Théodore-Jacques Bonvalet (quelquefois orthographié par erreur Bonvallet), né à Paris le et mort dans cette même ville le , est un restaurateur et homme politique français.

Biographie

Théodore-Jacques Bonvalet naît en 1817 dans l'ancien de Paris (actuel ). Vers 1830, il étudie à l'institution Barbet. Son père, marchand de vins, tient un comptoir rue CharlotAlmanach de adresses de Paris pour l'année 1816, Paris, 1816, . qui propose également un peu de restauration (parmi les habitués, Giuseppe Fieschi y achète « pour cinq ou six sous de fricot » qu'il mange chez lui)Attentat du 28 juillet 1835 : interrogatoire des accusés, Paris, Imprimerie nationale, 1835, ..

En 1840, « Bonvalet fils » reprend le comptoir paternel et en fait un véritable restaurantLa Gastronomie, revue de l'art culinaire ancien et moderne, 26 avril 1840, ., situé au n 29 du boulevard du Temple, à l'angle de la rue Charlot, à côté du Café Turc (ou Jardin Turc). L'établissement sera repris une trentaine d'années plus tard par un autre gérant, Bonvalet s'étant entretemps consacré à la politique.

Un républicain de la veille

Sous la Monarchie de Juillet, Bonvalet fréquente les milieux républicains et appartient aux comités électoraux de François Arago et d'Hippolyte Carnot en 1846. Après la Révolution de 1848, il est élu par voix chef de bataillon de la de la garde nationale (correspondant à l'ancien ). La même année, il est l'un des nombreux membres fondateurs d'un club républicain, l'Association démocratique des amis de la Constitution, que préside Philippe BuchezAssociation démocratique des amis de la Constitution, n 1, Paris, 1848, .. En 1849, Bonvalet s'associe aux gardes nationaux qui prennent la défense du colonel ForestierL'Atelier, organe spécial des ouvriers, mars 1849, .Banquet offert au colonel Forestier le 12 décembre 1849. Compte rendu aux souscripteurs, Paris, Brière, 1849, ..

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, c'est au restaurant de Bonvalet que plusieurs opposants au coup de force (tels que Victor Hugo) se donnent rendez-vous afin de se concerter. Alors que Michel de Bourges tente vainement de haranguer la foule depuis le balcon du restaurant, la troupe investit les lieuxVictor Hugo, Histoire d'un crime, t. I (Œuvres complètes de Victor Hugo : Napoléon-le-Petit, Histoire d'un crime), Paris, Ollendorff, 1907, .. Bonvalet lui-même est arrêté et conduit en fourgon cellulaireAuguste Luchet, Les Vertus républicaines, souvenir du 2 décembre 1851... Précédé d'un discours du maire Bonvalet, prononcé le 12 novembre 1870 à l'ouverture des écoles communales laïques du , Paris, Morris, 1870, . à la prison Mazas, dont il n'est libéré qu'au bout de quinze jours.

L'élu du (1870-1872)

vignette|gauche|Bonvalet en 1871.

Opposant au Second Empire, il est nommé maire du au lendemain de la révolution du 4 septembre 1870, chapitre , , .. Cette nomination, décidée par le maire de Paris Étienne Arago, est confirmée lors du scrutin municipal du 5 novembre. Chapitre VII. ., quand Bonvalet est largement réélu dès le premier tour, par voix sur Félix Sangnier (trad.), À Paris pendant le siège, , Paris, Ollendorff, 1888, .. Prenant les mesures nécessaires face aux conséquences du siège de la capitale par les Prussiens, il met également en place des écoles laïques et organise le , au théâtre de la Porte-Saint-Martin, une représentation dont les profits doivent aider au financement d'un nouvel orphelinat. Le , il décrète l'instruction primaire gratuite et obligatoire dans son arrondissement.

Candidat aux élections du 8 février, il n'obtient que suffrages et échoue à obtenir un siège à l'Assemblée nationale.

