Georges Friboulet est un pianiste et compositeur français né le au Havre et mort le à Athis-MonsRelevé des fichiers de l'Insee.

Biographie

Origines

Georges, Édouard Friboulet est né au Havre dans le département de la Seine-Inférieure, le Archives municipales du Havre : État civil - acte de naissance . Archives municipales du Havre, Fort de Tourneville, rue du Régiment d'Infanterie 76620 Le Havre.Archives départementales de la Seine-Maritime : État civil du Havre - acte de naissance . Cote du document : . Archives départementales de la Seine-Maritime, Hôtel du département, Quai Jean Moulin CS 56101, 76101 Rouen cedex.. où ses parents se sont mariés trois ans plus tôt, le Archives départementales de la Seine-Maritime : État civil du Havre - acte de mariage . Cote du document : . Archives départementales de la Seine-Maritime, Hôtel du département, Quai Jean Moulin CS 56101, 76101 Rouen cedex.. Son père, Georges Léonce Friboulet (1880-1948), employé de commerce, est originaire d'Octeville-sur-Mer d'une famille de cultivateurs laitiers et sa mère, Hélène Marie Lamotte (1886-1977), couturière, de Rochefort-sur-Mer dans le département de la Charente-Inférieure, est la fille d'un ébéniste des chantiers navals. De cette union est né un premier fils, Roger Friboulet, le Archives départementales de la Seine-Maritime : État civil du Havre - acte de naissance . Cote du document : . Archives départementales de la Seine-Maritime, Hôtel du département, Quai Jean Moulin CS 56101, 76101 Rouen cedex..

En 1912, la famille déménage pour Yvetot et achète un commerce de chaussures avec son logement situé au-dessus, place de l'Hôtel de Ville. Deux ans plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Le père est mobilisé pendant toute la durée du conflit et accède au grade de caporal dans le d'infanterie territoriale.. Il revient donc à la mère de gérer foyer et magasin, lourde tâche qu'elle mène à bien.

La carrière artistique

Passionné de musique, il suit des cours privés en 1924, achète des partitions et apprend le piano. Ses premières influences musicales sont les œuvres de Charles Gounod, Camille Saint-Saëns et Jules Massenet. Autre passion du jeune artiste, la littérature et la poésie. Ses parents l'encouragent dans cette voie et décident de sa formation musicale. Il devient en 1926 élève à la maîtrise Saint-Evode de la cathédrale de Rouen et il a pour professeur, Henri Beaucamp, titulaire des orgues de la cathédrale de Rouen et père d'Albert Beaucamp. La même année avec des amis musiciens, il dirige un orchestre, dénommé Géo-Jazz, dans un bal à Yvetot et qui emporte l'adhésion du public.

Alors âgé de 18 ans, Georges Friboulet entre en 1928 au Conservatoire national supérieur de musique et de déclamation. où il suit les enseignements de Georges Caussade, de Raymond Pech et d'Henri BüsserRegistre des élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, feuillet 399, aux Archives du CNSMP. Il obtient successivement, le Prix Halphen d'harmonie et de fugue en 1932 et 1933, le premier prix d'harmonie en 1934. puis le premier prix de fugue en 1935. Cette dernière année est prolifique pour Georges avec la création de sa première œuvre musicale : Cantilène pour flûte, suivi en 1936 de Divertissement pour flûte et cordes, Ouverture symphonique et La Petite Harpe. Il devient professeur suppléant de la classe d'harmonie de Raymond Pech, de 1933 à 1942. Mais surtout, Georges Friboulet est admis au concours d'essai du Prix de Rome à Fontainebleau, le et reçoit la distinction du de composition musicale, en 1938. Son frère Roger quant à lui, se destine à reprendre le commerce familial à Yvetot et épouse dans cette même commune, Raymonde Marie Hélène Liberprey, le .

