Manfred Kelkel, né le à Siersburg (en Sarre, alors sous occupation française) et mort à Lannion le Relevé des fichiers de l'Insee, est un compositeur de musique contemporaine et musicologue français.
Élève de Darius Milhaud au Conservatoire, il s'intéresse à la musique du compositeur russe Alexandre Scriabine, dont les dernières œuvres influencent ses propres compositions. Ses travaux sur Scriabine et une certaine esthétique ésotérique de la musique font autorité.
Biographie
Manfred Kelkel est né le à Siersburg, dans le Land de Sarre alors sous occupation française.
Études et publications Élève de Darius Milhaud au Conservatoire, Manfred Kelkel éprouva toujours envers son ancien maître .
À partir de 1969, le compositeur reprend des études universitaires, obtenant le doctorat de troisième cycle et le doctorat d'État de musique et musicologie, , de son étude À la recherche de la musique polynésienne traditionnelle, en ethnomusicologie, au doctorat d'État sur la musique lyrique au début du (Naturalisme, vérisme et réalisme dans l'opéra). Sa thèse de troisième cycle, consacrée au compositeur russe Alexandre Scriabine (Scriabine, sa vie, l'ésotérisme et le langage musical dans son œuvre), constitue un moment décisif dans sa carrière.
Jacques Viret évoque, dans ses souvenirs, un homme , lui faisant rencontrer Marina Scriabine, fille du compositeur du Mystère, dont lActe préalable présente un accord de douze sons qui le transportait d'enthousiasme.
Parmi les nombreuses publications de Manfred Kelkel, Jean-Jacques Velly retient surtout l'ouvrage Musique des mondes, paru en 1988, .
Enseignement Manfred Kelkel a occupé un certain nombre de postes importants dans les domaines de l'édition musicale et de l'enseignement supérieur. Directeur musical de 1957 à 1978 aux Éditions Heugel, il est chargé de cours aux universités de Paris IV, Metz, Strasbourg II et Paris XII de 1974 à 1981, avant d'être nommé professeur à l'université de Lyon II, de 1985 à 1991, année où il est titularisé à Paris IV.
Passionné par la musique arabe traditionnelle et la musique russe du début du , il est le directeur de thèse d'André Lischke, lui-même futur spécialiste de la musique de Tchaïkovski et du groupe des Cinq.
Composition Passionné par les civilisations orientales et les pratiques occultes, Manfred Kelkel décide, à partir de Tabula Smaragdina (faisant référence à la Table d'émeraude), d'appliquer à ses compositions .
Jean-Jacques Velly a entrepris une brève analyse de son langage musical. Dans le domaine de la mélodie, l'écriture est . Dans le domaine harmonique, son œuvre , dans une polytonalité où .
, son écriture orchestrale . Dans le domaine de l'orchestration, sa maîtrise et son originalité ont été reconnues très tôt, notamment par Henri Dutilleux. Jacques Viret voit en Manfred Kelkel un .
Dans le domaine du rythme, la science du professeur et du compositeur se rejoignent dans ses partitions. Philippe Reynal évoque un
Manfred Kelkel est mort à Paris le , peu de temps après la parution de sa biographie et analyse complète des œuvres de Scriabine.
Œuvres Symphonies Symphonie n°1 « Per aspera ad astra » op.34, commande de Radio France (1983), créée le Symphonie n°2 « Architectura Cælestis » op.40 (1986/87)
Concertos Concertino pour violoncelle et orchestre de chambre op.4 (1955) Rhapsodie pour saxophone et orchestre op.12 (1962) Concerto pour basson op.13 (1963) Concerto de Zagreb pour guitare et orchestre op.19 (1969)
Œuvres pour orchestre Musique funèbre pour hautbois et orchestre op.5 (1954/61) Hommage à Mozart, pour orchestre à cordes op.7 (1956) Ostinato et Mazel Tov, ouverture sur un thème de Darius Milhaud op.11 (1960) Suite de danses hongroises pour orchestre op.18 (1967) Ouverture sur un thème de Darius Milhaud (d'après l'op.11) op.21 (1971) Tombeau de Scriabine d'après les esquisses de lActe préalable d'Alexandre Scriabine, op.22 (1972/1973) avec l'autorisation des héritiers du compositeur Tabula Smaragdina, mandalas sonores pour piano, percussions, chœur et petit orchestre op.24 (1975-1978) Ming Tang, poème symphonique pour orchestre de chambre op.39 (1990)
Musique de chambre et d'ensemble Toccata pour piano op.2/1 (1952) / pour hautbois et piano op.2/2 (1969) Divertimento pour hautbois, clarinette et basson op.3 (1952) Quatuor à cordes n° 1 op.6 n°1 (1955) Quatuor à cordes n° 2 op.6 n°2 (1956) Sonatine pour hautbois (ou flûte à bec) et piano op.9 (1959) Suite pour hautbois (ou flûte à bec), célesta et gong op.10 (1959) Laterna magica pour clarinette, basson, trompette, violon, piano et percussion op.16 (1964) Miniatures pour le petit Alexandre, 7 chansons enfantines pour piano sans n° d'opus (1964) Danses aux miroirs, pour harpe, piano, célesta et quatuor à cordes op.20 (1969/1970) Deux pièces pour harpe seule (Melancolia et Mirabilis) op.23 (1970) Castalia pour flûte et bande sonore op.25 (1979) Talisman, mandala sonore pour 3 trombones et echo analogique op.28 (1981) Crachat de lune pour célesta (ou piano) et percussions op.29 (1981) Saturnalia pour 3 altos et bande magnétique op.30 (1982) Tan Matra, mandala sonore pour 5 ondes Martenot ou quintette à vent op.31 (1981/1982) Athanor, pour ensemble variable op.32 (1983) Irigangi pour cor et écho analogique op.35 (1984) Malinconia pour guitare solo op.26 (1985) Rongorongo pour cor des Alpes et cor de basset op.36 (1985) Quatuor à cordes n° 3 op.38 (1992) Enigma, figures géométriques pour orgue op.41 (1997)
Musique vocale Mélodies d'automne, pour chant et piano, op. 1 (1950). Chanson à boire, pour chœur d'hommes, op. 15 (1961). Les Voix de l'au-delà, mystère d'après Victor Hugo pour récitant, solistes, chœur, bande magnétique et orchestre, op. 27 (1980/1981).
Musique de scène Le Cœur froid, ballet avec chœur op.8 (1956/1958) La Mandragore, psychodrame en un acte op.17 (1965/1966) V.I.T.R.I.O.L.Rappelons que l'acrostiche V.I.T.R.I.O.L. se décrypte et se traduit par . spectacle audiovisuel d'après Les Noces chymiques de Johann Valentin Andreae, pour récitant, bande magnétique et petit ensemble, op.33 (1983) Aux armes, citoyens, action populaire pour récitant, 2 chœurs mixtes et bande magnétique, op.37 (1989) Lady L, émission radiophonique d'après Romain Gary, op.42 (1997)
Bibliographie Ouvrages de Manfred Kelkel Ouvrages généraux
Monographies
Ouvrages sur Manfred Kelkel
Janine Cizeron: Musigraphies et mandalas sonores dans l'œuvre de Manfred Kelkel.
Ouvrages cités dans l'article
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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