vignette|Défibrillateur dans un stade municipal

Un défibrillateur automatisé externe ou défibrillateur automatique externe (DAE), appelé défibrillateur externe automatisé ou défibrillateur externe automatique (DEA) au Québec, est un appareil portatif, fonctionnant au moyen d'une batterie et de deux électrodes, dont le rôle est d'analyser l'activité électrique du cœur d'une personne en arrêt cardiorespiratoire. Il est parfois dénommé AED de l'anglais .

Son analyse est entièrement automatique, ce qui évite à l'opérateur toute prise de décision. Seuls des chocs externes sont possibles, c'est-à-dire que les électrodes sont placées sur la peau du patient. Si l'appareil détecte une tachycardie ventriculaire ou une fibrillation ventriculaire, alors la machine permet et propose de délivrer un choc électrique d'environ , afin d'engendrer une défibrillation et un retour à une activité électrique normale du cœur. Ainsi, toutes les pathologies cardiaques ne peuvent – et ne doivent pas – être traité par choc électrique. C'est pour cela que les défibrillateurs grand public procèdent à une analyse cardiaque automatique préalable. Le premier défibrillateur automatique commercial date de 1994.

La défibrillation précoce associée à la réanimation cardiopulmonaire augmente fortement les chances de survie d'une personne en arrêt cardiorespiratoire qui présente une fibrillation ventriculaire, principale cause de mort subite chez l'adulte, comme le montre une étude menée en Amérique du Nord sur des données entre 2005 et 2009. Le taux de survie du groupe ayant eu des gestes de premier secours, sans défibrillation ni application d'un DAE avant l'arrivée des secours est de 9 %. Pour le groupe avec application d'un DAE mais pas sans défibrillation avant l'arrivée des secours, ce taux monte à 24 %. Enfin, pour le groupe avec application d'un DAE et défibrillation avant l'arrivée des secours, le taux de survie est de 38 %.

D'après la Société française de cardiologie, chaque minute de perdue sans réanimation fait baisser les chances de survie de 10 %. Au bout de dix minutes d'inaction, en théorie, la victime aura perdu toute chance de survie. Seul un médecin peut prononcer le décès.

Afin que ce geste médical puisse être effectué le plus rapidement possible, des appareils simplifiés nommés « défibrillateurs entièrement automatiques » (DEA) ou « défibrillateurs semi-automatiques » (DSA) ont été créés. Ces appareils procèdent automatiquement au diagnostic de la fibrillation ventriculaire, grâce à un logiciel d'analyse de tracé électrocardiographique. Ils sont utilisables par les secouristes et sapeurs-pompiers, mais aussi par tout public non formé. En effet, ces DSA donnent des instructions vocales claires à l'utilisateur dès l'ouverture de l'appareil.

Description de l'appareil Le défibrillateur se compose généralement des éléments suivants : une sacoche de transport ; une paire de ciseaux pour la découpe des vêtements qui pourraient gêner la pose des électrodes ; un rasoir jetable pour retirer les poils sur les personnes à forte pilosité et ainsi obtenir un meilleur contact et une meilleure adhérence entre la peau et l'électrode ; des serviettes jetables pour retirer les poils rasés ou essuyer la victime, dans le cas d'un noyé par exemple ; un ou plusieurs patchs adultes et pédiatriques. Ces électrodes autocollantes sont placées sur la poitrine de la victime et servent à analyser le rythme cardiaque et, si nécessaire faire passer un choc ; une ou plusieurs batteries. Le défibrillateur prêt à l'emploi contient une batterie déjà en place, mais les services de secours en ont en réserve pour le cas où ils devraient enchaîner plusieurs interventions ; le boitier de défibrillation recevant les batteries. C'est sur lui que l'on branche les électrodes. Il est équipé d'un haut-parleur pour guider l'utilisateur à l'aide de consignes audios.

Les réglages de l'appareil sont verrouillés, les seules actions possibles sont l'allumer, l'éteindre et délivrer le choc si l'appareil le demande (dans le cas d'un défibrillateur semi-automatique) .

L'appareil dispose d'une carte à mémoire de type mémoire flash ou une mémoire interne enregistrant les paramètres de fonctionnement : les électrocardiogrammes (l'analyse du rythme cardiaque), les séquences de défibrillation (le nombre de chocs) et pour certains modèles les sons ambiants dont la voix des sauveteurs.

Les données peuvent ensuite être récupérées et archivées, elles permettront d'effectuer une analyse a posteriori de la situation, donnant à la fois des informations aux services médicaux sur la démarche thérapeutique à entreprendre et dans le cadre du suivi de la matériovigilance et des dispositions médicolégales.

Sous l'appellation « Défibrillateur Automatisé Externe », on distingue deux types d'appareils : le défibrillateur semi-automatique (DSA) : le sauveteur doit appuyer sur un bouton pour que l'appareil délivre le choc et peut donc s'assurer que personne ne touche la victime avant d'autoriser l'appareil à délivrer le choc électrique. Le risque de blessure pour le secouriste est négligeable, mais la victime ne bénéficierait pas du choc. le défibrillateur entièrement automatique (DEA, à ne pas confondre avec DAE : défibrillateur automatisé externe) : l'appareil décide de délivrer le choc après, pour seule sécurité, des indications vocales demandant de ne plus toucher la victime avant la délivrance du choc. La procédure s'en trouve simplifiée, c'est pourquoi les défibrillateurs mis à disposition du grand public sont généralement des DEA.

Quel que soit le type d'appareil, l'analyse du rythme cardiaque et le diagnostic sont automatiques, par opposition aux défibrillateurs manuels utilisés par les médecins. La machine ne permet de choquer que si l'activité cardiaque de la victime le justifie, car il faut arrêter la réanimation cardiopulmonaire pour choquer. Si le cœur de la victime ne présente pas un rythme choquable, le défibrillateur indique qu'aucun choc n'est indiqué. Le sauveteur continue donc la réanimation cardiopulmonaire, qui donne de meilleures chances de survie à la victime.