La Seconde Guerre mondiale qui voit sa ville d'enfance entièrement détruite par les allemands en et ses premières œuvres orchestrales disparues dans les décombres de sa maison à Yvetot, l'empêche de poursuivre l'aventure de la Villa Médicis. Au début de la guerre, Georges Friboulet fait la connaissance de Fabienne Henrard, fille de Jean Victor Henrard (1891-1979) officier militaire belge pendant la Première Guerre mondiale au d’Infanterie de ligne d'Arlon en Belgique., fondé de pouvoir dans la banque et au siège d'Électricité de France. Elle est née à Paris, le dans le , pianiste comme Georges, et obtient son premier prix de piano au Conservatoire national supérieur de musique et d'art dramatique de Paris en 1941Sa nièce est Martine Henrard (1945-2011), actrice, chanteuse, productrice française et plus connue sous son nom d'artiste, Martine Kelly..

Georges Friboulet est démobilisé en et reprend son poste de suppléant dans sa classe d'harmonie à la réouverture du Conservatoire de Paris au mois de septembre suivant. Le voici membre des jurys d'examens et concours d'harmonie et de fugue à ce même Conservatoire, de 1942 à 1944. Georges Friboulet épouse Fabienne Henrard à Paris, le dans le . De cette union sont nés deux garçons, Jean-Édouard le et Michel le . Après-guerre, Friboulet s'intéresse aussi au cinéma en composant des musiques de documentaires : Images du Pays basque (1947) et La Vallée d’Aoste (1949). Il élabore l'orchestration des films : La Danseuse de Marrakech (1949), Monsieur Menu (1950) et Sérénade au bourreau (1951) avec son ami Marcel Landowski. Ces œuvres sont signées sous le pseudonyme de Jean Daco, nom emprunté à l'arrière-grand-père de son épouse Fabienne HenrardIl s'agit de Jean Hubert Daco, natif de Samrée, La Roche-en-Ardenne en Belgique et époux de Marie Marguerite Goffard. Source : familles Henrard, étude généalogique et sociale, Belgique et France. Archives privées.. Dans le domaine de l'orchestration et de l'harmonisation, il travaille aussi pour des artistes de la chanson : Édith Piaf, Tino Rossi ou Henri Salvador.

Son vœu de diriger une école de musique se concrétise avec sa nomination au poste de directeur du Conservatoire de musique, de déclamation et de danse de Casablanca au Maroc. et Friboulet sont reçus au Maroc le par les responsables de la municipalité et des Beaux-arts dont l'oncle de Fabienne, le peintre Félix BellenotVoir les œuvres du peintre : .Félix Eugène Bellenot, fils de Victor Bellenot et de Jeanne Valérie Delduc, est né le à Grasse (état-civil : acte de naissance ). Artiste peintre, il étudie à l'Académie Colarossi comme Amedeo Modigliani, à Montparnasse, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, de 1920 à 1936. Félix Bellenot est l'ami d'André Derain, Charles Despiau et Paul Belmondo. Il expose au Salon d'automne de 1920 à 1930, à la Galerie Chéron en 1925 et au Salon des Tuileries de 1925 à 1935. Il poursuit son art au Maroc, où il s'installe de 1936 à 1961. Félix Bellenot fonde à Casablanca, l'école des Beaux-arts et enseigne la peinture. Il revient en France à la fin de sa vie, en Provence, et meurt en 1963 à Monaco. Il est l'arrière-petit-fils du littérateur franco-russe Jean-Marie Chopin et l'arrière-petit-neveu du peintre Henri Frédéric Schopin.Sources : , ainsi que le dictionnaire Bénézit.. Sa nouvelle fonction prend effet au et Fabienne devient professeur de piano dans ce même Conservatoire. Georges Friboulet a sous sa responsabilité 28 professeurs et . Période féconde pour le compositeur avec principalement la création en 1952, de cinq chœurs à cappella : Fable, La fille qui avait toujours froid, Le Colporteur, Un beau matin, Berceuse corse. En 1953, Gaminerie pour trompette et piano. En 1954, Messe en ré pour orchestre, chœurs, soli et orgue, créée en l’église du Sacré-Cœur de Casablanca. En 1955, Prélude pour Fabienne pour piano. En 1956, Les Sept jours de la semaine pour piano et en 1957, Prélude chromatique (se reporter au chapitre détaillé : Œuvres). Son action au sein de l'établissement est couronnée de succès avec une hausse significative des effectifs : 35 professeurs, répartis dans 25 classes dont une consacrée à la musique arabe. Enfin à son actif, la création de l’orchestre et de la chorale du Conservatoire.

