La grammaire vallader présente de nombreuses similitudes avec la grammaire française et la grammaire italienne comme pour les autres langues romanes. Les mots peuvent être groupés en neuf catégories : d'un côté les mots variables : article, substantifs, adjectifs, pronoms et verbes ; de l'autre ceux qui sont invariables adverbes, prépositions, conjonctions et interjections.

L'alphabet Alphabet et accents L'alphabet vallader comprend 22 lettres et quelques diacritiques, c'est un alphabet bicaméral A a B b C c D d E e F f G g H h I i j J L l M m N n O o P p Q q R r S s T t U u V v Z zQuelques lettres supplémentaires peuvent être utilisées dans les mots empruntés aux langues étrangères : j k w x y. Les accents sont les suivants : accent grave (il grav) : il indique l’accent principal sur la finale d’un mot ; accent circonflexe (il circumflex) : il permet juste de différencier deux homonymes et n’indique aucune longueur de la voyelle ; les trémas (il trema) : on le place sur la deuxième syllabe d’une fausse diphtongue pour indiquer qu’il faut prononcer cette voyelle séparément comme en français « naïf ».

Les consonnes S-ch Une caractéristique du vallader et d’autres variantes romanches est la graphie /s-ch/ dont le /s/ se prononce comme une chuintante /ʃ/ suivie d’un /tʃ/, comme szcz en polonais ou historiquement Щ en russe. On la rencontre également dans la toponymie que l’on peut expérimenter quand on séjourne en Engadine comme S-charl ou S-chanf Pes-char se prononce [] ou []= pêcher Tudais-ch [] ou []= allemand

Les occlusives palatales Une autre caractéristique des langues romanches, similaire au ladin dolomitique et au frioulan et partiellement dans le Tessin et le Piémontais, est la palatisation des occlusives vélaires latines devant la voyelle /a/. Il est question du traitement que les langues romanes ont fait du /k/ et du /g/ devant certaines voyelles comme /a/ et les voyelles médianes comme /ö/ et /ü/. Le ladin prononce un son spécifique peu représenté dans les langues européennes : la consonne occlusive palatale sourde notée [] et la consonne occlusive palatale voisée notée [] : le chien se dit « chan », [] alors que dans les principales langues latines, il est resté [] ou est devenu [] ; le berceau se dit « chüna », [] ; le chat se dit « giat », [] ; le mois de juin se « gün » [] ; le jeu se dit « gö », [].

La sourde peut se rapprocher d'un son proche de [ty] et la voisée rappellerait un [dy], d'autres entendent plus un [] et un []. En revanche, quand le /k/ originel précède un /e/ ou un /i/, il devient /tsch/ (tschinch = cinq) ou /dsch/ (tschender=gendre), [] ou []. Quand il précède un /o/ ou /uo/, il reste un /k/ (corp=corps)Bien entendu, il existe des exceptions à ces règles générales..

Prononciation des consonnes Le est un [t͡s] devant /i/ et /e/, est un [k] devant /a/, /o/, /u/, /l/ et /r/ ; le se prononce comme le mot italien « ciao » ou avec la consonne occlusive palatale sourde évoquée plus haut ; le se prononce devant /i/, /e/, /ö/ et /ü/ comme en italien « Giovanni » ou avec la consonne occlusive palatale voisée [ɟ] , se prononce devant /a/, /o/ et /u/, mais aussi /h/, /l/ et /r/ comme un /g/ français dans « galère », « glaire » ou « ghetto », se prononce en fin de mot comme le romanche , en particulier après une consonne comme /n/ ou /r/ ; le se prononce comme en français dans « glande », mais comme en italien dans « tagliatelle » devant , , , et ; le se prononce comme en français dans « agneau » sauf dans quelques mots étrangers où il faut séparer le /g/ du /n/ comme dans « diagnosa » ; le se prononce en entendant légèrement le /u/, donc comme en espagnol et pas en français ; le peut se prononcer avec une aspiration ou pas. Il faut apprendre chaque mot ; le se prononce comme le cumul d'un et d'un romanche derrière , se prononce comme en allemand ou en anglais derrière et en fin de mot ; le se prononce comme en allemand [kv] ; le est un /s/ sonore ou sourd ([] ou []) suivant les cas comme en français, se prononce comme un [] devant /f/, /g/ /p/, /qu/ /r/ ou /t/, se prononce comme un [] devant /b/, /d/ /g/ ou /v/ ; le se prononce comme un [] ou comme un [] ; le se prononce comme l'anglais « gin »  ; le se prononce comme l'anglais « match » ; le se prononce comme en français sauf qu'en finale il faut le prononcer comme un , donc comme en allemand dans « brav » ; le se prononce comme en allemand dans « zu », [].

