Le vol American Airlines 77 est un vol intérieur de passagers détourné par cinq terroristes d'Al-Qaïda dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001. Les pirates de l'air font délibérément s'écraser l'avion contre le Pentagone à Washington, tuant les 59 autres personnes à bord et 125 personnes au sol. L'avion impliqué, un Boeing 757-200, faisait la liaison transcontinentale quotidienne entre les aéroports internationaux de Dulles, à Washington DC et de Los Angeles en Californie.

D'après les conclusions de l'enquête officielle, trente minutes après le décollage, les pirates entrent de force dans le poste de pilotage et maîtrisent le commandant de bord et le premier officier. Hani Hanjour, membre d'Al-Qaïda et pilote entraîné, prend le contrôle de l'aéronef. Le vol 77 éteint son transpondeur à et disparait des écrans radar pendant 36 minutes.

L'appareil se serait écrasé sur le quartier général du département de la défense des États-Unis à , heure locale. L'impact et l'incendie qui en résulte causent l'effondrement d'une partie du bâtiment. Pendant les travaux de recherches sur le site, les travailleurs trouvent et identifient la quasi-totalité des restes des victimes et des terroristes du vol 77 ainsi que ceux des personnels du Pentagone tués dans l'attentat.

Terroristes Hani Hanjour, Arabie saoudite, pilote siège 1B Nawaf al-Hazmi, Arabie saoudite, siège 5E Salem al-Hazmi, Arabie saoudite, siège 5F Khalid al-Mihdhar, Arabie saoudite, siège 12B Majed Moqed, Arabie saoudite, siège 12A

Hanjour est le premier des terroristes à venir aux États-Unis en 1991, bien avant de se radicaliser. Après plusieurs cours de pilotage cette même année aux États-Unis à Scottsdale, il reçoit sa licence de pilote commercial en .

Susan Khalil, qui a hébergé Hanjour lors de son séjour en Arizona à partir de 1996, déclare : .

Marilyn Ladner, vice-présidente de l'académie aéronautique internationale de Pan Am, déclare : .

Abul-Rahman Hanjour, frère aîné d'Hani déclare : .

Il voulait devenir pilote de ligne pour Saudia mais fut recalé après une mauvaise performance à l'école civile d'aviation de Djeddah. Le frère d'Hanjour expliqua des années plus tard qu'il se radicalisa à la suite de cet épisode. Hanjour quitta de nouveau l'Arabie saoudite fin 1999, prétextant chercher du travail chez une compagnie aérienne aux Émirats arabes unis mais en réalité se rendit en Afghanistan pour s'entraîner comme combattant au service d'Al-Qaïda où il fut recruté pour former le commando d'un des avions à pirater aux États-Unis du fait de ses compétences en matière de pilotage.

Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar étaient tous deux des djihadistes respectés aux yeux d'Oussama ben Laden. Ils arrivèrent tous deux aux États-Unis en . Ils s'inscrivirent à une école de pilotage, mais se montrèrent peu performants lors de leurs leçons et à ce moment-là Hanjour fut désigné comme le pirate-pilote.

Ils furent rejoints par Majed Moqed et Salem al-Hazmi au printemps 2001.

Mark Rossini, agent du FBI, déclare à leur propos : ..

Vol Le vol 77 est assuré par un Boeing 757 en service depuis 1991. L'équipage est composé du commandant Charles Burlingame (diplômé de la Marine et ancien pilote de chasse), du premier officier David Charlebois et des hôtesses de l'air Michelle Heidenberg, Renee May et Jennifer Lewis ainsi que le steward Kenneth Lewis, époux de cette dernière. L'avion peut accueillir 188 personnes mais avec seulement 58 passagers le , il était rempli au tiers à peine de sa capacité. American Airlines confirma que les mardis étaient les jours où il y avait le moins de passagers, avec le même taux de remplissage les mardis depuis trois mois pour le vol 77.