Fonctionnement Fondements générales C'est en 1947 qu'a eu lieu la première défibrillation humaine réussie par le docteur Claude BeckHistoire de la décfibrilation, Pour la Science. La défibrillation est le traitement clé de certains types d'arrêt cardiaque rencontrés dans 45 % des cas d'arrêt cardiorespiratoire. De la rapidité de l'utilisation de ce système dépendent les chances de survie et l'importance des séquelles.

Le défibrillateur automatisé ne doit être posé que sur une personne qui ne respire pas (le guide de données techniques édition autorise la défibrillation du nourrisson moyennant les électrodes adaptées). Bien que le défibrillateur agisse sur le cœur, l'arrêt de la respiration est un critère suffisant pour le grand public car la prise du pouls représente une perte de temps pour un résultat peu fiable. Les personnels formés à la prise du pouls peuvent, quant à eux, constater l'arrêt cardiorespiratoire avant de poser l'appareil.

En cas de doute, il vaut mieux installer le défibrillateur automatique car, de toute façon, il ne choquera que si c'est utile.

Le courant électrique doit passer dans le corps à travers le cœur et non pas à l'extérieur, il faut donc : s'assurer que l'on n'est pas dans une atmosphère explosive (fuite de gaz, vapeurs d'essence) ; mettre la victime sur une surface sèche, non métallique ; dénuder le torse de la victime ; sécher rapidement, en cas de besoin, le torse de la victime ; si nécessaire, raser les poils à l'endroit où l'on va poser les électrodes, pour permettre un bon contact ; allumer l'appareil et suivre les consignes qu'il donne : "coller les électrodes autocollantes sur la poitrine nue de la victime" en suivant les dessins (en général une au niveau de la clavicule droite, l'autre sous l'aisselle gauche) et, sur certain appareil, "brancher le câble".

Il faut pratiquer la réanimation cardiopulmonaire : ventilation artificielle grâce aux compressions thoraciques ou massage cardiaque, le bouche à bouche (ou insufflations) n'étant plus systématiquement recommandé, avant et après la pose du défibrillateur automatisé. Lorsque le défibrillateur automatisé est allumé, l'appareil émet des invites vocales donnant des instructions. Il faut notamment que personne ne touche la victime pendant l'analyse du rythme cardiaque et la délivrance des chocs (la réanimation est provisoirement interrompue).

Origine d'un arrêt cardiaque L'arrêt cardiaque peut avoir trois mécanismes : Une tachycardie ventriculaire (cœur battant à 200 pulsations par minute, ou plus) ou une fibrillation ventriculaire (battement extrêmement rapide et désordonné à 300 ou 400 pulsations par minute) se traduisant par une inefficacité quasi totale de la fonction pompe du cœur ; Une asystolie correspondant à une pause prolongée ; Une dissociation électromécanique (DEM), ou activité électrique sans pouls : le cœur conserve une activité électrique rythmique quasi normale mais n'a plus aucune efficacité mécanique. C'est le cas lors d'hémorragies importantes, de ruptures cardiaques, d'un hématome comprimant le cœur…

La défibrillation n'est efficace que dans le premier cas ; il faut donc diagnostiquer la fibrillation, mais ce diagnostic peut être fait par le défibrillateur (automatique ou semi-automatique : DAE, DEA, DSA), ou bien par un médecin avec un électrocardiogramme.

Mode opératoire optimal vignette|258x258px|Position des électrodes du défibrillateur. Le scénario idéal d'une réanimation à l'aide d'un défibrillateur automatisé est. : Le sauveteur est présent lorsque la personne s'effondre et reconnaît une situation d'arrêt cardiorespiratoire : la personne ne répond pas, ne respire pas ou ne respire pas normalement ; Si aucun témoin n'est disponible, il appelle les secours (112 dans l'Union européenne, 911 en Amérique du Nord, ou autres numéros suivant sa localisation géographique) immédiatement en spécifiant qu'il est en présence d'une personne en arrêt respiratoire ; Si un témoin est disponible, le sauveteur le charge d'appeler les secours et, si possible, d'apporter un défibrillateur ; Le sauveteur pratique la réanimation cardiopulmonaire ; Si le témoin rapporte un défibrillateur, ce dernier le met en place pendant que le sauveteur continue la réanimation cardiopulmonaire. L'appareil émet des invites vocales donnant des instructions. Les électrodes du défibrillateur doivent être placées comme dans l'image de droite. Si le patient est trop petit, en placer une sur la poitrine et une autre à l'arrière. Il faut notamment que personne ne touche la victime pendant l'analyse du rythme cardiaque et la délivrance des chocs (la réanimation est provisoirement interrompue à ce moment) ; Le sauveteur poursuit toujours les manœuvres de réanimation en suivant les consignes données par le défibrillateur en attendant le relais par une équipe de secours ou par un sauveteur plus qualifié ; une équipe de secouristes arrive et prend le relais, installant un défibrillateur s'il n'y en avait pas déjà un. Dans les deux cas, il est souhaitable que le défibrillateur soit placé dans les suivant l'arrêt cardiaque ; Une équipe médicale (comme le SMUR en France) ou paramédicale est présente dans les , selon la localisation, pour poursuivre la réanimation.

En milieu proche d'un centre hospitalier, on peut avoir directement l'arrivée d'une équipe médicale munie d'un défibrillateur manuel. Dans un tel cas, on estime avoir environ 20 % de chances de faire repartir le cœur (1 chance sur 5).

Cas des enfants