Les voyelles Proche parenté avec le français La prononciation des voyelles est identique à celles du français ou de l'italien pour : les voyelles simples /a/, /e/, /i/, /o/ qui sont brèves ou longues, plus fermées ou plus ouvertes suivant les cas. ; les diphtongues /ao/, /ea/, /eo/ et /oa/ se prononcent comme elles s'écrivent à la nuance près qu'il faut apprendre avec le mot si l'accent tonique est davantage sur la première voyelle ou la seconde.

Les trémas en vallader indiquent juste qu'il faut prononcer les deux voyelles séparément, pratique également présente en français bien que plus rare qu'en romanche, par exemple dans les mots « naïf »ou « exiguë ». rappelle le mot français « haïr » et non « ail ». il s'agit des combinaisons possibles suivantes : .

Monophtongues, diphtongues et triphtongues

Pour les voyelles simples, il ne reste que les deux voyelles médianes et correspondant au français et ou en API [y] et [ø].

Les diphtongues et triphtongues suivantes ont une seule prononciation : comme en allemand « ein », en français dans « paille », [aj] ou [ae] ; comme en allemand « Haus », [aʊ] ; comme en français « veille », [ej] ou [ɛj] ; est un /e/ ouvert suivi d'un /u/ atténué ou le digamma, [ɛw]. Mais il existe ici des variantes microrégionales décrites plus loin. Dans les mots d'origine étrangère, comme l'allemand et le grec ancien, il se prononce comme en allemand « Leute ». Dans les mots français et latins, il faut prononcer les deux voyelles séparément comme en latin dans la finale /-eum/ dans « petroleum » ; comme en français « yéyé », peut-être plus ouvert, [je] ; comme en allemand « Jude », [jʊ] ; comme en anglais « bow », bien que plus ouvert, [ow]. Il existe des variantes microrégionales vues plus loin ; comme en français « ruine », [ʊi] ; se prononce comme il se lit avec /u/ et un /o/ ouvert, [Uo]. Variantes possibles à l'est de la Basse-Engadine ; /iai/ se prononce [jaj] comme le danois « jeg » ; /ieu/ se prononce [jɛw], donc « adieu » ne se prononce pas comme en français ; /iou/ se prononce [jow] ; /uoi/ se prononce [woj] avec un /o/ ouvert ; /uoj/ se prononce [woj] avec un /o/ fermé.

Quelques diphtongues se distinguent par le fait qu'il faut connaître l'accent tonique, voire au sein de la diphtongue. Par voie de conséquence, cela influe sur l'intensité, la longueur et l'aperture de la voyelle suivant qu'elle est en syllabe accentuée ou atone. on entend plus la première partie de la diphtongue ou la seconde, ce qui a pour effet d'atténuer un /i/ ou un /u/ en semi-voyelle. dans ce cas, il faut apprendre la prononciation en même temps que le mot. Il s'agit des diphtongues /io/, /oe/, /oi/, /oj/ et /ue/.

De Scuol à Tschlin La partie inférieure de la Basse-Engadine entre Scuol et Tschlin prononce trois diphtongues différemment : /eu/ se prononce comme en français /è/ ; /ou/ se prononce comme en français /o/, suivant les secteurs plus ouvert ou plus fermé ; /uo/ se prononce également comme un /o/.

Dans le secteur de Susch, on se rapproche aussi du /eu/ en /è/, mais le pronom personnel eu se prononce /yè/. Dans le pays de Zernez, on prononce le /eu/ comme un /o/ et le pronom personnel eu [yow].

Le pronom Pronoms personnels Sujets Les prononmes personnels au cas sujet sont les suivants. Français Vallader je eu tu tü il elelle ella vous (Politesse, masculin) El vous (Politesse, féminin) Ella nous nus vous vus ils els elles ellas vous (Politesse, masculin pluriel) Els vous (Politesse, féminin pluriel) Ellas

Le pronom indéfini « on » se traduit par « i’s » et le pronom désignant un objet comme en anglais « it » ou en allemand « es » se rend pas « i ».

