L’histoire des Arabes en Palestine débute avec les premiers pèlerinages Ghassanides en Terre sainte, durant la période byzantine. À la suite de la conquête musulmane, des Arabes s'installent en Palestine A History of Palestine, 634-1099, Moshe Gil, Cambridge University Press, 1997. Durant la seconde partie de la période ottomane, la région est nourrie par des vagues d’immigration en provenance du centre de la Palestine et d’autres provinces de l’Empire ottoman, la Syrie, l’Irak, l’Égypte, le Liban d'aujourd'huiAl-Hijra al'Arabiyya ila hayfa, Mahmud Yazbak, 1988, p. 88-96Haifa in the Late Ottoman Period, 1864-1914: A Muslim Town in Transition, Mahmoud Yazbak, 1988 Palestine: la dernière colonie?, Lucas Catherine, 2003Histoire économique et sociale de l’Empire ottoman et de la Turquie (1326-1960), Panzac Daniel, 1995, p. 525-528.

De nos jours, les Arabes vivant en Palestine, sont les Palestiniens et les Arabes israéliens.

Avant la conquête musulmane La Palestine byzantine comprenait une majorité samaritaine en Samarie, juive en Galilée, et dans les autres régions, chrétienne, composé de Melchites, locuteur du grec et de l'araméen. En 542, une épidémie de peste bubonique survient et fit périr un tiers de la population The Byzantine-Islamic Transition in Palestine: An Archaeological Approach, Gideon Avni, , , .

Durant cette période, des chrétiens arabes, les Ghassanides effectuaient des pèlerinages en Terre sainte Byzantium and the Arabs in the Sixth Century, Irfan Shahîd.

La domination arabe vignette|Gustave Doré- Bataille de Hattin. En 638, le calife Omar (634-644), annexe les territoires de Syrie et de Palestine. Jérusalem tombe après deux ans de siège. Des juifs et des chrétiens restent néanmoins à Jérusalem, et les premiers musulmans, des Arabes de la péninsule Arabique, commencent à s'y installer. Vers 691, le « Dôme du Rocher » est construit à Jérusalem. Salih ibn Ali, le Wali d’Égypte est nommé gouverneur de la Palestine. De 792 à 793 un conflit éclate entre les tribus bédouines Mudhar et Yamani. Au , la dynastie des Fatimides s’oppose aux attaques turques, bédouines et byzantines et étend son empire sur la Palestine en 972.

Entre croisés et royaumes musulmans

La première croisade est lancée en 1095 par le pape Urbain II depuis Clermont pour rétablir l'accès aux lieux de pèlerinages de la chrétienté en Terre sainte, autorisé jusque-là par les Arabes abbassides, mais interdit par les nouveaux maîtres de Jérusalem à partir de 1071, les Turcs seldjoukides, de nouveaux venus provenant des steppes de l'Asie. Le , Jérusalem est prise par les Croisés, une grande partie des habitants musulmans et juifs est massacrée. Le royaume franc de Jérusalem est fondé et va durer un peu moins de deux siècles.

En , lors de la Bataille de Rama, Baudouin écrase l’armée égyptienne du général-émir al Sawla al Qavasi. En , lors de la seconde Bataille de Rama, guerriers égyptiens débarquent et prennent par surprise le roi Baudouin et ses chevaliers qui sont massacrés. Le roi réussit à s'échapper, mais Jérusalem se retrouve sans défense, or, curieusement, les Égyptiens ne tentent rien et repartent. En 1113, les armées syriennes de Mawdûd, atabek de Mossoul et de Tughtekin, émir de Damas, attaquent les bourgs francs de Galilée. Le roi Baudouin les affronte lors de la bataille de Sinn al'Nabra qu’il perd, mais il est sauvé par l’arrivée de renforts de la principauté d'Antioche et du comté de Tripoli et finalement les Syriens se retirent.

En 1118, un certain nombre d’anciens croisés épousent des femmes arabes et adoptent nombre de coutumes orientales, formant une population appelée les « poulains ». Des persécutions forcent les Juifs à l'exil en grand nombre, ainsi que les musulmans. Finalement, les croisés tentent une colonisation de peuplement latin qui ne durera guère, le clergé latin refusant d'accorder l'égalité aux Arméniens.

À partir des années 1180, Salâh al-Dîn, dit Saladin, étend son hégémonie sur le Proche-Orient musulman comme sultan d’Égypte et fonde la dynastie des Ayyoubides. Bien que tolérant sur le plan religieux, il veut mettre fin à la domination politique des Croisés. qu'il vainc à la bataille de Hattin (Attîn). Il entre en vainqueur à Jérusalem en et restitue à l'islam les mosquées de Jérusalem tout en laissant le Saint Sépulcre au culte chrétien et en permettant aux Juifs de rebâtir le Mur des Lamentations. Cet évènement, dès qu’il est connu en Europe entraîne l’appel à la troisième croisade. Avec la défaite des Croisés et la victoire de Saladin, la communauté juive se réimplante à Jérusalem tandis que les croisés conservent Acre et la région côtière.

Jérusalem est brièvement restituée aux Croisés en 1229 par un accord entre les Ayyoubides mais revient définitivement aux musulmans en 1244. Les Mamelouks, qui renversent les Ayyoubides en 1250, prennent Acre en 1291, mettant fin à la domination des Croisés.

