Lev Samoïlovitch Rosenberg, dit Léon Bakst (), né le à Hrodna (Biélorussie) et mort le à RueilArchives de Paris (arrondissement de son domicile), transcription de l'acte de décès , année 1925 (page 11/31)., est un artiste peintre, décorateur et costumier russe. Bakst est un pseudonyme tiré du nom de famille de sa grand-mère, Bakster ou Baxter..

Marcel Proust, dans une lettre à Reynaldo Hahn, le , lui écrit :

Biographie Jeunesse Lev Samoïlovitch Rosenberg naît à Hrodna dans une famille de la bourgeoisie juiveMathias Auclair, Sarah Barbedette, Stéphane Barsacq (sous la dir. de), Bakst, des Ballets russes à la haute couture, BNF-Opéra de Paris-Albin Michel, 2016..

Après avoir accompli des études au Gymnase de la capitale impériale, il étudie à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg de 1883 à 1886Alexandre Schouvaloff, Léon Bakst, Éditions Scala, Paris, 1991..

En 1891, il voyage en Italie, en Allemagne et en France où il fréquente l'atelier de Jean-Léon Gérôme, suit des cours de l’Académie Julian et travaille, à Paris, avec Albert Edelfelt entre 1893 et 1896Evgueny Kovtun, L'Avant-Garde russe..

À cette époque, l'État russe lui commande une grande toile qu'il exécute à Paris d'après nature, L'Arrivée de l'amiral Avelane et des marins russes à Paris.

En 1898, il est l’un des fondateurs avec Serge de Diaghilev et Alexandre Benois du mouvement Le Monde de l’Art (Mir iskousstva)Charles Spencer, Léon Bakst and the ballets russes, Academy Éditions, Londres, 1995..

Il fait dès ce temps plusieurs portraits comme celui de Philippe Maliavine (1899), Vassili Rozanov (1901), Andreï Biély (1905), Zinaïda Hippius (1906). Il devient également le professeur des enfants du grand-duc Vladimir Alexandrovitch, et, dès 1895, il reçoit des commandes du tsar Nicolas II.

En 1903, il épouse Luba Tretiakoff, veuve du peintre Nicolas Gritsenko.

À l’occasion de la révolution russe de 1905, il participe à de très nombreux journaux en Russie (Trésors artistiques de Russie, Apollon, Zolotoe Runo, Satyricon, etc.). Il dessine aussi des cartes postales, restées célèbres.

En 1906, il dirige l'École Bakst et Doboujinski à la demande de Ielizaveta Zvantseva jusqu'à son départ pour Paris en . Il y aura Marc Chagall comme élève.

Il expose à Paris, à la Galerie nationale, et est chargé de l'aménagement décoratif de l'exposition russe au Salon d'automne en 1908, cependant qu'il monte en Russie une série de spectacles antiques, comme Hippolyte d'Euripide ou Œdipe à Colonne de Sophocle.

Les Ballets russes Il est peintre, portraitiste et dessinateur et s'inspire tour à tour d'Orient, de la vieille Russie et de la Grèce archaïque comme dans le romantisme français et allemand ou l’Italie de Carlo Goldoni. Il est contre le cubisme.

Il devient, dès leur naissance, le collaborateur privilégié des Ballets russes, pour lesquels il conçoit et réalise costumes et décors entre 1909 et 1921.

Ses œuvres et ses dessins mettent en valeur la présence physique des danseurs. Quant à ses décors, ils mêlent érotisme et violence. Parmi ses réalisations, on compte Schéhérazade, L'Oiseau de feu, Jeux, Daphnis et Chloé, La Valse, Le Spectre de la rose et L’Après-midi d’un faune.

Léon Bakst peint aussi, en parallèle, de nombreux paysages et des portraits de personnalités du monde des lettres et des arts dont ceux de Ivan Bounine, Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Blaise Cendrars, Claude Debussy, Louis Thomas, Alexandre Benois, Léonide Massine, Ida Rubinstein et Michel Fokine.

