors âgée de deux ans.

thumb|left|Lettres patentes d’ Archives Nationales AE-II-587.jpg

Quelques années plus tard, en 1525, vaincu à la bataille de Pavie et fait prisonnier par Charles Quint, ne peut regagner son royaume qu’en laissant en Espagne deux otages : le dauphin François, et son frère cadet Henri, duc d'Orléans, . Les deux petits princes, qui ont déjà perdu leur mère l'année précédente, y restent quatre ans, de 1526 à 1530.

Héritier du duché de Bretagne à la mort de sa mère la duchesse Claude en 1524, les États de Bretagne contestent initialement et son titre (qui selon le contrat de mariage d'Anne de Bretagne et aurait dû revenir à son cadet) et à la faculté de le lui conférer. Sous la pression du roi, ils finissent par le reconnaître comme duc par l’édit d'union de la Bretagne à la France en 1532.

Duc de Bretagne vignette|left|Le dauphin François (Recueil d'Arras, )

Le lendemain de la publication de l'édit d'union à Nantes, au cours de festivités hautes en couleur, François est couronné duc de Bretagne à Rennes le mercredi . Après qu'il se fut dépouillé du collier de l'ordre de Saint-Michel, il se pare du collier de l'ordre de l'Hermine. L'évêque de Rennes Yves Mahyeuc lui remet alors l'épée des ducs, bénit la couronne d'or et la lui pose sur le chef. Ainsi équipé, alla s'asseoir sur le trône et répondit Amen à chaque phrase de la formule du serment énoncée par l'évêque. Les quelques initiatives du jeune duc à l'égard de ses nouveaux sujets déplurent tant au roi qu'il l'éloigna de la Bretagne. Il ne gouverna jamais son duché dont l'usufruit était exercé par son père.

Décès alt=Portrait du dauphin François.|gauche|vignette|151x151px|Portrait de François de France, Galerie des Illustres du château du Beauregard (). À la fin du mois d’, le duc de Milan, , meurt sans héritier. estime que sa meilleure chance d'obtenir le duché désormais vacant est de négocier un échange de territoires. Il décide pour cela de s'emparer de la Savoie, sachant que Charles-Quint, son principal rival en Milanais, ne pourra pas facilement abandonner le duc qui est son beau-frère et son allié. S'appuyant sur les prétentions de sa mère Louise de Savoie, il pénètre donc en Piémont, alors neutralisé par un grave conflit avec Berne et Genève. Il envoie à la tête de ses troupes le dauphin François et son deuxième fils, le prince Henri duc d’Orléans, avec ordre de ne pas s'attaquer directement aux Milanais.

En , à Lyon, François est pris d'un malaise après avoir bu un verre d'eau glacée à l'issue d'une partie de jeu de paume. Il meurt quelques jours plus tard le au château de Tournon, après un arrêt à Saint-Vallier chez les PoitiersLe roi et son entourage sont à Saint-Vallier les et , comme en témoignent des documents émanant du roi : Catalogue des actes de : 1535- (« Collection des ordonnances des rois de France », 3), Paris, Académie des sciences morales et politiques, Imprimerie nationale, 1889, ; Rémy Scheurer, Correspondance du cardinal Jean du Bellay, 2, 1535-1536, Droz, 1973, , .. Il avait dix-huit ans, n'avait contracté aucun mariage et n'eut aucune descendance légitime ou illégitime. Son frère Henri lui succéda comme dauphin et duc de Bretagne.

Plusieurs écrivains lui consacrèrent un tombeau à travers un recueil de soixante-seize poèmes de trente-six auteurs différents.

Rumeurs

Comme souvent lors de décès sans cause apparente, de nombreuses rumeurs circulèrent à l'époque pour évoquer un possible empoisonnement qui est, actuellement, jugé par les historiens comme peu probablePierre-Louis Roederer, Pierre Antoine Noël Bruno Daru (comte), et : ou Mémoires pour servir à une nouvelle histoire de leur règne, , 1825. Cette mort fut attribuée dans un premier temps à un seigneur piémontais de sa suite, le comte Sebastiano de MontecuccoliJules-Antoine Taschereau, Revue rétrospective, ou bibliothèque historique, -3, 1835, ancien commissaire de Charles Quint, au service de la duchesse d'Orléans, qui avait présenté au duc, sur sa demande, un verre d'eau fraîche lors d'une partie de jeu de paume disputée sur le « pré d’Ainay » à Lyon.. , persuadé que son héritier a été empoisonné sur ordre de Charles Quint, fit arrêter le comte qui avait apporté le verre d’eau. Celui-ci est jugé coupable, condamné à mort et écartelé à Lyon, en présence de et de la Cour. Les quartiers de son corps furent pendus aux quatre portes de la ville.

D’autres rumeurs attribuent la mort de François de France, aux Médicis. Le dauphin n'étant ni marié ni fiancé, la famille de Catherine de Médicis, épouse d'Henri, duc d'Orléans, cadet de , n’avait qu’à éliminer François pour faire accéder Catherine au trône de France. D'autre prétendirent que le Dauphin serait mort d’une trop fatigante nuit d’amour avec Mademoiselle de L'Estrange, sa maîtresseLe Roux de Lincy, Recueil de chants historiques français depuis le jusqu'au , , 1842.

Cet événement fut un des plus lugubres et des plus obscurs du règne de . La thèse de la mort naturelle par pleurésie, contractée dans des forteresses insalubres espagnoles quand il était otage de Charles Quint, reste la plus admiseVoltaire, Dictionnaire philosophique, 1838. Cette mort est évoquée par le poète François de Malherbe dans sa consolation à M. du Perrier sur la mort de sa filleFrançois de Malherbe, Consolation à M. du Perrier sur la mort de sa fille, Wikisource : . Ces vers de Malherbe mettent en avant la thèse de l'assassinat sur ordre de Charles Quint.

Généalogie simplifiée

Ascendance

Armes

Notes et références Notes Références

Annexes Bibliographie Germaine Peyron-Montagnon, et sa famille. Le dauphin François mort à Tournon (1518-1536), Valence, 1975. Augustin Cabanès, Les Morts mystérieuses de l'histoire : et , , Éditions de l'Opportun, 2012, (en ligne). Revue de Bretagne et de Vendée, , 1861.

Articles connexes

Liste des héritiers du trône de Bretagne

Liens externes

L'élimination de Claude de France du Duché de Bretagne

Catégorie:Duc de Bretagne Francois 1518 Catégorie:Dauphin de France Catégorie:Naissance en février 1518 Catégorie:Naissance à Amboise Catégorie:Décès en août 1536 Catégorie:Personnalité inhumée dans la basilique Saint-Denis Catégorie:Décès à 18 ans Catégorie:Mort d'une pleurésie Francois