Clarisse Lévy-Kinsbourg, née le à Saint-Maurice (Seine) et morte à Paris () le , est une sculptrice française de la période Art déco dont les œuvres sont en grande partie d'inspiration coloniale.

Biographie

Clarisse Kinsbourg, fille d'Edmond Gintzburger dit Kinsbourg (1866-1940), marchand de chevaux, et de Rachel Grosmutts (1862-1925), naît le dans le Val-de-Marne, 23 allée de l'Asile à Saint-Maurice, acte du 01/08/1896, , registre 1MI 2479, vue ..

Le , âgée de , elle épouse à Paris Roger Lévy (1892-1980), un étudiant en droit âgé de , Paris , acte du 30/07/1912 , registre 16M 184, vue ..

Elle entre à l'École des beaux-arts de Paris vers 1919 et est l'élève de Laurent Marqueste (1848-1920), prix de Rome, de Victor Ségoffin (1867-1925), chef de l'atelier de sculpture pour femmes à l'École des beaux-arts de Paris, Auguste Carli (1868-1930), second Prix de Rome, ainsi que de François Sicard (1862-1934), lauréat du Prix de Rome et membre de l'Académie des beaux-artsgallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1921, ; Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1922, ; Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1923, : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1927, ; Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 30 avril 1929, ; Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1932, .. Elle présente ses premières œuvres d'atelier au Salon des Artistes français tout au long des années 1920.

Son mari, conseiller juridique et fiscal de la Maison Van Cleef et administrateur de Sociétés coloniales, Paris , acte du 03/01/1930, , registre 15M 335, vue ., quitte le domicile conjugal en 1928Archives de Paris : Levy Roger, matricule 4644, D4R1 1680 ; archives_FRAD075RM_D4R1_1680_0289_D.jpg.. Clarisse conserve son atelier où le couple s'était installé quelques années auparavant dans le quartier Montparnasse, au 36 avenue de Châtillon (Paris ).avenue renommée avenue Jean Moulin en 1965.. Le divorce entre les deux époux est prononcé le par le tribunal de la Seine à la requête et au profit de Clarisse Lévy-Kinsbourgtranscription le à la mairie de Paris ..

Elle se passionne très tôt pour les arts exotiques qui sont dans l'air du temps, comme en témoignent les succès de l'Exposition coloniale de Marseille en 1922 et de l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931, et s'engage alors dans une carrière qui lui fait quitter régulièrement son atelier parisien pour se rendre dans les colonies et protectorats français grâce aux nombreuses bourses qui lui sont accordées par la Société coloniale des artistes françaisces prix consistent en une somme d'agent et un voyage aller et retour, tant en chemin de fer qu'en paquebot, de Paris au chef-lieu de la colonie et en des moyens de transport dans l'intérieur.. Elle y puise son inspiration tant pour ses nus féminins, son thème de prédilection, que pour des scènes de femmes dans leur vie quotidienne. Elle expose régulièrement au Salon des artistes français et aux expositions de la Société coloniale des artistes françaisSociété renommée Société des beaux-arts de la France d'outre-mer en 1946 ; sa devise est « L’expansion coloniale par l’Art, au profit de la France et de l’Art »..

Après la seconde guerre mondiale, les tensions croissantes dans les pays d'outre-mer en quête d'indépendance entraîne un certain désintérêt du public pour l'art colonial. Clarisse Lévy-Kinsbourg maintient malgré tout ses séjours réguliers hors de la métropole et poursuit sa participation aux expositions de la Société des beaux-arts de la France d'outre-mer.

En 1950, elle quitte la Tunisie où elle a longtemps œuvré afin de poursuivre ses expositions à Paris et de préparer des voyages d'études vers de nouveaux horizons, en Égypte et en Suèdegallica.bnf.fr : Tunisie France, chronique de Bizerte, 28 février 1950, . Dans cet article C. Kinsbourg est nommée Clarisse Kinsbourg-Khemiri. Toutefois aucun document attestant d'une éventuelle union n'a été trouvé ; peut-être s'agit-il d'une union libre ? Dans son acte de décès, Clarisse Kinsbourg est seulement désignée divorcée de Roger Lévy..

Après quelques dernières participations aux expositions organisées par la Société des beaux-arts de la France d'outre-mer, Clarisse Kinsbourg s'éteint le à l'hôpital Broussais 96 rue Didot (Paris ) et est inhumée le dans le carré juif du cimetière du Montparnassearchives.paris.fr : 1959-1960 MTP_RJ19591961_01 vue 15/31. Situation de la sépulture : israélite 1 Ouest 6 Sud..

Œuvre

La carrière artistique de Clarisse Lévy-Kinsbourg connaît deux grandes périodes.

Années 1920 vignette|Nu féminin au lévrier, terre cuite vers 1930. vignette|Nu féminin assis, céramique craquelée vers 1930.

Clarisse Lévy suit le cursus classique de formation à l'École des beaux-arts : études, poses d'atelier, plâtres. Soutenue par ses professeurs successifs elle présente ses premières œuvres d'atelier au Salon des Artistes français.

