Germain Beaulieu (1870-1944) est un avocat, homme de lettres et scientifique québécois qui a joué un rôle actif dans le milieu associatif et culturel. Il meurt à Rigaud le La Presse, lundi 19 juin 1944, ..
Biographie Germain Beaulieu est né à Rivière-Blanche, le ou le , près de Matane, fils de Joseph Beaulieu et de Basilisse Pelletier.. Très tôt orphelin de mère, il est donné en adoption à la famille Charbonneau de Montréal. En 1888, il s’inscrit à l’École normale Jacques-Cartier. Pour s'être moqué de ses professeurs dans le journal estudiantin, il est renvoyé après deux ans, en 1890, avec un diplôme d'enseignement primaire au lieu du diplôme d'enseignement secondaire qui dure trois ans. Il prépare cependant son brevet d'études en droit, afin de pouvoir épouser Graziella Cassegrain, tout en fréquentant divers cercles de jeunes écrivains, notamment le groupe des « cunégondistes » qui regroupe de jeunes poètes avant-gardistes de l'ancien quartier de Sainte-Cunégonde.
Dès cette époque, il se révèle curieux de tout et « pris du désir de connaître poussé jusqu’à la frénésie », comme en témoigne le mot de bienvenue qu'il rédige en italien pour le premier numéro du journal L'Italo-Canadese en 1894Benvenuto, L'Italo-Canadese, mars 1894, année où il termine ses études de droit et est admis au Barreau..
En 1895, il est le cofondateur de l'École littéraire de Montréal et en devient le premier président en . Durant plus de trente ans, il en sera Il participe à la fondation et devient secrétaire de rédaction de la revue Le Terroir créée par cette École en 1909 et qui ne publiera que dix numéros. Par la suite, il s'oppose à l'idée de transformer l'École en une sorte d'Académie française du Québec. Il se moque encore de l'idée dans un ouvrage satirique intitulé Nos Immortels, avec caricatures dues à son beau-frère Albéric Bourgeois.
Avocat de carrière, il est plus intéressé par la poésie que par sa profession et publie des poèmes dans Recueil littéraire, L'Oiseau-mouche, ainsi que dans Les soirées du château de Ramezay, L'Action sociale et Les soirées de l'École littéraire de Montréal.. Il est épris de classicisme au point que Marcel Dugas le qualifie de . L'essentiel de sa production poétique est perdu car, selon Jean Charbonneau, il aurait détruit entre quinze et vingt livrets rédigés dans sa jeunesse.
En 1901, il est élu secrétaire-général de la Société des artisans canadiens-français, sorte de mutuelle d'assurance dont la charte venait d'être modifiée par la loiLoi amendant la charte de la Société des artisans canadiens-français. Il restera à ce poste jusqu'en 1909, date à laquelle il choisit de démissionner plutôt que de répudier un article dans lequel il dénonçait l'emprise de l'église sur l'enseignement.
Il compose aussi des pièces de théâtre et des satires, et rédige de nombreux articles qu'il publie dans divers journaux sous une vingtaine de pseudonymes, tels Cyprien, Népomucène Hébardot, Procul Hotte, A. d'Albert, Hugues Lambert, Philippe P. Leclaire, Philippe Leclerc, Jean Pince, Hector Probus, Hypolite Vaumarin, L.-P. Dorval, etc.. Ses articles dans Le Pays visent à faire évoluer la société québécoise, en dénonçant la censure, les malversations et les abus de pouvoir.
Esprit curieux de tout, il Ayant participé dès 1923 à l'organisation de la Société canadienne d'histoire naturelle, il en assume la présidence en 1923. Particulièrement intéressé par l'étude des insectes, il est l'auteur de divers traités d'entomologie, ce qui lui vaut de participer à l'organisation du Musée entomologique canadien et de devenir, à l'âge de soixante ans, conseiller juridique au ministère de l'Agriculture à Québec, même s'il était alors atteint de demi-cécité depuis plusieurs années. Il y travaille jusqu'à l'avant-veille de sa mort.
Dans un article sur « L'avenir des Canadiens Français » publié en 1905 dans la revue Le Nationaliste, il affiche des sentiments nettement séparatistes. Ceux-ci s'accentuent encore dans un article intitulé « Où allons-nous?» publié en publié dans Le Terroir Le Terroir, juin 1909, p. 232-236..
De 1909 à 1941, il entretient une correspondance suivie avec Louis Dantin, en exil à BostonCette correspondance a été éditée par . Les manuscrits sont conservés dans le Fonds Gabriel Nadeau..
Il a eu quatre filles de sa première épouse, Graziella Cassegrain (1876-1907): Germaine, Liliane, Paule, ainsi que Gaëtane, auteure du roman Lill. Étude d’âme enfantine, dont Louis Dantin publiera une critiqueVoir Lill — Étude d’âme enfantine par Gaëtane Beaulieu. Le , Beaulieu épouse en secondes noces Rita Lanctôt, dont il aura un fils, Jacques-Frédéric Beaulieu, décédé à Ottawa le , à l’âge de 1 an et 2 mois. Rita mourra le à l’âge de 82 ans.
Ouvrages vignette|Portrait de Germain Beaulieu par Albert FerlandDans Annuaire théâtral (1908), p. 228..
Pièces de théâtre Le mariage de Lucette, 1901. La Passion, 1902. Famille sans nom, 1902. L'aventurier malgré lui : comédie en sept actes, texte polycopié, 1904. La fin du monde, 1907. Fascination : pièce en cinq actes, en collaboration avec Louis P. Verande, dans L'Annuaire théâtral, 1908-1909L'Annuaire théâtral, 1909, p. 155-181.. Diplomatie conjugale : un acte, 1904; repris dans Le Terroir, Le Terroir, p. 113-123.. Noblesse et noblesse : drame en cinq actes, dans Nos amis, , . The passion: a biblical drama, 1906, The Quebec chronicle, samedi 29 décembre 1906, p. 8. The living vision: a romantical drama in five acts, 1906, The Quebec chronicle, 21 mars 1911, p. 1.
Critique littéraire La Chanson du passant : études littéraires, (ouvrage collectif), Montréal, J.-G. Yon, 1916.
Satire Nos immortels. Caricatures de Bourgeois, avec Albéric Bourgeois, Montréal, A. Lévesque, 1931, L'Action populaire, 14 janvier 1932, p. 6. Au pays des décorés, ou Les Patagons vus à la loupe, Montréal 1936, autoédition par miméographe.
Ouvrages scientifiques Le monde des petits êtres : études sur les insectes du Canada, Montréal, A. Ferland, 1908, Monographie des mélasides du Canada, Québec, Imprimerie Laflamme, 1922, Les insectes nuisibles de la province de Québec (avec Georges Maheux), Québec, Charrier et Dugal, 1929, Abrégé de droit commercial à l'usage des écoles primaires complémentaires de la province de Québec, avec C.-J. Miller, Québec, 1928. Édité en anglais sous le titre Summary of commercial law for the use of primary vocational schools in the Province of Quebec, 1925.
Références
Sources
Liens externes
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