L'histoire de Laval au

Infrastructures L'état des routes, auxiliaire de l'activité commerciale était de plus en plus mauvais en raison de l'effort de guerre et des budgets restreints : les travaux commencés était abandonnés. Leclerc du Flécheray indique dans son mémoire: Car si aucun pays de France a besoin de cette réformation , c'est celui de Laval qui est tout en haut et bas avec des fondrières inaccessibles dans l'hiver et le mauvais temps.

Au début du , le maire René Hardy de Lévaré fait réparer les rues de la ville et fait refaire à neuf le pavé aux entrées et aux sorties de Laval. La marquise de SévignéDescendante de la famille de Mathefelon; c'est Guillaume de Mathefelon qui a fait entrer dans sa famille la terre des Rochers. insiste sur le mauvais état de la route passant par Laval. Elle devait passer par Laval pour se rendre du Château des Rochers-Sévigné à Paris; mais elle aime mieux aller coucher de château en château ; tantôt à Malicorne, chez le marquis de Lavardin, tantôt chez madame de Loresse, parente de madame de Grignan, et cela surtout pour éviter le pavé de Laval dit-elle dans plusieurs de ses lettresLettres du 9 et du 13 décembre 1671.. Calamités et épidémies Une tempête le 2 février 1701 touche Laval, et plus particulièrement l'église de la Sainte-Trinité de Laval où est donnée la messe. La grande tempête de 1705 décoiffe une centaine de maisons et abat dans la forêt de Concise tant de chênes et de fouteaux...qu'il semblait qu'on eut pris plaisir à les entasser les uns sur les autres...

En 1707, la dysenterie fait beaucoup de ravagesIl y a une assemblée générale de l'Hôtel-de-Ville dans laquelle on discute si l'on place les malades dans un local séparé. Quelqu'un proposa de les réunir à l'ancien hôpital Saint-Julien dont les bâtiments étaient vides depuis l'achèvement du nouveau. Mais cette motion fut repoussée avec énergie par les habitants du Pont de-Mayenne. Ils prétendent qu'ils ne pourraient plus venir en ville sans respirer un air vicié. Les voisins menacèrent de déloger. Il fut en conséquence résolu que les malades demeureraient à domicile et que les pauvres y recevraient des secours. Défense fut faite à tous de mettre hors de chez eux les personnes atteintes du mal régnant, qu'elles fussent à gages ou non..

