Karl-Heinrich Jakob Brenner (né le , mort le ) était un officier supérieur du Troisième Reich. Il a successivement servi dans la Deutsches Heer et dans la Waffen-SS, en tant que Gruppenführer. Il a également suivi une longue carrière au sein de la police, comme Generalleutnant. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a été récompensé de la croix de chevalier de la Croix de fer, de la croix allemande en or, de l'Insigne des blessés ainsi que de nombreuses récompenses militaires attribuées à son expérience du terrain.
Biographie Jeunesse Karl-Heinrich Brenner est né le à Mannheim, dans le grand-duché de Bade, de l'union du commerçant Georg Jakob Brenner et de son épouse, Anna Elisabeth (née Leucht).
Après avoir obtenu l'Abitur, il s'oriente directement vers un collège technique. Mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale va bouleverser son parcours.
Première Guerre mondiale Le , il s'enrôle en tant que volontaire dans le , stationné à Rastatt. Dès le , et jusqu'à l'armistice de 1918, il sert dans le et combat sur le front de l'Est, en tant qu'adjudant.
Durant le conflit, il est décoré de la croix de fer de et pour la bravoure dont il a fait preuve. Brenner retourne à la vie civile, totalisant quatre blessures au combat.
Entre-deux-guerres Malgré tout, la vie militaire manque rapidement à Brenner, qui décide de rejoindre, le , le Badischen Freiwilligen Bataillon Ost. Le , il est transféré à la jeune Reichswehr de la République de Weimar, qui remplace provisoirement la Deutsches Reichsheer au lendemain du traité de Versailles, qui en limite drastiquement l'effectif. Là, il est affecté au d'infanterie de la .
Fidèle à sa qualité de militaire et parfaitement intégré dans les milieux fraternels de l'armée de terre, Brenner est, à l'instar d'un grand nombre de ses camarades, proche des corps franc qui revendiquent la chute du régime de Weimar et contestent la légitimité du traité de Versailles. Informé de l'imminence d'une tentative de coup d'État, mené par Wolfgang Kapp et le général von Lüttwitz, Brenner prend part, en , au putsch de Kapp. Malgré sa réussite, le soulèvement est contré par l'insurrection générale des syndicats et des partis de gauche.
Un mois plus tard, le , Brenner quitte la Reichswehr et rejoint la Landespolizei du land de Bade. Là, il est intégré à la police de sûreté, où il parvient également à gagner le poste de directeur sportif de la police de Bade. C'est ainsi qu'il participe à diverses compétitions, et qu'il devient champion national dans l'épreuve de course de . Il devient également champion lors de plusieurs épreuves de ski, toujours dans les compétitions organisées au sein des forces de police.
Au NSDAP En 1926, Brenner, fasciné comme beaucoup de jeunes de son âge par le succès et les promesses du Parti national-socialiste (NSDAP), entre en contact avec les milieux nazis. Il intègre dès lors l'organisation des Jeunesses hitlériennes, déjà très active, où il gravit rapidement les échelons. En 1933, il rejoint enfin le NSDAP, sous le numéro d'adhésion 3.460.685. Son ambition lui permet d'être nommé, en 1935, au grade de Bannführer des Jeunesses hitlériennes dans le Gau de Bade. Parallèlement, la même année, il rejoint l'École nationale de police de Berlin, où il assiste l'état-major de la police prussienne.
Le , Brenner épouse Ursula Monigner, qui lui donnera plus tard un fils et deux filles. Après leur divorce, celle-ci se remariera avec le général SS Sepp Dietrich.
Jusqu'en 1936, il est adjudant au service de Kurt Daluege. Ce dernier lui suggère de rejoindre les forces de la Schutzstaffel (SS). Entre 1936 et 1939, Brenner change fréquemment de postes, toujours au sein de la police, avant de suivre le conseil de son ancien supérieur, et de gagner les rangs de la Schutzstaffel, où il est aussitôt promu, en raison de ses nombreuses expériences, au grade supérieur d'Obersturmbannführer, équivalent de celui de lieutenant-colonel dans l'armée de terre.
À ce titre, il participe à l'Anschluss en 1938, puis à l'annexion des Sudètes, la même année, à la suite des revendications pangermanistes d'Hitler, qui souhaite réunifier tous les territoires d'influence germanophone. Brenner, opposé au traité de Versailles, voit-là, comme beaucoup d'autres, l'occasion de rendre son honneur au Reich allemand.
Seconde Guerre mondiale Brenner prend également part à la campagne de la Pologne, en , au sein du de police. À la victoire, il est en poste dans la ville de Varsovie où il intègre officiellement le régiment de police de Varsovie, qu'il commandera. Dès lors, Brenner commence une ascension importante dans la SS, participant aux oppressions opérées par ses services dans le territoire occupé de Pologne.
