Le Radical est un quotidien politique et littéraire français fondé en 1881 et disparu en 1931.

Historique 150px|vignette|gauche|Panneau Histoire de Paris « La Presse ». L'ère Henry Maret

vignette|gauche|Henry Maret, fondateur et premier rédacteur en chef (1881-1897) du Radical (caricature par Coll-Toc).

Le journal est fondé en , quelques jours avant les élections législatives, par le journaliste et homme politique radical-socialiste « libertaire » Henry Maret, qui en devient le premier rédacteur en chefÉmile Mermet, Annuaire de la Presse française, 1882, .. Maret, alors conseiller municipal de Paris et candidat à la députation, venait de quitter La VéritéÉmile Mermet, Annuaire de la Presse française, 1882, ., à la suite de désaccords financiers avec le directeur et propriétaire de cette feuille, Édouard PortalisBeaumarchais, journal satirique, littéraire et financier, 14 août 1881, ..

Le Radical de 1881 est le troisième du nom. En effet, ce titre a auparavant été porté par deux autres journaux parisiens. Le premier, dirigé par Jules Mottu et notamment rédigé par Sigismond Lacroix, avait été fondé en puis supprimé en . Le second avait été lancé en 1877 par Lacroix avant d'être supprimé à son tour la même année par le régime du 16 maiNobuhito Nagai, Les conseillers municipaux de Paris sous la troisième république, 1871-1914, Paris, Sorbonne, 2002, .. Par la suite, Lacroix a fait partie de l'équipe de La Vérité, comme le rédacteur en chef du Radical de 1881, dont il devient l'un des principaux collaborateurs jusqu'en 1906.

vignette|gauche|Victor Simond, propriétaire et premier directeur du Radical.

Le propriétaire et directeur du nouveau quotidien est Victor Simond (1847-1911). Celui-ci est actif au sein de la presse républicaine depuis la fin du Second Empire aux côtés de son frère aîné Valentin, qui a précédemment dirigé Le Mot d'Ordre, auquel Maret a également collaboré.

Le programme du journal, présenté par Maret dans le premier numéro, consiste à mener « le bon combat de l'intransigeance contre l'opportunisme et le faux radicalisme » et affiche sa proximité idéologique avec Rochefort (L'Intransigeant) et Clemenceau (La Justice). Organe des radicaux « autonomistes » alors majoritaires au conseil municipal de Paris, Le Radical prône notamment l'autonomie administrative de la capitale.

Tout d'abord installés au n 10 de la rue Saint-Joseph, les bureaux du Radical sont transférés le aux n 144 (puis 142)Le Radical, 15 février 1884, . de la rue Montmartre et n 19 de la rue du Croissant, au cœur de la « République du Croissant », dans un bâtiment neuf bâti par Ferdinand Bal pour le journal La FranceLe Radical, 2 janvier 1885, . à l'emplacement de l'ancien marché Saint-JosephLe Radical, 30 décembre 1883, .. Les nouveaux locaux, aménagés par l'architecte Revel, regroupent désormais la rédaction, l'administration, les ateliers de composition, la clicherie et l'imprimerie.

vignette|L'immeuble de La France, à l'angle de la rue Montmartre et de la rue du Croissant, abrite les locaux du Radical de 1884 à 1915.

En vue des élections législatives de 1885, Le Radical se joint à huit autres feuilles radicales (dont Le Rappel, Le Petit Parisien, La Justice et La Nation de Camille Dreyfus) afin de former une « Union de la presse radicale socialiste » (UP) et de constituer une liste de candidats pour le département de la SeineLe Radical, 28 septembre 1885, .. Malgré la publication de listes radicales plus ou moins différentes par d'autres journaux (dont La Lanterne d'Eugène MayerLa Lanterne, 30 septembre 1885, .) ou comités électoraux (dont la « Fédération républicaine radicale des électeurs indépendants de la Seine » et le « comité Maujan » porté par La France libre), 3 des 4 élus du premier tour ont été patronnés par l'UPLe Radical, 8 octobre 1885, .. Les conservateurs (monarchistes) ayant relevé la tête grâce aux divisions des républicains, ces derniers se rassemblent pour le scrutin de ballotage en une « Union des comités et des journaux républicains » autour des 34 candidats républicains arrivés en tête au premier tour, parmi lesquels 26 (dont Maret et Lacroix) étaient présents sur la liste de l'UPLe Radical, 13 octobre 1885, .. Grâce à cette discipline républicaine, la liste unique dominée par les radicaux (au détriment des opportunistes) est élue en bloc, loin devant celle des monarchistes, qui n'obtient aucun élu.

