Le nerf vague (X), également appelé nerf pneumogastrique, nerf cardio-pneumo-entérique, nerf parasympathique ou nerf cardiaque, est le dixième nerf crânien. C'est une voie très importante de la régulation végétative (digestion, fréquence cardiaque…) et du contrôle sensorimoteur du larynx, donc de la phonation.
Le nerf vague est le nerf crânien dont le territoire est le plus étendu (d'où son nom). C'est un nerf mixte qui convoie des informations motrices, sensitives, sensorielles et surtout végétatives parasympathiques.
Au sein du système parasympathique, il constitue la principale innervation efférente du cœur. En 1921, Otto Loewi a, le premier, mis en évidence la transmission synaptique en montrant que la stimulation du nerf vague entraînait une sécrétion d'acétylcholine qui induisait un ralentissement de la fréquence cardiaque.
Le nerf vague est plus généralement une voie importante de la viscéromotricité des appareils cardiovasculaire, trachéobronchopulmonaire et digestif ainsi que de la régulation des sécrétions des glandes surrénales, du pancréas, de la thyroïde, des glandes endocriniennes et du système digestif. Il transmet aussi des informations viscérosensitives (notamment la pression sanguine aortique).
Sur le plan moteur, il innerve les muscles élévateurs du voile du palais et certains muscles constricteurs du pharynx et du larynx. Il assure aussi la transmission de la sensibilité somatique du pharynx, du larynx et de l'épiglotte ainsi qu'une partie des informations gustatives.
Anatomie Le nerf vague est composé d'environ . Sa cartographie précise est, en 2023, l'objectif d'un projet de trois ans financé par l'Institut national de la santé des États-Unis, traduction partielle d'un article paru le dans New Scientist..
Description thumb|left|upright|Origine et trajet intracranien des nerfs vagues, vue postérieure. thumb|Trajet cervical des nerfs vagues, vue postérieure. thumb|Portion thoracique des nerfs vagues et abdominale du nerf vague gauche, vue antérieure.
Portions crânienne et cervicale Le nerf vague est formé de la réunion d'environ huit filets radiculaires qui émergent du sillon postérolatéral de la moelle allongée. Ce cordon nerveux chemine dans la cavité crânienne et se dirige en dehors, en haut et en avant vers le foramen jugulaire qu'il emprunte. Il présente un premier renflement au niveau du passage du foramen jugulaire, le ganglion supérieur du nerf vague (ou ganglion jugulaire).
Dans le cou, le nerf vague chemine verticalement vers le bas, dans la gaine carotidienne. Il est situé en arrière de l'accolement de la veine jugulaire interne, latéralement, et de l'artère carotide interne puis de l'artère carotide commune, médialement. Il présente un deuxième renflement, un peu en dessous du foramen jugulaire, le ganglion inférieur du nerf vague (ou ganglion plexiforme).
Portion thoracique Dans le thorax, le nerf vague chemine dans le médiastin, toujours vers le bas. Les rapports et le trajet ne sont pas les mêmes à gauche et à droite, en partie du fait de l'asymétrie de conformation vasculaire du médiastin.
Le nerf vague gauche chemine d'abord latéralement à l'artère carotide commune, puis il croise en arrière la partie horizontale de l'arc de l'aorte et rejoint la face postérieure du pédicule pulmonaire. Il passe ensuite entre la bronche gauche en avant et la partie descendante de l'aorte en arrière. Il rejoint ensuite la face latérale gauche de l'œsophage puis chemine sur sa face antérieure.
Le nerf vague droit chemine d'abord latéralement à l'artère carotide commune puis passe entre l'artère subclavière droite en arrière et le confluent veineux jugulo-subclavier en avant. Il croise ensuite la face latérale du tronc artériel brachiocéphalique pour continuer le long de la face latérale droite de la trachée et croiser la face médiale de la veine azygos. Il passe sur la face postérieure de la bronche droite et du pédicule pulmonaire droit puis descend le long de la face latérale droite de l'œsophage, puis de sa face postérieure.
