Léopold Armand Hugo né le à Paris et mort le dans la même ville, est un fonctionnaire, mathématicien, graveur et sculpteur français.

Fils d'Abel Joseph Hugo et neveu de Victor Hugo, il est surtout connu pour ses travaux sur les surfaces et volumes géométriques, principalement les équidomoïdes, renommés par lui « hugodomoïdes », qui le conduiront à des délires philosophico-mathématiques.

Biographie Le fonctionnaire membre de sociétés savantes Né le , Léopold Armand Hugo est le fils de Abel-Joseph Hugo (1798-1855), frère du célèbre écrivain Victor Hugo (1802-1885), et de Julie Hugo, (1797-1865), née Louise Rose Julie Duvidal de Montferrier, artiste peintre d’histoire et de portrait, qui avait épousé Abel Hugo le . Léopold Armand Hugo avait presque sept ans quand naquit son unique frère Joseph Napoléon Jules Hugo, qui deviendra jésuite, prêtre de Notre-Dame de Sion.

Léopold Armand Hugo suit les cours de l’École des minesHugo, Léopold Armand Essai sur la cinématique céleste : Astronomie géométrique ; ou, Brèves considérations sur la nouvelle théorie des ovhélites. A. Dutemple, 1876, 30 pp., ce qui lui donne une solide base mathématique et scientifique. Il sera d'ailleurs l'un des premiers membres de la Société mathématique de France. Il étudie également divers sujets comme l'architecture et la sculpture. Étudiant la peinture, il sera élève de Horace VernetStadler, Marta Macho Le geometria de los ‘cristaloides’, segun Léopold Hugo. Cuaderno de cultura científica, abril 2015.. Il entre au ministère des travaux publics où il est chef de bureau. Il devient progressivement membre de plusieurs sociétés savantesGustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains contenant toutes les personnes notables de France et des pays étrangers. , Librairie L. Hachette et , Paris, 1893. iv + 1629 pp..

Le , il épouse à Versailles Marie Jeanne Clémentine Solliers (née le à Dijon, décédée le aux Batignolles) qui, déjà enceinte, donne naissance le à une fille, Marie Zoé Clémentine Hugo.

En 1866, il propose d'interpréter une inscription retrouvée à Alise-Sainte-Reine à partir de l'allemand moderne, qu’il considère très proche de l’allemand ancienHugo, Léopold Interprétation de l'inscription d'Alise In Alisiia, impr. de J. Claye , Paris, 1866, 14 pp.. Son interprétation sera réfutée en détail la même année par Alfred MauryMaury, Alfred Sur un nouvel essai d’interprétation des inscriptions gauloises et en particulier de l’inscription d’Alise par M. la comte L. Hugo. Revue archéologique, nouvelle série, vol.XIV, juillet à décembre 1866, Librairie Académique – Didier et Cie, Paris, pp..8-16. Réponse de Hugo pp. 222-223.Dottin, Georges La langue gauloise. Grammaire, textes et glossaire. Collection pour l’étude des antiquités nationales II, Klincksieck, Paris, 1918, xvii + 364 pp. (pp. 11-12)..

Du mathématicien original au suprême Grand-Lama À partir de 1866, il soumet à l'Académie des sciences plusieurs courts mémoires sur la géométrie descriptive de formes particulières nommés « cristalloïdes » : vignette|redresse|Le dôme de la cathédrale de Florence, demi-équidomoïde octogonal à cylindres elliptiques (ellidomoïde), que Léopold Hugo appelait « hugodomoïde ». Les deux premières, en 1866Hugo, Léopold Essai de géométrie polyédrique: Théorie des cristalloïdes élémentaires. Régnier et Dourdet, 1866. Gauthier-Villars, 1867, 59 pp. et 1867 , traitent de formes géométriques circulaires, pouvant par exemple ressembler au dôme de la cathédrale de Florence. Plus précisément, Léopold Armand Hugo étudie la géométrie polyédrique des cristalloïdes élémentaires à directrice circulaire qu'il nomme équidomoïdes, ellidomoïdes, hyperdomoïdes, paradomoïdes et équitrémoïdes, ellitrémoïdes, hypertrémoïdes et paratrémoïdes, ainsi que diverses généralisations et compléments sur les conoïdes à génératrice courbe, les « cristalloïdes transcendants » et la « quadrature de la surface cylindrique de l’onglet ».

