vignette|Cheval américain en état d'obésité : les dépôts de gras se devinent sur le dos, entre les côtes, et sur la croupe.

La masse corporelle du cheval est une donnée très variable, selon la race, le modèle, l'état physiologique, la condition, le but du propriétaire et l'utilisation de l'animal. Toujours composée de 65 à 75 % d’eau, elle se répartit en moyenne entre 50 % de muscles, 11 % d'os et 10 % de graisses. Selon qu'il s'agisse d'un poney ou d'un cheval de trait, elle peut aller de moins de à plus d'une tonne, pour une moyenne de chez les chevaux de selle. Elle diffère également avec la saison, les chevaux étant presque toujours plus gras l'été que l'hiver. Différents outils permettent d'estimer leur poids et leur condition corporelle, des échelles vétérinaires ont été créées pour déterminer si le cheval présente une masse corporelle idéale suivant des critères précis.

La maigreur est associée à la maltraitance, mais des facteurs indépendants du propriétaire liés à l'âge et à la maladie peuvent provoquer de spectaculaires pertes de poids chez les chevaux. Dans les pays occidentaux, l'obésité des chevaux représente l'un des problèmes de santé vétérinaire majeurs du . Elle est directement liée à de multiples pathologies, telles que la fourbure, l'arthrose, la résistance à l'insuline et les coliques. Elle favorise aussi le développement d'un syndrome de Cushing équin, et provoque une baisse de la fertilité des étalons.

Généralités vignette|gauche|Cheval du Namib en mauvais état corporel, au mois de février. La masse corporelle d'un cheval est toujours composée de 65 à 75 % d’eau.. Le cheval est considéré comme un « animal maigre » (avec peu de graisses), dont le poids se répartit en 11 % d'os, 50 % de muscles et 9 % de graisses, environ. ; mais un grand nombre de facteurs influencent son poids. Certaines races (cheval de trait) sont naturellement plus lourdes que d'autres (poneys), et se révèlent de modèle différent en termes de taille et d'ossature ; la fourchette de poids des chevaux est donc très variable. Les poneys peuvent peser moins de et les chevaux lourds, plus d'une tonne, tandis que le poids moyen d'un cheval de selle est estimé aux alentours de . Ainsi, Jappeloup, cheval champion de saut d'obstacles, pesait environ . Les chevaux lourds élevés pour la boucherie atteignent des poids particulièrement élevés, l'éleveur ayant intérêt à en tirer un maximum de poids en viande.

D'autre part, l'état physiologique modifie le poids : le cheval peut être en croissance, en gestation, ou mis à la reproduction. Le but d'élevage et l'utilisation de l'animal demandent aussi des états corporels différents : ainsi, un cheval destiné au sport devra toujours être aussi proche que possible de son poids de forme pour rester performant. Au contraire, une jument gestante ou allaitante sera en meilleure forme si elle présente une masse corporelle plus élevée que la moyenne, avec quelques réserves de graisse.

Estimer le poids revêt de l'importance dans de multiples cas pour le propriétaire d'un cheval domestique : doser sa ration de nourriture, lui administrer un vermifuge ou autre médicament, ou encore suivre sa croissance et son état de santé. Le poids du cheval entre aussi en compte dans plusieurs sports équestres et hippiques.Dans ces cas là nous parlons bien de son poids, et non pas de sa santé.

Croissance La croissance du poulain induit des prises de poids particulièrement rapides durant les premiers mois. À la naissance, un poulain pèse de 8 à 12 % du poids vif de sa mère. Il double son poids de naissance durant son premier mois de vie. Son poids a quintuplé quand il atteint l'âge du sevrage, vers 6 ou 7 mois. À l'âge d'un an, il atteint environ 65 % de son poids d'adulte pour 90 % de sa taille adulte, ce qui explique l'aspect souvent dégingandé des poulains de cet âge. Les poulains de trait engraissés pour la boucherie pèsent en moyenne 59,3 % du poids vif du cheval adulte à 8 mois, puis 70,1 % à 12 mois, et 90,1 % à 30 mois.

