La famille de Chevron Villette est une ancienne famille noble d'extraction chevaleresque, issue de l'alliance de deux familles au , sur preuves de 1328. Certains de ses membres portaient autrefois, simplement le nom de Villette, invitant parfois à la confusion avec la branche de Tarentaise.
La famille compte plusieurs officiers au service de la maison de Savoie et des ecclésiastiques.
Histoire La famille de Chevron Villette parait avoir eu pour berceau la baronnie de Villette, située en Tarentaise. Les premiers degrés de sa généalogie sont fort embrouillés. Elle trouve son origine dans l'alliance de deux familles, probablement à la fin du , puis dans la fusion des deux familles au siècle suivant, l'une originaire de la combe de Savoie, les Chevron, la seconde, de Tarentaise, les Villette. Sa filiation est rigoureusement établie à partir de 1328Régis Valette, Catalogue de la noblesse française- Savoie- Robert Laffont, 2007, .
Au cours des siècles, l'attitude constante de la maison de Savoie a été de tenter de mettre la main sur les fiefs et biens de la famille de Chevron Villette ; cela s'est fait aussi bien par une politique de mariage (5 unions entre les Chevron Villette et la branche Savoie-Arvillard que par des tentatives de confiscations du .
Famille de Villette Les Villette sont des seigneurs bannerets des comtes de Savoie. Bernard Demotz s'appuie notamment sur un article de Jean-Pierre Chapuisat, « L'État-Major de de Savoie » paru dans la Revue savoisienne, en 1965., originaires de Villette, proche d'Aime, en Tarentaise..
Félix Bernard (1883-1972), historien local, en fait une branche cadette de la famille de Briançon (ou Briançon-Aigueblanche), vicomte de Tarentaise., puisque les deux familles apparaissent à la même période dans les différentes actes de la vallée.
Les seigneurs de Villette sont vassaux des archevêques-comtes de Tarentaise. Ils possèdent la seigneurie de Villette, où ils détiennent des biens dont les tours de Villette, la tour dite de Montmayeur à Aime, mais également dans les environs d'Aigueblanche, tout comme les Briançon-Aigueblanche. Les membres de la famille se font enterrer au prieuré de Saint-Martin d'Aime.
Leurs liens avec la famille de Chevron restent troubles selon les historiens, notamment Amédée de Foras. Cette alliance remonterait au début du . Surtout que le patronyme est utilisé indifféremment par la branche des Villette restés en Tarentaise et ceux s'étant fondus avec les Chevron.
L'historien Léon Menabrea (1804-1857) mentionne un Thibaud de Villette vers 1150 dans un acte entre le comte de Maurienne .. Il note ainsi que ce seigneur marie ses deux fils, vers 1189, aux héritières de la famille de Chevron, faisant ainsi passer les possessions de ces derniers dans celles des Villette.
En 1308, un Jean de Villette vend le fief familial de Villette, tenu selon ses dires en alleu, à l'archevêque-comte de Tarentaise, . Jean de Villette est ensuite investit du fief, tout en se reconnaissant homme-lige du prélat. L'année suivante, François de Villette reconnaît à son tour détenir ses droits sur Villette, ainsi que le quart de la seigneurie et de la juridiction de l'archevêque.
Si la branche des Chevron Villette fait hommage aux comtes, puis aux ducs de Savoie, les Villette de Tarentaise font hommage aux archevêques-comtes.
Famille de Chevron La tradition familiale, reprise par quelques érudits locaux, indiquerait qu'un Wilfried de Chevron, présent lors de la (re)fondation du prieuré de Lémenc (sur les hauteurs de Chambéry) en 1029 par le roi .. Toutefois, Amédée de Foras, à propos de cette filiation, considère qu'il est . Une seconde tradition plus répandue rattache à cette famille le pape , qu'elle fait naître dans le château de Chevron... Mais la plupart des historiens, sans remettre en cause cette présentation, rappellent qu'aucune source ne permet de le justifier., dont notamment Amédée de Foras.
