John-Francis Lecoultre, né le au Locle et mort à Clarens (commune de Montreux) le , est un artiste peintre, sculpteur et mosaïste suisse.

Biographie John-Francis Lecoultre est né au LocleConfédération suisse, canton de Vaud, commune du Chenit Acte d’origine , établi le 19 mai 1921 (collection privée) dans une famille d’artisans : son père, John-Henri (1872-1950)Confédération suisse, canton de Vaud Acte de Famille feuillet 142 du Registre des Familles n° III de la Commune du Chenit concernant la famille Lecoultre John-Henri, délivré le 21 juillet 1950 (collection privée), son oncle, Charles Pellaton (1889-1936) et une de ses sœurs, Violette (1903-1985), sont graveurs, horlogers, orfèvres. En 1906, la famille déménage à Clarens. Après avoir terminé sa scolarité au Collège de Montreux, il retourne dans les Montagnes neuchâteloises pour se former à l’École d’art de la Chaux-de-Fonds, où l’a précédé sa sœur Violette.

Dans cette ville marquée par la présence de Charles l’Eplattenier (1874-1946) et Le Corbusier (1887-1965), un événement artistique a peut-être déterminé le futur bijoutier à devenir peintreConfédération suisse : Livret de service , établi le 4 avril 1925. La profession indiquée « bijoutier » a été remplacée par « Art. peintre » à une date inconnue. (Collection privée) et sculpteur : la décoration de l’hôtel de ville du Locle par Ernest Biéler en 1922 (fresque Les Heures). Son chemin croisera à nouveau celui de Biéler en 1932 et 1933-34 puisqu’il fera partie de son équipe de mosaïstes pour La Paix, au Locle, et à Savièse, pour l’église Saint-Germain.

En 1925, J.-F. Lecoultre part à Paris pour se former. Il a vingt ans. Sa formation de bijoutier l’aide en lui fournissant un gagne-pain. Il suit les cours des sculpteurs Robert Wlérick et Henri Bouchard, et fréquente l'Académie Colarossi ainsi que l'Académie Julian. Jusqu’en 1939, son existence se déroule entre Paris et la Suisse, entre peinture, sculpture (modelage) et arts décoratifs. Une de ses adresses parisiennes est connue : en 1931, il habite au 4 rue Alfred-StevensCatalogue des ouvrages de Peinture, Sculpture, Dessin, Gravures Exposés au grand palais des Champs-Élysées du novembre au 13 décembre 1931; Idem du novembre au 11 décembre 1932, non loin de Montmartre ; mais à cette époque, la scène artistique d’avant-garde s’est déplacée à Montparnasse, et il ignore les révolutions picturales contemporaines, son style restant marqué par l’esthétique des années trente et son admiration pour Hodler et Biéler.

En 1931 et 1932, à Paris, le jeune artiste expose au Salon d’automneCatalogue des Ouvrages de Peinture, Sculpture, Dessin, Gravures Exposés au grand Palais des Champs-Élysées du novembre au 13 décembre 1931 ; Idem du novembre au 11 décembre 1932.

Fort de son expérience dans l'équipe de Biéler au Locle et à Savièse entre 1932 et 1934, il crée à son tour. Sa mosaïque, Les Rois Mages, est exposée en 1935 au Salon de l’Œuvre à GenèveMusée Rath, Genève, Salon de l’œuvre (Association suisse de l’art et de l’Industrie), du Catalogue. Elle orne le porche de l’église des Brenets. Il reçoit ensuite commande de la paroisse occidentale de Montreux pour le temple de Clarens (consacré le dimanche Architecte : F. Huguenin ; vitraux et fresques de François de Ribaupierre (1886-1981). Journal de Montreux .11.1937; L’Abeille , 5 juin 1935, Un campanile au bord du Léman, signé F.- C. Az), et réalise La Foi, l’Espérance et la Charité, que le pasteur M. Gardiol commente ainsi : « Au-dessus d’une porte de chêne massif, une belle mosaïque de , de M. Francis Lecoultre [...] étale ses couleurs chaudes et chatoyantes. Trois anges aux ailes déployées ou repliées symbolisent l’Espérance, la Charité, la Foi. N’est-ce pas sous le signe de ces vertus théologales qu’a été placé notre Temple et nos trois cloches ne portent-elles pas les mêmes nomsJournal de Montreux, 30.10. 1937 ? »

D’un second voyage en Italie en 1938Confédération suisse Passeport no 489959/12379 établi le 23 octobre 1934, remplaçant un passeport établi le 24.6.1925, renouvelé le 25 avril 1939 (Collection privée), Lecoultre rapporte de nombreux paysages au pastel, sa technique de prédilection.

Il expose seul ou avec sa sœur Violette, graveuse et orfèvre : Lausanne, ; Vevey, ; Lausanne, janvier 1942; Vevey, septembre 1942 ; Lausanne, ; Le Locle, ; Lausanne, et février 1947.

