vignette|Onryō extrait du .
Dans les croyances traditionnelles et la littérature japonaise, l'onryō (kanji : , hiragana : , lit. « esprit vengeur », parfois « esprit courroucé »), désigne un fantôme (yūrei) censé être capable de causer des dommages dans le monde des vivants, de nuire ou de tuer les ennemis ou même de causer des catastrophes naturelles en exerçant une vengeance pour réparer les torts reçus de son vivant, puis de s'emparer des esprits des corps morts des ennemis.
Le terme recouvre quelque peu celui de , si ce n'est que dans le culte des goryō il n'est pas nécessaire que l'agent qui agit soit un esprit courroucé.
Origine des onryō Bien que l'origine des onryō ne soit pas claire, leur existence, qui remonte au , est inspirée de l'idée que les âmes puissantes et enragées des morts peuvent influencer ou blesser les vivants. Le plus ancien culte des onryō se développe autour du prince Nagaya qui meurt en 729 et le premier document de possession par un esprit onryō affectant la santé se trouve dans la chronique Shoku Nihongi (797) qui indique que « l'âme de a blessé Genbō à mort » (Hirotsugu étant mort lors d'une insurrection manquée appelée la « rébellion de Fujiwara no Hirotsugu » après avoir échoué à éliminer du pouvoir son rival, le prêtre Genbō)Comme source qui identifie Hirotsugu comme onryō, voir . donne Hirotsugu comme premier exemple recensé de « possession étiologique »..
Vengeance des onryō Traditionnellement au Japon, les onryō animés de l'esprit de vengeance sont supposés capables de causer la mort non seulement de leur ennemi, comme dans le cas de l'esprit de vengeance de Hirotsugu tenu responsable de la mort du prêtre Genbō. Également dans le Nihon Bunka Kenkyū Kokusai Kaigi gijiroku (日本文化研究国際会議議事錄) (1973, , ., mais aussi de causer des catastrophes naturelles telles que séismes, incendies, tempêtes, sécheresse, famine et pestilence comme dans le cas de l'esprit du prince Sawara aigri vis-à-vis de son frère, l'empereur Kammu..
Dans le langage courant, la vengeance mise en œuvre par des forces ou des êtres surnaturels est appelée ..
L'empereur Kammu avait accusé son frère Sawara d'avoir comploté (éventuellement à tort afin d'écarter un rival au trône), et celui-ci, exilé, était mort des conséquences d'un jeûne. La raison pour laquelle l'empereur transféra la capitale de Nagaoka-kyō à Kyoto était une tentative pour éviter la colère de l'esprit de son frère selon un certain nombre de chercheurs. Cela n'ayant pas entièrement réussi, l'empereur essaya de lever la malédiction en apaisant le fantôme de son frère, en accomplissant les rites bouddhistes pour marquer son respect et en octroyant au prince Sawara le titre posthume d'empereur.
Un exemple bien connu d'apaisement de l'esprit onryō est le cas de Sugawara no Michizane, politiquement déshonoré et mort en exil. Son esprit vengeur est alors soupçonné de causer la mort de ses calomniateurs en succession rapide ainsi que de catastrophes (en particulier des dégâts occasionnés par la foudre), aussi la cour tente-t-elle d'apaiser l'esprit courroucé par la restauration des anciens rang et poste de Michizane. Michizane est déifié dans le culte du kami Tenjin et des sanctuaires Tenman-gū sont érigés en son honneur.
Exemples de vengeance donryō Oiwa, du conte Yotsuya Kaidan, est peut-être lonryō le plus connu. Dans cette histoire, le mari reste indemne ; cependant, il est la cible de la vengeance de lonryō. La vengeance exercée par Oiwa n'est pas un châtiment physique mais plutôt un tourment psychologique.
Parmi d'autres exemples fameux, citons : Comment la femme d'un homme devint un esprit vengeur et comment sa malignité a été détournée par un maître en divination. Dans ce conte du recueil Konjaku Monogatarishū, une femme abandonnée est retrouvée morte avec tous ses cheveux et les os encore attachés. Le mari, craignant des représailles de son esprit, demande à un de l'aider. Le mari doit saisir ses cheveux et chevaucher son cadavre. Elle se plaint de la lourde charge et quitte la maison pour « aller chercher » (sans doute le mari) mais après un jour, elle abandonne et revient, après quoi le devin est en mesure de terminer son exorcisme par une incantation.Un des textes cités par Jones : .. Sur une promesse rompue. Dans ce conte de la province d'Izumo rapporté par Lafcadio Hearn, un samouraï promet à sa femme mourante de ne jamais se remarier. Il rompt bientôt la promesse et le fantôme vient d'abord l'avertir puis assassine la jeune mariée en lui arrachant la tête. Les gardiens qui avaient été endormis pourchassent l'apparition avec des épées et tout en récitant une prière bouddhiste la détruisent..
Apparence physique Traditionnellement, les onryō et autres yūrei (fantômes) ne possèdent pas d’apparence particulière. Cependant, avec l'accroissement de la popularité du théâtre kabuki au cours de l'époque d'Edo, un costume spécifique est créé.
De nature extrêmement visuelle et avec un seul acteur endossant souvent différents rôles au sein d'une pièce, le kabuki développe un système de sténographie visuelle qui indique instantanément quel personnage est sur scène comme il met l'accent sur les émotions et les expressions de l'acteur.
Un costume de fantôme est composé de trois éléments principaux : kimono blanc d'enterrement, ou ; long cheveux noirs non peignés ; maquillage facial composé d'un fond blanc (oshiroi) associé à des peintures du visage (kumadori) d', un peu comme sont représentés les bandits dans l'art du maquillage kabuki.. en plus d' et bleues ou d'un kumadori noir ().
Source de la traduction
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Roger Goodman et Kirsten Refsing, Ideology and Practice in Modern Japan, Londres, Routledge, 2002 , . Ichiro Hori, Joseph M. Kitagawa et Alan L. Miller, Folk Religion in Japan: Continuity and Change (= Haskell Lectures on History of Religions, Bd. 1), Chicago/Londres, University of Chicago Press, 1994 , . Michiko Iwasaka et Barre Toelken, Ghosts and the Japanese: Cultural Experiences in Japanese Death Legends, Utah State University Press, 1994 . Stanca Scholz-Cionca, Aspekte des mittelalterlichen Synkretismus im Bild des Tenman Tenjin im Nô (= Münchener ostasiatische Studien, Bd. 59), Stuttgart, Steiner, 1991 , . Donald H. Shively et William H. McCullough, The Cambridge History of Japan (= The Cambridge History of Japan: Heian Japan, Bd. 2), Cambridge (UK), Cambridge University Press, 1999 , . Kuroda Toshio, « The world of spirit pacification: Issues of state and religion », dans Japanese Journal of Religious Studies, , , Nagoya, Nanzan Institute Press, 1996 , .
Articles connexes Esprit vengeur Fatal Frame J-Horror Sadako Yamamura
Liens externes .
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