La bataille de Haman est un engagement dans le cadre de la bataille du périmètre de Busan entre les forces de l’ONU et celles de la Corée du Nord au début de la guerre de Corée ; elle se déroule du au , à proximité du district de Haman en Corée du Sud. La bataille se termine par la victoire des Nations unies après que de nombreuses troupes des États-Unis et de la république de Corée ont repoussé une puissante attaque nord-coréenne contre la ville de Haman.

Dans une opération pour la défense de Masan au cours de la bataille de Masan, le d’infanterie de l’armée américaine s’étire longuement sur une crête à l’ouest de la ville, à Haman. Quand la de l’armée populaire de Corée attaque la ville, les troupes américaines se battent pour repousser l'avancée des Nord-coréens dans une bataille qui dure une semaine. Le d’infanterie étant tenu en échec, d’autres renforts américains sont amenés pour aider à repousser l’attaque. La bataille est longtemps indécise jusqu’à ce que l’ONU contre-attaque à Incheon, forçant l’armée nord-coréenne à se retirer de Masan.

Contexte Le périmètre de Busan

thumb|left|upright|Les troupes américaines en cours de débarquement en Corée, le 6 août 1950.|alt= Dès le début de la guerre de Corée et l'invasion de la Corée du Sud par le Nord, l'Armée populaire de Corée bénéficie d'une supériorité en homme et en équipement tant sur l'Armée de terre de la république de Corée que sur les premières forces expédiées par l'Organisation des Nations unies afin d'empêcher l'effondrement de la Corée du Sud. La stratégie nord-coréenne est de poursuivre agressivement les forces des Nations unies et les forces sud-coréennes sur toutes les voies d'approche en direction du sud, attaquant de front et amorçant simultanément un mouvement en tenaille. Cela doit permettre aux Nord-Coréens d’encercler et de couper la retraite de l’ennemi, qui est alors forcé de se retirer en désordre, laissant derrière lui une grande partie de son matériel. De l'offensive initiale du aux combats en juillet et début août, les Nord-Coréens utilisent cette stratégie pour vaincre efficacement toutes les forces de l'ONU qui doivent battre en retraite vers le Sud. Cependant, à partir de l’établissement du périmètre de Busan sous la responsabilité de la des États-Unis en août, les troupes de l'ONU tiennent efficacement une ligne de défense continue que les troupes nord-coréennes ne peuvent percer ou contourner. La logistique nord coréenne plus faible et éloignée de ses bases ne peut suivre le et leur avantage diminue chaque jour devant le nombre d'hommes et de matériel qui débarque sur le périmètre.

Quand les Nord-Coréens approchent du périmètre de Busan, le , ils tentent la même technique d'assaut frontal sur les quatre principales voies d'approche vers le périmètre. Tout au long du mois d'août, la nord-coréenne, et plus tard la engagent la d'infanterie américaine durant la bataille de Masan, repoussant d'abord une contre-offensive de l'ONU avant d'attaquer à Komam-ni et à Battle Mountain. La poussée bloque devant les forces de l'ONU, bien équipées et disposant de grandes réserves qui repoussent à plusieurs reprises les forces nord-coréennes. Au nord de Masan, la nord-coréenne et la d'Infanterie américaine s'affrontent dans la zone du Nakdong Bulge. Lors de la première bataille du Nakdong, la division nord-coréenne est incapable de tenir sa tête de pont sur la rivière face au grand nombre de troupes de réserve américaines qui tiennent bon et les repoussent, et le , la nord-coréenne est refoulée à travers le fleuve avec 50 pour cent de pertes. Dans la région de Daegu, cinq divisions nord-coréennes qui tentent de prendre la ville sont repoussées par trois divisions de l'ONU à plusieurs reprises au cours de la bataille de Daegu. Les combats sont violents en particulier dans la Bowling Alley où la nord-coréenne est presque anéantie. Sur la côte Est, trois autres divisions nord-coréennes sont repoussées par les Sud-Coréens à P'ohang-dong lors de la bataille de P'ohang-dong. Sur l’ensemble du front, les troupes nord-coréennes sont ébranlées par les défaites. Pour la première fois depuis le début du conflit leur stratégie ne fonctionne plus.

