Joséphine Pencalet, née le à Douarnenez et morte le dans la même ville, est une ouvrière française. Elle participe aux grèves des sardinières à Douarnenez en 1924 puis est élue en conseillère municipale sur la liste présentée par le Parti communiste français. Son élection est invalidée par le Conseil d'État en , car les femmes n'ont alors pas le droit de vote, et ne sont donc implicitement pas éligibles. Néanmoins, elle est l'une des premières femmes élues à un conseil municipal en France.
Biographie Joséphine Pencalet est née le à DouarnenezArchives départementales du Finistère, commune de Douarnenez, année 1886, acte de naissance , avec mention marginale de décès dans une famille nombreuse de marins pêcheurs. Douzième membre de sa fratrie, elle intègre en , deux mois après la mort de sa mère, le pensionnat catholique des Ursulines à Quimperlé, où elle reste jusqu'à treize ans, âge limite de la scolarité obligatoire depuis 1882. Malgré la désapprobation de ses parents au motif que les cinq frères aînés de Joséphine ne sont pas encore mariés, elle épouse en 1908, à Argenteuil, Léon Leray, cheminot à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest originaire d'Ille-et-Vilaine. Le couple réside à Argenteuil, ville industrielle en plein essor, et elle y travaille vraisemblablement comme lavandière.
Joséphine Pencalet, veuve en 1923, revient à Douarnenez avec ses deux enfants nés en 1910 et 1918. Elle rentre alors comme ouvrière de conserverieLes usines de conserverie de sardines s'implantent à Douarnenez dès le milieu du . Chancerelle est la plus ancienne, elle fut fondée en 1853.. Mais les salaires sont très bas. Joséphine Pencalet participe au mouvement de grève des Penn Sardin entre et , réclamant notamment une augmentation de salaire. Elle est trésorière du Syndicat des Métaux de Douarnenez, affilié à la Confédération générale du travail unitaire.
Lors des élections municipales de 1925, le Parti communiste français, après une directive de Moscou, présente plusieurs candidates, alors que les femmes ne sont en droit ni électrices ni éligibles.. Mais faute de précision dans la loi électorale, des femmes peuvent être inscrites sur les listes électorales, dont la validité n'est vérifiée qu'après l'élection. Elle est placée en position sur la liste du communiste Daniel Le Flanchec, maire de 1924 jusqu'en 1940. Elle est brièvement membre du parti. Le , Joséphine Pencalet est, avec voix, élue conseillère municipale au premier tour, comme 25 des 27 candidats de la liste (dont Charles Tillon). Elle devient ainsi l'une des dix premières femmes élues dans un conseil municipal français. En effet le Parti communiste avait présenté en 1925 plusieurs candidates, dans plusieurs communes de France comme Avignon, Bordeaux, ou encore Paris.
Membre de la commission d'hygiène et de la commission scolaire, Joséphine Pencalet participe aux cinq séances du conseil municipal pendant près de six mois.. Mais en , le Conseil d'État invalide son élection au motif qu'elle est une femme, sans droit de vote, et qu'. Cette décision ne suscite aucune réaction de la part du Parti communiste qui avait pourtant fortement médiatisé sa candidature et son élection.
Joséphine Pencalet revient à sa vie d'ouvrière anonyme, avec ses proches, elle conserve . Jusqu’à sa mort en 1972, elle affirmera une posture critique à l'égard du vote.
Elle est inhumée au cimetière de Ploaré à Douarnenez (Finistère).
Mémoire La journaliste Anne Gouérou a réalisé un documentaire visuel concernant Joséphine Pencalet.
Des rues sont nommées en son honneur à Douarnenez, Quimper, Pluguffan, Lannion, Carhaix, Lesneven, Le Rheu, Rennes et Brest, ainsi qu'une avenue à Nantes et un amphithéâtre de l'université Rennes 2. Une chaloupe sardinière construite en 2022 à Douarnenez est également baptisée Joséphine.
Le metteur en scène et auteur Alain Péron crée en 2025 la pièce de théâtre Votez Joséphine !, jouée dans plusieurs villes bretonnes.
En 2026, la Région Bretagne crée un « Prix Joséphine Pencalet » visant à célébrer les actions en faveur de l’égalité femme/homme en Bretagnehttps://www.bretagne.bzh/region/egalite/prix-josephine-pencalet-pour-legalite.
Bibliographie
Fanny Bugnon, « De l'usine au Conseil d'État. L'élection de Joséphine Pencalet à Douarnenez (1925) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2015/1 (n° 125), p. 32-44. Le Maitron : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social..
Filmographie
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Maire (France)#Féminisation Marthe Tesson Marie Chaix
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