Entre 1886 et 1889, Le Radical remplace La Bataille de Lissagaray.. À cette époque, le tirage du Radical, journal du matin, augmente sensiblement, passant d'une moyenne de par jour en Le Radical, 2 janvier 1884, . à une moyenne de par jour en Le Radical, 3 janvier 1888, .. Cette même année, la société anonyme du Radical, présidée par Simond, réalise un bénéfice net de francsLe Petit Parisien, 18 mars 1888, .. Cette société anonyme au capital de de francs exploite également quatre autres journaux, dont Le Parti ouvrier de Jean Allemane, un quotidien socialiste possibilisteLe Rappel, 13 avril 1889, .

Contrairement à L'Intransigeant et à La Lanterne, Le Radical n'adhère pas au mouvement boulangiste Sigismond Lacroix, « Constatations », Le Radical, 9 juillet 1887, .. Victor Simond est d'ailleurs membre de la Société des droits de l'homme et du citoyenLe Radical, 2 juillet 1888, ., constituée par les radicaux pour lutter contre les projets des partisans de Boulanger.

Impliqué dans le scandale de Panama, Maret doit démissionner de son poste de rédacteur en chef le Le Radical, 31 mars 1897, .. Arthur Ranc devient dès lors l'un des principaux collaborateurs du journal.

Le Radical au

vignette|Une du consacrée aux élections sénatoriales de 1921 et à la réélection de Justin Perchot, directeur du journal.

Maret continue cependant de collaborer au Radical jusqu'au , date à laquelle il démissionne après être entré en profond désaccord avec la direction du journal à propos de la politique menée par le gouvernement CombesL'Ouest-Éclair, 30 mai 1904, .. Le directeur politique du journal est, depuis le précédent, le député Adolphe Maujan, qui entend maintenir Le Radical dans la ligne du puissant Parti radical, fondé en 1901. Parmi les successeurs de Maret (qui devient rédacteur en chef du Rappel le ) figure Yvon Delbos, devenu rédacteur en chef du Radical à partir de 1912L'Homme libre, 12 octobre 1925, ., un an après y être entré comme critiqueLe Radical, octobre 1911, ..

Fidèle depuis ses débuts à une ligne éditoriale radicale-socialiste, le quotidien est naturellement proche du Parti radical. Ce lien s'officialise dans les années 1910, sous la direction du député puis sénateur et homme d'affaires Justin PerchotLe Radical, 10 mai 1910, ., qui préside également le conseil d'administration de la société anonyme du Radical. Le , à l'issue d'un accord intervenu entre la direction du journal et le comité exécutif du parti de la rue de Valois (présidé par Émile Combes), Le Radical devient officiellement l'« organe du Parti radical et radical-socialiste », sous-titre arboré par la manchette du quotidien jusqu'en 1918. Le de cette année, il reprend toutefois son sous-titre précédent (« organe d'action démocratique et de progrès social »). Ce revirement fait suite à un conflit interne à la Fédération radicale de la Seine, dont certains membres, menés par Alfred Dominique, ont refusé que leur parti puisse sembler « cautionner la politique personnelle et la politique d'affaires de M. le sénateur Perchot ». Faisant allusion au traitement de la condamnation de Louis Malvy par la Haute-Cour, Dominique a même accusé Le Radical de mener des campagnes qui « s'apparentent étrangement à celles de L'Action française »Bulletin du Parti républicain, radical et radical-socialiste, 21 septembre 1918, ..

Entretemps, les bureaux du journal ont quitté le n 142 de la rue Montmartre pour s'installer au n 2 de la rue des Petits-Pères à partir du Le Radical, 22 septembre 1915, ..

Devenu hebdomadaire en 1926, Le Radical cesse de paraître en 1931.

Collaborateurs

2025 Le , un nouveau journal intitulé Le Radical – L’Origine de la République a été lancé en France, faisant explicitement référence à son prédécesseur. Il paraît tous les trimestres et est dirigé par Pierre Couchon.

Notes et références

Liens externes

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