La défense de Masan

thumb|left|alt=A topographic map of several large battles|Les mouvements des troupes américaines et nord-coréennes autour de Masan en août 1950.

Le commandant de la le lieutenant général Walton Walker ordonne à la d'infanterie sous les ordres du major général William B. Kean, de prendre des positions défensives sur le flanc sud du périmètre de Busan à l’ouest de Masan. Au , la d'infanterie tient ces positions. Le relief à proximité de Masan limite le choix des positions et le groupe de montagne à l'ouest de Masan est le premier terrain aisément défendable à l'est de la passe de Chinju. Les crêtes de des montagnes de dominent la région et protègent la route de Komam-ni à Haman et à Chindong-ni qui est le seul moyen de communication nord-sud à l’ouest de Masan.

Au nord, de l'autoroute Masan - Chinju à la rivière Nam, il y a plusieurs positions facilement défendables. La meilleure est sur les hauteurs près de Chungam-ni qui contrôle l’important carrefour routier reliant la route de Masan avec celle qui suit la rivière Nam vers Uiryong. Il est aussi essentiel pour le flanc droit de la d'infanterie d’être connecté avec le flanc gauche de la d'infanterie à la confluence de la Nam et du Naktong. Par conséquent, la d'infanterie manœuvre également pour protéger l'intersection située à Komam-ni où la route Chindong-ni - Haman rencontre l'autoroute Masan - Chinju.

Pendant ce temps, la nord-coréenne est obligée d’attendre des renforts avant de poursuivre l'attaque. Les , et de la division s’étirent du nord au sud. Les premiers renforts arrivent à Chinju vers le . Environ Sud-Coréens non armés enrôlés dans la région de Séoul rejoint la division le . À Chinju, la leur remet des grenades et indique aux nouvelles recrues qu’elles vont devoir ramasser les armes des soldats tués et blessés sur le champ de bataille pour s’armer. Un autre groupe de Sud-Coréens rejoint la le , ce qui porte la force de division à environ . Dans la dernière semaine d'août et la première semaine de septembre, recrues supplémentaires enrôlées au sud-ouest de la Corée, rejoignent la division. La utilise ces dernières recrues d’abord pour des taches non combattantes et ne les utilisera comme soldat qu’en dernier recours. Dans le cadre des opérations nord-coréennes dans le sud, la nord-coréenne arrive également près de Masan avec . La est chargée d’occuper les principaux ports afin de protéger la contre d'éventuels débarquements amphibies sur ses arrières.

thumb|right|alt=A tank drives up a rocky ridge|Un char M26 Pershing américain avance à l'ouest de Masan.

Le , la tient un front de près de , depuis le pont de sur le Naktong au Nord et qui se prolonge à l'ouest le long des collines au sud du fleuve en direction de la confluence de la Nam et du fleuve. Là, ligne plie au sud-ouest sur la rive sud de la Nam là où le massif montagneux Sobuk-San s'effile à son extrémité nord vers la rivière.Là, la ligne tourne vers le sud le long des reliefs vers Sibidang-san, traverse le col sur sa face sud par lequel passent le chemin de fer et l’autoroute Chinju-Masan, et continue vers le sud jusqu'à Battle Mountain et P'il-bong. Depuis P'il-bong la ligne s’oriente ensuite vers la route côtière du sud près de Chindong-ni.

