Le Plancher de Jeannot est un grand morceau de parquet gravé de texte, réalisé en dans sa ferme familiale du Béarn par Jean Crampilh-Broucaret, dit Jeannot (), atteint de troubles psychiatriques et qui se suicida peu après. Découvert fortuitement en , il est aujourd'hui conservé par le musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Sainte-Anne à Paris et actuellement exposé au musée d'Art contemporain du Val-de-Marne. Son interprétation entre délire d'un homme reclus ou œuvre d'art brut est encore débattue..
Description
Le texte, de , occupe une surface de parquet comprise entre . et . Les lettres, en capitales, sont gravées au ciseau à bois, et poinçonnées aux angles au moyen d'une perceuse. Les lignes de texte sont globalement parallèles aux lattes du parquet.
Le texte est réparti sur deux sections, la dite « grande section » et la dite « petite section »..
La transcription du texte a été établie par le musée d'Art et d'Histoire de l'Hôpital Sainte-Anne à l'occasion de la restauration du Plancher.
Historique
Jean Crampilh-Broucaret, surnommé Jeannot ou Janot, est un paysan du Béarn né en à Moncaup, dans les Pyrénées-Atlantiques.. Il effectue son service militaire en Algérie en , pendant la guerre d'indépendance. À son retour, il apprend le suicide de son père, un homme violent. À la mort de sa mère en , il enterre son corps sous l'escalier familial, arrête de s'alimenter et commence à graver sur le plancher de sa chambre un long texte. Celui-ci débute par la phrase : Le texte évoque aussi l'innocence de son auteur et de sa sœur Paule : Jeannot meurt quelques semaines plus tard à , republié le dans L'Obs du soir..
Ce plancher gravé est découvert fortuitement en au moment de la vente de la ferme. Un neuro-psychiatre en retraite, le Roux, en fait alors l'acquisition., l'échangeant contre un parquet neuf. Il présente le parquet dans différents congrès de psychiatrie, puis le vend au laboratoire Bristol-Myers Squibb au début des années . Dès lors, le plancher va être considéré également comme un témoignage d'art brut.
Par la suite, le plancher est régulièrement exposé, notamment en à la Bibliothèque nationale de France et finalement cédé au centre hospitalier Sainte-Anne à Paris, en grande partie grâce à l'insistance du professeur Jean-Pierre Olié, chef du service hospitalo-universitaire (SHU). Celui-ci souhaite en effet l'exposer pour combattre la honte et les préjugés qui pèsent sur les maladies mentales. Ainsi, du à , le plancher est exposé devant l'hôpital Sainte-Anne, au de la rue Cabanis dans le (). Il est présenté ., dans des caissons verticaux. Après une restauration et un travail de recherche, le plancher est exposé, réassemblé et dans sa position originelle horizontale, dans une salle qui lui est consacrée au musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Sainte-Anne, tandis qu'une autre salle présente des documents et des textes didactiques sur ce plancher.
Interprétation Le docteur Guy Roux, après la découverte du parquet, avait mené une enquête locale pour connaitre le passé de Jean Crampilh-Broucaret et de sa famille. Il y voyait un exemple de « psychose brute ».. Depuis, le plancher a fait l'objet de diverses interprétations et plusieurs recherches, surtout depuis son exposition publique rue Cabanis, du délire ou des souffrances d'un homme reclus, atteint de schizophrénie sans avoir suivi de soins, ou une vraie œuvre d'art brut.
L'historien Dominique Viéville, qui a participé aux recherches sur le parquet avant son exposition au musée de l'hôpital Sainte-Anne, appelle à la prudence sur l'interprétation de ce parquet, rappelant qu'il s'agit d'un texte privé destiné à la famille de son auteur et .
La psychiatre Anne-Marie Dubois, commissaire de l'exposition au musée de l'hôpital Sainte-Anne, explique que le plancher a beaucoup été exploré sous l'angle de la folie mais elle remet en cause la valeur de ces explications car faites par des personnes n'ayant jamais examiné ou rencontré Jean Crampilh-Broucaret, rappelant la règle Goldwater selon laquelle il est contraire à l'éthique des psychiatres de donner un avis sur des personnalités qu'ils n'ont pas examinées en personne.
Bibliographie .
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Document .
Romans Ce fait divers a inspiré plusieurs romans dont : ; Bordeaux, L'Éveilleur, , 126 ; Lille, La Contre Allée, , , 129 . . .
Notes et références
Liens externes
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