Ces publications démontrent une bonne connaissance de la géométrie descriptive et du calcul intégral. Si elles se situent à mi-chemin entre des divertissements mathématiques (avancés) et des « colles » pour étudiants de Polytechnique ou de Normale Sup’, elles restent aussi académiques que sérieusesJ.P. Le Goff parle de « curieuses théories » : Le Goff, J.P. La sinusoïde n’est pas celle que vous croyez (II). Le miroir des maths [IREM de Basse-Normandie], n° 3, , 28 pp..

vignette|redresse|Carambole, avec sa forme de d'équidomoïde pentagonal étoilé. En 1873, son mémoire sur Les cristalloïdes complexes à sommet étoiléHugo, Léopold Les cristalloïdes complexes à sommet étoilé. Gauthier-Villars, 1873 [ou 1872 ?], 24 pp. traitent des pyramides, paradomoïdes, ellidomoïdes, etc., mais aussi des « solides imaginaires » et « pseudo-cristalloïdes à sommet circulaire ». Le texte est plus littéraire, mais comporte encore quelques équations et formules.

Il publie également, la même année, un Essai sur la géométrie des cristalloïdesHugo, Léopold Essai sur la géométrie des cristalloïdes. Gauthier-Villars, 1873, 20 pp. traitant de « l'expérience de la segmentation du prisme triangulaire », de « la polygonisation des théorèmes dans l’espace » et de « la cristallisation des théorèmes dans l’espace ». Équations et formules disparaissent presque totalement et le texte contient nombre d’envolées littéraires plutôt surprenantes pour ce type de publications : [] [] []

En 1874, son Introduction à la géométrie descriptive des cristalloïdes : une réforme géométriqueHugo, Léopold Introduction à la géométrie descriptive des cristalloïdes: une réforme géométrique. Gauthier-Villars, 1874, 19 pp., purement littéraire, est une suite d’envolées lyriques. Le thème récurrent est que les équidomoîdes formés à partir d’un nombre croissant de cylindres de même diamètre tendent vers une sphère :

Il en déduit que :

En 1875, La question de l'équidomoïde et des cristalloïdes géométriques - Géométrie hugodomoïdale, anhellénique, mais philosophique et architectoniqueHugo, Léopold La question de l'équidomoïde et des cristalloïdes géométriques - Géométrie hugodomoïdale, anhellénique, mais philosophique et architectonique, Rouge, Dumont et Fresné, Paris, 1875, 32 pp. n’inclut plus de mathématiques, mais une série de divagations : []. L’article inclut un « opuscule fantastico-équidomoïdal » : []. On y trouve également la phrase souvent citée : []Itard, Jean Vito Caravelli, Le Traité des hosoèdres, traduit sur le texte latin original par Paul Ver Eecke avec des notes, Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, Vol. 13, n° 13-3, 1960, p. 271 (accès).Pham, Frédéric Intégrales singulières, EDP Sciences et CNRS Editions, 2005, p.141.. Le texte s’achève par l’incantation obscure : [].

En 1875, il publie également Le Valhalla des sciences ou la galerie commémorative de Blois ou Le Valhalla des sciences pures et appliquées, galerie commémorative et succursale du Conservatoire des arts et métiers de Paris, à créer dans le palais neuf de Mansart, au château de Blois''''Hugo, Léopold Le Valhalla des sciences ou la galerie commémorative de Blois ou Le Valhalla des sciences pures et appliquées, galerie commémorative et succursale du Conservatoire des arts et métiers de Paris, à créer dans le palais neuf de Mansart, au château de Blois, 1875, 26 pp.. Le texte inclut une « Base philosophique-géométrique du système décimal et métrique où il affirme : . Il inclut également des considérations sur les orbites planétaires.

En 1876, il publie un Essai sur la cinématique céleste, l’astronomie géométrique et la nouvelle théorie des ovhélitesHugo, Léopold Essai sur la cinématique céleste : Astronomie géométrique ; ou, Brèves considérations sur la nouvelle théorie des ovhélites. A. Dutemple, 1876, 30 pp.. Celui-ci est parsemé de déclarations obscures, du type : .