Embarquement et départ Khalid al-Mihdhar et Majed Moqed sont les premiers des terroristes à enregistrer leurs bagages à l'aéroport international de Washington-Dulles à 7 h 15. Ils se rendent ensuite au point de contrôle à 7 h 18. Les frères al-Hazmi passent peu après le point de contrôle, à 7 h 29, suivis d'Hani Hanjour à 7 h 35. Hanjour, Mihdhar et Moqed sont sélectionnés par le Computer-Assisted Passenger Prescreening System mais les cinq terroristes embarquent finalement à bord de l'avion sans problème entre 7 h 50 et 7 h 57. Les bagages de Moqed et Salem al-Hazmi sont retenus jusqu'à ce que l'on soit assuré qu'ils aient embarqué.

À bord du vol 77, Hanjour et les frères al-Hazmi s'installent en première classe tandis que Moqed et Mihdhar sont en classe économique. En dehors des cinq terroristes, il y a parmi les passagers 26 hommes, 22 femmes et 5 enfants âgés de trois à onze ans.

John Thompson, un joueur de basket, devait prendre le vol 77 pour se rendre à Los Angeles comme invité à un show télévisé et se rendre le à l'anniversaire d'un ami à Las Vegas. Cependant l'équipe du show changea ses plans au dernier moment afin qu'il voyage le même jour que le show, en l'occurrence le 12.

L'avion devait décoller à mais du fait du fort trafic le , il ne reçut la clairance pour être poussé qu'à . L'avion décolle finalement à .

À ce moment-là, la Federal Aviation Administration de Boston doit faire face à une situation de crise : le vol American Airlines 11, lui aussi à destination de Los Angeles, vient d'être détourné.

Pendant que le vol 77 augmente son altitude pour atteindre sa croisière, les contrôleurs aériens de Boston entendent les voix des pirates de l'air du vol 11 dans un message adressé aux passagers contenant la phrase : « Nous détenons des avions. » Mais ne remarquent pas encore cet avertissement. Le trafic aérien suit son cours, il n'est pas encore question d'état d'alerte.

À , le vol 77 entre dans l'espace aérien d'Indianapolis. L'avion atteint à son altitude de croisière. Au même moment, le vol 11 percute la tour Nord du World Trade Center à New York. Les pilotes et les passagers du vol 77, tout comme les autres appareils en l'air, ne sont pas informés de ce qui semblait être un accident aérien.

La dernière transmission radio normale du vol 77 a lieu à . Au même moment, les contrôleurs aériens de New York réalisent que le vol United Airlines 175 vient d'être détourné.

Détournement vignette|260px|Le trajet du vol 77, d'après la commission d'enquête officielle. La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis estime que le vol 77 fut détourné entre et , une demi-heure après son décollage. À , l'avion commence à dévier de sa trajectoire vers Los Angeles et à , le transpondeur de l'avion est coupé : l'appareil disparait alors des écrans du radar d'Indianapolis. L'avion se dirige vers Washington.

Les pilotes peuvent signaler une urgence en composant un code approprié sur le transpondeur (7500 pour un détournement d'avion, 7600 si la radio est en panne et 7700 pour toute situation de détresse), ce qui ne prend pas plus de 2 ou 3 secondes. Il faut donc supposer que le pilote, Charles Burlingame, n'a pas eu le temps de composer ce code.

Contrairement aux trois autres vols détournés, il n'y a aucune forme de violence envers l'équipage et les passagers ou aucune menace de bombe, et il est probable que les pilotes furent envoyés à l'arrière de l'avion avec le reste des passagers Rapport..

L'Indianapolis Center alerte American Airlines à de la disparition de l'appareil puis prévint d'autres centres de contrôle à , leur demandant de regarder attentivement leurs écrans radar. À ce moment-là, il n'est pas encore au courant que les vols 11 et 175 sont détournés. À , un communiqué de lIndianapolis Center annonce que le Boeing 757 s'était probablement écrasé en Virginie occidentale.

American Airlines est mis au courant de la disparition du vol 77 à 9 h 05. À ce moment-là les vols 11 et 175 se sont déjà écrasés dans le World Trade Center. American Airlines émit l'hypothèse que le vol 77 est le second avion qui vient de s'écraser sur la tour sud du World Trade Center (en fait il s'agissait du vol 175). Constatant qu'il s'agissait du deuxième incident impliquant un Boeing d'American Airlines, la compagnie ordonne à tous ses avions de ne pas décoller.

vignette|250px|Caméra de vidéosurveillance filmant le crash du vol 77. Au même moment, le vol 77 réapparait sur les écrans du radar d'Indianapolis au-dessus de la Virginie occidentale, mais les contrôleurs aériens ne le remarquent pas car ils pensent que l'avion se trouve dans le Kentucky. Il entre dans le Washington Center à .