Le d'infanterie tient le Nord du front de la division soit , du pont de Namji-ri à l'autoroute Chinju-Masan. Le régiment est responsable de l'autoroute. Le point le plus faible et le plus vulnérable du régiment se situe dans l’écart de le long de la rivière Naktong entre la plus grande partie de la compagnie F à l'ouest et son peloton à l'est. Ce peloton garde le pont à poutres en porte-à-faux en acier de Namji-ri sur l’extrême droite de la à la frontière avec la d'infanterie, qui est positionnée de l'autre côté du fleuve Naktong. Au sud de l'autoroute, le d'infanterie occupe les terrains élevés à l’ouest de Haman, y compris Battle Mountain et P'il-bong. Le du colonel tient l'éperon sud de Sobuk-san de la route côtière à Chindong-ni. Depuis Chindong-ni, des unités du corps des marines ROK protège la ligne sur la côte sud. Le poste de commandement de la de Kean est situé à Masan, le poste de commandement du d'infanterie est sur le côté est de la route Chirwon-Chung-ni, le poste de commandement du d'infanterie est à Haman et le poste de commandement du colonel Throckmorton et du se situe à Chindong-ni. Le , la division souffre d'une pénurie de soldat, et un nombre limité de KATUSAs (troupes coréennes anglophones) sont amenés à reconstituer ses rangs.

La grande offensive du Nakdong

thumb|right|upright|alt=|La carte de la ligne défensive de Périmètre Busan en septembre 1950. Masan se trouve au sud-ouest du périmètre. Lors de la planification de la grande offensive, les commandants nord-coréens se rendent compte que toute tentative d'attaque par les flancs des forces de l'ONU est impossible de par l'appui de la marine américaine. Au lieu de cela, comme seul espoir de réussite, ils choisissent de frapper frontalement le périmètre afin de le réduire. Avertis par le renseignement soviétique, les Nord-Coréens sont conscients que les forces de l'ONU se renforcent le long du périmètre de Busan et qu'ils doivent mener une offensive rapidement, ou renoncer à la bataille. L’objectif secondaire est d’encercler Daegu et de détruire les unités américaines et sud-coréennes présentes dans la ville. À cette fin, les unités nord-coréennes prévoient d'abord de couper les lignes d'approvisionnement vers Daegu.

Le , le commandement nord-coréen distribue les ordres opérationnels à leurs unités subordonnées. Ces ordres appellent à une attaque simultanée contre les lignes de l'ONU sur cinq zones différentes afin de submerger les défenseurs de l'ONU et de permettre aux Nord-Coréens de percer les lignes et de repousser les forces de l'ONU sur au moins une des zones. Cinq groupes de combat sont constitués. L'attaque au sud-ouest du périmètre est menée par les 6 et 7 divisions qui doivent percer la d'infanterie américaine à Masan.

Bataille Dans la partie sud du secteur défendu par la d’infanterie, le nord coréen prévoit une forte attaque en coordination avec une attaque contre la américaine plus au nord. Les et nord-coréennes reçoivent leurs ordres d'attaque le qui prévoient l’assaut contre les lignes américaines le à 22h00. La , la plus au sud sur le flanc droit, doit attaquer via Haman, Masan et Chinhae puis prendre Kumhae, sur la rive ouest du delta du Naktong à de Busan, avant le . La zone d’attaque de la division passe au sud de la route de Chinju à Komam-ni et Masan. La , située au nord de la , prévoit d'attaquer au nord de l'autoroute Masan, bifurquer vers le Naktong, et attendre la sur sa droite et la nord-coréenne sur sa gauche pour se joindre à ces dernières. Une partie de la est regroupée dans la région d’Uiryong à l’ouest de la rivière Nam. Ce plan oppose la d’infanterie nord-coréenne au d’infanterie américain et la nord-coréenne au américain. La a déjà engagé le d’infanterie à Battle Mountain pendant plusieurs semaines, sans résultats significatifs pour aucun des partis. Le commandant de la , le major général William B. Kean, conscient qu'une offensive est en cours de préparation, est inquiet des capacités du d'infanterie et il commence à établir un rapport sur la performance du régiment pour déterminer comment améliorer ses capacités.

L'attaque nord-coréenne thumb|right|alt=|Carte du secteur de la division lors de la bataille de Haman.