Léon Bakst est également coloriste et graphiste jusqu’à sa mort prématurée, en raison d'un œdème du poumon. Il collabora avec les couturiers Worth, Paul Poiret et Jeanne Paquin. Basket inventa une nouvelle conception du décor de peintre et de la mise en scène, en opposition avec l'esthétique de Jacques Copeau. Léon Bakst a entre autres usé de coloris.

Dernières années En 1922, Bakst rompt sa relation avec Diaghilev et les Ballets russes. Au cours de cette année, il visite Baltimore et, en particulier Evergreen House, la résidence de son ami et mécène américain, la philanthrope artistique Alice Warder Garrett (1877-1952). Après s'être rencontrés à Paris en 1914, alors que Mme Garrett accompagne son mari diplomate en Europe, Bakst dépend bientôt d'elle comme confidente et agent. Alice Garrett devient la représentante de Bakst aux États-Unis à son retour en 1920, organisant deux expositions de l'artiste à la Knoedler Gallery de New York, ainsi que des expositions itinérantes subséquentes. À Baltimore, Bakst réaménage la salle à manger d'Evergreen en une délicieuse confiserie jaune acide et « chinoise ».

Léon Bakst meurt le dans une clinique de Rueil, près de Paris, de problèmes pulmonaires (œdème).

Famille Il est le père d'André Bakst.

Entourage vignette|redresse|Portrait de Léon Bakst par Amedeo Modigliani (1917). Léon Bakst était le beau-frère du pianiste et compositeur Alexandre Ziloti, lui-même cousin et professeur de Serguei Rachmaninov.

Il a été l’objet de portraits peints par Boris Koustodiev, Jean Cocteau, Amedeo Modigliani ou Pablo Picasso.

Son élève devenu le plus célèbre est Marc Chagall.

Sa signature autographe figure sur l'un des feuillets signés par les convives du banquet mémorable donné le en honneur d'Apollinaire à l'ancien palais d'Orléans de l'avenue du MaineDétail de la vente aux enchères d'un lot comportant le menu du banquet en honneur d'Apollinaire et huit pages remplies de signatures autographes sur le site de la Maison Brissonneau consulté le 30 mai 2014..

Postérité En 2016-2017, à l'occasion des 150 ans de la naissance de Léon Bakst, plusieurs expositions sont organisées pour célébrer son œuvre et son legs : à Saint-Pétersbourg, Moscou, Minsk, mais encore à Monaco et Paris, à l'opéra Garnier..

L'UNESCO fait inscrire l'anniversaire des 150 ans de la naissance de Bakst pour les années 2016-2017.

Principales créations 1909 : Le Festin, de Michel Fokine, musiques diverses, costumes de Léon Bakst et autres Cléopâtre, de Michel Fokine, musiques diverses, décors et costumes de Léon Bakst 1910 : Carnaval, de Michel Fokine, musique de Robert Schumann, décors et costumes de Léon Bakst L'Oiseau de feu, de Michel Fokine, musique d'Igor Stravinsky, costumes de Léon Bakst Schéhérazade, de Michel Fokine, musique de Nikolaï Rimsky-Korsakoff, décors et costumes de Léon Bakst 1911 : Narcisse, de Michel Fokine, musique de Nicolas Tcherepnine, décors et costumes de Léon Bakst Le Spectre de la rose, de Michel Fokine, musique de Carl Maria von Weber, décors et costumes de Léon Bakst 1912 : L'Après-midi d'un faune, de Vaslav Nijinski, musique de Claude Debussy, décors et costumes de Léon Bakst Daphnis et Chloé, de Michel Fokine, musique de Maurice Ravel, décors et costumes de Léon Bakst Le Dieu bleu, de Michel Fokine, musique de Reynaldo Hahn, décors et costumes de Léon Bakst Thamar, de Michel Fokine, musique de Mili Balakirev, décors et costumes de Léon Bakst 1913 : Jeux, de Vaslav Nijinski, musique de Claude Debussy, décors et costumes de Léon Bakst 1914 : La Légende de Joseph, de Michel Fokine, musique de Richard Strauss, costumes de Léon Bakst Papillons, de Michel Fokine, musique de Robert Schumann, costumes de Léon Bakst

