Dalhousie (prononciation en français : , en anglais : ) est une ancienne ville du Nouveau-Brunswick, au Canada. Elle fait partie de la ville de Baie-des-Hérons depuis la réforme de la gouvernance locale du .

Toponyme

La ville fut vraisemblablement nommée ainsi en 1826 par Howard Douglas en l'honneur de lord Dalhousie, qui était en visite à ce moment Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Énergie, Mines et Ressources Canada, Ottawa, 1975, p. 89..

Géographie

Géographie physique Situation Dalhousie est situé à 25 kilomètres de route à l'est de Campbellton, dans le Restigouche. La ville a une superficie de .

Dalhousie est situé à l'embouchure du fleuve Ristigouche dans la baie des Chaleurs. Plus précisément, le fleuve longe la ville au nord en coulant d'ouest en est. Le littoral et les quais forment successivement la baie de l'Ouest, le havre de Dalhousie et la baie de l'Est. À l'est de la ville commence la baie, où s'élèvent les rochers Bon Ami. Au sud-est s'étend l'anse Bellevue puis la baie aux Anguilles.

La ville s'étend sur les pentes du mont Dalhousie, un massif des Appalaches culminant à . Elle est la localité la plus au nord du Nouveau-Brunswick..

Dalhousie est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie..

Géologie La région de Dalhousie possède une histoire géologique assez intéressante. Situées dans les Appalaches, l'une des plus vieilles chaînes de montagnes du monde, certaines parties du terrain sur lequel a évolué Dalhousie ont permis de conserver quelques vestiges d'animaux et de végétaux ancestraux d'il y a 400 millions d'années. Citons notamment le scorpion de mer géant, découvert en 1995 par le paléontologue Randall Miller du Musée du Nouveau-BrunswickExposition du Musée Régional Restigouche, (Curateur : William A. Clarke), Dalhousie, Visité en 2009. .

Géographie humaine Voies de communication et transport La ville de Dalhousie est desservie par plusieurs routes. De loin la plus importante, l'Route 11 (NB) traverse la ville à sa limite. On peut donc accéder à la ville principalement par la sortie 391. Or, à proximité de cette sortie d'autoroute, une aire de service est disponible pour les transports routiers et les voyageurs. Celle-ci comprend une station-service ouverte 24 h par jour, 7 jours semaine, un dépanneur, un restaurant, ainsi que quelques commodités pour les camionneurs.

On peut aussi accéder à la ville par la route 134, qui la traverse de long en large. Or, autant dire que l'on doit emprunter cette route pour se rendre au centre-ville.

Logement La ville comptait 1817 logements privés en 2006, dont 1665 occupés par des résidents habituels.. Parmi ces logements, 73,6 % sont individuels, 2,4 % sont jumelés, 1,5 % sont en rangée, 4,2 % sont des appartements ou duplex, 17,7 % sont des immeubles de moins de 5 étages et 0,6 % sont des immeubles de plus de 5 étages.. 74,8 % des logements sont possédés alors que 25,2 % sont loués. 94,6 % ont été construits avant 1986 et 10,2 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,4 pièces et 0 % des logements comptent plus d'une personne habitant par pièce. Les logements possédés ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la province.

Histoire

thumb|left|280px|Dalhousie, N.-B., regardant la rivière Restigouche, vers 1900 Dalhousie est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Gespegeoag, qui comprend le littoral de la baie des Chaleurs. Ce territoire était revendiqué d'abord par les Iroquois et ensuite seulement par les Mohawks. Selon William Francis Ganong, il est très probable que des Micmacs se soient établis sur le site, d'autant plus qu'une carte de 1778 montre une « pointe Indienne ».

