L'élevage de visons est l'ensemble des opérations visant à faire se reproduire et grandir en cage le Vison d'Amérique (), essentiellement pour la vente de fourrure (de petits élevages fournissent des animaux de laboratoire). Les principaux pays producteurs de cette fourrure sont le Danemark, la Chine, les Pays-Bas, la Pologne et les États-Unis.

Chaque année, 90 % des visons d’élevage sont abattus en vue de les « peler », c’est-à-dire de récupérer leurs peaux, les 10 % restant étant destinés à reproduire la génération suivante. La durée de vie de ces animaux est habituellement de huit mois..

L'établissement pratiquant cet élevage est parfois dénommé visonnière (nom surtout utilisé en Amérique du Nord).

Histoire Vers 1917, les trappeurs ne pouvant répondre à la demande, dans un contexte de prix élevés des fourrures (la demande dépasse l'offre), de nombreux élevages de visons (et d’autres espèces) se créent en Amérique du Nord. Pour rappel, alors qu'il faut tuer 10 à 24 renards pour faire un manteau de fourrure, il faut de 36 à 65 visons pour faire un manteau de taille équivalente.

Le vison a été l'un des premiers animaux à fourrure à être domestiqué. Son élevage s'est largement propagé dans l'État de New-York à partir des années 1870..

Les États-Unis, au cours de l'exercice clos le , en ont commercialisé pour plus de neuf millions de dollars. .

Le vison est l'une des espèces les plus utilisées par l'industrie de l'élevage d’animaux à fourrure.

Après la Seconde Guerre mondiale, vers 1949, le Canada comptait plus de 6 000 fermes d'élevage d'animaux à fourrure (Vison d'Amérique essentiellement), alors que sur le continent européen, les élevage étaient surtout concentré en URSS et en Scandinavie..

Dans les années 2000, les chiffres du marché mondial sont imprécis dans certains pays, mais bien que la fourrure soit passée de mode dans de nombreux pays occidentaux, il a été estimé qu'en 2014 que le commerce de fourrures de vison a généré 40 milliards de dollars Fur Commission USA (n.d.). Global fur trade worth $40 billion in 2014. source : https://furcommission.com/new-research-reveals-the-global-fur-trade-is-worth-as-much-as-wi-fi/.

Selon la Fédération internationale de la fourrure (IFF) et Fur Europe il y aurait eu 87 millions de peaux de visons vendues cette même année 2014, dont 35 millions venant d'élevages chinoisFur Europe (n.d). Fur Europe’s Annual Report 2015. Retrieved from: http://fureurope.eu/wp-content/uploads/2015/02FE-Annual- Report-2015-Single-Pages.pdf; in The Case against Fur Factory Farming, Respect for Animals also cites data from IFF indicating that the global mink output is 87.2 million in 2014, with China accounting for more than 40% (approximately 35 million pelts).. Mais ce chiffre serait très sous-estimé d'après l'Association de l'industrie du cuir de Chine (CLIA) dont les statistiques donnent pour ce seule pays environ 60 millions de peaux en 2014, ce qui porterait le total mondial à au moins 112 millions de peauxChina Leather Inudstry Association (2015) Statistical Report on the Production of Skins of Mink, Fox and Raccoon Dog in China (2014).. Selon un rapport récent (2017), les élevages de visons et d'autres animaux à fourrures (renard roux et arctique, chien viverrin, lapins Rex) semblent s'être très fortement développés en Chine entre 2005 et 2020. Selon les douanes chinoises le volume financier net d'importation/exportations de fourrure pour 2003 a été de 997,6 millions de dollars, soit une hausse de + 42,5% en un an, par rapport à 2002 ! Cet accroissement serait dû à une délocalisation de certaines activités de plus en plus jugées honteuses en occident vers la Chine, à une main-d'œuvre bon marché et au peu de réglementations restrictives (les conditions d'élevage sont bien inférieures aux réglementations de l'UE, induisant un stress constant, une mortalité élevée des jeunes, des phénomènes d'automutilation et d'infanticide)Hsieh-Yi, Yi-Chiao, Yu Fu, Mark Rissi and Dr Barbara Maas (2017) Fun fur ? A report on the Chinese fur industry, Care for the Wild International. En Chine, les petits élevages sont familiaux, les entreprises moyennes emploient de 10 à 15 salariés alors que les grands élevages emploient de cinquante à plusieurs centaines d'ouvriers. Les provinces de Shandong et Heilongjiang en abritent le plus ; en 2017, certains élevages y détiennent en cage de à largement plus de 5000 visons, souvent grâce à des investisseurs étrangers. L'une de ces fermes intégrées élève renards et visons, prenant en charge l'insémination artificielle, l'élevage, l'abattage, la transformation des peaux, le tannage, la teinture et la post-production, incluant l'export hors de Chine.

