Joseph Marie Gustave de Bordes-Lassalle, dit Gustave Lassalle-Bordes, est un peintre français romantique du , né le à Juilles et mort à Auch le Acte de décès n° 336 en date du 18 novembre 1886, Archives départementales du Gers, registre des décès de la commune d'Auch pour l'année 1886, 5 E 37653, vue 58/71 ..
Biographie Issu d'une famille de la petite noblesse gasconneJoseph Noulens, Maisons historiques de Gascogne, Guienne, Béarn, Languedoc et Périgord, Notice de Bordes, Paris, A. Aubry et J.-B. Dumoulin, 1866, p. 80 ., il est fils d'Antoine André de Bordes de Lassalle (1771-1842), gentilhomme vétéran de l'Armée de Condé natif de Condom, un temps maire de Juilles (Gers), et finalement devenu officier dans les chevau-légers de la Garde royale puis chef d'escadron dans la Gendarmerie royale sous Louis XVIIIDossier individuel d'officier, Service historique de la Défense, GR 2 Ye 445/33., et de son épouse Rose Thérèse Pétronille Bourdens.
Ses date et lieu de naissance, longtemps demeurés inconnus, ont fait l'objet de nombreuses spéculations dans la littérature spécialisée, le faisant généralement naître en 1814 ou 1815 à Auch. Plus prudent, l'historien Jacques Lapart rappelle quant à lui qu'aucun acte d'état-civil ne vient étayer cette hypothèse pourtant relayée en cascade, et envisage même que le peintre ait pu voir le jour autre part dans le Gers..
Mais un écrit de Gustave Lassalle-Bordes, publié dans le tome II des Lettres de Eugène Delacroix (1880), éclaire cette question sous un jour nouveau, tout en expliquant les distorsions de son patronyme :
Philippe Burty, Lettres de Eugène Delacroix, tome II, Paris, G. Charpentier, 1880, p. VI .
Et lorsqu'il s'agit de fournir plus de détails sur sa vie, l'artiste se contente de renvoyer les lecteurs quelques lignes plus loin à l'entrée qui lui est consacrée dans la Biographie nationale des contemporains, parue en 1878, sous la mention vedette éloquente : « LASSALLE-BORDES (Gustave-Joseph-Marie), né près d'Auch, le . »Ernest Glaeser, Biographie nationale des contemporains, Paris, Glaeser, 1878, p. 406 . Données que confirme presque intégralement l'état-civil de Juilles – commune voisine d'Auch dont son père sera maire –, où l'on retrouve enregistré l'acte de naissance d'un certain Joseph Marie Gustave Bordes, né le ... 1812 !Acte de naissance n° 5 en date du 26 janvier 1812, Archives départementales du Gers, registre d'état-civil de la commune de Juilles pour les années 1792 à 1812, 5 E 278, vue 154/388 .
Formation à Paris Il monte à Paris à 17 ans pour y étudier la peinture et plus particulièrement la peinture d’histoire. Il est l'élève de Paul Delaroche et le collaborateur de Charles-Philippe Larivière, peintre d’histoire. Puis il travaille avec Jules-Claude Ziegler sur la réalisation des peintures de la coupole de l’église de la Madeleine, à Paris. Collaborateur, il va ainsi apprendre « à peindre dans la manière de ».
Il commence à exposer aux Salons officiels en 1835 où il expose deux tableaux qui sont remarqués par la critique. En 1837, l’État lui commande un tableau représentant « Le Christ apaisant la tempête ». Il est présenté au Salon de 1837 et retient l'attention de Delacroix
Principal collaborateur de Delacroix thumb|left|Gustave Lassalle-Bordes : Les sept Maccabées (église Saint-Raymond d'Audierne). En 1838, il entre dans l’atelier de Delacroix, rue Neuve-Guillemin, où il est massier, c'est-à-dire le responsable, jusqu'en 1846, et son principal assistant. Il aide Delacroix à la réalisation des peintures murales de la bibliothèque de l'Assemblée nationale et celle du Sénat.
Mais en 1848, ses relations avec le maître s’altèrent. Il a témoigné auprès de Philippe Burty de sa collaboration avec Delacroix, parlant de la technique du maître, mais avec l’esprit aigri de celui qui a travaillé dans l’ombre.