1920 : Tête de cariatideCentre National des Arts Plastiques : ronde bosse en pierre 67x35x25 cm, copie d'après Puget. Achat à l'artiste en 1920, (Inv. FNAC 3020) ; en dépôt depuis le 30/07/1921 à l'Université de Poitiers (Réf. prêt / dépôt : 49523)., ronde-bosse en pierre, copie d'après Pierre PugetCollection du Centre national des arts plastiques : inv. FNAC 3020, achat à l'artiste par l'Etat (fonds national d'art contemporain) en 1920 ; en dépôt depuis 1921 à l'Université de Poitiers.. 1920 : une étude en plâtre patiné -Vieillard-gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1920, .. 1921 : une étude en plâtre -Pleureuse- (ou Femme pleurant sa faute) et un buste -Tête bestiale-gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1921, ; Le Gaulois : Salon des artistes français, 20 mai 1921, .. 1922 : un buste en pierre -Tête de négresse- et un buste en plâtre -Tête d'homme- (étude)gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1922, .. 1923 : une statue en plâtre patiné -Mulâtresse jouant au dés- qui lui vaut l'attribution d'une mention honorablegallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1923, .Stephane Richemond : Les Salons des artistes coloniaux, dictionnaire des sculpteurs, Les éditions de l'Amateur, 2003, .. 1924 : deux bustes en plâtre -M. Sussel- et -M. Babani-gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1924 .. 1925 : un buste en plâtre - Grain-gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1925, .. 1927 : une grande sculpture en plâtre -Danseuse au tambourin-Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1927, ; books.google.fr : Mercure de France, 1927, volume 196, ; gallica.bnf.fr : La Renaissance, juin 1927, ..

Dans le même temps elle produit de nombreuses autres sculptures dans le style Art déco qui mettent en valeur l'esthétisme du corps de la femme ou évoquent des thèmes intemporels dans des poses de nus reflétant son expérience acquise aux Beaux-arts.

Ces sculptures sont diffusées sous des signatures multiples « Claris Lévy, Clarisse Lévy, C. Lévy » par des éditeurs de renom : en bronze par les fondeurs Arthur Goldscheider, R. Patrouilleau, Ancienne Maison Colin, Susse Frères et Valsuani, en terre cuite ou en céramique par Kaza, éditeur de céramiques réputé de la fin des années 1920 et des années 1930 au 27 rue de Paradis à Paris () qui propose en particulier des craquelés de grande taille particulièrement appréciés par une clientèle aisée de l'époquecertaines sculptures de Clarisse Lévy-Kinsbourg signées « C. Lévy » ou même « Clarisse Lévy » ont été attribuées par erreur à Claude Lévy (1895-1942), peintre décoratrice et membre de l'atelier Primavera (artnet.fr : vente de femme nue à la grappe de raisin du 5 avril 2014) (Alain-René Hardy Bruno Giardi, Les Craquelés Art Déco, Editions Penthesilia, Domont, 2009, et ).Alain-René Hardy Bruno Giardi, Les Craquelés Art Déco, Editions Penthesilia, Domont, 2009, ..

À partir de la fin des années 1920 vignette|Jeune fille slave, marbre rose 1932, exposé salle des fêtes de Saint-Affrique . vignette|Mulâtresse joueuse de dés - bronze. vignette|Mère et son enfant sur le dos - bronze.

La seconde période de sa carrière, à partir de la fin des années 1920, correspond à ses séjours dans les colonies et protectorats français. C'est le début de ses premiers vrais succès dans les expositions du Salon des artistes français. Ses œuvres sont signées « Clarisse Lévy-Kinsbourg » ou « C. Lévy-Kinsbourg » et, plus tard, « C. Kinsbourg-Lévy », « C.L. Kinsbourg », « L-Kinsbourg »ou simplement « Kinsbourg ».

En 1929, elle expose au Grand Palais une statue de pierre -Mulâtresse joueuse de dés-, probablement un aboutissement de la statue en plâtre qui lui valut une mention honorable en 1923gallica.bnf.fr : Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais 1929, .; Le Monde colonial illustré, juin 1929, . Cette sculpture sera mise en dépôt à Bonneuil-sur-Marne en 1961 : gallica.bnf.f r : Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 10 juillet 1961, .. Elle reçoit une médaille d'argent pour cette nouvelle œuvreStephane Richemond : Les Salons des artistes coloniaux, dictionnaire des sculpteurs, Les éditions de l'Amateur, 2003, . gallica.bnf.fr : Le Petit Parisien, 30 mai 1929, ; Excelsior, 3 juin 1929, ; Explication des ouvrages de peinture...sculpture..des artistes vivants, 1929, ; Comoedia, 30 mai 1929, ; Journal de débats politiques et littéraires, 30 mai 1929, ; Le Matin, 30 mai 1929, ; Le Temps, 30 mai 1929, ; Le Droit, 6 juin 1929, .. La Ville de Paris en fait l'acquisition pour le Petit Palaisbooks.google.fr : Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 12 septembre 1929, ; Revue hebdomadaire, volume 6, .. Cette sculpture sera ensuite éditée en bronze sur socle de marbre. La même année, elle reçoit le prix de Madagascar en suppléantegallica.bnf.fr : La Chronique coloniale, 30 janvier 1929, ; Le Petit Parisien, 13 juin 1929, ; Comoedia, 13 juin 1929, ; Paris-soir, 14 juin 1929, ; L'Ami du peuple, 13 juin 1929, ;Les Annales coloniales, 13 juin 1929, ; Journal des débats politiques et littéraires,  8 juillet 1929, ; La Tribune de Madagascar et dépendances,  23 juillet 1929, ; Madagascar, 7 août 1929, ..

En 1930, elle présente un buste en marbre jaune de Sienne -Tête asiatique- aux côtés d'un de ses maîtres François SicardDocplayer.fr : Salon de 1930-Section de sculpture, . gallica.bnf.fr : Le Monde colonial illustré : janvier 1930, ; Explications des ouvrages de peinture, sculpture des artistes vivants : exposition au Grand Palais, 1930, ..