vignette|redresse|droite|Georges Friboulet photographié en 1975 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

Mais sa réussite lui vaut des inimitiés et des jalousies dans son entourage professionnel. En vacances à Megève en Haute-Savoie, il apprend le par une notification, que son contrat n'est pas reconduit. Pour Georges Friboulet, c'est la consternationLe site Musica et Memoria en précise les raisons : . Mais cette campagne perdure l'année suivante : . Source : . Fabienne Friboulet de par son affectation à Casablanca, repart au Maroc à la fin du mois de avec ses deux enfants. Cette séparation qui perdure, a fini par avoir raison du couple et elle pense à une procédure de divorce dès 1959. L'année suivante, Fabienne est également nommée au Conservatoire de Rabat et après un second mariage à Casablanca le avec Victor Bessis, elle prend sa retraite en 1972 et revient en France par la suite. Pour vivre, Georges est obligé de travailler le jour comme employé aux écritures au ministère de l'Éducation Nationale et la nuit, comme pianiste de variétés au cabaret des Capucines. Les déconvenues se succèdent de par les échecs successifs à toutes ses candidatures pour des postes de directeur en province.

Georges Friboulet reçoit le Prix Henri Rabaud au mois d'. La même année, son frère Roger disparaît à l'âge de cinquante ans, le à Lourdes. Enfin l'espoir renaît grâce à l'appui de Raymond Gallois-Montbrun et Marcel Landowski. Le , Georges devient assistant technique aux Études musicales du Conservatoire de Paris, aux côtés du directeur Raymond Gallois-Montbrun, jusqu'en 1978.

Les dernières années

Georges Friboulet continue de recevoir maintes récompenses dont celle de Chevalier des Palmes académiques en 1956 et il est médaillé d'argent du Mérite civique en 1957. Il accède successivement à la fonction de secrétaire général des Amis du Conservatoire en 1965 et secrétaire définitif de la Sacem en 1966.

Le compositeur prend sa retraite en 1978 et se retire en fin de vie à Morsang-sur-Orge dans le département de l'Essonne avec sa nouvelle compagne, une ancienne élève de Casablanca. Mais celle-ci l'éloigne de son milieu musical et elle finit par lui enlever toute envie de création artistique, sa raison même de vivreSource : Conférence « Georges Friboulet, un compositeur yvetotais », le 10 novembre 2012. Entretien : Daniel Boitard, ancien directeur du Conservatoire d'Yvetot, et Jean-Édouard Friboulet.. Pressentant sa fin proche, il confie à son fils aîné : . Il résume par ces quelques mots, l'originalité et la préciosité de sa musique, sa non-appartenance à quelque école. Âgé de 81 ans, Georges Friboulet meurt le à l'hôpital d'Athis-MonsMairie d'Athis-Mons : État civil - acte de décès . Mairie d'Athis-Mons, place du Général de Gaulle 91200 Athis-Mons.. Ultime reconnaissance, la Bibliothèque nationale de France accepte en 2006, le don de ses archives personnelles : œuvres manuscrites, écrits, correspondance et photographies.

Œuvres

Vocales et instrumentales

1929 : Pensée lointaine, Gondole errante, Les roses du soir, Des feuilles tombent, Prélude vénitien. Premières œuvres pour piano éditées chez Veraeghen à Rouen. 1930 : La belle Aude, cantate pour orchestre, chœurs et soli. 1931 : Improvisation, pour violon et piano. 1931 : Andante et Allégro, pour piano et clarinette. 1931 : Prends cette rose, chœur à quatre voix. 1931 : Pièce brève, pour harpe. 1934 : Dolce e gracioso, À une ballerine, Berceuse pour l'enfant brune, Divertissement, quatre pièces pour piano. 1935 : Courante, pour flûte et orchestre. 1935 : Cantilène pour flûte. 1936 : Trio pour violon, violoncelle et piano. Créé pour le concours d'essai du Prix de Rome et interprété à Fontainebleau par Raymond Gallois-Montbrun, Jacques Nelse et Pierre Sancan. Le manuscrit est détruit à Yvetot en 1940 au début de la Seconde Guerre mondiale. 1936 : Divertissement pour flûte et cordes. 1936 : Ouverture symphonique. 1936 : La petite harpe.