L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est un édifice religieux situé dans la commune de Chaintreaux en Seine-et-Marne.

Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Histoire

L’église date du Moyen Âge. À cette époque, la paroisse de Chaintreaux appartenait principalement à la léproserie de Néronville, près de Château-Landon, et aux seigneurs d'Égreville (des fiefs appartenaient également à l'abbaye de Cercanceaux, à la commanderie des Templiers de Beauvais-en-Gâtinais, au château du Boulay ainsi qu’à d'autres seigneurs voisins). L’église actuelle a été construite entre le . Elle était initialement dédiée à saint Hubert puis à saint Pierre et saint Paul.

De nos jours Saint-Pierre-et-Saint-Paul fait partie du secteur paroissial de Lorrez-le-Bocage et du pôle missionnaire de Nemours, elle est toujours affectée au culte catholique. Elle dépend du diocèse de Meaux.

Elle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le .

Architecture vignette|droite|Coq du clocher. L’entrée principale se fait par le clocher-porche qui, comme son nom l’indique, a été construit en avant-corps. Massif, en pierres taillées, il a certainement eu un rôle défensif au cours de l’histoire. Peut-être lors des guerres de religion. Il est surmonté d’une girouette représentant un coq, symbole du peuple français.

L’église est construite en pierre de Souppes. Sur le linteau de la porte latérale, ainsi que sur d’autres pierres taillées, est gravée une corne de chasse, rappelant la première dédicace de l’église à saint Hubert et la présence de ses reliques en ces murs.

Chœur Le maître autel, le tabernacle et le retable sont du . Alliant néo-classicisme et baroque, le retable en bois sculpté est décoré de colonnes à chapiteaux corinthiens, de peintures en trompe-l'œil imitant différents marbres, de guirlandes végétales, de chérubins joufflus et de rubans. Les nombreuses dorures donnent du relief à l’ensemble. La niche principale accueille une statue de la Vierge, les deux niches latérales abritent les statues en bois des saints patrons de l’église : Pierre et Paul. Le tabernacle, au centre, est le sanctuaire de l’église, le lieu où Dieu séjourne parmi les hommes. La porte du tabernacle est décorée d’un agneau couché sur une croix sur le livre de vie. L’agneau (représentant le christ sacrifié pour les Hommes) rayonne. Cette scène renvoie au livre de l’apocalypse de Saint Jean. L’autel est la table du sacrifice, c’est-à-dire de la messe. C’est un lieu de sacrement. Le tout a été classé le .

L'église est en particulier ornée d'une statue de la Vierge à l'Enfant du en pierre, mesurant 1,14 mètre de hauteur. Elle provient de l’église Saint Eutrope et a remplacé récemment une imposante statue de plâtre de la Vierge de l’apocalypse. La Vierge Marie est présentée couronnée et voilée. Elle porte sur son bras gauche son fils Jésus, avec lequel elle échange un tendre regard. L’enfant Jésus est tout sourire. La Vierge tenait dans sa main droite un livre, symbolisant l’accomplissement des écritures (Ancien Testament) en la venue de Jésus. La statue, restaurée, conserve de belles traces de polychromie. Le traité des drapés est particulièrement réussi. Elle a été classée le .

Saint Pierre, à gauche de la Vierge, est reconnaissable à ses deux clefs d’or et d’argent, situées au-dessus de sa niche, faisant écho à cette parole d’évangile : Saint Pierre, juif, disciple de Jésus, est le premier pape de l’histoire. Il mourut en martyr crucifié pour sa foi. La basilique Saint-Pierre à Rome (Vatican) est construite sur sa tombe.

Saint Paul, à droite, est reconnaissable à l’épée située sur le haut de la niche, symbole de son martyre à Rome où il mourut décapité. Lui-même persécuteur de chrétiens, il se convertit sur le chemin de Damas alors qu’il s’apprêtait à de nouvelles arrestations et exécutions de Chrétiens lors d’une apparition qui le fit tomber de son cheval. Il devint à compter de ce moment-là un évangélisateur acharné. Il est considéré par les historiens comme le fondateur d’une religion chrétienne à part, séparée du judaïsme. La statue a perdu son épée.

Pierre et Paul sont souvent associés, aussi bien dans l'histoire du christianisme que dans la liturgie et les représentations artistiques. Ils sont considérés comme les fondateurs du christianisme. Ils sont fêtés le même jour : le . À cette occasion, une messe est donnée dans cette église.

Le long des murs du chœur, des stalles sont alignées. Ces sièges fixes, en bois sculpté, à accotoirs communs, permettaient de séparer les membres du clergé en deux groupes distincts pour la récitation des psaumes et les chants. Ils permettent deux positions à leurs utilisateurs : assise ou, lorsque le fond mobile est relevé, debout avec appui sur une miséricorde. Cette petite console fixée à la partie inférieure du siège pliant permet de rester debout longtemps sans s’épuiser.

Nef Deux petites vitrines de 1855 se font face à la croisée des transepts, elles abritaient probablement les reliques de saint Hubert et de saint Éloi. Aujourd’hui deux petites statuettes (un berger et Saint Antoine de Padoue) y ont trouvé refuge.

Sur le mur de gauche figurent deux statues médiévales en bois peintes en gris : Près du chœur, une statue d’un saint évêque bénissant. Il pourrait s’agir de saint Éloi, dont des reliques reposaient dans cette église. En absence d’autre attribut que la mitre (coiffe épiscopale) l’identification du saint est incertaine. Saint Eloi, Saint patron des orfèvres, forgerons et maréchaux ferrants, est traditionnellement représenté un marteau à la main. Or, sur la statue, l’objet tenu par l’évêque dans la main gauche a disparu. Celui-ci aurait effectivement pu être un marteau ou une crosse (autre attribut épiscopal)… De nombreux saints chrétiens ont été évêques, ils pourraient donc tout à fait s’agir de quelqu’un d’autre, à commencer par Saint Hubert (mais aucune trace de cerf sur la statue).