L'emplacement fut découvert par Jacques Cartier en 1534. Néanmoins, Dalhousie n'est fondée qu'en 1826 par des colons écossais et acadiens.. Des francophones d'origine acadienne, québécoise, française et anglo-normande viennent s'établir par la suite. Dalhousie devient le chef-lieu du comté de Restigouche en 1837. L'industrie forestière favorise la croissance du port, qui atteint son apogée durant la première moitié des années 1850, avant de décliner. La paroisse catholique Saint-Jean-Baptiste est fondée en 1865.. Le phare de Dalhousie est érigé en 1870. Le tourisme se développe alors et l'hôtel Inch Arran est construit en 1884 au bord de la plage.

Dalhousie est constitué en municipalité le .. L'école L.E. Reinsborough est inaugurée en 1920 .. En 1930, le bûchage du bois cesse de dominer l'économie locale avec la construction de l'usine de pâtes et papier New Brunswick International Paper Co (NBIP). Dans les années qui suivent, la communauté connait une croissance démographique qui dure jusque vers la fin des années 1970-1980. L'Académie Notre-Dame est inaugurée en 1936 .. La paroisse catholique Saint-Jean-Bosco est fondée en 1948. L'usine de Canadian Industries Limited est construite en 1963, suivie de l'usine Chemical Maritimes Limited en 1965. L'école intermédiaire et l'école secondaire régionale sont inaugurées en 1970. Le magasin d'alimentation Coop est inaugurée la même année sur le chemin Baybreeze.

En juin 1982, un incendie se déclare dans une cour à bois de l'usine de pâte et papier et dure plusieurs jours. L'école Aux-Quatre-Vents est inaugurée en 1983.

Dalhousie accueille la XII finale des Jeux de l'Acadie en 1992.

Dans les années 1990, l'urbanisation et la centralisation s'avèrent un phénomène imminent, au détriment du nord de la province. Alors, on voit un exode rural massif vers les villes du sud de la province du Nouveau-Brunswick.

Dans les années 2000, la ville est aux prises avec d'autres problèmes : la crise du bois d'œuvre pour l'exportation vers les États-Unis et le développement du marché asiatique. Après la fermeture de l'usine Smurfit Stone, qui secoue durement la ville de Bathurst, l'usine de pâte et papiers (act. Bowater) est menacée mais grâce à une décision coûteuse et périlleuse, l'avenir de cette usine est provisoirement sauvé. Le magasin d'alimentation Coop est fermé en 2003.

Un nouveau centre correctionnel régional, d'une capacité de 100 prisonniers, est inauguré en 2011.. L'usine AbitibiBowater est démolie en 2012.

thumb|right|280px| Travailleurs d'usine à Dalhousie, N.-B., vers 1900

La crise industrielle de 2007-2010

thumb|Ruines de l'usine AbitibiBowater. thumb|Cheminées de la centrale thermique. À partir de 1930, la ville de Dalhousie a pu compter sur trois principales industries : l'usine de pâte et papiers (1930), l'usine de production chimique (années 1960) et la centrale thermique (1969). En 2007, près de 600 emplois directs dépendaient de ces industries, ce qui en faisaient les principaux moteurs de l'économie du Restigouche-Est. Néanmoins, à partir de 2008, ce nombre s'est vu diminuer et se verra progressivement atteindre le zéro.

La fermeture de l'usine de pâtes et papiers (31 janvier 2008) Depuis plusieurs années, le marché du papier est devenu beaucoup plus restreint, en raison de l'informatisation et de la concurrence mondiale. Or, en , les compagnies Bowater et Abitibi-Consolidated pour justement devenir plus compétitives. Ils ont alors formé une nouvelle compagnie, soit AbitibiBowater. Un plan de restructuration était alors en voie de rédaction.

Le vers 17 h (HA), le contenu de ce plan fut dévoilé. Or, cela comprenait la fermeture définitive de l'usine de Dalhousie pour le début du de 2008, soit le . Cette annonce fit l'effet d'une bombe, l'usine assurant 400 emplois directs et plusieurs milliers d'emplois indirects par l'activité économique générée dans la région, comme le port de mer, les compagnies de transport, etc.

