Le classisme est une discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale, souvent basée sur des critères économiques.

La discrimination classiste est fondée sur la stratification sociale, vision selon laquelle la société consiste en un ensemble de classes sociales différenciées et hiérarchisées. Les « classistes », qui assument leur appartenance à une classe sociale, cherchent à légitimer leurs propres avantages ainsi que les préjudices subis par ceux qui ne font pas partie de la même classe.

Spécificité de cette discrimination

En raison des conditions socio-économiques, le classisme se base sur l'opposition entre des individus de classes différentes. Cette discrimination systémique peut être renforcée par d'autres, telles que le racisme, aboutissant à l'intersection des oppressions raciste et classiste. Il peut également être renforcé par le sexisme. Comme l'indique l'anthropologue féministe Ochy Curiel : « Le fait d’être des femmes noires nous place en situation d’oppression à la fois de genre, de « race » et de classe : en plus d’être des femmes et définies « racinement » comme noires, la plupart d’entre nous font partie des couches sociales les plus appauvries. »Ochy Curiel, « La lutte politique des femmes face aux nouvelles formes de racisme. Vers une analyse de nos stratégies », in Nouvelles Questions féministes, 2002/3, Éditions Antipodes, .

Naomi Klein, dans son livre No Logo, explique toutefois que lutter contre le classisme n'est pas comparable à lutter contre les autres formes de discrimination, car il ne s'agit pas seulement d'un « problème de prise de conscience » mais plus largement des « questions plus cruciales de répartition des richesses ». C'est cette différence qui explique à ses yeux que le concept de classisme soit moins courant que ses équivalents le racisme, le sexisme, etc. :

Conséquences politiques Il existe des idéologies politiques fondées sur chaque type de classisme, et celui-ci peut toucher quiconque appartenant à une classe sociale déterminée.

Selon Max Weber, une fois qu'un groupe ou une classe a obtenu un statut social élevé, ses membres tendent à limiter les opportunités que d'autres individus y accèdent également, ce qui est propice à l'apparition de tensions sociales, lesquelles peuvent déboucher sur une révolution.

Le marxisme a théorisé le concept de société sans classes, son objectif d'une société après la révolution communiste. Selon Jacques Guigou en 2008, depuis au moins , cet objectif peut se formuler comme le «dépassement du classisme»Dans l'avant-propos. «Mai 1968 et le mai rampant italien». Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn, L’Harmattan, Temps critiques, Paris, 2008.

L'anthropologue Sylvain Lazarus a pensé le classisme (dans son obsolescence, son articulation à l'historicisation de l'état et au marxisme léniniste)« Anthropologie du nom », Sylvain Lazarus, éditions Le Seuil, Paris, 1996.

Dans les années 1970 et 1980 en France, les « théories de la reproduction » de la société à travers la ségrégation sociale qu’opèrent l’école et l’université (désignée ici comme un « classisme sociologique ») vont devenir idéologie de « la formation pour tous »Jacques Guigou, 1992 « Le devenu des héritiers (Bourdieu, 1964). Pour une critique du classisme en sociologie de l’éducation » Communication au séminaire de recherche de l’IUFM de Montpellier, 6 avril 1992. Publié dans Savoir, Éducation, Formation, 3, 1994, 491-493. Paris. Syrey..

Origines américaines de la notion de classisme

La notion de « classisme », née aux États-Unis, est apparue pour la première fois chez les Furies, un groupe de militantes lesbiennes de Washington D.C. en 1971. Elle se propage dans le mouvement féministe américain dans les années 1970 puis dans les mouvements pour la justice sociale dans les années 1980 afin de mettre en lumière les dimensions culturelles et symboliques de l'oppression de classe, au-delà de la seule exploitation.

Warren Buffett

Le , Warren Buffett déclare sur la chaîne de télévision CNN : . En effet, Warren Buffett affirme à l'occasion que les riches ne se sont jamais aussi bien portés (« We never had it so good ») et qu'il serait ainsi judicieux d'augmenter les impôts les concernant..

Il déclarait aussi :

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Bibliographie Mary Shawn Copeland, «L'interaction du racisme, du racisme et du classisme dans l'exploitation des femmes»; Concilium n°214, 1987, p 39-48 Le Classisme : une introduction. de Joe Scanlan, 2009

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