Le château de Kalkum est un Wasserburg (château entouré d'eau) dans le quartier de Kalkum (prononcer kalkoum) au nord de Düsseldorf, à environ au nord-est de Kaiserswerth, et constitue un remarquable exemple de construction de style classique de château en Rhénanie. Avec son parc, il est placé depuis le dans son ensemble sous la protection des monuments historiques.

Issue d'un des plus anciens manoirs de la région, siège des seigneurs chevaliers de Kalkum, la propriété passe vers le milieu du aux seigneurs de Winkelhausen, qui vont déterminer son avenir pour les 300 ans suivants environ. Au , le château est transformé dans le style baroque, mais ne reçoit son aspect actuel essentiellement que par une transformation en style classique de 1808 à 1814 selon les plans de l'architecte de Krefeld, Georg Peter Leydel. Il relie les dépendances et le logis seigneurial par l'ajout de bâtiments intermédiaires, aboutissant à former une cour carrée fermée. Simultanément, sous la direction de l'architecte paysagiste Maximilian Friedrich Weyhe, le parc du château est remanié dans le style des jardins anglais. En 1817, le portail principal est élargi par l'architecte Johann Peter Cremer. Les espaces intérieurs du château sont décorés par le peintre Ludwig Pose.

Kalkum est connu bien au-delà des frontières de Prusse par la querelle de divorce, de 1846 à 1854, entre le comte Edmund von Hatzfeldt et sa femme Sophie, représentée par l'avocat âgé de 20 ans seulement Ferdinand Lassalle, dont le souvenir est rappelé par un mémorial dans un pavillon en forme de tour contre le mur est du parc. Après la seconde Guerre mondiale, les bâtiments servent tout d'abord comme camp de réfugiés, puis comme centre de formation pour les travailleurs à domicile. Ensuite, l'installation est restaurée de 1954 à 1966, et transformée pour être utilisée pour des archives. À cette occasion, les pièces d'habitation et de réception sont rétablies dans leur style classique.

Actuellement, les bâtiments du château abritent le département pour la Rhénanie des archives du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mais leur transfert progressif vers le nouveau bâtiment des archives du Land à Duisbourg est prévu. En outre, les bâtiments sont utilisés pour des concerts classiques et d'autres manifestations culturelles. Le parc du château, d'environ , est accessible au public.

Histoire

Débuts et querelle de Kalkum

Selon la chronique médiévale écrite de 1216 à 1218 par Eberhard von Gandersheim, il existait déjà en 892 à Kalkhem une cour royale, que le futur empereur Arnulf de Carinthie attribua à l'établissement de Gandersheim : « Noch gaf de könnich to Gandersem einen riken hof, de is geheten Kalkhem; unde sin bi deme Rine belegenÉcrit en allemand ancien : Alors le roi donna à Gandersheim une riche cour, appelée Kalkum ; et celle-ci est située près du Rhin. ». Kalkum n'est évoqué dans un document pour la première fois comme Calechheim qu'en 947, quand l'empereur Otton le Grand confirme cette attribution. Cette propriété de Gandersheim n'était pas un domaine précurseur du château actuel, mais probablement de la partie nommé Kalkum dans le Niederhof à Unterdorf. C'est en 1176 que les seigneurs de Kalkum sont documentés par écrit pour la première fois, avec un Willelmus de Calecheim, ministériel du couvent de Meer à Meerbusch. Ils possèdent un manoir à Kalkum. Les membres de la famille se nomment aussi plus tard von Calichem, Caylchem, Calgheim ou von Calcum. Ce manoir est une première maison de pierre dans le quartier d’Oberdorf de Kalkum, que l'on n'a pas encore pu dater ou localiser, mais qui était probablement située à l'endroit du château actuel. À partir du , les seigneurs de Kalkum se retrouvent au service des comtes de Berg et des ducs suivantsJens Friedhoff indique dans , comme Jens Wroblewski, que les seigneurs de Kalkum étaient déjà au service des Berg au .. C'est ainsi que Peter von Kalkum endosse le service de précepteur dans la famille de Berg et est sénéchal du duc de 1361 à 1383.

Jusqu'au , le siège des chevaliers de Kalkum s'étend en une propriété semblable à un château, consistant en une maison de maître et des dépendances séparées de celle-ci par des douves. Après une livraison ordinaire, la propriété est assiégée et détruite en 1405 par les troupes de Cologne, car les membres de la famille des seigneurs de Kalkum se trouvent de la fin du en guerre avec la ville de Cologne, querelle qui entrera dans l'histoire rhénane comme la querelle de Kalkum. Cependant, dans les indications sur les événements militaires liés à cette guerre, on ne parle que de la destruction de la maison d'Arnold von Kalkum (), non explicitement du château de Kalkum. Des recherches récentes suggèrent qu'il s'agit pour la maison incendiée non pas du château de Kalkum, mais de la maison Remberg, au sud de Duisbourg .