À , l'autopilote du vol 77 est brièvement désengagé avant d'être reconnecté à .

Informé à du détournement du vol 11 peu après son départ de Boston, l'''Indianapolis Center commence à douter du crash du vol 77 et suspecte un détournement.

À , la FAA est informée de la disparition du vol 77. Elle établit à une ligne ouverte avec d'autres centres de contrôle pour coordonner leurs actions.

À , la FAA demande à la tour de contrôle Reagan de l'aéroport de Dulles de chercher un avion non identifié sur leur radar primaire.

À , la FAA est informée du possible détournement du vol 77.

À , Hani Hanjour réussit à désengager l'autopilote de l'avion. L'avion est à ce moment à .

Détecté à l'ouest de Washington par la tour Reagan à , l'avion se dirige vers la zone protégée incluant la Maison-Blanche, le Capitole et le Pentagone. Le contrôle aérien prévint la Présidence (en l'occurrence le vice-président Dick Cheney, George W. Bush se trouvant alors en Floride) de l'approche de cet aéronef inconnu : .

À , la tour de contrôle constate que le vol 77 vient de changer de direction et se rapproche de l'aéroport national de Washington Ronald-Reagan : .

À , le vol 77 change de nouveau de direction et se rapprocha du district de Columbia. Au même moment le Secret Service ordonne l'évacuation de Dick Cheney de la Maison-Blanche. Il est évacué par des agents du Secret Service dans le bunker du centre opérationnel d'urgence présidentiel de la Maison-BlancheDéposition devant la commission Kean le 23 mai 2003, En ligne ainsi qu'en vidéo..

vignette|centré|350px|Le trajet du vol 77 (en jaune) à Washington DC juste avant l'impact avec le Pentagone. En abordant l'agglomération urbaine de Washington, l'avion s'engage dans une descente de plus de deux mille mètres accompagnée d'un virage à 330° se terminant par un vol en rase-mottes de plusieurs centaines de mètres Pilots for Thruth, nombreux documents sur le parcours de l'avion..

Les contrôleurs aériens demandent à Steven O'Brien, pilote d'un avion cargo C-130 Hercules non-armé de la National Guard, de suivre cet avion. Il obtempère et leur signale qu'il s'agit d'un Boeing 767 ou 757 d'American Airlines. O'Brien a des difficultés à suivre le vol 77, ce dernier volant beaucoup trop vite. Il le perd de vue avant d'apercevoir une énorme « boule de feu ». Il pense d'abord que l'avion s'est écrasé au sol. Il voit alors un trou béant dans la façade ouest du Pentagone puis rapporte à la tour de contrôle à : .

Juste avant de s'écraser, le vol 77 arrache avec ses ailes plusieurs lampadaires du Washington Boulevard.

Appels téléphoniques Deux personnes à bord contactèrent l'extérieur par téléphone.

À , l'hôtesse de l'air Renee May appelle ses parents pour les avertir du détournement de l'avion par six individus. Elle leur demande de prévenir American Airlines, qui est déjà au courant du détournement.

Entre et , la journaliste Barbara Olson contacte à deux reprises son époux Theodore. Elle l'avertit que les terroristes détiennent des couteaux. Elle lui dit que les pirates de l'air n'étaient pas au courant de son appel et que les pilotes étaient à l'arrière à ses côtés. Enfin elle lui rapporte que le pilote (probablement Hani Hanjour) avait annoncé le détournement de l'avion sur la radio de l'avion. Ted Olson lui demande où elle se trouvait et elle lui répondit que l'avion survolait une zone résidentielle. Il l'informa ensuite des attaques contre le World Trade Center ; elle ne présenta pas de signe de panique.

Ted Olson confiera à Newsweek : .

Présence de la chasse aérienne