Le Centre technique des industries de la fonderie (CTIF), établissement d’utilité publique, est un centre de recherches et développement français spécialisé en métallurgie et en transformation des métaux.
Présentation Le CTIF est un centre technique industriel qui a pour mission de promouvoir l'innovation et le progrès technique et participer à l'amélioration de la productivité et de la garantie de la qualité dans l'industrie. Il exerce des activités en pointe dans des domaines très divers comme la recherche, l'expertise, l'évaluation, l'enseignement, la diffusion des connaissances. En interaction permanente avec l'environnement technique, économique, réglementaire et normatif de son secteur, il aide les entreprises à intégrer les innovations, à s'adapter à l'évolution rapide des marchés et à se positionner en leader aux niveaux européen et mondial.
Son fonctionnement est régi par la loi du fixant le statut juridique des centres techniques industriels (CTI). Il est placé sous la tutelle de l'État.
Le CTIF est administré par un Conseil d'Administration dont les membres sont nommés par arrêté du Ministre chargé de l'Industrie. Ce conseil est composé de représentants des chefs d’entreprise des industries de la fonderie, de personnalités universitaires et scientifiques, de représentants des industries utilisatrices de la fonderie et de représentants du personnel technique des industries de la fonderie.
Le CTIF fait partie du réseau des centres techniques industriels (réseau CTI). Historique Le CTIF est né du besoin de maintenir en activité le tissu de PME que forment les industries de la fonderie française pendant le régime de Vichy malgré les restrictions sur l'approvisionnement en matières premières et les menaces de saisie des outils et du matériel de production par l'occupant. Le Comité d'organisation des industries de la fonderie a créé, à cet effet, un modèle de centre technique d'excellence qui a inspiré celui des centres techniques industriels et qui a été repris à partir de 1949 par de nombreuses professions.
Genèse (1942-1946) Le Comité d'organisation des industries de la fonderie (COIF) est né durant la Seconde guerre mondiale par la loi du , dans le cadre de l’organisation provisoire de la production industrielle qui dissout par décret les groupements généraux rassemblant à l’échelle nationale, les organisations professionnelles patronales et ouvrières. A titre provisoire, il est créé dans chaque branche d’activité industrielle ou commerciale un Comité d’organisation. Ces Comités sont chargés, sous l’autorité du ministre secrétaire d’État à la Production industrielle et au Travail : 1° d’effectuer le recensement des entreprises, de leurs moyens de production, des stocks et de la main-d’œuvre ; 2° d’arrêter les programmes de production et de fabrication ; 3° d’organiser l’acquisition et la répartition des matières premières et produits nécessaires aux fabrications de la branche d’industrie considérée ; 4° de fixer les règles s’imposant aux entreprises en ce qui concernent les conditions générales de leur activité, le souci de la qualité, l’emploi de la main d’œuvre, les modalités des échanges des produits et des services, la régularisation de la concurrence ; 5° de proposer aux autorités publiques compétentes les prix des produits et services ; 6° de prendre ou de provoquer les mesures, de constituer ou de faire constituer les organismes susceptibles d’assurer un meilleur fonctionnement de la branche d’activité, dans l’intérêt commun des entreprises et des salariés.
La création de ces Comités d'organisation a mis en place une organisation corporatiste de l’économie avec pour objectif d’inciter les professions à s’organiser elles-mêmes. Cette politique a conduit un grand nombre de professions (sidérurgie, fonderie, automobile, machinisme agricole, industrie horlogère, textiles, cuirs, caoutchouc, pétrole…) à créer au sein de leurs comités d’organisation (et plus tard offices professionnels) des laboratoires, instituts ou centres technique, dont les travaux visent essentiellement la recherche d’économie, voire de substitution de matière ou d’énergie.
Le COIF est créé par le décret du et est sis 66, rue Boissière à Paris. En 1942, un service technique est formé au sein du COIF pour recenser les fonderies françaises et identifier leurs besoins. Ce service technique intègre très rapidement des activités de documentation ainsi qu’un bureau de normalisation. Dès 1943, ce service technique prend le nom de Centre technique et commence à éditer en son nom des ouvrages de référence sur les meilleures pratiques des métiers de la fonderie. Parallèlement à ses activités dans le domaine de la fonderie, le Centre technique est habilité la même année à exécuter les essais des appareils de thermique domestique conformément à une nouvelle réglementation technique décidée par l'Union des Fabricants d'Appareils de Chauffage Domestique (UFACD). En 1944, un laboratoire d'analyse et de caractérisation des matériaux métalliques est ouvert à Paris au 46, avenue Victor-Hugo.
L’ordonnance du , relative au rétablissement de la liberté syndicale, et des circulaires ministérielles permettent de définir la mission qui est désormais dévolue aux Comités d’organisation et de préciser les rôles respectifs de ces Comités et des Syndicats professionnels. Le Gouvernement décide de modifier l’appellation des Comités d’organisation, qui s'appellent désormais Offices professionnels. Le Comité d’organisation des industries de la fonderie devient donc l’Office professionnel des industries de la fonderie (OPIF) en 1944. Les offices professionnels conservent certains des pouvoirs que la loi du accordait aux Comités d’organisation. En particulier, ils sont habilités à 1° effectuer le recensement des entreprises, de leurs moyens de production, des stocks et de la main d’œuvre ; 2° arrêter les programmes de fabrication et de production ; 3° sous-répartir les matières premières mises à leur disposition par l’Office de Répartition ; 4° fixer les règles s’imposant aux entreprises en ce qui concerne les conditions générales de leur activité, le souci de la qualité, la normalisation ou la spécialisation des fabrications, la régularisation de la concurrence ; 5° proposer aux autorités compétentes les prix des produits et des services.
