Édouard Duseigneur, né le à Lyon et mort le à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, est un général de brigade aérienne, membre du comité directeur de la Cagoule.
Biographie Carrière militaire
Édouard Duseigneur est le fils de Maurice Duseigneur (1851-1925), agent de change à Lyon, et d'Hélène Piaget. Il est issu d'une famille de négociants protestants. Il est aussi le neveu d'un officier, Édouard Ernest Duseigneur, qui a achevé sa carrière avec le grade de lieutenant-colonel (d'artillerie).
Il suit des études secondaires au lycée Ampère de Lyon. Il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr comme major d'entrée et fait partie de la (1903-1905), , , , , (présentation de la famille Duseigneur), .
Il épouse en 1907 Antoinette Trapp (1889-1963), de Reims, issue également d'une famille protestante, , Who's who, 1997 (notice du fils du général), .. L'une de ses filles, Hélène (1917-1974), épousera Bertrand de Jouvenel.
Mobilisé dans la cavalerie en 1914, il devient pilote de chasse en 1915. Capitaine, il commande à partir de à l'escadrille N 57. Cf. le site puis de cette date à 1918 le groupe de combat 11, l'escadre de chasse en enfin la aérienneFranks, Norman; Frank W. Bailey, Over the Front: A Complete Record of the Fighter Aces and Units of the United States and French Air Services, 1914-1918, Grub Street, 1992, . Deux fois blessé, titulaire de la croix de guerre, neuf fois cité, il est chevalier de la Légion d'honneur en 1915, puis promu officier en , , . Chef d'escadron, en convalescence après la guerre, il est affecté à l'inspection technique de l'aéronautique en 1919 puis au de la direction de l'aéronautique, et ensuite en 1920 au d'aviation, comme adjoint au chef de corps, .
Affecté en 1924 dans l'état-major de l'inspecteur général de l'aéronautique , promu lieutenant-colonel en , puis colonel en 1928 , commandant du à Metz, il est affecté au cabinet du premier ministre de l'Air Laurent Eynac en , . Il est chef adjoint en puis chef en de son cabinet militaire, il est promu commandeur de la Légion d'honneur en 1929 .
Il commande en 1931 l'école militaire d'application de l'Armée de l'air, à Versailles . Promu général de brigade le , détaché au Centre des hautes études militaires en 1934, il est nommé en commandant de la aérienne, à Chartres. À sa demande, il quitte le service actif fin . Il passe un temps dans le secteur privé, travaillant pour la firme aéronautique Amiot .
Président de l'UCAD et membre de la Cagoule vignette|Joseph Pozzo di Borgo. Le périodique des socialistes Le Populaire le dénonce comme Croix-de-Feu en 1936, alors qu'il commande la à Chartres. Selon le duc Joseph Pozzo di Borgo, futur vice-président de l'UCAD, qui est alors l'un des chefs des Croix-de-feu, Duseigneur voulait quitter l'armée en 1935 et adhérer aux Croix-de-feu du colonel François de La Rocque. Pozzo di Borgo, qui servit sous les ordres de Duseigneur en 1918, l'en dissuada.
Après la victoire du Front populaire et devant la crainte d'un coup d'État communiste, il est encore en relation avec Pozzo di Borgo, qui a rompu avec La Rocque à l'été 1936 pour fonder un groupe dissident des Croix-de-feu. Il s'exprime sur la lutte contre le communisme dans le périodique de droite Choc du colonel Maurice Guillaume et sert de « témoin de moralité » au duc Pozzo di Borgo lors des procès qui opposent ce dernier au colonel de La Rocque en 1937 .
Il fonde et préside une association anticommuniste, déclarée à la préfecture de la Seine en , l'Union des comités d’action défensive (UCAD). Elle fédère des groupements tels le Centre d'information et de coopération, le Centre d'études nationales et les Comités de rassemblement antisoviétiques (CRAS) fondés par des anciens francistes en , notamment Roger Vauquelin et Robert Jurquet de La Salle, que Duseigneur aurait rencontré au cercle parisien du Grand Pavois. Jurquet de la Salle est un cofondateur de ce cercle et le secrétaire de l'UCAD ; il est en relation avec DeloncleJean-Claude Valla, La Cagoule, 1936-1937, Librairie nationale, 2000, , Le Jour, , "Les comités de rassemblement antisoviétiques", , .
