thumb|250px|right|Synagogue de Deux-Ponts. La synagogue de Deux-Ponts, inaugurée en 1879, a été détruite en 1938 lors de la nuit de Cristal comme la plupart des autres lieux de culte juifs en Allemagne.

Deux-Ponts (en allemand : Zweibrücken) est une ville allemande située dans le Land de Rhénanie-Palatinat à environ à l'est de Sarrebruck. Elle compte actuellement un peu moins de .

Histoire de la communauté juive La communauté aux s Des Juifs vivent à Deux-Ponts depuis la première moitié du . En 1743-1746, Moses Löw est le Juden-Oberschultheiß (écoutète chef des Juifs) du duché de Deux-Ponts. Le nombre de Juifs reste d'abord faible. On compte en ville en 1768 et le même nombre en 1804. Mais une forte augmentation se produit au avec l'afflux des communautés rurales. En 1848, il y a juives totalisant . En 1875, on atteint juives et 282 en 1905. Les familles juives possèdent des entreprises artisanales ou des commerces, dont un certain nombre de commerces de bestiaux.

Jusqu'en 1879, la communauté dépend du rabbinat de district de Pirmasens. De 1879 à 1911, Deux-Ponts est le siège du rabbinat de district. De 1879 : Annonce dans le magazine Der Israelit du pour la recherche d'un rabbin pour le rabbinat de district de Deux-Ponts : La place de rabbin pour le rabbinat de district de Deux-Ponts, comprenant les communautés religieuses israélites des trois communes de Homburg, Pirmasens et Deux-Ponts, est vacante en raison de la mort de l'ancien rabbin et doit être de nouveau pourvue. 1/ Le rabbin doit s'installer dans la ville de Deux-Ponts. 2/ Le salaire annuel de base du rabbin est de , auquel la communauté juive de Deux-Ponts a approuvé un bonus supplémentaire de annuel. En plus, le rabbin recevra une subvention de l'État de . Soit un total de . Concernant cette subvention de l'État, le rabbin la recevra aussi longtemps que l'État accordera de telles subventions. 3/ À ces revenus fixes, viennent s'ajouter chaque année au moins d'actes religieux. Les candidats à la place de rabbin doivent soumettre leur demande avec certificats dans les quatre semaines à l'autorité soussignée. jusqu'à sa mort en 1898, le Israel Mayer est le rabbin de district. Peu de temps avant sa mort, le rabbin Mayer fait état dans le magazine Der Israelit de son lien de parenté avec le capitaine Alfred Dreyfus dont l'affaire divise la France : (La famille du capitaine Dreyfus) vient du village de Rixheim près de Mulhouse en Alsace. Là, le grand-père du capitaine vivait comme un pauvre marchand. Un de ses frères décédé depuis quelques décennies était le rabbin Emanuel Dreyfus de Sulzburg (État de Bade), l'auteur de Orach Meischorim; une sœur plus âgée a été mariée à Müllheim (État de Bade) et est ma grand-mère du côté paternel. Une autre sœur a été mariée au rabbin Raphael Wurmser de Soultz (Haut-Rhin) et un de ses fils, décédé il y a deux ans, était le rabbin Wurmser de Thann (Haut-Rhin). Le père du capitaine, mort il y a plusieurs années, s'était installé dans son jeune âge, comme un pauvre homme, dans les environs de Mulhouse, où grâce à son intelligence, son énergie et sa persévérance, a progressivement évolué de la vente de petits produits à la vente de produits manufacturées. Il s'appelait Raphaël Dreyfus et était encore tout à fait Juif. Par contre, ses fils, le capitaine ainsi que les deux propriétaires de l'usine, Matthieu et Léon, ne sont encore juifs que par leur nom. Dans le temps, dans cette famille, il y avait toujours une grande connaissance de la Torah et en un siècle, comme on a pu le voir dans ce qui précède, elle a produit quatre rabbins.

Signé : Mayer, rabbin de district: Article dans le magazine Der israelit du 23 février 1898. Le Eugen Meyer : Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du 15 juillet 1898 succède au Israel Mayer à la tête du rabbinat de district, mais celui-ci entre en conflit avec une grande majorité de la communauté de Deux-Ponts : Un étrange procès très rare se déroule actuellement devant la Cour de district local. La communauté israélite de Deux-Ponts, représentée par M. l'avocat Rosenberger a engagé une action pour la résiliation du contrat de travail du rabbin de district E. Meyer, parce que, d'après les affirmations de la communauté, M. le rabbin de district ne remplit pas les obligations officielles qui lui incombent ainsi que pour d'autres raisons non spécifiées Article dans le magazine Frankfurter Israelitisches Familienblatt du 6 novembre 1903… Après des années de querelle devant les tribunaux civils : Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du : Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du 30 mars 1904 : Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du 3 novembre 1905: Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du 26 juillet 1907, celle-ci s'achève par le retour en 1911, du siège du rabbinat de district à Pirmasens : Article dans le magazine Der Israelit du 8 juin 1911 : Article dans le magazine Allgemeine Zeitung des Judentums du 22 octobre 1911. Le reste rabbin de district jusque dans les années 1920, mais n'est plus rabbin de Deux-Ponts. Le Dagobert Neilhaus lui succédera à Pirmasens.