Il existe des divergences en Basse-Engadine dans la vallée de l'Inn entre Tschlin-Martina et Susch où l'on préfère dire « no » et « vo » alors que de Susch à Zernez, on dit « nus » et « vus », ainsi qu'en romanche jauer dans le Val Müstair.

C.O.D. et C.O.I. Proche de l’italien et du français, les pronoms personnels des compléments d’objet direct, indirect ou second changent de forme suivant qu’ils sont accentués ou pas, en italien on parlera plus de formes atones et toniques. |En résumant, il faut différencier le pronom simple, éventuellement contracté, du pronom tonique qu’on utilise dans les cas suivants : pour insister sur la personne après le verbe principal : « Je te veux toi, et pas lui ! » ; après une préposition : « Ce cadeau est pour toi » ; après les comparatifs : « Tu es plus grand que moi » ; le pronom est un attribut : « Si c’était moi, j’irais » ; dans certaines exclamations : « Pauvre de moi ! ».

Les formes contractées sont utilisées devant un mot avec une voyelle (ou un /H/ graphique non aspiré), ce qui explique que les pronoms terminant par un /s/ n’ont pas de forme contractée.

PersonneC.O.D. / C.O.I. forme simple forme accentuéeforme contractée du singulier (me, à moi) am a maim’ du singulier (te, à toi) at a tait’ du singulier (le, à lui, à elle) masculin til ad el féminin tilla ad ellatill’ forme de politesse (vous, à vous) Til, Tilla ad El, ad EllaTil, Till’ du pluriel (nous, à nous) ans a nus du pluriel (vous, à vous) as a vuss’ du pluriel (eux, elles, à eux, à elles) masculin tils a els féminin tillas a ellas forme de politesse (vous, à vous) Tils, Tillasa Els, a Ellas

Réfléchis Il faut différencier les pronoms suivant qu’ils sont suivis ou non d’une voyelle (Y compris celle précédé d’un /H/ qui n’est pas prononcé). De même, la forme diverge quelque peu avec la négation. Globalement, les réflexes phonétiques rappellent ceux des Français qui utilisent l’apostrophe pour relier le pronom réfléchi ou personnels quand celui-ci est suivi d’une voyelle : « Il me veut » et « il m’en veut ». En revanche, le français ne contracte pas avec la négation « ne ». Devant consonne Après la négation Avant voyelle me am nu’m m’ te at nu’t t’ se as nu’s s’ Vous (Politesse) as nu’s s’ nous ans nu’ns ans vous as nu’s s’se as nu’s s’se (pour « ça »)’snu’ss’

Les enclitiques Comme en français, dès qu’il y a une inversion du verbe et du pronom personnel, l’usage veut qu’on fasse une liaison ou qu’on contracte le pronom avec le verbe précédent. Le vallader n’a pas recours à un /t/ euphonique à la troisième personne du singulier ou du pluriel, ni ne place de trait d’union. Il préfère l’apostrophe ou attache la forme contracté directement au verbe et sa terminaison. Il s’agit donc ici de rendre en vallader les formes françaises suivantes par exemple : Que ferai-je demain ? En automne, semble-t-il, les mélèzes perdent leurs aiguilles en Engadine. Sont-ce des marmottes ? Dans le tableau ci-dessous, quand il y a des points de suspension, c’est pour indiquer qu’on écrit le pronom enclitiques en un mot avec le verbe conjugué comme par exemple à l’impératif en espagnol (Dile ! = « dis-lui ! ») ou en italien (Dimmelo ! = « Dis-le moi »). -je -tu - il, -t-il - elle, -t-elle-ce-nous-vous-ils, -elles, -ce Présent indicatif …a tü (ou rien) ‘l ‘la…avus (ou rien)…na Futur indicatif …aja tü (ou rien) ‘l ‘la…aja…avus (ou rien)…na Imparfait indicatif tü (ou rien) ‘l ‘la…navus (ou rien)…na Subjonctif 2 …a tü (ou rien) …el ‘la…a…navus (ou rien)…na

Les pronoms démonstratifs Les pronoms démonstratifs sont les suivants Celui-ci Celui-là Cet autre singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel masculin quist quists quel quelstscheltschels féminin quista quistas quella quellastschellatschellas