Il est en contact avec le chef de la Cagoule, Eugène Deloncle. Tous deux se seraient rencontrés vers juin ou et seraient allés ensemble en Italie, pour rencontrer Mussolini, qu'ils n'auraient pas vu cependant, et en Espagne. Deloncle affirme dans une brochure postérieure qu'il a fondé l'UCAD avec son ami Duseigneur : E. Deloncle, Les Idées et l'action, imprimerie artistique moderne, 1941, , . Dans ses mémoires, le commandant Loustaunau-Lacau évoque sa rencontre avec Duseigneur, qu'il date du mois de . C'est Pétain, , qui l'aurait envoyé rencontrer le général. Loustaunau-Lacau commente ainsi sa rencontre : Georges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948, .
Soupçonné d'appartenir à la Cagoule, il est arrêté le avec les autres dirigeants de ce groupe clandestin. L'UCAD aurait été le paravent légal de cette organisation d'extrême droite et Duseigneur aurait fait partie du comité directeur de la Cagoule. Le vice-président de l'UCAD, Pozzo di Borgo, est également arrêté, comme plus tard le secrétaire général de l'UCAD, Jurquet de La Salle, , et le secrétaire du général.
Son honorabilité, et celle de Pozzo di Borgo, sont défendues par des journaux comme Le Jour de Léon Bailby, qui publie des articles en sa faveurGeorges Lebecq, « Hommage à un ancien combattant et à un chef », Le Jour, , Jean Fraissinet, « Hommage à mon chef d'autrefois et à mon compagnon d'armes » , Ibid., 5 décembre 1937 et, en décembre, une pétition de personnalités dénonçant . Elle est signée par des généraux (Robert Altmayer, Charles Brécard, de Bellaigne, Blaviez, de Cugnac, Clément-Grandcourt, Jobert, Koechlin-Schwartz, Henri Mordacq, Henri Albert Niessel, Peltiet, Sainte-Claire-Deville, Sütterlin, Ruillier, de Tavernost, de Vaulgrenant, Wimpffen, de Réals, Lavigne-Delville, Férand, Portalis, Fromheim, Boëlle, Estève, Vincent, de Montarby, Armengeaud, Roger, Pallu, Bulot), des amiraux (Jean Lacaze, de Carné, Hallier), des officiers, des dirigeants d'associations d'anciens combattants (Edmond Bloch, Prosper Josse, Georges Lebecq, de l'UNC), des écrivains anciens combattants (Paul Chack, Roland Dorgelès, François Duhourcau, Binet-Valmer, Claude Farrère), des Académiciens (Henry Bordeaux, Joseph de Pesquidoux), des hommes politiques (Désiré Ferry, Gaston Le Provost de Launay, Charles Trochu, les députés Pierre Taittinger, Fernand Wiedemann-Goiran, Charles des Isnards, Édouard Moncelle), des anciens combattants décorés, des anciens cadres et membres des Croix de FeuLe Jour, 4, 6, 7, 9, 10, 13, 18, 19, : en ligne sur RetroNews. Ces officiers en retraite et ces personnalités, souvent marquées à droite et à l'extrême droite, se retrouvent dans un , formé fin , qui prend sa défense et celle de Pozzo di Borgo en raison de leur passé d'ancien combattant. Il engrange des signatures de personnalités et tente de tenir un meeting au Vélodrome d'Hiver, mais cette réunion est interdite devant la menace d'une contre-manifestation, , , , , .
Défendu notamment par l'avocat et député Xavier Vallat, malade et affaibli, Duseigneur est transféré dans une maison de santé en puis mis en liberté provisoire en juin, mais il est alors inculpé de complot contre la sûreté de l'État, , .
Il meurt le , après avoir repris du service dans l'aviation à la suite de la déclaration de guerre à l'Allemagne en ; ses obsèques sont célébrées au temple protestant de l'Étoile à Paris, , , , , . Sa sépulture se trouve au cimetière Notre-Dame de Versailles.
Décorations
(neuf citations)
Bibliographie
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Notes et références
Notes
Références
Annexes
Liens externes
Courte biographie dans L'Histoire, , octobre 1992. Photographie du général de brigade aérienne Arthur Édouard Ernest Duseigneur sur le site museedesetoiles.fr
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