vignette|Forges de Varennes à Champsecret classée au titre des Monuments historiques. vignette|Filature de Rochefort à Tinchebray-Bocage, inscrite au titre des Monuments historiques. vignette|Manufacture Bohin à Saint-Sulpice-sur-Risle, inscrite au titre des Monuments historiques.

Le patrimoine industriel du département de l'Orne recense et replace dans le contexte géographique et historique, le patrimoine architectural et mobilier de l'importante activité industrielle de ce département, des verreries et des forges du , du textile du , jusqu'aux industries les plus récentes. Il est établi à partir des 319 dossiers d'inventaire concernant ce département, indexés sur la base Mérimée et la base Palissy du ministère de la Culture.

Localisation Le patrimoine industriel de l'Orne concerne l'ensemble du département de l'Orne: le Bocage, le Houlme, le Pays d'Auge, le Pays d'Ouche et le Perche, au sud de la région Normandie.

Contexte géographique et historique Le département de l'Orne est complexe et composé de plusieurs pays : à l'ouest, le Bocage aux sols granitiques et gréseux, au centre, une région de plaine de calcaires jurassiques, au nord-est, le Pays-d'Auge aux profondes vallées, aux sols argileux et limoneux, à l'est, des sols d'argiles à silex et de sables siliceux, au sud, le Perche, paysage de collines et de forêtsPatrimoine industriel de l'Orne.

Les ressources minérales, argile, calcaire et fer sont présentes pratiquement partout et faciles d'accès. La nature du sol et le climat ont favorisé le développement de la forêt. Le département est arrosé par plus de 300 cours d'eau, 7 principaux et 28 avec un volume d'eau de seconde classe.

La grosse métallurgie, le textile et la petite métallurgie furent les activités principales avec des établissements complémentaires installés à proximité: moulins à foulon, ateliers de teinturerie, de blanchiment et d'apprêt des étoffes autour des filatures et tissages, moulins à papiers autour des usines métallurgiques. 2500 sites industriels sur les cadastres de 1820 à 1880.

La métallurgie La révolution du haut-fourneau vignette|Carte des forges et fenderies de l'Orne. vignette|upright|Cheminée de la chaufferie des forges de Varennes à Champsecret, classées au titre des Monuments historiques.

Jusqu'au , les ferrons de Tinchebray, Chanu, La Ferrière-aux-Étangs, Glos, Rugles et L'Aigle, organisés en métiers protégés, héréditaires, sont les seuls à réduire légalement le minerai en métal dans des bas-fourneauxMathieu Arnoux: Mineurs, ferrons et maîtres de forge..

Dans la seconde partie du , le développement dans le nord du royaume de France du procédé indirect de production du métal avec haut-fourneau et affinerie est maitrisé par les nobles, leurs capitaux et le souci de valoriser leurs forêts.

Les premières mutations techniques sont des forges à eau à Pontchardon, Orville, Randonnai en 1475, Longny-au-Perche et les Aulnays.

Le développement du haut-fourneau se fait en trois phases. Entre 1520 et 1560, à l'ouest d'Alençon, le long des vallées du Sarthon, du cours supérieur de la Mayenne et de l'Udon, vers Rânes et Carrouges. Entre 1570 environ et 1600, dans le Bocage profond vers Flers sur le cours de la Varenne et ses affluents. Entre 1600 et 1660, dans le territoire intermédiaire, mais aussi le pays d'Ouche, le long de la Risle et dans le Perche.

Face à la forte demande des ferrons qui se sont spécialisés dans la clouterie, la première fenderie est construite à Larchamp (Tinchebray-Bocage) en 1608. Elle permet de transformer des barres en verges pour les cloutiers ce qui favorise les marchands et développe l'activité. On trouve quelques tréfileries pour fabriquer des pointes de cardes et des aiguilles près des forêts de Saint-Évroult et du Perche dès 1634Cahiers de l'Inventaire: La Métallurgie normande: pages: 22, 34, 59, 73, 130, 135 .

Ces forges à bois disparaissent progressivement avec l'apparition des forges à coke.

