Les Sœurs de la charité de sainte Jeanne-Antide Thouret (en latin : Congregatio Sororum Caritatis a Sancta Ioanna Antida Thouret) forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Histoire

L'institut est fondé par Jeanne-Antide Thouret (1765-1826). Entrée en 1787 chez les Filles de la charité, elle doit les quitter à la suite de la Révolution française qui disperse les sœurs. Elle ne renonce pas à sa vocation et ouvre une école pour les petites filles le à Besançon ; quatre aspirantes à la vie religieuse viennent bientôt lui offrir leur aide. Elles ouvrent ensuite d'autres œuvres comme des dispensaires, des pharmacies, des ouvroirs, la distribution de bouillons pour les pauvres et la visite des malades à domicile. C'est pourquoi on les surnomme rapidement « sœurs du bouillon et des petites écoles ».

La fondatrice reste imprégnée de la pensée de saint Vincent de Paul qu'elle a connu lorsqu'elle était Fille de la charité et prend ce saint pour patron de sa congrégation et comme modèle pour les religieuses. Le , Claude Le Coz, archevêque de Besançon approuve par écrit les constitutions avec permission de les imprimer.

Les Sœurs de la charité se propagent rapidement en France et en Suisse. En 1810, Letizia Bonaparte demande d’envoyer des sœurs à Naples, ville gouvernée par son gendre Joachim Murat, roi de Naples depuis 1808. Jeanne-Antide répond positivement et part elle-même pour accompagner les six premières sœurs qui arrivent à Naples le . Elles s'installent dans le monastère Regina Cœli et prennent en charge le service des malades à l'hôpital des incurables et créent deux écoles près du monastère.

Profitant d'être proche de Rome, Jeanne-Antide envoie une supplique au pape le pour qu'il approuve la règle et les constitutions de sa congrégation. Pie VII donne son approbation le mais ne reconnaît plus l'archevêque de Besançon comme supérieur général, comme cela était le cas auparavant, mais lui donne une simple autorité que possède tout ordinaire sur les instituts de droit pontifical de son diocèse. Or depuis le , l'archevêque de Besançon est Gabriel Cortois de Pressigny, gallican et ultra-royaliste. Il n'accepte pas la décision du pape et interdit à Jeanne-Antide de rentrer dans l'archidiocèse de Besançon sous peine de faire intervenir l'autorité civile. Elle entreprend un voyage en France pour obtenir une réconciliation mais c'est un échec, une scission est faite entre les deux rameaux, italien et français, la congrégation napolitaine des Sœurs de la charité et la congrégation française des Sœurs de la charité de Besançon. L'approbation pontificale de 1819, n'étant valable que pour la branche italienne, la congrégation de Besançon la demande et l'obtient le .

En 1834, François IV, duc de Modène, veut confier l’hôpital de sa ville aux sœurs de la Charité. C'est Sœur Rosalie, nièce de mère Thouret, qui est nommée supérieure de la communauté. Deux ans plus tard, voyant les bons résultats, le monarque désire d’autres maisons de sœurs dans le duché. Pour cela, il demande à Sœur Rosalie d’établir un noviciat dans la capitale du duché, qui est inauguré le . Le , à la demande du pape Grégoire XVI, des sœurs viennent gérer un orphelinat proche de l’hôpital du Saint-Esprit de Romepuis en 1850, les sœurs se chargent des malades de cet hôpital. Un noviciat y est ouvert en 1851, il est transféré au pied de l’Aventin le ainsi que la maison-mère qui est toujours à cet emplacement.

Fusion Plusieurs congrégations ont fusionné avec les sœurs de la charité de sainte Jeanne-Antide Thouret :

Activités et diffusion Les Sœurs de la charité se dédient à l'éducation de la jeunesse, l'assistance aux malades, la visite aux prisonniers, maisons de retraite, foyers d'étudiants, maisons pour malades du sida.

Elles sont présentes:

Europe : Albanie, Espagne, France, Italie, Malte, Moldavie, Royaume-Uni, Roumanie, Suisse. Amérique : Argentine, Bolivie, Brésil, États-Unis, Paraguay. Afrique : Cameroun, Égypte, Éthiopie, République centrafricaine, Soudan, Soudan du Sud, Tchad. Asie : Vietnam, Inde, Indonésie, Laos, Liban, Pakistan, Syrie, Thaïlande.

En 2017, la congrégation comptait dans .

Bibliographie

.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Congrégation catholique féminine Catégorie:Congrégation enseignante catholique Catégorie:Fondation en 1799 Catégorie:Congrégation religieuse de charité