vignette|Hermann Göring, le .

Le « télégramme Göring » est un télégramme envoyé le par Hermann Göring à Adolf Hitler, réfugié dans le bunker de la chancellerie du . Dans ce télégramme, Hermann Göring, conscient de la réalité de la situation institutionnelle du , sollicite l'autorisation d'appliquer les dispositions prévues par le décret du .

Contexte Le , une semaine après le déclenchement de l'opération Barbarossa, un décret fait de Göring la seconde figure du Troisième Reich, Hitler le désignant son délégué à vie et son successeur dans l'éventualité de sa mort. Pour être appliqué, ce décret doit être officialisé par une signature du Führer.

Après une cérémonie organisée dans le Führerbunker le pour le de Hitler, Göring abandonne sa propriété de Carinhall et quitte Berlin pour Berchtesgaden, justifiant son départ par la nécessité de prendre le commandement de la LuftwaffeIl emporte avec lui ses collections d'objets d'art..

Situation militaire

Le , dans Berlin alors partiellement encerclé par les troupes soviétiques, Hitler, apprenant le refus de Felix Steiner de lancer une offensive chimérique pour débloquer la capitale du , semble en proie à un sentiment de désespoir.

Lors de cette crise larmoyante, admettant la guerre perdue, il semble renoncer au pouvoir au profit de Hermann Göring, conformément au décret de 1941, désignant ce dernier comme son successeur.

Situation politique et institutionnelle

Le Troisième Reich se caractérise par une lutte permanente des acteurs du régime autour de Hitler ; les dernières semaines du régime ne font pas exception à la règle. Ainsi, Göring connaît depuis longtemps une perte d'influence ; il reste néanmoins le successeur désigné d'Hitler, mais il redoute d'être supplanté par Martin Bormann, Heinrich Himmler ou Joseph Goebbels.

Dans cette configuration, le Reichsmarschall demande si le décret de 1941, régissant la succession de Hitler, peut entrer en application. Dans le contexte particulier de la fin du mois d'Le Reich est alors pratiquement coupé en deux et Berlin sur le point d'être encerclé par les unités soviétiques., Göring fixe une date butoir pour la réponse.

Le , le général Karl Koller, chef d'état-major de la Luftwaffe, synthétise les conséquences institutionnelles de la crise de désespoir de Hitler, telle que celle-ci lui a été rapporté par l'un de ses subordonnés, témoin de la scène.

Texte intégral du télégramme vignette|droite|Copie carbone du télégramme, destinée à Martin Bormann .

Réactions Au sein du Reich Ce télégramme envoyé le à parvient à Hitler aux alentours de . Il est présenté à Hitler de façon tendancieuse par Bormann, le rendant furieux. Le soir même à , Hitler envoie un télégramme à Göring lui interdisant de prendre toute initiative dans le domaine politique ; dans ce même télégramme, Hitler annule le décret du

Le commandant en chef de la Luftwaffe répond par un télégramme à dans lequel il confirme son allégeance.

Le lendemain à , Hitler dicte un télégramme encore plus clair : Göring y est accusé de haute trahison, et, de ce fait, condamné à mort. Cependant, Hitler, considérant le rôle de Göring dans l'histoire du NSDAP, le somme de renoncer à toutes ses fonctions en invoquant le motif d'une grave maladie. De nouveaux successeurs sont désignés : Joseph Goebbels et Karl Dönitz.

Albert Speer, alors présent dans le Führerbunker, en a notamment rapporté la scène dans le livre Au cœur du Troisième Reich. Il y explique que ..

Disgrâce et mise aux arrêts

Göring démissionne de toutes ses fonctions, officiellement pour des raisons de santéCette exclusion atténue légèrement les conséquences de l'éclatement de l'appareil d'État du Reich, alors en cours de dissolution avancée..

Le maréchal du est mis aux arrêts vers , à l'Obersalzberg

Martin Bormann, sans en référer à Hitler, avance ses propres pions. Disposant de ses propres services de communication dans le Führerbunker, il demande le lendemain par télégramme au commandant SS chargé de surveiller Göring de l'exécuter une fois Berlin prise par les Soviétiques. Göring, mis aux arrêts au Berghof, n'est pas exécuté, le commandant SS jugeant que cette exécution n'a plus grand sens après la chute de Berlin et la mort d'Hitler. Ultime humiliation, Hitler dépouille Göring de ses derniers pouvoirs. Dans un dernier télégramme, il le chasse du partiLe testament de Hitler confirme cette exclusion quelques jours tard..

Devenir du document

Une copie de ce télégramme est récupérée par les Soviétiques lors de la prise de Berlin.

Le , le capitaine américain Benjamin Bradin ramasse dans le Führerbunker une brassée de documents, dont l'original du télégramme. Il les ramène avec lui, en Caroline du Sud. En 1958, son fils James Bradin, étudiant et futur colonel de l'armée, exhume ces documents et décide d'écrire sa thèse sur le sujet. C'est un de ses professeurs, Robert Rieke, qui se rend compte de l'importance historique de ce télégramme qui est mis aux enchères le pour . Il est vendu dollars à un acheteur américain anonyme.

Notes et références

Notes

Références externes

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Derniers jours d'Adolf Hitler Bataille de Berlin

Liens externes

Photographie de télégramme

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