Pour pérenniser cette organisation, une taxe dite d’encouragement aux études et recherches est créée suivant l'arrêté du . Cette taxe de 1 % est répercutée sur les prix de vente. Le Centre Technique reçoit la moitié de son produit (0,5 %), le reste servant aux recherches individuelles des industriels. Enfin, le , un Conseil d’Administration siège pour la première fois avec la nomination d’un président (Pierre Ricard) et d’un directeur général (Auguste E. Le Thomas). Le CTIF est né alors que dans le même temps, l'Office professionnel des industries de la fonderie est dissous.
Montée en puissance (1947-1959) Au sortir de la seconde guerre mondiale et de l’occupation qui a suivi, l'industrie française est à reconstruire et à maints égards à construire, tant le retard industriel d’un pays encore très fortement rural est patent notamment par rapport à l’Allemagne et aux Etats-Unis. L’économie est enfermée dans les barrières protectionnistes, tournée vers les débouchés protégés du territoire national et de l’Empire. La dissolution, à la Libération, des Offices professionnels a privé les centres techniques correspondant (dont le CTIF) de leur support administratif et d’un véritable statut. Il est par conséquent devenu nécessaire de rétablir un cadre juridique clair et de redéfinir les missions de ces établissements. Le motif juridique n’est toutefois pas le plus important. Il faut aussi accélérer la modernisation de l’industrie et organiser l’utilisation des ressources. L’époque est en effet marquée par le plan Marshall, la planification centralisée des investissements et ses commissions sectorielles. Les missions de productivité visent à enseigner et diffuser les techniques et les méthodes modernes de production développées outre-atlantique. Dans ce contexte, la technique et les ingénieurs occupent un rôle-clef : la France souffre d’un déficit de moyens de recherche, notamment par rapport à l’Angleterre qui dispose depuis déjà plusieurs années de structures de ce type. La création des centres techniques industriels de branches est une réponse à ce constat.
À la suite des travaux de différentes commissions dont celle de modernisation de la fonderie créée par un arrêté du , l'État français décide de donner un cadre légal à CTIF comme à d'autres entités équivalentes. C'est la loi du qui permettra par la suite la création de nombreux autres centres techniques industriels. Cette loi entre en vigueur en 1949 et le CTIF devient officiellement le premier centre technique industriel en avril de la même année.
En parallèle, le CTIF se lance dans l'achat de biens immobiliers au 12, avenue Raphaël à Paris pour y établir sa direction générale et ses services administratifs, à Sèvres pour y construire un laboratoire central et en régions pour y implanter des antennes. Ainsi, en 1952, le dispositif est complet et se compose : d'une présence en Île-de-France (Paris et Sèvres) qui élabore les plans de modernisation du tissu industriel, qui mène des recherches permettant d'améliorer la qualité des pièces produites et qui anime les travaux de normalisation des alliages ; d'une présence en région (Bordeaux, Charleville-Mézières, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Rennes, Rouen, Saint-Dizier) qui effectuent des analyses de laboratoire et conseillent et dépannent les industriels.
Maturité (1960-1999)
Changement de modèle (2000-2022) En l'an 2000, les actions collectives du CTIF voient leur mode de financement changer. CTIF passe d'un financement par taxe parafiscale à un financement par dotation budgétaire d'état
Fusion et disparition (2022-2023) La FIM (Fédération des Industries Mécaniques) et la FFF (Fédération Forge Fonderie) annoncent la fusion du CTIF avec le Cetim (Centre technique des industries mécaniques) le Avril 2023.
Missions Les missions du CTIF sont de deux ordres : d'une part des actions et travaux mutualisés pour les industries de la fonderie française, d'autre part des prestations de services aux entreprises dans les domaines de : l'élaboration de nouveaux alliages ; le recyclage et la valorisation des matières ; la mise en forme des matériaux métalliques (fonderie, forgeage, fabrication additive, rechargement laser...) ; la conception, la validation et l'industrialisation de pièces mécaniques ; les essais, analyses et expertises de laboratoire de matériaux et produits métalliques ; les essais de conformité de produits (produits de thermique domestique, casques de pompier...) ; la certification des agents de contrôles non destructifs concernés par la production de pièces métalliques par procédé de fonderie ; la formation du personnel technique des entreprises de la fonderie, du forgeage, de la fabrication additive, de l'élaboration des alliages et du recyclage. Le CTIF a pour ambition d'accompagner au mieux les industriels dans leur développement en mêlant, au gré de leurs besoins, une connaissance scientifique de haut niveau à une expérience terrain acquise sur de nombreuses années.
Actions et travaux mutualisés pour les industries de la fonderie française Veille et prospective
R&D et innovation
Matières premières Ces travaux visent en particulier de fiabiliser les fabrications, malgré les variations sensibles sur les qualités des matières premières et d’atteindre des performances nouvelles à partir de compositions nouvelles.
Produits nouveaux Ces travaux visent de répondre avec des solutions nouvelles à des sollicitations fonctionnelles : spécifiques (haute température, allègement, corrosion, fatigue, amortissement…) ; ciblées (amélioration localisée des performances).