Au Salon de 1850, Lassale-Bordes présente le tableau intitulé Le Martyre des sept frères Macchabées, ou La Mort des Macchabées. Il est acheté par l’État. Il est conservé dans l’église Saint-Raymond d’Audierne..
Un désaccord va se produire avec Delacroix au sujet des peintures murales de l'église Saint-Sulpice de Paris. Delacroix a décidé de prendre comme aide Pierre Andrieu en Jack J. Spector, The Murals of Eugene Delacroix at Saint-Sulpice, (lire en ligne).. Delacroix explique dans une lettre de que ce remplacement a été causé par une indisposition de Lassale-Bordes.
Il s'est brouillé avec Delacroix en 1851. Il l'a accusé d’avoir empêché le préfet de la Seine, Georges Eugène Haussmann, de lui confier la décoration du sanctuaire de l’église de Belleville et des travaux importants dans le Conseil d’État.
Retour dans le Gers Ulcéré, il quitte Delacroix pour rentrer dans sa province natale et s'installe définitivement à Auch en 1853. Il est alors un peintre reconnu grâce à sa collaboration avec Delacroix, à ses médailles obtenues aux Salons et des critiques élogieuses, en particulier celle de Charles Baudelaire au Salon de 1846, pour la mort de Cléopâtre.
Jusqu’à sa mort, Lassalle-Bordes a vécu à Auch de sa peinture et de son emploi de professeur de dessin dans les écoles communales.
Il se voit attribuer de nombreuses commandes pour les églises et les châteaux de la région. En 1854, il fut ainsi chargé de la décoration de l’église Saint-Nicolas de Nérac. Le curé Joseph-Emmanuel de Vivie se plaint de la difficulté de collaborer avec lui. En 1870, il a reçu la commande de la décoration de trois chapelles de la cathédrale Saint-Pierre de Condom.
Il participe aussi aux expositions régionales. En 1862, il expose un Chien épagneul rapporteur et un Trophée de chasse. En 1863, il présente une Nature morte aux fruits et au gibier exposée aujourd'hui au musée de l'Armagnac, à Condom.
Le marquis de Pins lui confie en 1865 la décoration du château de Montbrun, à Cologne, avec une série de toiles représentant Apollon, Aurore, Cérès, etc.
Il s'est lancé dans une série de portraits de personnages illustres qui devaient décorer les Salles des illustres des hôtels de ville d'Auch, de Lectoure ou de Condom. Il réalise huit tableaux pour la salle des Illustres de l'hôtel de ville d'Auch qui est inaugurée en 1868Office du tourisme d'Auch : salle des Illustres..
En 1872, il est nommé professeur de dessin au lycée d'Auch.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jacques Lapart, Données nouvelles sur le peintre gersois Jacques Gustave de Lassalle-Bordes, , Bulletin de la société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers, Auch, trimestre 2002 Eric Parant, Gustave de Lassalle-Bordes : dans l’ombre de Delacroix, , Société des amis du musée national Eugène Delacroix, bulletin , Paris, Sous la direction de Georges Courtès, Le Gers. Dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours, , Société archéologique et historique du Gers, Auch, 1999
Articles connexes Église Saint-Nicolas de Nérac
Liens externes
Correspondance de Delacroix avec Gustave Lassalle-Bordes Musée des Jacobins d'Auch : Gustave de Lassalle Bordes Musée Paul-Dupuy : La servante noire: études pour La Mort de Cléopâtre Musée Paul-Dupuy : La Mort de Cléopâtre Musée Delacroix : Gustave Lassalle-Bordes (1815-1886) Musée Delacroix : Virgile accueillant Dante dans les limbes La tribune de l'art : Jacques Foucart - À propos de la Descente de croix de Gustave de Lassalle-Bordes (1843), à l’église de Saint-Pal-de-Chalençon (Haute-Loire) Base Joconde : Gustave Lassalle-Bordes
Catégorie:Naissance en janvier 1812 Catégorie:Naissance dans le Gers Catégorie:Décès en novembre 1886 Catégorie:Décès à Auch Catégorie:Peintre romantique français Catégorie:Peintre français d'histoire Catégorie:Peintre d'art sacré Catégorie:Peinture dans le domaine public Catégorie:Décès à 74 ans