Dossiers dans la base Mérimée :

Aube : affinerie, fenderie-tréfilerie, tréfilerie le moulin d'Aubette, tréfilerie le moulin neuf (forge d'Aube). Boucé : usine de fabrication des métaux, haut-fourneau, affinerie, fenderie. Le Champ-de-la-Pierre : fenderie, usine de fabrication des métaux . Champsecret : affinerie, usine de fabrication des métaux (forges de Varennes). Chandai : tréfilerie. Dompierre :haut-fourneau. Échauffour : tréfilerie de la Farcière, tréfilerie : le moulin de Launay. Irai : haut-fourneau dit haut-fourneau de Gaillon. Larchamp (Tinchebray-Bocage) : affinerie, fenderie. Livaie : haut-fourneau, affinerie.

Longny-au-Perche : fenderie, affinerie, tréfilerie, haut-fourneau de Rainville. La Madeleine-Bouvet : haut-fourneau. Montmerrei : fenderie. Normandel : haut-fourneau. Pontchardon : haut-fourneau. Putanges-Pont-Écrepin : usine de fabrication des métaux (haut-fourneau, affinerie). Rai : tréfilerie de Boisthorel. Randonnai : affinerie, affinerie dite forge de Gaillon, tréfilerie, fenderie. Rânes : affinerie, haut-fourneau. Saint-Clair-de-Halouze : affinerie.

Saint-Denis-sur-Sarthon : usine de fabrication des métaux. Saint-Martin-d'Écublei : tréfilerie les Gondrillers, tréfilerie: le moulin de la Chaise. Saint-Martin-l'Aiguillon : affinerie dite forge de Carrouges. Saint-Michel-des-Andaines : affinerie dite affinerie de la Sauvagère. Saint-Patrice-du-Désert : affinerie, forge de Cossé, haut-fourneau. Saint-Pierre-des-Loges : haut-fourneau. Saint-Victor-de-Reno : usine de fabrication des métaux. Sainte-Marguerite-de-Carrouges : haut-fourneau, fonderie, Tourouvre: haut-fourneau, tréfilerie.

Aiguilles et quincaillerie de L'Aigle vignette|Entrée de la manufacture Bohin à Saint-Sulpice-sur-Risle, inscrite au titre des Monuments historiques.

Les ferrons de Glos-la-Ferrière, sont régulièrement attestés depuis 1225, ceux de Rugles : 1269 et ceux de l'Aigle depuis le début du . Les minerais des alentours de L'Aigle donnent des fers durs et liants, sans être cassants dont on fait des bandages de roues, des essieux, des chaines, des crochets, des épingles et d'autres produits tréfilés. Les premières tréfileries : 1634, près de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, 1644, Rugles, 1646, Rai à Boithorel. Toutes celles qui fonctionnent au sont sur la Risle et l'Iton. Entre L'Aigle et Rugles, l'activité est dans le dernier tiers du consacrée à la fabrication d'épingles avec un essor des fabrications à partir de 1630 jusqu'au deuxième tiers du La Métallurgie normande, pages: 23, 24, 137, 138.

En 1798, les « manufactures » d'épingles de L'Aigle-Rugles occupent de à qui utilisent les fers du pays pour 1/6 et ceux de Champagne et Franche-Comté livrés en gros fils à réduire par les tréfileries du pays. Le laiton vient de Suède. On produit des épingles et des clous d'épingles (pointes fines) qui concurrencent les clous de Tinchebray-Chanu dès 1830, mais aussi des ciseaux, agrafes, chapelets, mouchettes de chandelles...Les épingles sont vendues en Espagne, Portugal, « Indes » et Amérique du SudF. Dornic: L'Industrie du fer en Basse-Normandie et au Perche, page: 223.

Dans la vallée de la Risle, les six établissement de 1800 sont 23 à l'apogée de 1860 avec l'essor de la petite métallurgie : 21 tréfileries, empoiteries, clouteries, aiguilleries et épingleries.

L'installation s'échelonne de 1819 avec la tréfilerie de Mérouvel à L'Aigle à la place d'un moulin à blé à 1907 avec l'épinglerie de Saint-Martin-d'ÉcubleiJ. Pélatan: Une Industrie méconnue : la métallurgie dans le Perche aux , dans: Annales de Normandie, , pages: 341, 345..

