Ernest-Léon-Joseph Desmarest, né à Paris le et mort à Javerlhac le , est un avocat et homme politique français.

Biographie

Ernest-Léon-Joseph Desmarest est le fils de Joseph Desmarest (1773-1855)Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , Évreux, 1914, ., employé supérieur à l'administration des contributions directes, et de Marie-Jeanne-Sophie Fortin (ou le Bel de Fortin), une créole de l'île BourbonAdrien Lelioux, « M E. Desmarest nommé bâtonnier de l'ordre des avocats », Le Monde illustré, n 384, 20 août 1864, ., dont la mère, Marie Françoise Grâce Vally divorcera puis se remariera le à Paris avec le poète Évariste de Parny.

Il a pour frère aîné Alfred-Hector Desmarest (1797-1864), banquier, père d'Eugène-Joseph Desmarest (1836-1898), sous-gouverneur de la Banque de France.

Carrière d'avocat

Élève de l'Institution Massin de 1826 à 1832Dix ans de l'Institution Massin au concours général, Paris, Delalain, s.d., . et du collège Charlemagne, Ernest Desmarest devient avocat à la Cour d'appel de Paris le . Secrétaire de M LiouvilleLéon Lyon-Caen, Souvenirs du jeune âge, Montluçon, 1912, . et secrétaire de la Conférence en 1841-1842, membre du conseil de l'ordre de 1851 à 1867, bâtonnier de 1864 à 1866, il exerce jusqu'en 1892.

Desmarest a notamment été l'avocat de Claude-François-Xavier Considère (déjà condamné pour le complot dit « des Tours de Notre-Dame ») devant la Cour des pairs en 1841. Il a aussi défendu les intérêts d'Adrien Tournachon (en procès avec son frère pour l'utilisation du pseudonyme Nadar) en 1857J. Sabatier, La Tribune judiciaire, recueil des plaidoyers et des réquisitoires les plus remarquables des tribunaux français et étrangers, t. 5, Paris, Borrani, 1857, .. Il a également plaidé en faveur de plusieurs journaux tels que Le Siècle, Le Charivari ou encore La Revue de Paris.

Engagement politique

vignette|Portrait de Desmarest gravé par Bocourt d'après une photographie de Nadar (1864).

Pendant les premiers mois de la Deuxième République, Desmarest est chef de cabinet du ministre de la Justice Adolphe CrémieuxLa Presse, 28 février 1848, .. Lieutenant de la garde nationale, le jeune avocat est décoré de la Légion d'honneur au mois d'août après avoir été blessé (d'une balle dans le bras) pendant l'assaut de la barricade du faubourg Saint-Denis le , lors des événements qui ont ensanglanté la capitaleRelation des principaux événements arrivés dans les journées des 23, 24, 25 et 26 juin 1848, Paris, Carré, 1848, .. Par arrêté du , il est nommé adjoint au maire de l'ancien Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, n 9, 1848, .. Le mois suivant, il est l'un des membres fondateurs et secrétaires d'un comité politique républicain favorable au général Cavaignac, l'Association démocratique des amis de la Constitution. Ayant été l'un des premiers signataires de la pétition des « Amis de la Constitution » contre la loi du 31 mai 1850Le Siècle, 14 et 15 mai 1850, ., il est révoqué de ses fonctions municipales. Daté du Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, n 5, 1850, ., le décret de révocation précède ou suit de peu l'annonce de la démission du maire du , Hamelin, et de ses deux adjoints, Gremilly et Desmarest.

Opposant au Second Empire, Desmarest décline toute candidature lors des élections de 1869 au Corps législatif par refus de prêter sermentLe Temps, octobre 1869, .. En , il a pris la direction de La Critique française, revue philosophique et littéraire éditée par Henri Plon, à laquelle ont contribué des républicains tels que Garnier-PagèsLa Presse, 22 janvier 1861, ., Laurent-Pichat ou Jules BarniJean-François Vaudin, Gazettes et gazetiers, histoire critique et anecdotique de la presse parisienne, deuxième année, Paris, Dentu, 1863, .. En 1862, Desmarest fonde avec Garnier-Pagès l'Association internationale pour le progrès des sciences socialesPierre Larousse, Grand dictionnaire universel du , t. 4, Paris, 1869, ..

En , quelques jours après la proclamation de la République, il est nommé conseiller d’État et président du Conseil des prises. Il exerce peu de temps ces fonctions car il est élu maire du de Paris lors des élections de novembre 1870. Au second tour du scrutin, il a battu le maire sortant, Gustave Chaudey, avec sur .

Candidat aux élections du 8 février 1871, il remporte sur mais n'obtient pas de siège à l'Assemblée nationale.

En , Desmarest tente de résister, aux côtés de Pierre Tirard et d'autres maires parisiens, face aux exigences du Comité central porté au pouvoir dans la capitale par l'insurrection du 18 marsPierre Milza, « L'Année terrible », t. II (La Commune), Paris, Perrin, 2009, .. Présenté par les électeurs conservateurs du aux élections du 26 mars 1871, il est élu membre du Conseil de la Commune (le troisième dans son arrondissement, derrière Ranc et Parent)Ernest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, . mais en démissionne aussitôtErnest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, .. Le suivant, en vue du second tour des élections au conseil municipal, les électeurs républicains du quartier Saint-Georges le choisissent pour candidatLe Petit Journal, 29 juillet 1871, . (en remplacement de Suret et Lefort, qui ont totalisé 615 voix au premier tour), mais il n'obtient que 861 voixErnest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, ..

Par la suite, il est le candidat des républicains dans la deuxième circonscription de l'arrondissement de DieppeViator, « Le libérateur de la Norvège », Le Gaulois, 11 août 1877, . lors des élections législatives de 1877. Avec seulement sur , il est largement battu par le conservateur Armand Le Bourgeois, député sortant.

Veuf en premières noces de Catherine Bayard (qu'il avait épousée en 1846), Desmarest se remarie en 1876 avec Marie-Cécile-Mathilde Bouneau, veuve de Louis-Thomas-Laurent Brière de l'Isle et fille du pédiatre Jean-Baptiste Bouneau, propriétaire du château de Puymoger, à Javerlhac en DordogneÉtat civil de la commune de Javerlhac, registre des mariages, acte n 12 du 13 novembre 1876.. Maire de cette commune de 1882 à 1886, Desmarest dirige Le Républicain de Nontron à partir de 1884Émile Mermet, Annuaire de la presse française, Paris, 1884, .. Résidant dans le château hérité par son épouse, il y meurt le État civil de la commune de Javerlhac, registre des décès, acte n 6 du 3 mai 1901..

Publications

Ernest Desmarest a publié : (avec Hippolyte Rodrigues) De Constantine et de la domination française en Afrique, Paris, Delaunay, 1837. Les Principes et les hommes, esquisses rétrospectives, Paris, Delaunay, 1840. Les États provinciaux, essai sur la décentralisation, Paris, Librairie internationale, 1868. Les Acteurs du drame contemporain, silhouettes politiques : M. Gambetta, Paris, Dentu, 1882.

Notes et références

Voir aussi Notices biographiques

Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, 1893, . Bulletin annuel de l'Association amicale des secrétaires et anciens secrétaires de la Conférence des avocats à Paris, 1898, .

Articles connexes Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris

Liens externes

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