La période mamelouke (1250 - 1516)

Après les Ayyoubides, du au , les Mamelouks égyptiens, créés en 1230, prennent en 1250 le pouvoir en Égypte et étendent leur pouvoir sur la Palestine et la Syrie.

En 1516, le sultan ottoman Sélim vainc les Mamelouks et étend son pouvoir sur l'ensemble du Proche-Orient.

La période ottomane (1516 - 1917)

thumb|Photographie du Dôme du Rocher (fin du ) John Lewis Burckhardt décrit les migrations du , comme étant dues à l'oppression du gouvernement d'un côté, et celle des Bédouins de l'autre, qui réduisit les Fellahs du Hauran à une condition peu différente des nomades John Lewis Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land . À cela s'ajoutent des famines récurrentesThe Syrian Land: Processes of Integration and Fragmentation : Bilād Al-Shām from the 18th to the 20th Century, Thomas Philipp, Birgit Schäbler, 1998, auquel les habitants du Hauran prévoyaient une nourriture spéciale pour les faminesExploring and Explaining Diversity in Agricultural Technology , Patricia C. Anderson. La Syrie ottomane connut une dernière famine de 1915 à 1918Problems of the Modern Middle East in Historical Perspective: Essays in Honour of Albert Hourani , John P. Spagnolo. Selon , l’immigration arabe sous l’Empire ottoman apparut simultanément à une émigration vers d'autres provinces de l’empire Porath, Y. (1986). Mrs. Peters's Palestine. New York Review of Books. 16 January, 32 (21 & 22). Néanmoins, J. McCarthy, en se basant sur les registres ottomans, postule que ces immigrations étaient restées relativement faibles Justin McCarthy, The Population of Palestine (New York: Columbia University Press, 1990) 16-17, 33-34.. La présence de migrants à Jérusalem et Hébron, est relevée par un recensement ottoman de 1905 U.O. Schmelz, "Population Characteristics of Jerusalem and Hebron Regions According to Ottoman Census of 1905". Le démographe Robert Bachi précise : Bachi, Population of Israel, .

En effet, le mode de vie « nomade » des Arabes de la région, était depuis longtemps commun, comme l'atteste le rapport Hope Simpson Hope Simpson, Report, .. Les Druzes entrèrent en conflit avec les autorités turques et leurs voisins arabes, et des expulsions s'ensuivirent, certains s'installèrent en PalestineDruze Shaykhs, Arab Nationalists, and Grain Merchants in Jabal Hawran. UCSD Department of History.

thumb|Antoine-Jean Gros, Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa Napoléon Bonaparte en 1799, dévaste la région depuis Gaza jusqu'à Saint-Jean d’Acre, détruisant les villes, dont Jaffa, brûlant les villages et faisant plus de mortsRobert Boulanger, Moyen-Orient : Liban, Syrie, Jordanie, Irak, Iran, année ???, p. ???Tablettes historiques de Napoléon, album populaire contenant des fac-similes de lettres des fragmens de lettres… de l'Empereur Napoléon, des Princes ses Frères, de l'Impératrice Joséphine, etc., par le Baron de ****, etc/Napoléon Ier/1848. Il est alors contraint d’ordonner la retraite, à la suite de la peste et de l'ophtalmie qui sévissent dans ses rangs. La région est par la suite sujette à des razzias perpétrées par les Bédouins contrôlant la vallée du Jourdain, les zones côtières et le désert du NéguevDominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples, 2000, p. ???.

En 1831, Mehmet Ali d’Égypte envahit la région, ce qui mit fin aux conflits entre tribus bédouines et entre certains clans fellahs. De nombreux Fellahs de la région fuirent vers d'autres régions William L. Cleveland, A History of the Modern Middle East, p. 74. Une émigration d'agriculteurs égyptiens, notamment fuyant la conscription milliaire y succéda Arieh Avneri, The Claim of Dispossession (Efal, Israel: Yad Tabenkin, 1982).

En 1834, Ibrahim Pacha mate la révolte paysanne de Palestine et implante des Égyptiens à Beisan, Naplouse, Irbid, Acre, et Jaffa.

Dans d’autres régions, notamment à Safed différentes populations immigrent ; des Maures, des Kurdes, des populations turques, des Albanais, des Grecs, des Arméniens, des Druzes De Haas, History, et et Circassien N. Lewis, "Frontier, " in Issawi, Economic History, .. En 1878, l’empire austro-hongrois envahit la Bosnie et une émigration de Bosniaques s’ensuit jusqu'en 1908, lors de l’annexion de la Bosnie., certains furent amenés en Palestine pour renforcer les rangs de l’armée ottomane et d'autres s’installèrent dans le nord de la Palestine, à Amman et dans la plaine du Sharon Ibrahim al-Marashi. "The Arab Bosnians?: The Middle East and the Security of the Balkans.En 1917, à la chute de l’Empire ottoman, certains villages sont peuplés de migrants bosniaques Parkes, Whose Land?, . À Naplouse, une part importante de la population aurait parmi ses ascendants des Samaritains convertis à l’islam et « arabisés ». Charles Clermont-Ganneau soutient néanmoins que Charles Clermont-Ganneau, op. cit, ..