Les années 1708-1710 sont terribles, en particulier la Grande famine de 1709. Elles sont marquées par le Grand hiver de 1709. Le froid commence dès le mois d'Il tombe le 27 de ce mois une grande quantité de neige: les arbres n'étant pas encore dépouillés de leurs feuilles, n'en peuvnt soutenir le poids; leurs branches furent brisées en certains endroits, comme si une forte tempeste y avoit passé. Les rigueurs de janvier furent telles que beaucoup de vignes gelèrent, des chênes s'entr'ouvrirent, beaucoup de noyers séchèrent. Les tisserands ne pouvaient travailler dans leurs caves si froides. Plusieurs personnes moururent gelées. La Mayenne était couverte d'une glace épaisse sur laquelle on allait sans danger depuis Laval jusqu'à Boz. Un prêtre, célébrant les Saints Mystères, vit l'eau qu'il versait dans le calice se congeler contre la paroi sans descendre jusqu'au fond. Mais ce qui fut plus déplorable encore, c'est que les grains semés à l'automne ne purent accomplir leur germination. On essaya de les remplacer par les menus grains que l'on mit en terre au printemps. Malgré cela, l'orge se vendit bientôt cinquante sous le boisseau; le blé noir trente sous. À la récolte le blé valut quatre livres et quatre livres dix sous; le froment cinq livres. Dans l'été, plusieurs personnes ne vécurent pendant quelque temps que des légumes qu'elles dérobaient la nuit, ou recueillaient au coin des bornes dans les rues. Pour comble de malheur, le commerce chômait et la guerre rendait nécessaires des levées extraordinaires d'argent, auxquelles on soumettait même le clergé séculier et régulier et les fabriques des églises. Pourtant la charité ne fut pas inactive. Nous manquons de renseignements sur ce qui se fit à la Trinité; mais à Saint-Vénérand on secourut en 1709, treize cent seize personnes appartenant à trois cent cinquante cinq familles, et, en 1710, seize cent trente-sept pauvres, depuis le mois de janvier jusqu'au mois de juillet. Un grand nombre d'oiseaux périrent de froid ou de faim. Ceux qui survivaient usaient d'industrie. Les corbeaux s'abattaient sur les porcs et les becquetaient jusqu'à les faire mourir. Un tiercelet vint chaque jour plusieurs fois se percher au haut de la croix du clocher de Saint-Vénérand, pendant les mois de février, mars et avril 1709, janvier, février et mars 1710. De ce point élevé son œil plongeait dans les basses-cours voisines et il fondait avec la rapidité de l'éclair sur les volatiles inoffensifs. L'abbé Duchemin qui nous rapporte ces faits, le vit, dit-il, « dans cet exercice. ». La disette, arrive à LavalOn lui donna le nom de fièvre putride. Elle s'attaquait surtout à ceux qui avaient dû le moins souffrir du froid et de la faim, aux riches, aux personnes les mieux portantes. Il en mourait tous les jours, car très peu revenaient à la santé. À la Trinité, il y eut plusieurs fois deux et trois sépultures solennelles dans la même journée. Les cloches sonnaient sans cesse. À Saint-Vénérand, il en était à peu près de même. On était effrayé à Laval et aux alentours.. La maladie cessa au bout de deux mois (juillet et )Il y avait eu de nombreux malades à l'hôpital général; mais deux seulement avaient succombé: l'économe nommé Charles Fournier, sieur du Pont, et une des dames pieuses qui s'y dévouaient au service des pauvres, mademoiselle Seigneur..

Des pluies torrentielles marquent l'hiver de 1711Elles occasionnèrent des débordements inouïs et donnèrent beaucoup à craindre pour les récoltes qui cependant furent suffisantes. Tout le plat pays fut inondé par les petits ruisseaux qui se transformèrent en rivières. Les rivières, devenues des fleuves, emportaient les ponts et les chaussées. Les eaux de la Mayenne se répandirent dans le quartier de Saint-Vénérand. Elles pénétrèrent dans l'église. A l'hôpital Saint-Joseph elles couvrirent le pavé des salles du rez-de-chaussée, dont il fallut faire sortir les malades, et s'élevèrent jusqu'à la troisième marche du grand autel..

Fêtes et évènements

Deux affaires laissèrent à Laval de longs souvenirs. La première concerne la mort d'une femme dans les Halles de LavalDans la grande Halle, une femme de Laval avait prié une des bouchères qui y tenaient étal, de lui donner la monnaie d'une pièce de six livres. Celle-ci y consentit; mais au moment de compter ce qu'on lui demandait, elle réclama qu'on lui remît d'abord la pièce dont elle devait rendre la valeur. La servante assura qu'elle avait déposé cette pièce en exposant sa demande; la bouchère soutint qu'il n'en était rien, qu'elle n'était pas une voleuse, et, la dispute s'échauffant, en vint à dire que le diable pouvait l'emporter si elle avait reçu ce qu'on prétendait lui avoir donné. Aussitôt elle tomba frappée de mort et la pièce de six livres fut trouvée dans sa poche.. La deuxième concerne René Dubel de la Renaudie, procureur à l'élection de LavalAccusé de blasphémer et d'invectiver la religion, il est traduit par le procureur du roi devant les officiers du siège royal. Il est prouvé qu'il avait blasphémé un certain nombre de fois ; qu'ayant, pendant une maladie, reçu le sacrement d'Extrême-Onction, il avait, aussitôt revenu à lui, protesté qu'on le lui avait administré sans son aveu; enfin, que sa femme étant à son tour dangereusement malade, et M. Renusson s'étant présenté pour l'administrer La Renaudie s'était mis à déclamer contre les Saintes-Huiles et à njurier le prêtre, qu'il avait définitivement chassé de chez lui en le menaçant d'un coup de pistolet. En conséquence, il est condamné à faire amende honorable par trois dimanches consécutifs. Deux huissiers l'amenaient à la porte de l'église de la Trinité, où se trouvaient le rapporteur de l'affaire et le procureur du roi, et, en leur présence, on le faisait asseoir sur un escabeau, tenant en main un cierge de deux livres..