Dans le thorax, les nerfs vagues présentent chacun deux parties dissociées en plusieurs rameaux : la première, en arrière de chaque pédicule pulmonaire, forme le plexus pulmonaire ; la deuxième, en avant et en arrière de l'œsophage, forme le plexus œsophagien. Entre ces portions, et avant de rejoindre l'abdomen, chacun des nerfs vagues a, le plus souvent, la forme d'un cordon nerveux unique.
Portion abdominale Les deux nerfs vagues rejoignent l'abdomen par l'orifice œsophagien du diaphragme. La portion abdominale du nerf vague gauche (ou tronc vagal antérieur), poursuit et termine son trajet sur la face antérieure de la portion abdominale de l'œsophage. La portion abdominale du nerf vague droit (ou tronc vagal postérieur), chemine sur la face postérieure de l'œsophage et termine son trajet sur la face postérieure de l'estomac.
Branches Branches cervicales Dans son trajet cervical, le nerf vague donne un rameau méningé, un rameau communicant de la fosse jugulaire, des rameaux pharyngiens, des rameaux cardiaques cervicaux (ou supérieurs) et le nerf laryngé supérieur.
Le rameau méningé naît du ganglion supérieur et rentre dans le crâne pour se distribuer à la dure-mère à proximité. Le rameau communicant naît du même ganglion, il rejoint le nerf facial dans le canal facial, par l'intermédiaire d'un canalicule osseux.
Un à trois rameaux pharyngiens sont issus du ganglion inférieur, ils passent en avant de l'artère carotide commune pour se rendre à la paroi latérale du pharynx, formant le plexus pharyngien. Deux rameaux cardiaques cervicaux sont issus du même ganglion, ils cheminent latéralement puis en avant de l'artère carotide commune et se rendent dans le thorax. Ils restent en avant de ce vaisseau, ainsi que du tronc brachiocéphalique artériel pour ceux de droite, et se terminent dans le plexus cardiaque antérieur.
Le nerf laryngé supérieur naît également du ganglion inférieur, se dirige en dedans en contournant l'artère carotide interne, puis descend le long de la paroi latérale du pharynx. Il croise la face médiale de l'artère carotide externe sous l'artère linguale et se divise en deux branches, supérieure et inférieure. La branche supérieure se dirige vers la partie supérieure du larynx et la base de la langue, tandis que la branche inférieure se dirige vers la partie inférieure du larynx.
Des rameaux carotidiens, issus du ganglion inférieur ou de ses branches contribuent à former le plexus carotidien commun.
Branches thoraciques thumb|Partie supérieure du nerf vague gauche et ses branches laryngées, vue antérolatérale.
Dans son trajet thoracique, le nerf vague donne le nerf laryngé récurrent, des rameaux cardiaques thoraciques (ou inférieurs), des rameaux pulmonaires et des rameaux œsophagiens.
De la même manière que le nerf vague, le nerf laryngé récurrent présente des différences entre le gauche et le droit pour la portion thoracique. Le nerf laryngé récurrent gauche naît au niveau de la face inférieure de l'arc de l'aorte, qu'il contourne par un trajet vers l'arrière puis vers le haut. Il suit ensuite vers le haut la face antérolatérale gauche de l'œsophage, jusqu'au larynx. Le nerf laryngé récurrent droit, quant à lui, naît en avant de l'artère subclavière droite et la contourne en passant vers l'arrière contre sa face inférieure, puis vers le haut. Il chemine ensuite vers le haut, entre les faces latérales droites de l'œsophage et de la trachée, jusqu'au larynx.
Plusieurs rameaux cardiaques thoraciques naissent en dessous de l'origine du nerf laryngé récurrent, et se rendent au plexus cardiaque postérieur. Plusieurs rameaux pulmonaires naissent du nerf vague ou de ses rameaux cardiaques et forment le plexus pulmonaire antérieur en avant du pédicule pulmonaire. Le plexus pulmonaire postérieur est formé à partir de la portion du nerf vague dissociée en arrière du pédicule pulmonaire. Plusieurs rameaux œsophagiens sont issus du tronc du nerf vague et de sa partie ramifiée en plexus œsophagien.