La Chine est aussi le premier acheteur et utilisateur de ces peaux, à 80% pour son marché intérieur.

Élevage du Vison en France Les "fermes à fourrures" et petits élevages familiaux ont été à la mode au début du . En zone européenne tempérée, l'élevage de visons d'Amérique pour la fourrure s'est développé dans les années 1920, il y avait en France en 1959 environ 600 visonnièresArlot P Le Vison d’Europe (Mustela lutreola), une vision d’avenir ? ; le courbageot 21-22, voir p 3, texte repris en 2004 dans le pour connaitre un apogée dans les années 1960-1970, avant de décliner avec la fin de la mode de la fourrure en Europe vers la fin des années 1980.

vignette|redresse=1.2|Palettes de peaux de visons, dans l'entrepôt de la maison de ventes 'Kopenhagen Fur' ; la Fédération internationale de la fourrure (IFF) et Fur Europe estimaient en 2014 qu'il y aurait eu environ 87 millions de peaux de visons vendues cette année là dans le monde, chiffre qui pourrait être sous-estimé En 1999, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage et le groupe Vison, on n'y comptait plus qu'une vingtaine de visonnières ( reproductrices au total selon Léger & Ruette (2005)Léger F & Ruette S (2005) "Le Vison d'Amérique, une espèce qui se développe en France… Résultat d'une enquête nationale réalisée en 1999 " Faune sauvage 266: 29-36.) puis de 2003 à 2020 n'ont survécu que quatre grands élevages, tous situés dans l'aire de répartition du Vison d'Europe, 1 dans le Morbihan et 3 dans le Sud-ouest (Mission Vison d'Europe 2003)Mission Vison d'Europe (2003) "Plan national de restauration du vison d'Europe. 1999-2003. Bilan." Direction Régionale de l'Environnement / Aquitaine. 113 pp + annexes., bien moins qu'aux Pays-Bas ou au Danemark.

En 2020, selon les affirmations de la filière fourrure française, sur l'exercice 2018-2019, elle aurait fait travailler (emplois directs et indirects), avec un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros réalisé pour plus d'un tiers (presque 110 millions d'euros) à l'export, le reste alimentant de grandes maisons de coutures françaises..

En 2020, on constate aussi que le vison peut facilement acquérir le coronavirus SARS-CoV-2 à partir des employés travaillant dans l'élevage. On sait aussi que le vison peut-être, en élevage où la contagion est facilitée par la promiscuité des animaux et leur faible diversité génétique, un réservoir où le virus peut muter. On sait enfin que des visons malades, éventuellement porteurs sains peuvent retransmettre le virus (ou de nouveaux variants de ce virus) à l'Homme ou à des animaux vivant à proximité des élevages. En raison de ces risques écoépidémiologiques liés à la COVID-19, et après l'alerte faite par les autorités néerlandaises à l'OIE, relatant dès d’une contamination de visons par le virus SARS-CoV-2 responsables de la Covid-19, le ministère de la Transition écologique, a renforcé la surveillance des quatre grands élevages français présents sur le territoire métropolitain (suivi de la mortalité, mesures de biosécurité), en lien avec l'Anses qui a recommandé des campagnes d'analyses PCR pour détecter l'éventuelle présence du virus, et des tests sérologiques (c'est-à-dire une recherche d'anticorps indiquant que l'animal a été en contact avec le virus), via une étude se déroulant en novembre-décembre, période annuelle d'abattage et de récupération des fourrures.