Dossiers dans la base Mérimée (Les tréfileries sont aussi dans les dossiers : révolution du haut-fourneau)

L'Aigle : usine de quincaillerie L'Herminier, usine de quincaillerie, rue des tanneurs, usine de quincaillerie, rue du Pont, usine de quincaillerie des Haies, usine de quincaillerie de Mérouvel, Anceins : usine de quincaillerie sur le Siflet, Rai : usine de petite métallurgie, tréfilerie de la Ferme du Moulin, tréfilerie du Moulin de Rai, usine de transformation des métaux de Boisthorel, usine de matériel d'équipement industriel, Saint-Martin-d'Écublei : tréfilerie, usine de quincaillerie du Moulin de la Chaise, Saint-Sulpice-sur-Risle : usine de quincaillerie dite manufacture Bohin, tréfilerie, usine de quincaillerie de Bouviers, tréfilerie de la Fonte, tréfilerie, usine de quincaillerie de la Fosse, laminoir, usine de quincaillerie dite de la Batterie.

La quincaillerie de Tinchebray-Bocage vignette|Usine Mermier à Tinchebray.

Les descendants des ferrons de Chanu du qui utilisent le fer cassant des forges de l'ouest ornais ont développé la clouterie et l'ont portée à un niveau national au début du siècleSavary des Brûlons: Dictionnaire du commerce universel, article: clou. À la même époque, se développe une manufacture de couteaux, ciseaux, scies et autres ouvrages de grosse quincaillerie entre Saint-Quentin-les-Chardonnets et YvrandesL. V. Dumaine: Tinchebray et sa région au bocage normand, tome 1, page: 457.

À la Révolution française,on fabrique des clous de toutes qualités et grandeurs, servant à la construction des navires et tous autres usages. On en fait des envois considérables à Granville, Saint-Malo, dans les ports de Bretagne et même à Brest pour la Marine Royale. On en vend aussi en barils aux Indes OrientalesM. Gournay: Tableau général du commerce, des marchands, négociants et armateurs, pages: 790-791.

Les clous sont faits à Chanu, Saint-Cornier-des-Landes et Beauchêne, les serrures à Chanu et Tinchebray, les couteaux à Saint-Jean-des-Bois, les fourchettes à Yvrandes et Lonlay-l'Abbaye. On fait aussi des faux, scies, haches, tarières, pinces, vrilles, essieux, bandages de roues, des outils pour sabotiers, charpentiers, menuisiers, des sérans, des meubles de feu, des instruments aratoires, ferrures de meubles et bâtiment, des crochets, des romaines, des sonnettes et des chandeliersSéguin: Essai sur l'histoire du Bocage pages: 126-127.

Vers 1826 et quelques années plus tard, Tinchebray devient le centre des différentes fabriques, des quincailliers en réunissent le produit et en font l'expédition. De nombreux marchands colporteurs parcourent la France avec de lourdes voitures. Les quincailliers deviennent aussi marchands fabricants. La structure reste locale et familiale. Le développement se fait par mariage ou rachatLe Mardeley: L'industrie du fer à Tinchebray.

En 1889, Étienne Mermier qui dirigeait les important ateliers Mermier et Cie à Saint-Étienne dans la Loire, après un voyage d'étude où il constate l'habileté des ouvriers de la région comme ferronniers, monteurs de serrures et de quincaillerie rachète des entreprises locales et construit son usine près de la gare de Tinchebray. En 1892 sort la première fourche puis des pièges, ciseaux, tenailles, serrures, ferronnerie, boulonnerie et clousL'Illustration économique et financière, numéro spécial: Orne du 14-5-1928.

Au , l'industrie de Tinchebray passe dans les années 1970-1980 d'une concurrence régionale à une concurrence nationale, perd de nombreuses entreprises et dans les années 2000 à une concurrence mondiale avec l'explosion du marché asiatique.

Au début du , le système productif local représente 80 % de la production française d'outils de jardin et 25 % de la quincaillerie de bâtimentDétails et références sur le site: généawiki, page: Chanu.

Dossiers dans la base Mérimée: Flers: usine de serrurerie, Frênes: usine de quincaillerie, Tinchebray: usine de ferblanterie et de serrurerie, 4 usines de quincaillerie: boulevard du nord, route de Vire, les landes, moulin noir.

Les fonderies vignette|Société des fonderies et ateliers de Randonnai à Randonnai.