C’est en 1877 qu’il publiera son article le plus délirant, La théorie Hugodécimale: ou, La base scientifique et définitive de l'arithmo-logistique universelleHugo, Léopold La théorie Hugodécimale: ou, La base scientifique et définitive de l'arithmo-logistique universelle. Laloux et Guillot, 1877, 31 pp. (aussi ici :

[p.3] [p.6] [p.10]

Le texte inclut une « Encyclique Suprémo-lamasique relative à la théorie Hugodécimale » :

Puis une « Évocation chino-tibétaine » :

Une revue de l’article publiée dans les Nouvelles annales de mathématiques conclut : Gérono, M. Publications récentes. Nouvelles annales de mathématiques, Journal des candidats aux écoles polytechnique et normale », deuxième série, tome 16, 1877, pp.278-280..

Il se peut qu’une série d’évènements dans sa vie personnelle ait affecté son équilibre mental. Son frère Joseph meurt en 1863, puis sa mère Julie en 1865. En 1869, sa femme, Clémentine Solliers le quitte. En 1876 sa fille Marie Zoé Clémentine meurt à l’âge de 20 ansAgnès de Noblet mentionne la « conduite blâmable de sa femme » p.234 in de Noblet, Agnès Un univers d'artistes : autour de Théophile et Judith Gautier, L’Harmattan, 2004, 550 pp. ..

Sculpteur, graveur, physicien, architecte, mécène Il présente diverses œuvres de sculpteur à plusieurs Salons annuels (où la présentation des œuvres était pratiquement libreBarozzi, Marco Fulvio La riforma geometrica di Leopold Hugo. Popinga – Scienza e letteratura, 12 juillet 2013.) : un médaillon en marbre représentant son portrait en 1874, un marbre : Électryon, génie de l'électricité terrestre au Salon de 1877Turpaud, Marielle-Frédérique Hommage à Léopold HUGO. La Commune Libre de Montmartre, 2005.Medicus.com Hugo, Léopold: La Théorie Hugodécimale, ou la base scientifique et définitive de l’Arithmo-Logistique Universelle. Par le Cte Léopold Hugo ; (aussi ici)..

Son œuvre gravé, resté confidentiel, comporte une série de curieux autoportraits, dans lesquels il met en scène les différentes facettes de sa personnalité.

En 1884, il soumet une note à l’Académie des Sciences, où il propose de représenter la masse atomique, au sens de William Prout (le nombre atomique) de chacun des métaux alcalins (du lithium au césiumLe francium ne sera découvert que bien plus tard.) comme un ensemble de points répartis au centre et sur les côtés d’un octaèdre régulier et d’un cube. Mais il ne propose aucune interprétation, explication ou applicationHugo, Léopold Sur la figure théorique de certains corps simples formant série. Gauthier-Villars, Paris, 1884. Extrait in Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 98, janvier-juin 1884, pp. 1596-1597..

Il collabore avec l’architecte Louis-François Roux pour présenter au Salon de 1885 un Projet de Palais européen pour l’Association internationale africaine (État du Congo)Charvet, Léon Lyon artistique. Architectes : notices biographiques et bibliographiques avec une table des édifices et la liste chronologique des noms. Bernoux et Cumin, eds., Lyon, 1899, ix + 436 pp. (pp.345-346)..

En , il organise un lancer de pigeons pour honorer le corbillard de son oncle Victor Hugo qui passe sur la place de la Concorde.

En 1886, il fait une donation à l'Académie de médecine destinée à financer « un prix quinquennal de mille francs qui sera décerné par l'Académie à « l’auteur du meilleur travail, manuscrit ou imprimé, sur un point de l’histoire médicale »Bulletin de l'Académie de médecine, vol. 16, série, n° 33, Séance du , p. 161 (aussi ici)..

Mort et postérité thumb|redresse|Tombe de Léopold Armand Hugo au cimetière du Montparnasse (division 18). Son épouse, Clémentine, avait abandonné le domicile conjugal en 1869 pour suivre un amant en Allemagne où elle eut en 1870 une seconde fille. Léopold Armand Hugo intenta une action en désaveu de paternité et une demande en séparation de corps. En 1895, la séparation se transforme en divorce. Léopold s’engage à payer une pension tant qu’il vivrait.