Publications Correspondance et morceaux choisis, traduction et introduction de Jean-Louis Barsacq, L'Age d'homme, 2016, 412 p. Serov et moi en Grèce, traduction et introduction d'Olga Medvedkova, préface de Véronique Schiltz, TriArtis Éditions, 2015, 128 p., 24 illustrations

Distinctions

Voir aussi Bibliographie En français Arsène Alexandre, L'Art décoratif de Léon Bakst, suivi de Jean Cocteau, Notes sur les ballets, Maurice de Brunoff, Paris, 1913 André Levinson, L'Œuvre de Léon Bakst pour La Belle au bois dormant, Maurice de Brunoff, Paris, 1922 André Levinson, Histoire de L. Bakst, H. Reynaud, Paris, 1924 André Barsacq, , Intermède, n° 2, septembre, Paris, 1946 Dominique Carson, Bakst, Flammarion, Paris, 1977 Irina Proujan, Bakst. Théâtre, ballets, décors, costumes, Éditions Aurora, Léningrad, 1986 Alexandre Schouvaloff, Léon Bakst, Éditions Scala, Paris, 1991 Elisabeth Ingles, Bakst. L'art du théâtre et de la danse, Parkstone Press, Londres, 2000 Carlo Santoli, Le Théâtre français de Gabriele D'Annunzio et l'art décoratif de Léon Bakst, PUPS, Paris, 2009 Stéphane Barsacq, , Europe, Mathias Auclair, Sarah Barbedette, Stéphane Barsacq (sous la direction de), Bakst. Des Ballets russes à la haute couture, BNF-Opéra de Paris-Albin Michel, 2016 Mathias Auclair, Stéphane Barsacq, Bakst, Le magicien des couleurs, Gourcuff-Gradenigo, 2023 Frédéric Bosser, entretien avec Mathias Auclair, « Léon Bakst », Les Arts dessinés, n°26, avril- Léon Bakst. Serov et moi en Grèce (1923), traduit du russe et introduit par Olga Medvedkova ; préface de Véronique Schiltz, membre de l’Institut, Paris, Triartis, 2014 Olga Medvedkova, Лев Бакст, портрет художника в образе еврея. Опыт интеллектуальной биографии (), НЛО, "Очерки визуальности", 2019 Olga Medvedkova. « … Dont l’esprit est devenu en vérité antique » : Léon Bakst et les lectures nietzschéennes en Russie. Ioulia Podoroga (dir.). Concepts migrateurs. Les lettres et les arts russes, espaces de circulations et de métamorphoses (XVIIIe - XXe siècles), Eur'Orbem Éditions, pp.221-242, 2024, Cultures & sociétés, 979-10-989-394. ⟨hal-04614705⟩ Olga Medvedkova. Léon Bakst ou l’art de la vignette. Sophie Lesiewicz, Hélène Vedrine. Eloge du parergon : l'art décoratif du livre fin-de-siècle, Éditions Otrante, 2021. ⟨hal-03089290⟩ Olga Medvedkova, "Bakst penseur et écrivain: en russe et en français", Cahiers du Monde russe , n° 58, 2017.

En anglais Louis Réau, Denis Roche, Inedited works of Léon Bakst, Brentano's, New York, 1927 Léon Bakst, The Fine Art Society, Londres, 1976 Diana Souhami, Bakst, The Rothschild Panels of The Sleeping Beauty, Philip Wilson Publishers, Londres, 1992 Bakst, Sensualism Triumph, Dansmuseet, Stockholm, 1993 Charles Spencer, Léon Bakst and the ballets russes, Academy Éditions, Londres, 1995 John Bowlt, Theater of Reason/ Theater of desire, The Art of Alexandre Benois and Léon Bakst, Thyssen-Bornemisza Fondation/ Skira, Milan, 1998 Charles Spencer, Bakst in Greece, Gema Publications, Athènes, 2009 Sjeng Scheijen (dir.), The Big Change. Revolution in Russian Painting 1895-1917, Bonnefantenmuseum Maastricht, 2013 Olga Medvedkova, "The Celebration of the 150th Anniversary of the Birth of Léon Bakst in Three Exhibition Catalogues", Ars Judaica: The Bar Ilan Journal of Jewish Art, 2018, 14, pp.127-130.

Liens externes

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Notes et références

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