L'histoire de Laval au XVII siècle
Corporations
Les fabricants et les tissiers ne sont pas les seuls à recevoir des règlements et des statuts. Chaque corporationLa Beauluère, Corporations. possèdent les siens.
L'imprimerie apparait à Laval en 1651.
Le retable lavallois vignette|L'un des retables de la cathédrale de Laval. Le retable lavallois est une forme particulière de retable à l'origine d'une école de renom. Les retables lavallois du sont parmi les plus remarquables et les plus originaux de France.
Aux , la ville de Laval a été un centre de création de retables très important, au point de donner naissance à une véritable école : les retabliers lavallois ont diffusé leur art dans tout l'Ouest de la France. Parmi cette école, on retrouve les noms de sculpteurs et d'architectes. Ils vont aussi participer à la construction du Palais de Parlement de Bretagne, les cathédrale de Rennes et de Nantes.
Pour Jacques Salbert, la prospérité à cette époque de l'industrie du lin et du chanvre dans la région de Laval et Vitré est à l'origine de la construction des retables lavallois. Les produits du commerce favorisent et soutiennent des fondations religieuses.
Troubles Des troubles ralentissent l'essor économique en fin de et au début du : séquelles des guerres de Religion, sursauts de la noblesse contre un absolutisme de plus en plus pesant.
Les règnes d'Henri IV et de Louis XIII est marqué par les maladies, les disettes et les malheurs qu'amènent les passages de troupes, celles du roi ou celles des rebelles : Une épidémie règne à Laval, paralysant le commerce de 1606 à 1609. En 1608, l'ordre n'est pas encore rétabli autour de Laval malgré la pacification politiqueUne lettre de Duchemin de la Vauzelle, homme d'affaires des seigneurs de Laval, adressée à Madame de la Trémoille indique Et la licence de mal est tellement accrue, voire effrénée que du jour d'huy, il n'y a aucune s^reté de sortir de ville, car on ne voit et n'oit parler que de meurtres et voleries. in Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1886-1887, p. 125.. Pendant les années 1589, 1591, 1592, 1600, 1605, 1607, 1616 et 1612, la dysentrie sévit avec plus ou moins de violence. Au cours du mois d’, la maladie avait enlevé 109 personnesOn transportait à la Phelipotière, en Avesnières, les malades atteints de la contagion. Le champ qui servit de cimetière à cette époque a retenu le nom de Champ des morts. C'est en 1614 qu’on construisit pour les pestiférés, dans le cimetière d’Avesnières, la Basilique de Saint-Roch, qui était encore visible au .
Des pillages sont signalés à Laval en 1616 exerçant tant d'inhumanités et de cruautés que le peuple est entièrement ruiné , tome II, p. 570. Dès le commencement de l'année 1617, Charles d'Angoulême gagne le Maine pour en assurer la soumission au roi. Parti de Paris, le , Charles d'Angoulême est au Mans le . C'est là que, le , il se fait recevoir le serment de fidélité au roi des habitants de Laval<ref>1617, ; du camp du Mans. Copie de l'acte de prestation de serment de fidélité par les habitans de Laval ès mains de monsieur le comte d'Auvergne. « Nous Charles de Vallois, comte d'Auvergne et de Lauraguais, colonel général de la cavalerie légère et lieutenant général pour le roy en ses camp et armée, estant « au camp du Mans, Me Louys Caset, sieur de Vautorte, maire et juge général du comté de Laval, Pierre Moreau et Jullian Loriot, eschevins de la ville de Laval, se seroient présentéz à nous comme députéz de la dite ville « pour nous donner assurance de la part des habitans de leur fidélité et obéissance au Roy; en laquelle qualité ilz ont faict et presté nouveau serment de fidélité à Sa Majesté, désireux de finir plustost leurs vies que de se départir d'icelle et de l'obéissance que doibvent à leur Roy tous bons et loyaulx subjectz. De laquelle prestation de serment les dits Caset, Moreau et Loriot ont requis le présent acte que nous avons signé de notre main et faict contresigner par l'un de noz secrétaires. Au camp du Mans, le quatorziesme jour de febvrier mil six cens dix sept. Signé CHARLES DE VALLOIS; et plus bas, par Monseigneur: DEMERCIER, et sellé en cire rouge. »</ref>. En 1619, l'abbé Angot indique que ce fut pis encore quand la reine se fut séparée complètement de la cour en 1619.
Louis XIII Le Folio 98 recto du registre paroissial de Saint-Vénérand : Le lundi premier de septembre et an que dessus arriva le tres honorable et tres chrestien Louis treizieme roy de France en la ville de Laval et y coucha seulement une nuit et alla vers laville du Mans revenant des états tenus en la ville de Nantes. Signé H. Lebreton prestre avec Monsieur son frère unique., Louis XIII passe une nuit à Laval en revenant de Nantes.