La critique salue les qualités de pastelliste du peintre. R. de C[érenville] relève : « Les paysages qui nous plaisent le mieux sont ceux du lac ; Lecoultre y rend avec subtilité les bleus des eaux et du ciel, les montagnes mouchetées de blanc. Citons le Grammont, de Clarens, les Montagnes de Savoie. Il atteint là cette zone de vérité où une beauté d’essence supérieure plane au-dessus des choses réelles et il l’aborde avec un respect délicat. Nous avons goûté aussi certains petits pastels où l’artiste a noté la lumière avec vivacité dans des impressions des Tuileries et de la Seine. Enfin J.-F. Lecoultre nous offre deux belles pages d’architectures italiennes (…). Ce sont là de bons pastels lumineux et solides. »

Parallèlement à son engagement dans l’armée (Service complémentaireConfédération suisse : Livret de service , établi le 4 avril 1925 (collection privée)) et à sa pratique picturale, le peintre, qui n’a pas cessé de modeler, tente de se faire connaître en participant à des concours fédéraux de sculpture. En 1939, il avait obtenu le au concours pour la décoration de la façade du théâtre de l’Exposition nationale de Zurich. En 1941, il est classé sur 75 concurrents au concours ouvert par le Département de l’Intérieur pour un bas-relief destiné au nouveau bâtiment des postes à BerneDer Bund, ? juillet 1941. Il fait un dernier envoi au concours pour le monument au général Guisan, en 1961, puis renonce.

Dans l’après-guerre, l’élan de la carrière de J.-F. Lecoultre retombe ; après la démobilisation, il ne quitte plus Clarens, où il a fondé une famille. Affecté dans sa santé par le diabète, se tenant à l'écart de la vie artistique vaudoise, il ne cesse pourtant ni de modeler ni de peindre – des paysages au pastel, sa technique de prédilection.

Dès 2021, sa fille a légué de nombreux tableaux à la Fondation Ateliers d'artiste.

Collections publiques Les Rois Mages, mosaïque, église des Brenets La Foi, l’Espérance et la Charité, mosaïque, temple de Clarens Saint-Pierre depuis la Rade, Genève, pastel, Commune de Cologny

Lausanne

Musée historique

Ouchy, un chaland, pastel Jetée à Ouchy, pastel

Fondation de l'Hermitage

Pic de Blanchard et Alpes de Savoie, pastel Pic de Blanchard et Alpes de Savoie, dessin Grammont bleu, II, pastel

Le Locle, Musée des Beaux-Arts

Le Doubs, pastel

Nyon, Musée du Léman

Barques latines au port, pastel

Vevey, Musée Jenisch

Grammont bleu, enneigé, pastel

Expositions 2015, Savièse, Maison de la culture, De la douceur lémanique aux glaciers valaisans, du au . 2016, La Sage, Le Rectorat, Paysages au pastel, du 17 juillet au 19 août 2016. 2017, Saint-Gingolph, Galerie du Château de Saint-Gingolph, Pastels de John-Francis Lecoultre (1905-1990), du 8 juillet au 20 août 2017. 2017, Cologny, Centre culturel du Manoir, John-Francis Lecoultre, pastels, du 8 au 25 juin 2017. 2018, Montricher, Galerie La Chaumière, Les pastels de J.-F. Lecoultre, du 4 mars au 2 avril 2018. 2020, Corseaux, Villa Le Lac, John-Francis Lecoultre – Un pastelliste d'exception, du au . 2021, Saint-Gingolph, parcours pictural dans la Châtaigneraie historique : impression sur bâches des plus beaux pastels de J.-F. Lecoultre. 2024, Montreux, Le Classique Danois, Pastels de J.-F. Lecoultre, du 3 mai au 1er juin 2024. 2024, Blonay, La Maison Picson, Des Pommes, des poires et des pastels de J.-F. Lecoultre, du 2 au 10 novembre 2024. 2026, Savièse, Du Bisse au Rhône, un parcours pictural, exposition en plein air, du 29 mai au 31 octobre; et Paysages au pastel, Maison de la culture, du 29 août au 31 octobre.

Publications Leporello bilingue français-anglais John-Francis Lecoultre – Un pastelliste d'exception, Call me Edouard Éditeurs | Publishers, 2020

Notes et références

Annexes Bibliographie Schweizerisches Künstler-Lexikon. Dictionnaire biographique de l’art suisse, vol. II. F.-C. Az, « Un campanile au bord du Léman », L’Abeille, . P. Casca, «Un pastelliste de ce pays : J.- Francis Lecoultre », L’Abeille, . Rivierart le carrefour des artistes, , août-sept.-oct. 2015, : Exposition John-Francis Lecoultre .

Liens externes

Inventaire des tableaux de Lecoultre, sur artworkarchive.com. John-Francis Lecoultre, notice de la Fondation Ateliers d'Artiste.

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