vignette|Les élevages industriels sont selon l'ANSES (2014) sources de et de .. Outre des épidémies internes, une contagion de chats errants ou d'animaux sauvages ou d'éleveurs est possible.|centre|510x510px

Maladies L'élevage industriel concentre sur une petite surface, dans des centaines à milliers de cages très proches les unes des autres un grand nombre de visons présentant une très faible diversité génétique (cf insémination artificielle, à partir de quelques mâles sélectionnés pour leur fourrure). De plus des antimicrobiens sont ajoutés à l'alimentation ou utilisés comme médicaments.

Leptospirose Au début des années 2000, on a constaté que la prévalence de la leptospirose chez le vison américain issu d'individus libérés ou échappés d'élevages était également en France très élevée (86,5 % des 74 individus fécaux de vison d'Amérique Mustela vison testés dans le Sud-Ouest, et 73,7 % chez le vison d'Europe (Mustela lutreola) dans la même zone, ce qui indique (y compris pour les juvéniles) du Sud-Ouest de la France Moinet, M. (2008). Étude comparative de la leptospirose chez le vison d'Europe (Mustela lutreola) et les autres petits carnivores sauvages du Sud-Ouest de la France (Doctoral dissertation, Thesis for Doctor of Veterinary Medicine, submitted to the University of Nantes, France, 1-108).(tableau VII et figure 12)|URL=https://www.researchgate.net/profile/Marie_Moinet/publication/242685815_ETUDE_COMPARATIVE_DE_LA_LEPTOSPIROSE_CHEZ_LE_VISON_D'EUROPE_MUSTELA_LUTREOLA_ET_LES_AUTRES_PETITS_CARNIVORES_SAUVAGES_DU_SUD-OUEST_DE_LA_FRANCE/links/54f7107f0cf210398e911a41.pdf

Botulisme C'est une maladie qui semble aujourd'hui plus rare, grâce aux progrès dans l'hygiène de fabrication de l'alimentation animale, mais les visons étaient autrefois (au moins jusqu'au début des années 1960) nourris avec des déchets de poisson, divers déchets d'abattoir (abats, farine animale) produits ou conservés de telle sorte qu'ils pouvaient être source de plusieurs types de botulisme et d'autres maladies toxi-alimentaires. Ainsi un élevage de vison de l'Est de la France a perdu en quelques jours 620 visons sur 680. Les animaux y mourraient en un à deux jours après une légère diarrhée (brun foncé à noire). L'autopsie a montré des hémorragies gastriques sous-muqueuses circulaires irrégulières, de 2 à 6 mm de large, parfois ulcérantes. Le transit intestinal était sanglant, le foie de couleur jaune clair, avec des reins parfois anormalement clairs et hypertrophiés. Dans tous les cas analysés, Welchia perfringens a été identifié. Dans un autre cas (Hérault) 1.200 visons ont présenté des vomissements, diarrhées, paralysies et sont morts de toxémie, probablement à W. perfringens A. Dans l'Eure, 100 visons sont morts en quelques jours d'une entérite mortelle à W. perfringens A (la bactérie ayant été retrouvée dans les viscères de plusieurs visons, mais aussi dans la farine de viande qu'ils avaient mangée. Un Ministre de l'Agriculture a précisé les conditions d'octroi de viandes aux élevages de visons, et les catégories de viandes saisies pouvant leur être délivrées et celles ne le pouvant pas, mais en 1961, M. Thieulin de l'Académie vétérinaire de France commentait ainsi ces obligations : Prevot, A., Villemin, M., & Vallée, A. (1961). Enzootie à « W. perfringens A » dans un élevage de visons. Bulletin de l'Académie vétérinaire de France..

Problème de l'antibiorésistance