Kalkum sous la famille von Winkelhausen

Après la fin de la querelle, les seigneurs de Kalkum reconstruisent leur manoir familial. Une carte d'environ 1600 le présente comme un ensemble de trois maisons reliées par des bâtiments en forme de galeries, l'ensemble étant entouré de tous côtés par une douve remplie d'eau. Cependant, la propriété ne reste plus longtemps aux mains des seigneurs de Kalkum, parce qu'au milieu du , la lignée de la famille par les hommes s'éteint à Kalkum, et le château passe en héritage à la famille von Winkelhausen, dont le manoir, la maison Winkelhausen est quelques kilomètres au nord de Kalkum. On n'a pas encore clarifié la date exacte de cet événement. Les documents attestent que Grete von Kalkum lègue en 1443 ses biens dans la paroisse de Kalkum à Hermann von Winkelhausen. Il pourrait s'y trouver aussi la maison de Kalkum. Il est attesté que le château de l'époque était en possession des Winkelhausen en 1465, car cette année, le , Herrmann von Winkelhausen voue Kalkum au veuvage de sa femme Agnes. Vers 1500, son propriétaire est Johann von Winkelhausen. La propriété passe ensuite d'abord à son fils Ludger, et en 1556 finalement au neveu de ce dernier, de même nom. Ce Ludger von Winkelhausen est conseiller du duc de Jülich-Berg, maître des écuries et maréchal, ainsi que bailli de Hückeswagen, de Bornefeld et de Mettmann. En 1553, sa famille est en même temps élevée par privilège de l'empereur Ferdinand III de Habsbourg à la dignité de baron.

thumb|Vue du château sur une carte militaire de 1702

Ludger fait transformer et reconstruire le vieux château gothique entouré de douves, en reprenant en partie les anciens bâtiments jusqu'à 1663, en un château baroque fastueux. La maison d'habitation des seigneurs au coin sud-ouest de l'ensemble, nommée maison d'en-haut, reçoit non seulement de grandes fenêtres rectangulaires et un nouveau toit, mais ses deux ailes se rejoignant à angle droit reçoivent une tour carrée de coin avec bulbe et lanterneau galbés. Mais l'attention principale pour les travaux se tourne vers l'agrandissement des dépendances. Ludger fait complètement abattre les vieux bâtiments de ferme, et construire des dépendances nouvelles à quatre ailes, qui se trouvent deux fois plus grandes que les précédentes. En même temps que la maison de maître, le château prend alors le plan quadrangulaire conservé jusqu'à présent, et est entouré de douves nouvellement creusées et remplies d'eau. Un dessin du peintre wallon Renier Roidkin de 1720/1730 environ montre le château de Kalkum après les travaux de transformation et d'agrandissement. À l'époque, une chapelle du château s'élève au nord de la maison de maître à deux étages. Seule indication de l'existence de ce bâtiment disparu, un clocheton représenté sur le dessin de Roidkin. En outre, une fondation en pierre trouvée à la place correspondante fait conclure à l'existence d'un autel. Au coin nord-est des dépendances, on trouve une tour de coin polygonale avec un double bulbe baroque galbé, qui n'a pas été conservée. Un pont de bois traverse la douve sud vers une tour carrée avec un portail.

thumb|Le château de Kalkum sur un dessin de Renier Roidkin vers 1720/1730

Après la mort de Ludger von Winkelhausen en 1679, l'héritage passe à son fils Philipp Wilhelm . Pendant sa période de maîtrise du château, Kalkum a été presque constamment impliqué dans des actions de guerre, à cause de la proximité de la puissante fortification de Kaiserswerth. Au cours des guerres de succession du Palatinat et d'Espagne, le château est impliqué dans une communauté de souffrance. En 1688, les soldats de Louis XIV occupent Kaiserswerth. Le ministre de la guerre de France, Louvois exige de Philipp Wilhelm de désarmer sa propriété, en comblant les douves et démolissant toutes les murailles. Comme ces exigences ne sont pas satisfaites immédiatement, les troupes françaises occupent la propriété et la ravagent. Mais leur séjour à Kalkum ne dure pas longtemps, car les princes impériaux allemands se sont ligués pour chasser les Français du bas pays rhénan. Les soldats français doivent finalement évacuer le château et fuir devant les troupes alliées du Brandebourg, de Münster et de Hollande, dont certaines se cantonnent elles-mêmes au château. Le changement d'occupation s'accompagne d'un tir constant sur la propriété, qui provoque des dommages substantiels aux maçonneries et aux toits. Également, le cantonnement des soldats — rien que le lieutenant-colonel von Kalkstein du régiment de Brandebourg arrive avec 40 chevaux et 200 fantassins — endommage les bâtiments. Malgré les incertitudes, la famille von Winkelhausen reste habiter pendant ce temps-là au château de Kalkum. Aussi, pendant la guerre de succession d'Espagne, au cours de laquelle Kaiserswerth est à nouveau prise par les troupes françaises fin , et assiégée et reprise en 1702 par les troupes impériales alliées de Hollande et de Prusse sous le commandement du prince électeur Jean-Guillaume de Neubourg-Wittelsbach, Kalkum se retrouve impliqué dans les combats. À nouveau, des soldats logent au château. Mais cette fois, ce ne sont pas seulement les bâtiments qui sont endommagés par les actions de guerre, mais des travaux de retranchements ravagent les jardins, les champs et les prés, qui ne peuvent plus être cultivés. En outre, les occupants emportent ou détruisent de nombreux équipements et meubles du château.

Passage à la famille von Hatzfeld et nouvelle installation