Variations saisonnières vignette|Chevaux Camargue en bon état corporel, pendant l'été. Les chevaux sont presque toujours plus gras en été qu'en hiver, particulièrement s'ils vivent en extérieur toute l'année, ou à l'état sauvage. En été, les changements dans la luminosité entraînent une augmentation de l'appétit et des modifications du métabolisme, qui se traduisent généralement par une prise de poids. En hiver, au contraire, l'appétit diminue et l'efficacité de la conservation d'énergie est accrue, car la nourriture disponible est généralement plus rare. Cette particularité semble provenir de la longue histoire évolutive du cheval dans un environnement qui n'offre pas toujours la même quantité de nourriture d'une saison sur l'autre ni d'une année sur l'autre. Le taux d'obésité peut présenter une différence d'environ 8 % selon que les mesures sont effectuées en été ou en hiver. La condition corporelle du cheval est au plus bas à la fin de l'hiver.

Estimation du poids et de l'état corporel Poids et état corporel représentent deux notions que l'on apprécie indépendamment. Le poids est avec les dimensions corporelles une composante du format. Estimation du poids Le poids peut être estimé à l'œil, par pesage ou par barymétrie L'estimation visuelle L'estimation visuelle est la plus simple mais elle est empirique et souvent fausse, dépendant de l'expérience de l'appréciateur. Par conséquent, c'est celle qu'emploient les professionnels dans les conditions courantes, sans exclure le recours à la pesée dans des situations particulières et notamment pour un suivi de la croissance des animaux.

La pesée La pesée ou pesage est l'estimation du poids par utilisation d'un engin spécialisé dit de pesage. C'est a priori la méthode la plus précise pour connaître le poids d'un animal, mais dans le cas d'un cheval, il est nécessaire d'utiliser un engin comme une cage de pesage (de préférence amovible) ou un plateau-bascule. Ces outils sont relativement onéreux et la grande majorité des propriétaires de chevaux n'en possède pas.

Par contre, les éleveurs et les professionnels du marché hippophagique en font souvent l'acquisition, non seulement pour la précision de la mesure, mais aussi pour perfectionner leur jugement, par l'appréciation visuelle. En zone d'élevage, certaines communes sont équipées d'un pont-bascule, susceptible d'accueillir un van ou une bétaillère. Les résultats des pesées doivent aussi être interprétés en fonction de l'état de réplétion supposé du tube digestif.

La barymétrie La barymétrie est la méthode d'estimation du poids d'un animal à partir de formules mathématiques utilisant des dimensions corporelles. Ces formules ont été imaginées pour suppléer aux inconvénients de l'estimation visuelle et aux contraintes de la pesée mécanique. Elles sont d'abord utilisées à des fins pédagogiques, dans les centres de formation, et en complément des méthodes précédentes. Ces formules ont généralement été élaborées pour des animaux adultes, médiolignes, en état d'entretien normal et avec un niveau de réplétion moyen du tube digestif. Les valeurs recueillies doivent donc être interprétées en fonction de l'âge, des proportions corporelles (bréviligne, médioligne ou longiligne), de l'état d'entretien et de la réplétion estimée du tube digestif.

De ce fait, différentes échelles et des formules mathématiques ont été créées pour estimer le poids du cheval à l'aide d'outils simples, ou sans outils. Le ruban barymétrique, qui se place autour du corps entre le garrot et le passage de sangle (correspondant au périmètre thoracique, PT sur le schéma), donne une estimation du poids. vignette|centré|upright=2|Points à mesurer pour estimer le poids d'un cheval : en bleu, la hauteur au garrot (HG). En rouge, le périmètre thoracique (PT). En vert, la longueur du corps (LC).