Après l'insurrection du 18 mars 1871, Bonvalet fait partie des élus parisiens qui tentent une conciliation entre, d'une part, le gouvernement et l'Assemblée nationale et, d'autre part, les révolutionnaires qui se sont emparés de l'hôtel de ville. Malgré l'intransigeance des deux camps, Bonvalet et ses collègues poursuivent leurs tentatives de médiation en formant la Ligue d'union républicaine des droits de Paris. Le manifeste de la ligue est publié le , quelques jours après des élections largement favorables aux insurgés (dans son arrondissement, Bonvalet n'est ainsi arrivé qu'en huitième position)Ernest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, .. Membre du bureau de la ligue, Bonvalet obtient une courte trêve le afin de permettre l'évacuation des habitants du secteur bombardé de Neuilly. Ces efforts seront reprochés à l'ancien maire du , les Versaillais y voyant de la complaisance à l'égard des communards. Au cours de la Semaine sanglante, Bonvalet arrive trop tard à l'hôtel de ville mais parvient à empêcher l'incendie du Conservatoire des arts et métiers, du marché du Temple, et de la mairie du Jeanne Gaillard, « Les papiers de la Ligue républicaine des Droits de Paris », Le Mouvement social, n 56, juillet 1966, ..

À nouveau candidat à la députation à l'occasion des législatives partielles du 2 juillet 1871, où 21 sièges sont à pourvoir, il termine , devancé de moins de 250 voix par un candidat de l'Union parisienne de la presse, Ferdinand MoreauLe Temps, 9 juillet 1871, ..

Il est plus heureux trois semaines plus tard, lors des élections municipales du 23 juillet. Candidat dans le quartier des Enfants-Rouges, il est élu dès le premier tour, avec suffrages sur (contre 676 à Jules Ranvier, candidat de l'Union parisienne de la presse)Ernest Gay, Nos édiles, .. Au conseil municipal, il siège à gauche, parmi les radicaux, et préside la (domaine municipal)Le Temps, 20 novembre 1871, ..

Accusé de malversationsLe Petit Journal, 27 septembre 1872, ., il est blâmé par ses collègues du conseil général de la SeineLe Petit Journal, 11 octobre 1872, ., ce qui l'amène à démissionner de ses fonctions dès le .

Après la politique Bonvalet se consacre ensuite au monde des affaires, conservant sa fréquentation du milieu artistique. Ainsi, il est pendant trois ans attaché à l'hôtel-casino de Pornichet. (établissement récent, disposant aussi d'une salle de spectacle, qui a été fondé par Maxime Boucheron, auteur dramatique associé avec ses amis le baryton Jean Lassalle et le ténor Henri Sellier). Le compositeur italien , chef d'orchestre du lieu, dédie à Bonvalethttps://www.imago-images.de/bild/st/0096095795/jpg une « polka brillante » pour piano titrée Casino-Pornichet et sous-titrée Souvenir de Bretagne, dont la partition a été éditée en 1884 par Émile Chatot à Paris..

Il meurt le en son domicile du n 12 du quai des Célestins. Après une cérémonie en l'église Saint-Paul-Saint-Louis, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division)Le Figaro, 9 et 10 juin 1906, .[Répertoire annuel d'inhumation, 11 juin 1906, n°2889, page 29].

Références

Bibliographie

Pierre Milza, « L'Année terrible », t. II (La Commune), Paris, Perrin, 2009, . Adolphe Paria, Le Conseil municipal de Paris : portraits et biographies des quatre-vingts conseillers et du Préfet de la Seine, précédés du plan de la salle des séances, Paris, Rodière, 1871, .

Catégorie:Naissance en juin 1817 Catégorie:Naissance dans l'ancien 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en juin 1906 Catégorie:Décès dans le 4e arrondissement de Paris Catégorie:Opposant au Second Empire Catégorie:Républicain français du XIXe siècle Catégorie:Maire du 3e arrondissement de Paris Catégorie:Conseiller municipal de Paris Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 8)