La famille de Chevron réside principalement dans son château de Châteauvieux (disparu au et remplacé par un manoir), ainsi que dans celui de Chevron, tous deux situés dans la paroisse de Mercury.. Ces châteaux permettent le contrôle de la Haute-Combe de Savoie, avec les seigneuries de Mercury, Allondaz, Thénésol, du col de Tamié, par la voie romaine transversale Genève-ad Publicanos (proche d'Albertville) et l'entrée de la vallée de la Tarentaise, permettant de rejoindre le col du Petit-Saint-Bernard..
La fondation de l'abbaye de Tamié, en 1132, est possible grâce à l'octroi d'un domaine par les seigneurs et frères Petro, Willelmo, Aymardo de Cavreduno (Pierre, Guillaume et Aymard de Chevron) (présentation en ligne sur le site www.abbaye-tamie.com)... Aymard est indiqué comme absent le jour de la transaction.
Quatre seigneurs de Chevron participent à la deuxième croisade aux côtés du comte en Maurienne Amédée III, à la deuxième croisade. Certains auteurs du contribuent à la confusion sur le nom de la famille, en indiquant la participation des Chevron-Villette ou encore ..
L'historien Henri Ménabréa (1882-1968), écrit ., mais en mai 1306 Humbert de Chevron se voit obligé de céder au comté Amédée V de Savoie la souveraineté immédiate de la baronnie de Chevron qui ne relevait que de l'empire d'Allemagne ; ses descendants en obtiennent l'inféodation comme fief dépendant du comté de Savoie.
Famille de Chevron Villette L'apparition du nom Chevron Villette fait suite au mariage entre les deux fils de Thibaud de Villette, Amédée (Vullielme ?) et Humbert, aux deux héritières de la famille de Chevron, Guillermine et Julienne, vers 1189, selon l'historien Jean-Louis Grillet (1756-1812). Ces dernières sont les filles de Guillaume (II) de Chevron, et d'une dame de Villette, sans descendance mâle. Les titres et biens des Chevron se fondent dès lors dans ceux des Villette. À partir de cette date de mariage, les descendants semblent utiliser le nom composé de Chevron Villette, toutefois il semble être indifféremment utilisé, et alterné avec l'usage simple de Chevron ou de Villette, auquel il faut ajouter la branche de Villette restée en Tarentaise.
Par cette alliance, la puissance des Chevron Villette repose désormais sur le contrôle, depuis leur nouveau château de chevron dominant la plaine d'Albertville, les principaux axes reliant le comté de Genève, la Tarentaise, la Maurienne et la Savoie Propre dans le comté de Savoie..
Le nom des deux frères, Amédée (Vullielme ?) et Humbert, se retrouvent dans de nombreux actes au cours de cette période (1195-1218). Ainsi, Amédée passe un accord en 1216 avec les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers pour des
Selon Jean-Louis Grillet, un Hu(m)bert de Chevron Villette, seigneur de Montailleur, épouse en 1226, dame Béatrix, héritière de la famille de Giez. Leur fils, Henri, semble être à l'origine de l'achat du vidomnat de Rumilly. Les liens entre la famille de Chevron Villette et Giez remontent au . Ainsi un de Chevron Villette fait un don à l'abbaye de Tamié à partir de ses biens détenus sur Giez.
En 1275, une transaction relative à la juridiction de Villette est passée entre Humbert de Villette, seigneur de Chevron, et Humbert de Villette.
Selon des sources différentes, le 5 ou les ., , reprenant l'historien Jean-Louis Grillet, qui indiquait dans son ouvrage Humbert III. Grillet précisant que cet Humbert (III) est gouverneur du château de l'Île de Genève, conseiller d'Aimon comte de Savoie et vidome et grand sénéchal de la ville de Sion, il s'agit toutefois d'Humbert (V) de Chevron, fils d'Humbert IV de Villette, qui possède ces charges..