Formule de Crevat Jules Crevat est l'auteur en 1890 d'une formule et d'un ruban zoométriques portant son nomJules Crevat, Alimentation rationnelle des animaux. Estimation du poids par le mesurage, Journal d'Agriculture Pratique, 1890 encore utilisés de nos jours à des fins pédagogiques en zootechnie. À l'origine, Crevat l'avait imaginée pour l'estimation rapide du poids des bovins qui devaient acquitter une taxe d'octroi. Elle est une simplification d'une formule élaborée pour l'homme par Adolphe Quetelet, qui était fondée sur deux mesures (tour de poitrine et taille). Elle est peu précise, mais elle a l'avantage d'être facile à calculer car elle ne nécessite qu'une mesure du périmètre thoracique (PT). C'est l'une des plus utilisées en France, elle vaut surtout pour peser les chevaux de selle mais, comme pour toutes les formules, l'estimation doit être interprétée en fonction de l'état d'entretien des animaux et de leurs proportions.

Elle se calcule comme suit : , avec Poids en kilogrammes et PT en mètres. La marge d'erreur est de . Par exemple, pour un cheval ayant un périmètre thoracique de , , ce qui donne 482 ± .

Formule de Hapgood La formule d'Alyssa Hapgood est pensée dès 1999, conçue en 2002 puis homologuée en 2004, alors que sa créatrice n'a que 17 ans. C'est l'une des plus précises, mais elle demande aussi davantage de mesures puisqu'elle prend en compte, en plus du périmètre thoracique (PT), la hauteur au garrot (HG) et la longueur du corps (LC), mesurée de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse : . La formule fonctionne avec le poids exprimé en livres () au lieu de kilos et la hauteur au garrot en pouces () et non en centimètres.

Pour convertir les pouces (po) en centimètres (cm), il faut réaliser l'opération suivante : .

Formule de l'INRA pour les chevaux de trait Une formule propre aux chevaux de trait a été mise au point en 1990 par William Martin-Rosset, chercheur responsable de la nutrition équine auprès de l'INRA : . La marge d'erreur est également de .

Formule de l'INRA pour les poulains en croissance La croissance du poulain implique des paramètres particuliers, puisqu'il ne faut pas prendre en compte la hauteur au garrot (HG). L'INRA a conçu une formule en ce sens : .

Évaluation de l'état corporel Cette dernière mesure vise à apprécier le développement relatif des masses musculaires et adipeuses. Elle est réalisée par palpation de certaines zones du corps. Échelle de Henneke L'échelle numérique de Henneke (Henneke horse body condition scoring system) est utilisée pour évaluer la quantité de graisse sur le corps d'un cheval. Elle a été développée par Don R. Henneke à l’université du Texas A&M en 1983, d'abord pour les juments gestantes de race Quarter Horse.. Ce système normalisé peut être utilisé pour toutes les races de chevaux et sans équipement spécialisé, mais il pourrait être plus efficace pour les chevaux de selle que pour les poneys.. Une autre limite réside dans le fait que les propriétaires de chevaux ne sont pas toujours les plus objectifs pour estimer l'état corporel de leur animal..

La condition corporelle est évaluée visuellement et par palpation.. Les scores vont de 1 à 9, 1 étant celui d'un cheval en mauvais état et 9 étant celui d'un cheval obèse. La condition idéale pour la plupart des animaux se situe de 4 à 6. Les scores de 7 à 9 sont considérés comme ceux d'un état d'obésité, cependant un certain manque de précision dans les évaluations conduit parfois à qualifier comme tel un cheval ayant un score inférieur à 7..

Le tableau ci-dessous donne une description des différents scores permettant d'évaluer l'état corporel du cheval. Le système est basé sur l'évaluation à la fois visuelle et tactile de la graisse présente sur six points du corps, comme indiqué sur l'illustration suivante. thumb|center|upright=3|Les zones où la graisse se dépose chez le cheval, permettant d'évaluer son état corporel par palpation : 1. Derrière l'épaule ; 2. Sur les côtes ; 3. Au niveau de l'attache de la queue ; 4. Le long des vertèbres dorsales ; 5. Autour du garrot ; 6. Le long de l'encolure..