Des épidémies s'abattent sur Laval, en 1626 d'abord, puis de 1633 à 1639, , .. La guerre de Trente Ans commença à fermer en partie les débouchés extérieurs de l'industrie du lin à Laval, entraînant sous-emploi et nervosité des habitants des villes soumis à des impôts croissants. Laval est le siège de deux séditions en 1628 et 1629.
Le , le Carrefour aux Toiles, dans lequel se tient alors le marché, est le théâtre d'une violente séditionExtrait du registre de René Duchemin, curé de l'église Saint-Vénérand. Le comte de Laval a voulu faire percevoir une maltosteTaxe extraordinaire. de 8 sous par pièce de toile exposée. Le peuple se mutina. , hurlant et furieuses, vont assiéger la demeure du receveur des taillesNommé Gondry., puis se portent vers celles de quatre des marqueurs de toilles, s'emparèrent d'eux et les maltraitent de telle sorte que deux des marqueurs succombent peu après de leurs blessures. Les cloches de la ville sonnent le tocsin pour appeler au secours la population des campagnes.
La Fronde Lors de la Fronde, Laval se déclare d'abord pour le parlement : on monte de temps en temps la garde aux portes, pour en défendre l'entrée aux troupes royales qui ne songent pas à les franchir. Lorsque le roi vient assiéger Angers, on lui envoie comme députés François Marest, juge civil, Cazet de Grampont et Julien Martin, échevins, pour l'assurer de la soumission de la ville (1652).
La Trémoille La princesse Émilie de Hesse-Cassel entre en ville en . Elle est l'épouse de Henri Charles de La Trémoille, fils de Henri III de La Trémoille. Henri Charles, est prince de Tarente et doit être le futur comte de Laval. On lui rend tous les honneurs d'une entrée solennelle et fastueuse, p. 418-422.. Le prince et la princesse ne vivent pas à la cour comme les y aurait appelés leur haute naissance, le prince de Tarante et la princesse de Hesse en sont tenus éloignés par l'ardeur de leur protestantisme. Ils font leur demeure tantôt à Vitré, tantôt à Laval, tantôt à Thouars.
Récession de la fin du , et du début du Une émeute éclate en à propos de la gabelle, et met en colère le roi Louis XIV. Elle vise à empêcher le départ d'une chaîne de faux sauniers vers les galères.
L'émeute est réprimée avec tant de rigueur que l'intendant Charles Le Jay est obligé d'implorer des adoucissements. Dans une lettre datée du , on peut voir que Jean-Baptiste Colbert indique à l'intendant de ne se servir qu'à la dernière extrémité des deux compagnies de cavalerie du duc d'Orléans qui sont dans la région. Le Jay indique que pour obtenir le pardon du roi les habitants de Laval doivent remettre aux gens du roi tous les faux-sauniers condamnés aux galères qui sont dans leur prison, ainsi que les deux principaux agitateurs désignés par un Arrêt du conseil.
Le , une pétition des maire, échevins et syndic de Laval, est envoyé à Colbert où ils exposent la triste situation de la ville grevée de dettes et accablée d'impôts de toute sorte.
La situation économique à la fin du et le début du est particulièrement grave. Les conséquences sociales sont importantes. Leclerc du Flécheray dans son Mémoire en donne un témoignage.
Abjuration Le prince Henri Charles de La Trémoille abjure le à Angers. Cette abjuration donne lieu à des festivités à Laval, pour le futur comteLe prince de Tarente devait hériter du comté. Les boutiques se fermèrent, des feux de joie sont allumés dans toutes les rues; toutes les fenêtres sont illuminées jusqu'à minuit. Le dimanche suivant, tous les corps ecclésiastiques, réunis à Saint-Tugal, chantent un Te Deum solennel, et une Charibaude est allumée sur la place publique par M. de Lucé, lieutenant pour le roi et capitaine du château. Le soir, les feux de joie brillent de nouveau dans tous les quartiers; les illuminations se répétent le 5, le 6 et le 7.. Le fils du prince de Tarente que son père souhaitent aussi voir abjurer, est ramené à Laval et confié aux soins du sieur de Villebourg, chanoine de Saint-Tugal. Le jeune duc de Thouars fait son abjuration le . Henri Charles en 1672, et c'est Louis Maurice de La Trémoille qui devient comte de Laval. Après Louis Maurice, le comté de Laval passe aux mains de Charles Belgique Hollande de La Trémoille.
Le premier acte de Charles Belgique Hollande de La Trémoille, duc de Thouars et comte de Laval, est l'avis favorable qu'il donna à une fondation projetée par les habitants de l’hôpital Saint-Louis de Laval.
Bibliographie
Études sur les communautés et chapitres de Laval. D'après le manuscrit de Louis-Julien Morin de la Beauluère. Publiées et annotées par Louis de La Beauluère. Avec des additions de J.-M. Richard. Laval, Imprimerie L. Moreau, Libr. A. Goupil, 1891. Notes et références
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