La communauté possède une synagogue, une école élémentaire juive et une école de religion, un Mikve (bain rituel) et un cimetière. Pour seconder le rabbin dans les tâches religieuses, la communauté a embauché un enseignant qui fait aussi office de Hazzan (chantre) et de Shohet (abatteur rituel). Salomon Reitlinger est l'enseignant de 1867 à 1889 et Max Bachenheimer de 1889 : Annonce dans le magazine Der Israelit du pour le remplacement de l'enseignant Salomon Reitlinger : La place d'enseignant de religion, de chantre et d'abatteur rituel de la communauté israélite de Deux-Ponts, est à pourvoir. Les appointements sont les suivants : 1/ Salaire, y compris l'allocation de logement de la caisse de la synagogue : . 2/Actes religieux : . 3/ Taxe d'abattage: environ . Soit un total de . Les candidats qualifiés à l'enseignement primaire et musicalement, doivent soumettre leur candidature au Conseil de la synagogue au plus tard le . à 1929.

La communauté au avant le nazisme Lors de la Première Guerre mondiale, la communauté juive perd au front quatre de ses membres.

En 1924-1925, le conseil de la communauté est composé de Max Levi, Jakob Müller, Ludwig Adler et Ludwig Marcus. Au début des années 1930, Ludwig Marcus est le président, Leopold Jean le vice-président et Jakob Muller le secrétaire et trésorier. L'enseignant, Hazzan et Shohet est Lazarus Bernstein, qui en 1932, enseigne à 18 élèves. La communauté dispose de plusieurs associations caritatives juives comme la Israelitische Männerverein (Association des hommes israélites), la Israelitische Frauenverein (Association des femmes israélites) ou la Jüdische Geselligkeitsverein (Association amicale juive) qui viennent en aide aux pauvres de la communauté et a fondé une branche locale de la Central-Verein deutscher Staatsbürger jüdischen Glaubens (Association centrale des citoyens de religion juive). Les habitants juifs de Niederauerbach (village distant de et devenu en 1938 un des quartiers de Deux-Ponts) sont rattachés à la communauté juive de Deux-Ponts.

La période nazie et la destruction de la communauté En 1933, on compte encore 155 habitants juifs à Deux-Ponts. Une grande partie va soit émigrer principalement aux États-Unis ou en Palestine, soit s'installer dans des grandes villes allemandes. En 1936, 15 enfants juifs sont chassés de l'école publique. Lors de la nuit de Cristal, du au , la synagogue est incendiée et deux commerces juifs pillés et vandalisés. 20 à 30 hommes juifs sont arrêtés, menottés et obligés de défiler dans les rues de la ville avec une pancarte infamante au cou avant d'être expédiés au camp de concentration de Dachau. Dans l'édition locale de la revue nazie NSZ Rheinfront, parue le , il est indiqué entre autres: Les dernières opérations que nous avons menées, n'ont pas le caractère, tant s'en faut, de pogrom. Il n'y a pas eu de chasse aux Juifs, aucun Juif n'a été tué, mais la protestation du peuple était dirigée exclusivement contre les marques extérieures des activités juives. Tout cela s'est déroulé d'une façon remarquablement sereine… Après 1938, le cimetière juif est profané et des pierres tombales utilisées pour de la construction.

Le , les 16 derniers habitants juifs sont déportés au camp de Gurs en France.

Le mémorial de Yad Vashem : Base de données des victimes de la Shoah; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 80 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Deux-Ponts parmi les victimes juives du nazisme.

Histoire de la synagogue La construction de la nouvelle synagogue Une première synagogue est mentionnée dès 1815. En raison du petit nombre d'habitants juifs, cette salle de prière a dû être aménagée quelques années auparavant.

En 1833, une nouvelle synagogue est inaugurée à l'extrémité de la Judengasse (ruelle des Juifs) dans un bâtiment ancien rénové.

Dès 1868, la communauté envisage de construire une nouvelle synagogue permettant d'accueillir une population juive en forte augmentation. En 1871, un terrain est acheté. La construction de la nouvelle synagogue sur le terrain situé à l'intersection de la Wallstraße et de la Ritterstraße débute en 1877 et dure deux ans. Les plans ont été conçus par l'architecte en chef von Siebert de Spire et l'ingénieur en bâtiment du district, Rau, de Deux-Ponts. Le coût total pour la communauté s'élève à . L'inauguration solennelle de la synagogue se déroule le et le : Le et le , la nouvelle synagogue a été inaugurée à Deux-Ponts. Notre correspondant était dans la synagogue pendant l'office et a entendu à sa grande surprise, l'enseignant [de la communauté] Reitlinger, qui comme chantre dirigeait le chœur de la synagogue de la façon la plus solennelle et la plus édifiante. Mr. L'enseignant et chantre Reitlinger, en plus d'une présentation claire des prières et des chants, possède une très belle voix de ténor, agréable, ferme, étendue et avec de belle sonorité qui lui a valu de forts applaudissements aussi bien des gens d'ici que des étrangers présents à l'office: Article dans le magazine Der Israelit du 20 août 1879. Plans d'architecte de la synagogue vignette|La synagogue vue de la Ritterstrasse. La synagogue est un bâtiment sur deux niveaux construit selon un plan rectangulaire, avec des tours aux quatre angles en légère avancée. On pénètre par la façade principale, côté ouest, après avoir monté un petit escalier. Au-dessus du portail d'entrée se trouve une rosace. À l'intérieur, au rez-de-chaussée, la salle de prière dispose de 150 sièges réservés aux hommes, et la galerie au premier étage de 50 sièges pour les femmes. La synagogue possède aussi un orgue, malgré l'indignation des membres les plus orthodoxes de la communauté. Le magazine Der Israelit, organe de la communauté juive orthodoxe allemande, se moque et attaque l'organisation libérale de la nouvelle synagogue, qui adhère au judaïsme réformé, et désapprouve l'orgue et les chœurs mixtes :