À la déclaration de guerre des Alliés, Brenner est assigné, en , au régiment de police Warsaw, et ce, jusqu'en . À cette date, il rejoint la division SS Totenkopf, où il prend temporairement le commandement du régiment d'artillerie.
Après avoir quitté cette division, il entre dans la SS Polizei Panzergrenadier Division, composé des volontaires des différents corps de police du Reich. Durant ce service, il perd l'œil gauche en 1941, ce qui lui vaut de recevoir l'Insigne des Blessés en or. Par la suite, il est posté au commandement de la Waffen-SS Nord-est, et devient inspecteur de la police de Salzburg.
En , on lui attribue le commandement de l'un des quatre Kampfgruppe, corps tactique de combat provisoire, en poste dans la ville occupée de Toulon. Cette année-là, il se marie pour la seconde fois, se séparant de sa première femme et de ses trois filles. En , il retourne à Berlin après sa nomination au commandement de l'Office central de l'Ordnungspolizei. C'est ensuite à l'Ordnungspoliz de Salzburg qu'il est transféré, où il devient chef des opérations anti-partisans en tant qu'SS- und Polizeiführer au sein de la division Alpenland.
En , il est en poste au commandement de la police en Ukraine. En 1944, après avoir dirigé plusieurs opérations de contre-attaque sur la ligne de front russe aux abords de Lubin, en Pologne, il obtient cette fois la Croix allemande en or, récompense intermédiaire destinée aux titulaires des deux classes de la Croix de Fer ne remplissant pas les conditions très rigoureuses de la Croix de chevalier de la Croix de fer. La citation qu'il obtient est la suivante :
Par la suite, Brenner se voit confier le commandement du Kampfgruppe von Gottberg, et ce dès le mois de . Il remplace également Erich von dem Bach-Zelewski à la tête du Bandenkampfverbände, entre juin et , durant plusieurs opérations menées à l'encontre des partisans. En , il remplace ensuite Gustav Lombard au commandement de la SS de montagne Nord. C'est à ce poste qu'il obtient cette fois la Croix de chevalier de la Croix de fer, au cours du mois de .
Sa division, sous le commandement du d'armée, doit encaisser l'avancée fulgurante des Russes en Carélie. Elle est notamment assignée à réaliser une percée dans le secteur de Kuusamo et à empêcher le mouvement des renforts de l'armée russe. Le , la division se lance dans l'attaque d'un régiment de réserve composé de deux bataillons d'artillerie de montagne. La contre-attaque réussie parvient à fixer la ligne de front le long de la frontière fino-russe.
Après son départ de Finlande, la division est transférée au Danemark, puis en Allemagne, où elle finit par se rendre aux troupes américaines, en Bavière. Brenner demeure au commandement de la division jusqu'au , avant d'être fait prisonnier par les Américains.
Après-guerre Brenner parvient à survivre à sa captivité. Après sa libération, il rejoint sa famille, avec laquelle il part vivre à Karlsruhe, dans le Bade-Wurtemberg. Là, il tente de se lancer dans la politique. Il se présente notamment comme candidat au Bundestag durant les élections fédérales de 1953, sous la bannière de la coalition néo-nazie. Il décède un an plus tard, le , victime d'insuffisance cardiaque.
Distinctions et récompenses Croix de Fer (1914), et Médaille de l'ordre du mérite militaire de Charles-Frédéric Croix allemande (1944) en or Insigne de combat d'infanterie en argent Insigne des blessés (1918) en argent Insigne des blessés (1939) en or Croix de chevalier de la Croix de fer (1944) Médaille de l'Anschluss Médaille des Sudètes Croix du Mérite militaire (Kriegsverdienstkreuz), et Anneau du SS-Ehrenring Croix d'honneur pour les combattants Oldenburgisches Ehrenkreuz, et Chevalier de de l'Ordre du Lion de Zaeringen Preußische Militärverdienstmedaille am Kämpferband, Décoration athlétique de l'Olympia-Ehrenzeichen Broche du Leistungsabzeichen en argent Broche du Deutsches Reichssportabzeichen en or Insigne du Deutsche Lebens-Rettungs-Gesellschaft e.V. Chevron d'honneur de la Vieille Garde (Alten Kämpfer) Lanterne de célébration de la SS Sabre d'honneur cérémonial de la SS
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:SS-Gruppenführer Catégorie:Leutnant du royaume de Prusse Catégorie:Chevalier de 2e classe de l'ordre du Lion de Zaeringen Catégorie:Récipiendaire de la croix de chevalier de la croix de fer Catégorie:Récipiendaire de 1re classe de la croix de fer Catégorie:Récipiendaire de la croix allemande en or Catégorie:Naissance en mai 1895 Catégorie:Naissance à Mannheim Catégorie:Naissance dans le grand-duché de Bade Catégorie:Décès en février 1954 Catégorie:Décès à Karlsruhe Catégorie:Décès à 58 ans