Des reconnaissances passées entre un Jean de Villette, de la branche de Villette, et l'archevêque-comte de Tarentaise, Bertrand de Bertrand, en 1308, indiquent que les seigneurs de Chevron possédaient encore des droits sur et dans la seigneurie.
et son fils combattent auprès de leur suzerain durant la guerre delphino-savoyarde, opposant le dauphin de Viennois, , maître du Faucigny, et le comte de Savoie, Aymon. La forteresse de Châteauvieux est détruite en 1334-1335. Les pierres serviront à la construction du château de Chevron à Mercury.
En 1384, un Humbert de Chevron prête hommage au comte de Savoie, Amédée VII, pour les Investiture par les châteaux et châtellenies de Chevron et de Bonvillard, Alexis de Jussieu , Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Impr. Chatelain, 1887. Archives départementales de la Savoie, Bureaux de finances. — Commissaires d'extentes. C. 1774 (Registre.) — Grand in-4° couvert en parchemin. 333 feuillets, papier.André Perret, Raymond Oursel, Jean-Yves Mariotte et Jacqueline Roubert, Trésor des chartes des ducs de Savoie (pièces restituées du fonds des Archives de Cour Archivio di Stato di Torino), Archives départementales de la Savoie, Cote : FR.AD073.SA 1-259, 65 pages, consultation des pages 24, 27, 47 ( présentation en ligne, édition et nouvelle présentation du ).. L'année suivante, ce même Humbert, prête serment à l'archevêque de Tarentaise, Édouard de Savoie-Achaïe, à la suite de la demande du comte de Savoie. Au cours de la difficile minorité du comte Amédée VIII, la régente Bonne de Bourbon s'appuie sur la fidélité de cette famille en investissant, le , Jacques de Villette en tant que bailli-châtelain de Savoie.. Demotz (1992) observe que si les Villette mettent leurs armes au service des Savoie, ils .
Au cours du , Pierre de Villette devient seigneur du mandement d'Ugine. Son fils, Philippe, est investi du château comtal.. Urbain de Villette est investi le , par Philippe de Savoie, comte de Genevois et baron de Faucigny. Ce dernier agrandit le château.
En 1437, un Urbain de Villette donne la juridiction qu'il possède sur Villette au duc de Savoie. Il semble être le même qui passe l'accord pour le mandement et le château de Chevron, en 1463.
Le dernier Chevron Villette de la branche aînée, Gaspard, mort à en 1630 sans postérité, fut le dernier Chevron Villette à Chevron. Sa sœur Jeanne-Françoise épousa en 1630 le comte Charles-François di Valperga, d'une vieille famille du Piémont, qui s'installa à Chevron. Malgré les fidéicommis et du fait de la puissance financière tant de la branche aînée des Chevron Villette et surtout de la famille Valperga, Charles-François de Valperga voulut conserver les titres de la famille. Il s'ensuivit un procès avec la branche subsistante des Chevron Villette : le Sénat de Savoie rendit deux arrêts favorables à la branche cadette, en 1661 et 1664, mais la restitution des biens n'eut jamais lieu. In fine, le , une transaction eut lieu et les Valperga prirent le titre de baron de Chevron, mais laissèrent les autres à la branche cadette. À la génération suivante, les Valperga se firent appeler comte de Chevron et deux générations plus tard, en 1755, la famille Valperga retourna en Italie et vendit son fief au comte de la Tour.
Le , Amé/Amédée III de Chevron voit Villette érigée en baronnie par le duc de Savoie.. Amédée de Chevron a été successivement conseiller et maître d'hôtel, chambellan et majordome ducal, ambassadeur en Suisse. Ses descendants constituent la branche cadette.
Son arrière-petit-fils, Hyacinthe de Chevron Villette, prit le titre de comte de Monjoye et de baron de l'Orme à la suite de son mariage avec Françoise Hyeronime Anselme de Monjoye, héritière de ces terres. Le , il reçut investiture des seigneuries de Giez et Villette, de la baronnie de l'Orme et du comté de Monjoye, par , roi de Sardaigne.
Implantation en Valais