L'imprimerie Laval est, par un arrêt de 1704, rayé du nombre des villes qui peuvent avoir des imprimeurs et des libraires. Cependant, l'imprimeur Louis François Ambroise obtient par exception, en 1718, des lettres du conseil qui lui permirent de continuer à y exercer sa profession. Ce dernier semble avoir été proche du jansénisme.

En 1729, un arrêt de la Cour du Parlement de Paris faisait défense à toutes personnes de faire imprimer aucun arrest, et à tous imprimeurs autres que ceux établis dans les villes sièges de parlements, d'en imprimer sans permission expresse. C'était une première menace ; elle resta suspendue pendant dix ans, mais alors l'exécution fut décidée aux termes d'une ordonnance royale en date du . Les réductions furent considérables partout ; sur deux imprimeries, Laval en perdit une, et celle de Château-Gontier fut supprimée.

Le rôle du maire Gilles-Michel Le Long, succède comme juge civil et maire de Laval à Hardy de Lévaré en 1722. Sa législature est marquée par une forte opposition des habitants. Des querelles et des procès seront effectués.

Ces épisodes prennent fin en 1730 après un arrangement entre les habitants, dont un des représentants est René Pichot de la Graverie, et leur seigneur, le duc de TrémoilleCe dernier, revenant de présider les États de Bretagne, devait passer par Laval où il craignait d'être froidement accueilli à cause du procès porté devant le parlement. D'après les conseils de La Graverie, on trompa son attente en lui rendant tous les honneurs qui lui étaient dus. La jeunesse, en habit d'écarlate galonné d'or, alla l'attendre à Vitré; la bourgeoisie se mit sous les armes; les rues furent tapissées, les fenêtres illuminées. Les officiers de la ville en offrirent les clefs au duc, dans un plat d'argent aux armes de Laval, qu'ils avaient fait fondre exprès. Tous les corps de justice et le clergé le complimentèrent. Le lendemain il y eut bal au château, les dames de la ville y furent invitées et assistèrent ensuite à la comédie. La journée se termina par un feu d'artifice, un souper et un concert. Sous ces apparences futiles se laissaient entrevoir les résolutions sérieuses et les bienveillantes intentions du prince. Le prince reconnut que Le Long était coupable et l'avait trompé., dont la venue sera l'objet de festivités, mais aussi du règlement des querelles et procès.

Les habitants de Laval, en demandant un maire élu par eux, n'avait fait qu'anticiper. Le Roi ayant, par un édit du mois de décembre 1733, créé des offices de maire et des officiers municipaux dans toutes les villes du royaume, Charles Armand René de La Trémoille négligea d'acheter l'office de la ville de Laval.

Un arrêt du conseil du réunit les offices aux communautés des villes, c'est-à-dire qui remet aux habitants l'élection du magistrat chargé de leurs intérêts. L'élection du maire cause dans la ville de grands mouvementsAfin de jouir de la plénitude de leurs droits et d'échapper à la main des officiers seigneuriaux, les habitants attachent une grande importance à écarter de la mairie le juge civil qui, jusqu'à la promulgation de l'arrêt, avait continué à faire les fonctions de maire., pour empêcher le premier juge du siège ordinaire d'être nommé : il s'agissait de René Pichot de la GraverieIl avait succédé à Gilles-Michel Le Long, et Jérôme Gautier de la Villaudray. Il avait bénéficié d'un don gratuit par la duchesse de la Trémoille, celui d'un titre que d'autres offraient d'acheter 25 000 livres, ce qui faisait craindre qu'il ne soit maintenant trop dévoué au seigneur de Laval., dont la duchesse de la TémoilleLe duc de la Trémoille est mort le 25 mai 1741; la duchesse agit alors comme tutrice de son fils. avait fait connaître combien elle désirait qu'il soit élu.