Saint Éloi est un saint très populaire dans le monde rural. On le priait notamment pour l’abondance des récoltes. Saint connu de tous grâce à la chanson populaire « le roi Dagobert », reconnu de son vivant pour sa sagesse et son honnêteté, Saint Eloi, l’orfèvre, a été le conseiller de plusieurs rois avant d’être évêque et fondateur de monastères. Près de la porte latérale, une intéressante statue de Saint Antoine. Saint Antoine le grand, ermite égyptien du , est reconnaissable à sa longue barbe et sa canne en forme de tau. Le Tau, appelé aussi croix de Saint Antoine, est une lettre grecque (T) choisie par les moines de l’ordre des Antonins comme symbole de pénitence. À ses pieds une bête ressemblant à un bélier représente les tentations du Démon qui assaillaient Antoine au désert pendant sa prière. On remarquera les flammes sculptées qui montent vers le saint. Celles-ci font allusion au « feu de Saint Antoine », dénomination qui regroupaient de nombreuses maladies de peau, dont la lèpre, que l’on confiait dans la prière au saint et au bons soins des Antonins. On dit aussi que ces statues de Saint Antoine étaient des mise en garde pour des personnes qui souhaitaient souiller l’église : le feu de Saint Antoine leur était promis. La statue présente des traces de polychromie.

Un petit bénitier en marbre finement sculpté, en forme de coquille, est encastré près de la porte latérale. Un bénitier en pierre taillée est posé près de l’entrée latérale.

Le chemin de croix est composé d'huiles sur toile du . Il a été complété par trois photos imprimées sur toile et restauré en 2014. Le chemin de croix est la méditation de la passion du Christ, c’est-à-dire des souffrances que Jésus a endurées jusqu’à sa mort sur la croix. Ce sont les franciscains qui sont à l’origine de cette dévotion au . Ce n’est qu’à la fin du que cette pratique s’est répandue aux églises paroissiales. Lors du Vendredi Saint (commémoration de la mort du Christ) les Chrétiens peuvent ainsi méditer les étapes de la passion en s’arrêtant devant quatorze scènes appelées stations. La quinzième station n’est pas représentée par un tableau, elle se dit devant l’autel (espoir de la Résurrection).

Vitraux Seul le vitrail rond surplombant le maître autel est figuratif, il représente une Vierge à l’enfant. Il a été créé à la fin du par Dominique Cadoret.Les autres vitraux sont constitués de formes géométriques colorées. Ils fonctionnent par paires. Les vitraux de la chapelle de la Vierge sont manquants.

Le Baptistère est situé à l’entrée principale de l’église, sur la droite. C’est une pierre creusée où l’on pouvait baptiser les petits enfants par immersion, c’est-à-dire en les plongeant entièrement dans l’eau. Proche de l’entrée, il signifie que le baptême est accueil du nouveau chrétien dans l’église. De nos jours, le baptême se fait plus volontiers près de l’autel.

La cloche de bronze sous le porche provient de Saint Eutrope, elle est datée de 1572. Elle a été classée le . On peut y lire : .

Sur les murs du porche, de nombreux graffitis tracés à main levée par des pèlerins d’un jour.

Chapelle Saint-Hubert, transept Nord Aux origines, on venait en pèlerinage dans cette église pour y vénérer saint Hubert, dont un fragment de l'étole était alors présentée. L’église conserve encore de nos jours une relique du saint (morceau d’os). On peut admirer dans cette chapelle un bois sculpté en ronde bosse datant de 1616 et représentant la Vision de saint Hubert (classé le ). Il se compose de trois groupes sculptés distincts : le cerf à gauche, tenant dans ses bois un crucifix, assailli par deux chiens de chasse. Saint Hubert au centre, impressionné par cette vision, descendu de son cheval, en prière. Un cavalier et un serviteur à droite, le cavalier sonnant de la corne et retenant le cheval de saint Hubert par la bride. Les personnages de droite sont en retrait et bien plus petits que Saint Hubert, car de moindre importance (ils font partie du décor) créant un léger effet de perspective.

L’ensemble est encadré par deux arbres stylisés sculptés et l’unité de la scène est créée grâce à un fond peint (huile sur bois) où l’on devine un paysage de la forêt des Ardennes. Un chien en mouvement donne vie et relief à ce paysage. En face, au-dessus de l’autel portant les initiales du Saint, une impressionnante huile sur toile de la Vision de saint Hubert par Charles d'Amour, peintre parisien élève d'Ingres (1843). On y voit Saint Hubert agenouillé, en prière devant le cerf portant un crucifix rayonnant dans ses bois, les chiens assis près de leur maître. En fond, le paysage est figuré par un simple rocher. La toile a un peu noirci, mais on peut toujours apprécier le traité particulier de la lumière.

Dans cette chapelle, également une statue en plâtre de Sainte Thérèse de Lisieux.

La chapelle est séparée de la nef par une voûte constituée de deux arcades brisées géminées.

Chapelle du Sacré Cœur, transept sud (anciennement chapelle de la Vierge) Il s'agit de la partie la plus ancienne de l’église, on peut y admirer des fresques datées du .

Une mise au tombeau, malheureusement amputée lors du percement des jours. La scène reste néanmoins très lisible. Les ocres utilisés sont en très bon état de conservation.