La fermeture de l'usine chimique (été 2008) À la suite de cela, le , une autre annonce vint secouer l'économie de la région. Or, la compagnie Olin Chlor Alkali, qui elle aussi avait décidé de restructurer ses activités, décide de fermer ses deux installations à Dalhousie à l'été 2008. Près d'une cinquantaine d'emplois furent perdus.

La fermeture de la centrale thermique (été 2010) La compagnie Énergie NB, qui possédait toujours la centrale thermique de Dalhousie, avait accumulé un énorme déficit en raison de la remise à neuf de la centrale nucléaire de Point Lepreau. En plus de cela, elle devait composer avec la récession mondiale. C'est alors qu'elle envisagea de joindre la société de la couronne Hydro-Québec. Cette entente fut officialisée par les deux premiers ministres des provinces, Jean Charest et Shawn Graham le . Dans l'entente, Hydro-Québec ne voulait pas de la centrale de Dalhousie, jugée inutile par celle-ci. C'est pourquoi on s'entendit de la fermer de façon graduelleEn collaboration avec la Presse Canadienne, "Énergie NB dans le giron d'Hydro-Québec", Radio-Canada, 29 octobre 2009, [en ligne], , site consulté le 29 octobre 2009.

Cette entente avorta néanmoins avant sa mise en application à la suite d'un mécontentement populaire de la population néo-brunswickoise.

Les impacts En voici quelques-uns : Exode des jeunes plus accru. Exode rural généralisé Et le plus menaçant, perte d'environ 2 millions $ dans les revenus de la ville de Dalhousie, ce qui constitue près du tiers du budget municipal. Par le fait même, coupure des servicesIbid..

Promesse du gouvernement, plusieurs projets furent mis de l'avant en 2008 pour relancer l'économie. Parmi les projets qui furent retenus, la construction d'un établissement correctionnel et d'un marché des fermiers, ce qui permettrait à la municipalité de Dalhousie d'aller chercher des revenus en impôts et des emplois pour combler les récentes pertes. Également, divers comités locaux se rallient pour amener de l'emploi et de l'argent à la ville de Dalhousie. Le secteur du tourisme est notamment exploré.

Lors de la dernière annonce de fermeture d'usine en , la population et le conseil municipal déclarèrent publiquement leur inconfiance au gouvernement actuel par le biais des médias. Le maire menaça notamment le gouvernement d'agir ou bien de prendre la clé de la ville et de s'occuper directement du budget. Or, comme le disait le ministre libéral chargé du développement du Nord et député local Donald Arseneault, la ville venait seulement de voir la lumière au bout du tunnel des autres fermetures"Énergie NB : Consternation à Dalhousie", Radio-Canada, 29 octobre 2009, [en ligne], , site consulté le novembre 2009.

Néanmoins, dans une entrevue avec Radio-Canada, le ministre Donald Arseneault avoua que sa position était en jeu et qu'il voulait aider sa région. Il a donc promis à la population de pousser le gouvernement pour qu'il construise un collège communautaire anglophone à Dalhousie et un foyer de soin de 30 millions $"Dalhousie : Fredericton promet de l'aide", Radio-Canada, 30 octobre 2009, [en ligne],, site consulté le novembre 2009.

En 2012, la question budgétaire devint de plus en plus précaire, si bien que la ville eut à demander de l'aide aux municipalités voisines pour le financement du Récréaplex, son complexe sportif avec piscine et gymnase et de son aréna. Toutefois, la plupart des municipalités adjacentes refusèrent, sous prétexte de n'avoir pas assez de fonds pour financer ce complexe. Cela mena entre autres à forcer les autorités de la ville à charger 500 $ de frais d'utilisations aux enfants provenant de communautés ne contribuant pas directement. Par conséquent, cette mesure fut très critiquée, notamment par certains parents de Balmoral et d'Eel River Crossing"Aréna de Dalhousie: «c’est tout simplement au-dessus de mes moyens»", CapAcadie, 8 janvier 2012, [en ligne],, site consulté le 3 juillet 2012.

Démographie