Branches abdominales Dans son trajet abdominal, le nerf vague donne des branches différentes entre le gauche et le droit. Le nerf vague gauche donne des branches gastriques sur la face antérieure de l'estomac ainsi que des branches hépatiques. Le nerf vague droit donne des branches gastriques sur la face postérieure de l'estomac, des branches pour les (anciennement ganglions semilunaires) ainsi que pour les plexus solaire, mésentérique supérieur et mésentérique inférieur.
Noyaux centraux Les neurones préganglionnaires du nerf vague émanent du bulbe au niveau des noyaux ambigus, de petits îlots de substance grise disséminés dans la substance blanche. Ils empruntent le nerf et font synapse dans les ganglions intramuraux des organes ciblés.
Examen du nerf vague Éléments cliniques
Exploration électrophysiologique Action : la stimulation du nerf vague est à l'origine de la fabrication et de la sécrétion d'acétylcholine, qui est la première substance chimique reconnue comme jouant le rôle de neuromédiateur (ou neurotransmetteur). En 1921, Otto Loewi a, le premier, mis en évidence la transmission synaptique en montrant que la stimulation du nerf vague entraînait une sécrétion d'acétylcholine qui induisait un ralentissement de la fréquence cardiaque.. Celle-ci est sécrétée par une variété de cellules nerveuses (neurones). Son rôle est de permettre le passage de l'influx nerveux, dont la conduction se fait grâce à une zone de contact (synapse, fente synaptique) située entre deux cellules neurones.
Ses principaux effets sont un ralentissement de la fréquence des battements du cœur, une diminution du calibre des bronches, un renforcement de la contraction des muscles lisses (muscles autonomes) du tube digestif et une augmentation de la sécrétion de la salive et des sucs digestifs.
En conclusion, les fonctions du nerf vague sont motrices, c'est-à-dire qu'il assure l'innervation du voile du palais en intervenant dans la déglutition (le fait d'avaler) et plus précisément dans le troisième temps de ce mécanisme. Il possède également une action motrice sur le pharynx. Ses fonctions sensitives sont les suivantes : il transmet la sensibilité du larynx et la sensibilité du pharynx, de l'épiglotte, du voile et de la base de la langue (plus précisément la partie adjacente de celle-ci).
La fonction végétative du nerf vague intéresse le cœur et les vaisseaux qu'il modère. Le nerf vague possède également une fonction hypotensive (diminution de la tension artérielle). L'action végétative du nerf vague s'applique également aux glandes surrénales, au pancréas, à la thyroïde, aux glandes endocriniennes, à l'appareil trachéobronchopulmonaire et à l'appareil digestif.
Pathologie du nerf vague Un mauvais fonctionnement du nerf vague entraîne la survenue de syncopes dont souffrent certains patients, se caractérisant par une sensibilité spéciale du système nerveux autonome (fonctionnant de façon automatique, sans intervention du système nerveux de la volonté) grâce à l'action du nerf vague. Les symptômes en sont les suivants : une bradycardie ; une tendance aux syncopes et à l'anxiété ; un myosis (diminution du calibre des pupilles) ; une transpiration se localisant aux extrémités des membres ; une sécrétion excessive de salive (hypersialorrhée) ; une hyperchlorhydrie (excès de sécrétion de l'acide chlorhydrique par l'estomac) ; des spasmes ; des épisodes de diarrhée et de troubles de la respiration ; un malaise vagal.
La syncope correspond à la perte de connaissance brève, brutale et complète, secondaire à une anoxie (absence d'oxygénation due elle-même à une insuffisance d'apport sanguin) du cerveau, survenant brutalement. Les patients ayant ce type d'affection présentent une pâleur extrême et le plus souvent un arrêt respiratoire réversible et de courte durée.